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L'Équateur fait marche arrière sur l'asile de Snowden

Par Patrick Martin
2 juillet 2013

Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden semble être pris au piège dans une zone de transit de l'aéroport de Moscou, ses projets de voyager juqu'en Équateur et d'y trouver un asile politique étant mis à mal par l'intervention du gouvernement américain pour faire pression sur les responsables équatoriens.

Snowden a divulgué des documents révélant l'espionnage illégal et anticonstitutionnel par la NSA américaine des télécommunications et des courriels de pratiquement chaque citoyen américain et de la plupart de la population mondiale. Il a depuis lors été mis en examen par le gouvernement Obama pour espionnage, a vu son passeport annulé, et est la cible d'une tentative internationale de capture par Washington.

Snowden résidait à Hong Kong quand il a révélé il, y a quelques semaines, être l'auteur des révélations sur l'espionnage par la NSA publiées dans le journal britannique Guardian et le Washington Post. Face à des demandes pour son extradition, il s'est envolé pour Moscou après être resté caché à Hong Kong plusieurs jours. Tout le monde s'attendait à ce qu'il s'envole de Moscou en passant par la Havane pour arriver à Quito, la capitale Équatorienne.L'ambassade d'Équateur à Londres lui a accordé un permis de circulation sur une demande présentée par l'organisation de lanceurs d'alertes WikiLeaks.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, vit dans l'ambassade depuis plus d'un an, cherchant à éviter l'extradition vers les États-Unis, où il pourrait être accusé d'espionnage, risquant une détention d'une durée indéfinie sans procès en tant qu'ennemi combattant, ou même une exécution.

Jeudi, cependant, le président de l'Équateur, Rafael Correa, a annulé le permis de circulation, disant qu'il avait été réalisé sans autorisation. Correa a indiqué que Snowden serait toujours le bienvenu pour obtenir un asile, mais il n'a pris aucune action pour rendre cela possible.

À la place, il a laissé le lanceur d'alerte se débrouiller pour arriver lui-même en lieu sûr. « La situation de M. Snowden est une situation complexe et nous savons pas comment il va la résoudre, » a déclaré Correa.

Le lendemain, le vice-président américain Joseph Biden a appelé Correa à Quito pour discuter de la campagne américaine visant à s'emparer de Snowden et à le ramener aux États-Unis, pour qu'il soit poursuivi pour espionnage. Correa a déclaré aux médias, « Il a communiqué une requête très courtoise des États-Unis pour que nous refusions cette demande » d'asile.

Dans son discours télévisé hebdomadaire à la population équatorienne, Correa a déclaré que son gouvernement n'envisagerait pas une demande d'asile tant que Snowden ne serait pas sur son sol ou dans une de ses ambassades. « Le moment où il arrive, s'il arrive, la première chose sera de demander l'opinion des États-Unis, » a-t-il dit, une remarque qui n'annonce rien de bon pour le lanceur d'alerte.

(Article original paru le 1er juillet 2013)