Le Parti de l'égalité socialiste se présentera aux élections fédérales australiennes

Un programme socialiste pour lutter contre la poussée vers la guerre

Par Le Parti l'égalité socialiste
16 mai 2013

Le Socialist Equality Party (SEP)[Parti de l'égalité socialiste], section australienne du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), présentera une équipe de candidats au Sénat dans cinq états aux élections fédérales prévues le 14 septembre prochain. 

L'intervention électorale du SEP fera partie d'une campagne coordonnée de la part du CIQI et de ses sections tout autour du monde visant à unifier la classe ouvrière en Australie, dans la région Asie-Pacifique, en Afrique, au Moyen-Orient, aux États-Unis, et partout ailleurs dans la lutte contre les risques croissants de guerre. Dans le contexte de la crise économique la plus sérieuse du capitalisme mondial depuis la Grande dépression, les graines d'une troisième Guerre mondiale n'ont pas seulement été plantées, elles ont déjà germé et se développent rapidement, sous la forme de la poussée belliqueuse des États-Unis contre la Chine. 

L'objectif central de notre campagne est de développer un mouvement anti-guerre large et international parmi les travailleurs et les jeunes en s'appuyant sur un programme socialiste et internationaliste. 

Ayant lancé une série continuelle de guerres d'agression au cours des deux dernières décennies – dans les Balkans, en Afghanistan, au Moyen-Orient et en Afrique – afin de tenter de compenser son déclin historique, l'impérialisme américain concentre sa puissance militaire dans la région Asie-Pacifique, en s'appuyant sur son évaluation que la puissance économique croissante de la Chine est une menace qui doit être contenue. La logique inexorable du calendrier de Washington est une guerre qui prendrait rapidement des dimensions nucléaires et menacerait l'avenir même de la civilisation. Une étude publiée en avril 2013 par l'Institut de politiques stratégiques australien (ASPI) au sujet des nouveaux plans de l'armée américaine appelés AirSea Battle concluait : « Le Pentagone a commencé à "penser à l'impensable" : une stratégie militaire pour faire et gagner une guerre potentielle contre la Chine. » 

Le gouvernement travailliste de Gillard, avec la complicité des Verts et le soutien entier du Parti libéral et du Parti national, ont placé l'Australie au premier plan de ces préparatifs de guerre. Dans le dos des Australiens, Gillard a étendu un soutien inconditionnel au « pivot » du gouvernement Obama vers l'Asie qui vise à contrer la Chine, signant des accords militaires tout en cachant, en tandem avec les médias contrôlés par de grandes entreprises, leur étendue et leurs implications.

Les élections qui arrivent sont menées sur des fondements complètement frauduleux. Aucune des véritables questions n'est, ni ne sera, soulevée, dans les campagnes « officielles » soutenues par les médias. Le SEP intervient pour dire à la classe ouvrière et aux jeunes la vérité, et pour soulever les questions de vie ou de mort auxquelles ils sont confrontés. En premier lieu, nous montrerons l'accélération de la poussée vers la guerre et nous insisterons pour que tous les accords secrets soient rendus publics. Par deux fois au cours du vingtième siècle, les classes dirigeantes capitalistes ont plongé l'humanité dans la guerre mondiale, avec des conséquences dévastatrices. Ils ne doivent pas être autorisés à recommencer ! 

La classe ouvrière doit exiger et recevoir des réponses aux questions essentielles. Quels accords secrets Gillard a-t-elle passés ? Quels engagements lient l'armée australienne à son homologue américaine ? Quel est le véritable objectif des bases qui ont déjà été créées ? Quelles nouvelles bases et déploiements militaires sont prévus ? Quel est le degré d'avancement des préparatifs de guerre contre la Chine ?

Le ministre de la Défense travailliste Stephen Smith a affirmé « Il n'y a aucune base américaine en Australie. » Il ment. Les bases de Pine Gap et du Cap Nord-Ouest, établies durant la guerre froide, ont joué un rôle clef dans les guerres des États-Unis au Moyen-Orient. Elles sont totalement intégrées dans les préparatifs militaires américains d'une guerre contre la Chine. 

La base américaine des Marines à Darwin, annoncée durant le discours d'Obama au Parlement australien en novembre 2011, souligne les objectifs militaristes du pivot contre la Chine. Lorsqu'elle sera pleinement opérationnelle, elle abritera des unités navales, terrestres et aériennes pour un déploiement au Nord de l'Australie, afin de bloquer les lignes maritimes vitales dont dépend la Chine pour s'approvisionner en énergie et en matières premières venant du Moyen-Orient et d'Afrique. 

