Allemagne: la participation du Parti de l’égalité sociale (PSG) aux élections législatives est confirmée

Par nos correspondants
10 juillet 2013

Lors de sa réunion du vendredi 5 juillet, la Commission des élections fédérales a accepté la participation du Parti de l’Égalité socialiste (PSG) aux élections législatives allemandes de septembre. Lors de la même réunion, la commission a rejeté les demandes de participation aux élections de plusieurs autres groupes politiques.

Lors des semaines précédant la réunion du comité d’hier, le PSG était impliqué dans une confrontation prolongée avec le Bureau des élections fédérales. À la fin du mois de mai, déjà, le PSG avait fait une demande écrite pour prendre part au scrutin et avait envoyé des copies de son programme : « Les fondations historiques du Partei für Soziale Gleichheit », en plus de sa déclaration pour les élections fédérales en cours.

Les documents présentés par le PSG comprenaient les protocoles de la constitution de la direction du parti, des conventions du parti et une importante documentation concernant la participation du PSG dans la vie politique publique.

Quelques jours après avoir reçu le matériel, le Bureau des élections fédérales a déclaré que les documents offerts remplissaient les exigences légales pour une participation, mais qu’il avait des doutes considérables quant à savoir si le PSG avait rempli les exigences substantielles pour une participation au scrutin. Il a demandé des preuves additionnelles par rapport à la structure, aux adhérents, aux activités publiques du parti et à sa participation au processus politique.

Le PSG a une fois de plus fourni une présentation exhaustive de son travail politique. Depuis 1989, le PSG a participé à 14 élections, y compris les élections législatives de 2009, les élections européennes de 2009 et les élections du Sénat de Berlin en 2011. Il a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures de soutien, qui toutes ont été authentifiées par les bureaux d’enregistrement. Le parti a organisé des centaines de tables d’information et a présenté ses programmes électoraux dans de nombreux spots, radiophoniques et télévisés. Pour la campagne électorale à Berlin il y a deux ans, le PSG a installé 6,000 affiches et distribué des centaines de milliers de tracts.

Le PSG fournit le comité de rédaction allemand du World Socialist Web Site et a publié, l’année dernière seulement, plus de 1000 articles approfondis traitant des principaux thèmes politiques, culturels et scientifiques. Dans sa présentation à la commission, le PSG a souligné que le WSWS a bien plus de lecteurs que le magazine officiel du principal parti d’opposition, le parti social-démocrate SPD. Selon Alexa.com, le WSWS fait partie des 15 000 sites les plus visités en Allemagne. Le SPD se situe autour de la 75.000e place.

Le PSG publie aussi le magazine imprimé bimestriel gleichheit, qui traite des questions politiques et culturelles actuelles, lequel est disponible non seulement lors des événements du parti ou par abonnement, mais aussi chez 44 libraires et marchands de journaux. Le PSG publie d’autre matériel comme sa publication périodique sous forme de brochure, 'Autoarbeiter', destinée aux ouvriers de l'automobile et distribuée dans toutes les grandes usines automobiles d’Allemagne.

Le PSG a documenté dans une longue et impressionnante liste toutes ses manifestations publiques des trois dernières années dont des conférences sur l’histoire de la Révolution russe, sur la signification de la lutte politique menée par Léon Trotski contre le stalinisme, ainsi que sur les questions actuelles comme la révolution égyptienne, la défense de la classe ouvrière grecque contre les programmes d’austérité de l’Union européenne, la lutte pour défendre l’usine GM-Opel de Bochum contre la fermeture, et sa campagne pour défendre l’auteur le mieux connu d’Allemagne, Günter Grass. Certaines de ces manifestations ont joui d'un auditoire de plusieurs centaines de personnes.

Suite à une déclaration du Bureau des élections fédérales selon laquelle il maintenait ses doutes concernant le statut de parti, le PSG a mandaté un cabinet renommé d’avocats pour défendre ses intérêts et a annoncé que dans le cas où le Bureau rejetterait une participation au scrutin, le parti déposerait immédiatement un recours auprès de la Cour constitutionnelle fédérale.

En l’occurrence, le Comité électoral a approuvé à l’unanimité la participation du PSG aux élections fédérales lors de sa réunion du vendredi 5 juillet.

Un total de 58 partis et d’associations politiques avaient déposé une demande de participation aux élections. C’est bien au-delà du total d’il y a quatre ans, où le nombre d’organisations ayant fait cette demande avait déjà fortement augmenté. La raison pour une telle prolifération de partis est évidente. De nombreuses personnes sont d’avis que les conditions sociales et politiques existantes sont intolérables et doivent changer. En même temps, ils n’ont, à juste titre, aucune confiance que les partis établis représentent leurs intérêts.

Ceux qui cherchent un changement politique ne s'intéressent plus aux partis déjà en place au parlement allemand, lesquels se plaignent tous d’une baisse de leurs adhérents. De nouveaux partis et organisations sont ainsi formés, souvent sur la base de programmes limités et confus.

Une de ces nouvelles organisations se nomme le parti du « Sens commun », une autre « le Parti de la Raison » qui met en avant un programme économique de droite. Il y a le « Parti des non-électeurs » et le parti « Non » qui cherchent à exprimer le rejet général de la politique officielle. Il y a aussi plusieurs partis qui soulèvent des problèmes sociaux particuliers, comme le « Parti des opprimés » qui préconise la protection des locataires et s’oppose aux coupes dans les reraites. Son application a été rejetée par le Comité électoral.

Ces partis sont une expression confuse du large rejet de la politique officielle, et les partis en place réagissent à leur égard avec une hostilité non dissimulée.

Vingt associations politiques ont été rejetées, tous sur la base d’objections formelles. La Commission électorale fédérale, qui prétend décider de l’autorisation et du rejet des partis est elle-même une instance non-élue et antidémocratique. Elle est présidée par le Directeur des élections législatives, lequel est directement nommé par le ministre de l’Intérieur. Il nomme les membres de la Commission électorale législative à partir d’une liste présentée par les partis politiques traditionnels.

Le PSG utilisera la campagne électorale afin de propager son programme socialiste, offrant ainsi une alternative politique claire et progressiste à la population. Le PSG fait appel à tous les lecteurs du WSWS pour qu'ils soutiennent activement sa campagne électorale.

(Article original paru le 6 juillet 2013)