Des plans sont également développés pour établir une base aux îles Cocos pour l'usage de drones et autres appareils militaires et pour transformer la base navale de Stirling en Australie occidentale en un port d'attache pour les navires et les sous-marins américains armés de missiles nucléaires. 

Déjà, le gouvernement Obama a créé une série de points chauds dans toute la région Asie-Pacifique, chacun d'entre eux pouvant entraîner un conflit militaire et immédiatement entraîner l'Australie dans la guerre. 

* Les tensions montantes sur la péninsule Coréenne ont été alimentées par les provocations américaines contre le régime Nord Coréen, que la Chine considère historiquement comme un état-tampon stratégique. 

* Les États-Unis ont garanti leur soutien militaire au Japon dans son conflit avec la Chine sur les revendications concernant diverses îles controversées. 

* Le Vietnam et les Philippines ont été encouragés à poursuivre les demandes territoriales contre Pékin. 

* Des liens plus étroits sont forgés avec l'Inde comme contrepoids à la Chine, pendant que la Birmanie et la Mongolie sont toutes deux attirées sous la couverture américaine en raison de leur position stratégique vis-à-vis de la Chine. 

Le réseau grandissant des alliances américaines et des liens militaires et diplomatiques dans la région, est un nœud coulant qui se resserre de plus en plus autour du territoire chinois. 

La situation en Asie, où les conflits régionaux se croisent avec les intérêts des grandes puissances, ressemble de plus en plus aux Balkans d'avant 1914, qui ont fourni l'étincelle qui a fait éclater la Première Guerre mondiale. Le combustible pour une telle conflagration est amené par l'hostilité croissante des États-Unis face à l'expansion économique de la Chine. La Chine n'est pas une puissance impérialiste à la recherche de la domination mondiale, elle occupe une position subordonnée au sein du cadre géopolitique établi par les grandes puissances impérialistes. Mais son essor comme plateforme de travail à bas coût pour la production du capitalisme mondial l'a placée en conflit avec la détermination des États-Unis à maintenir leur contrôle sur les ressources essentielles, les matières premières et les marchés, en Afrique et partout où on en trouve. 

Il y a une opposition profonde à la guerre dans la classe ouvrière et parmi de larges couches de la population, en particulier dans la jeunesse. Cela a été visible en 2003, lors de la plus grande manifestation de l'histoire australienne, qui a eu lieu dans le cadre de l' historique mouvement mondial anti-guerre qui a éclaté spontanément contre le lancement de la guerre en Irak. Ce sentiment anti-guerre n'a pas disparu. Mais il ne trouve aucune expression dans le cadre parlementaire officiel. La campagne électorale du SEP donnera à cette opposition très répandue contre le militarisme une voix puissante et les moyens de son expression politique consciente. Elle donnera une direction décisive aux masses ouvrières d'Australie, de Chine et de toute l'Asie dans la lutte contre la guerre.

Non seulement tous les partis présents au Parlement soutiennent les préparatifs militaires d'Obama, mais ils maintiennent une conspiration du silence sur la politique américaine et l'implication de l'Australie dans celle-ci. En effet, le gouvernement travailliste actuel a été fondé sur une conspiration. Gillard n'a jamais expliqué les circonstances qui ont entraîné la chute de Kevin Rudd du poste de Premier ministre durant le coup d'Etat des 23-24 juin 2010. 

Rudd a été évincé non en raison de son « style de gouvernance » ou des taux d'approbation dans les sondages, mais parce que le gouvernement Obama refusait de s'accommoder de la moindre déviation par rapport à son pivot contre la Chine. Rudd demeurait un ferme partisan de l'alliance de l'Australie avec les USA, néanmoins il cherchait à négocier un rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine. Cela entrait en conflit avec le programme agressif de Washington, et il a été mis dehors au cours d'un coup interne au parti, orchestré par les « sources » de Washington au sein du Parti travailliste, sans que les parlementaires du Parti travailliste, et encore moins la population, ne soient au courant. Du jour où Gillard est devenue Premier ministre, et où elle est apparue ostensiblement en public aux côtés de l'ambassadeur américain en Australie, elle a dit on ne peut plus clairement que son gouvernement marchera à pas cadencés aux côtés du gouvernement d'Obama. 

Le SEP s'appuie sur toutes les leçons stratégiques vitales du mouvement ouvrier international et attire spécifiquement l'attention sur les expériences cruciales des 10 dernières années. L'incapacité des manifestations anti-guerre, il y a une dizaine d'années, à empêcher l'invasion de l'Irak, démontre que la pression de l'opinion publique, à elle seule, n'a pas le pouvoir d'arrêter le rouleau compresseur impérialiste. Ce mouvement a échoué non en raison d'un manque de soutien, mais parce que sa direction le subordonnait au cadre politique existant, affirmant que les Nations unies, ou le fait de faire pression sur une aile ou l'autre du monde politique, pourraient contraindre les États-Unis à changer de trajectoire.

Depuis lors, les forces politiques qui dominaient le mouvement anti-guerre ont évolué encore plus vers la droite. Elles se sont toutes alignées sur le militarisme américain. Cette évolution est marquée, en premier lieu, par les diverses tendances de la pseudo-gauche qui, après avoir soutenu l'intervention criminelle des États-Unis et de l'OTAN en Libye en 2011, se sont maintenant alignées derrière l'opération de « changement de régime » en Syrie pour le compte des États-Unis. 

La position de la pseudo-gauche est résumée d'une manière très claire dans l'insistance du parti au nom trompeur Socialist Alternative sur la nécessité de se débarrasser d'un « réflexe anti-impérialiste. » Ces manifestants anti-guerre d'hier sont devenus aujourd'hui les partisans les plus ardents de l'impérialisme. Leur soutien aux États-Unis et aux autres puissances impérialistes du Moyen-Orient, ainsi que leur silence sur les préparatifs de guerre en Asie-Pacifique, signifie qu'ils sont déjà en train de s'aligner pour soutenir une attaque contre la Chine. 

L'évolution de ces tendances est ancrée dans des processus sociaux et économiques profonds. Ils parlent non pour la classe ouvrière mais pour les couches aisées de la classe moyenne supérieure, dont les intérêts matériels sont liés au parasitisme financier rampant qui a été à la source de la vaste richesse accumulée dans les échelons les plus élevés de la société au cours de la période passée, et avec la tendance de l'impérialisme à s'assurer le contrôle des ressources vitales en matières premières et en travail à bas coût, dont finalement cette richesse dépend. 

La leçon essentielle du siècle passé est que la lutte contre la guerre impérialiste ne peut avancer que dans la mesure où elle mobilise la classe ouvrière, en s'appuyant sur une perspective socialiste, pour prendre le pouvoir politique et renverser le système de profit capitaliste, qui est la source de la guerre. 

Le développement d'un mouvement anti-guerre authentique exige l'unification des luttes de la classe ouvrière au-delà de toutes les frontières nationales. C'est pourquoi le SEP mettra au cœur de sa campagne la lutte contre toutes les formes de nationalisme, de chauvinisme et de racisme. Emmené par le gouvernement Gillard, tout le spectre politique attise l'hystérie anti-réfugiés pendant que Gillard, ses ministres et ceux qui la soutiennent dans la bureaucratie syndicale, s'en prennent aux « travailleurs étrangers » et demandent des « emplois australiens. » Ce retour des traditions nauséabondes de la politique d'une Australie blanche du parti travailliste est au service des objectifs les plus réactionnaires : séparer la classe ouvrière australienne, qui comprend des immigrés du monde entier, de ses homologues en Asie-Pacifique et internationalement. 

À la veille du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Léon Trotsky, écrivait : « Avant d'épuiser ou de noyer l'humanité dans le sang, le capitalisme souille l'atmosphère mondiale avec les vapeurs toxiques des haines nationales et racistes. » Sa mise en garde n'a rien perdu de sa pertinence. Le cri de ralliement du mouvement socialiste, « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! », est la seule base sur laquelle la lutte contre la guerre peut être menée avec succès. L'impérialisme est une force puissante et terrible qui risque de déclencher une catastrophe mondiale. Il ne peut être vaincu que par une force encore plus grande – un mouvement révolutionnaire uni de la classe ouvrière internationale. 

Une contre-révolution sociale

La guerre impérialiste à l'extérieur s'accompagne inévitablement d'une guerre de classes contre la classe ouvrière à l'intérieur. Depuis la crise financière mondiale de 2008, les mesures d'austérité brutales introduites pays par pays reviennent à une contre-révolution sociale contre tous les acquis arrachés par la classe ouvrière à la suite de la Seconde Guerre mondiale. En Grèce, à Chypre, en Espagne, en Italie et dans d'autres pays européens, la classe ouvrière est repoussée dans les conditions de vie des années 1930. En Grande-Bretagne, le peu qu'il reste de l'Etat-providence d'après-guerre est systématiquement démantelé, pendant que les travailleurs américains sont confrontés aux pires conditions sociales et économiques depuis la grande dépression. Ayant accordé des milliers de milliards de dollars aux parasites du capital financier, l'élite dirigeante n'a qu'une seule politique : faire payer la classe ouvrière pour la crise historique du système de profit capitaliste. 

L'affirmation que l'Australie était en quelque sorte à part, en raison de son « boom minier » tant vanté, a été totalement démentie. 

L'augmentation de la valeur du dollar australien, produit du prix élevé des minéraux à l'exportation et des évolutions du cours des monnaies mondiales liées à l'impression de milliers de milliards de dollars par les grandes banques centrales mondiales, a été utilisée par l'élite dirigeante pour lancer une nouvelle vague d'attaques contre la classe ouvrière. Chaque jour apporte la nouvelle d'une autre fermeture d'usine ou d'une nouvelle série de licenciements ou d'une « restructuration » économique visant à détruire les emplois et les conditions de travail. 

La demande insistante de toutes les sections de l'élite dirigeante et de leurs médias aux ordres, est que la productivité, c'est à dire l'intensification de l'exploitation de la classe ouvrière, doit être augmentée pour s'assurer que le capitalisme australien reste « compétitif sur la scène internationale ». Des industries entières sont menacées d'extinction, le capital financier cherchant des investissements toujours plus profitables. 

Avec l'approfondissement de l'inégalité sociale, les conditions de vie de la grande majorité des travailleurs ordinaires se détériorent rapidement. Pour beaucoup, les coûts du logement ont déjà atteint des niveaux intolérables, pendant que les dettes des ménages ont explosé, passant de 94 pour cent du revenu en 2000 à 150 pour cent aujourd'hui. Ce sont les grandes banques qui ont été bénéficiaires, amassant des profits se montant à 25 milliards de dollars en 2012. 

Pendant que le capital financier accumule des profits records, les services sociaux, la santé et l'éducation sont éviscérés. Le système de santé publique a atteint la limite de rupture, les listes d'attente pour les soins prétendument non urgents s'allongent énormément dans tous les états, et les effectifs sont réduits drastiquement. La « révolution de l'éducation » de Gillard qui visait à forcer les parents à retirer leurs enfants des écoles publiques sous financées et « peu performantes » pour les placer dans le système privé, met de plus en plus d'enseignants sur des postes temporaires. Les étudiants des universités sont confrontés à des amphithéâtres bondés, tout en devant travailler des heures toujours plus longues pour pouvoir subvenir à leurs besoins. 

Le SEP prévient que l'attaque lancée jusqu'ici fera néanmoins pâle figure à côté de l'assaut qui va être appliqué par quelque gouvernement que ce soit arriveant au pouvoir après le 14 septembre. En avril 2012, dans un discours prononcé à Londres, le porte-parole de l'opposition libérale sur les questions budgétaires, Joe Hockey, a décrit le calendrier exigé par l'élite dirigeante : transformer le déficit budgétaire en un surplus en mettant fin à « l'ère de l'assistanat », c'est à dire supprimer ce qu'il reste de l'Etat-providence et notamment les services sociaux essentiels dont dépendent des millions de travailleurs ordinaires. 

La menace de la dictature

Il n'y a aucun soutien populaire pour ce genre de mesures, et il y a une hostilité et une colère sans précédent envers l'e système politique officiel. Les partis parlementaires, travailliste, libéral-national et verts, sont tous dans la phase terminale de leur crise. L'élite dirigeante, frustrée de son incapacité à mener à bien son programme va de plus en plus en recourir à des mesures extraparlementaires, dictatoriales, pour les imposer, ce qui implique des attaques fondamentales contre les droits démocratiques. 

La détermination de la bourgeoisie australienne à se débarrasser des atours de la démocratie parlementaire a été démontrée par le coup d'Etat de Canberra du 11 novembre 1975. L'importance du renvoi du gouvernement démocratiquement élu de Whitlam par des forces incluant la CIA, et de la propre capitulation lâche de Whitlam devant son renvoi, a été révélée par la transformation du parti par la suite. Le gouvernement travailliste suivant d'Hawke et Keating a abandonné toute promesse de réforme sociale, appliquant au contraire une « restructuration » majeure du capitalisme australien dans l'intérêt des élites dirigeantes, et un assaut sans précédent contre la classe ouvrière. 

Seul le SEP a prévenu que le remplacement anti-démocratique de Rudd durant le coup d'Etat des 23-24 juin 2010, était un signe annonciateur de la montée des tensions sociales, économiques et politiques, et en effet la classe dirigeante va une fois de plus avoir recours à des mesures autoritaires pour poursuivre l'application de ses intérêts de classe. Les préparatifs ont déjà commencé. Depuis 2007, le gouvernement travailliste, construisant à partir du cadre établi par ses prédécesseurs, le gouvernement libéral d'Howard, sous la bannière d'une prétendue « guerre contre le terrorisme, » s'est retranché et a développé les structures d'un Etat policier, s'appuyant sur l'abrogation des droits fondamentaux. 

La campagne électorale du SEP va lutter pour développer un mouvement politique de la classe ouvrière qui soit indépendant afin de promouvoir sa propre solution au programme de guerre, de contre-révolution sociale et de dictature par la lutte pour un gouvernement ouvrier et la réorganisation socialiste de la société. 

La tâche primordiale d'un tel mouvement sera d'établir son indépendance politique par rapport au système bipartisan capitaliste, et de ses soutiens Verts et de pseudo-gauche. La pseudo-gauche affirme de manière mensongère que les travaillistes doivent être soutenus comme étant un « moindre mal » face aux libéraux. Comme tous les mensonges, cela sert un but politique bien défini, celui de paralyser la classe ouvrière et d'empêcher ses luttes de se libérer de la mainmise du parti travailliste et des bureaucraties syndicales. 

Tout aussi pernicieuses sont les affirmations de la pseudo-gauche selon lesquelles les travailleurs ne peuvent lutter pour leurs intérêts que sous les auspices des syndicats. La réalité est que les syndicats ne sont en rien des organisations ouvrières. Au cours des trois dernières décennies, la mondialisation de la production a complètement fait voler en éclats leurs vieux programmes réformistes limités, qui s'appuyaient sur la réglementation nationale, et les a transformés en rien de moins qu'une force de police sur le lieu de travail pour imposer les diktats des grandes entreprises, des banques et du capital financier. Le parti travailliste comme les syndicats servent directement les intérêts de l'impérialisme australien et américain. 

Le SEP exhorte tous les travailleurs, étudiants, jeunes, intellectuels et personnes des professions libérales de sensibilité socialiste à donner à notre campagne électorale un soutien maximal. Bien que nous appelions au vote le plus large possible, notre objectif principal n'est pas de gagner dans les urnes. Il est plutôt de développer un nouveau mouvement politique de la classe ouvrière et d'imprégner ce mouvement d'une conscience socialiste scientifique, c'est à dire de la compréhension que rien de moins que le renversement du système de profit capitaliste et l'établissement du socialisme mondial est nécessaire pour mettre fin à la menace de guerre mondiale, de dévastation sociale et de dictature. 

La classe ouvrière, ne peut garantir ses intérêts de classe indépendants que par des luttes sociales et politiques massives. Dans les usines et autres lieux de travail, le SEP appelle à créer de nouvelles organisations de base, indépendantes des syndicats et s'opposant à eux, qui lutteront pour défendre les emplois, les salaires et les conditions de travail. Nous appelons, également, à la formation de comités d'action dans les quartiers de tout le pays, pour développer des luttes sociales et politiques contre les coupes, imposées par la politique d'austérité des partis du grand patronat, dans les écoles, les universités, les services de santé et tous les autres services sociaux. 

Ceci nécessite, avant tout, la construction d'une nouvelle direction révolutionnaire de la classe ouvrière, en Australie et à l'échelle internationale. Telle est la perspective du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), parti mondial de la révolution socialiste, fondé en 1938 par Léon Trotsky. Le CIQI est l'unique parti qui fonde consciemment son travail politique sur les grands principes et le programme du marxisme révolutionnaire, incarné le plus puissamment dans les luttes menées par Trotsky, co-dirigeant avec Lénine de la révolution Russe, contre le stalinisme et toutes les formes d'opportunisme national. Nous exhortons tous ceux qui sont en accord avec la nécessité du socialisme, pour l'égalité sociale et pour la fin de la pauvreté, de l'exploitation, de l'oppression et de la guerre, à participer à la campagne électorale du SEP, à devenir un lecteur régulier du World Socialist Web Site, organe internet du CIQI, à étudier notre histoire, notre programme et nos principes, et à demander à rejoindre nos rangs. 

(Article original paru le 26 avril 2013)