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L’assaut mené contre l’enseignement public à Chicago

Par Alexander Fangmann
27 mars 2013

L’annonce de projets de supprimer en tout 61 écoles primaires et collèges à Chicago, Illinois, marque une nouvelle étape de l'attaque contre l'enseignement public et de la contre-révolution sociale en Amérique.

Il s’agit de la plus importante annonce de fermetures d’écoles de l’histoire des Etats-Unis. Dans la dernière phase de la fermeture d’écoles, environ 13 pour cent des écoles primaires du troisième plus grand district du pays seront fermées, touchant 30.000 écoliers et licenciant un millier d’enseignants. Ces réductions augmenteront la taille des classes et exerceront une pression plus grande sur les écoles qui resteront ouvertes. De plus, quatre pour cent de tous les enseignants de la ville perdront immédiatement leur emploi.

L’objectif final est la privatisation de tout le système éducatif public. Six des écoles ciblées dans cette série de fermetures devront face à un « redressement » – l’ensemble des enseignants et du personnel étant licencié et le contrôle remis à l’Academy for Urban School Leadership, un opérateur d’écoles à charte privées, politiquement biaisé et étroitement lié aux banques et aux fonds d’investissement.

Il existe une opposition populaire de masse contre les fermeture d'écoles. Au cours de ces deux derniers mois à Chicago, des milliers de gens ont participé à des réunions organisées sur les fermetures, donnant ainsi un aperçu de la colère ressentie parmi de vastes couches de la population laborieuse.

Une confrontation est en train de naître à Chicago entre la classe ouvrière et la politique appliquée par le maire démocrate Rahm Emanuel, ancien chef de cabinet d’Obama. Ses arguments reprennent ceux des autres politiciens de par le pays : avec un déficit budgétaire d’un milliard de dollars, il n’y aurait plus d’argent pour garder les écoles ouvertes. De plus, les écoles publiques sont « sous-utilisées » – une prophétie auto-réalisatrice étant donné que les écoliers et le financement sont détournés vers les écoles à charte privées.

L’argument qu’il n’y a pas d’argent pour les écoles est un mensonge méprisable. Alors que la classe dirigeante insiste pour dire qu’il n’y a pas d’argent pour des droits sociaux fondamentaux comme l’éducation publique, elle octroie tous les ans des centaines de milliards de dollars aux financiers criminels de Wall Street.

En s’opposant à la fermeture des écoles, les travailleurs entament également une lutte contre la politique nationale du gouvernement Obama et du Parti démocrate qui ont supervisé l’attaque généralisée menée contre l’éducation publique dans le cadre du programme d’Obama de « Race to the Top » (« La course à l’excellence »). Des fermetures d'écoles en masse ont déjà été annoncées à Philadelphie, Washington, D.C, New York et Detroit – le tout supervisé par les Démocrates. Durant le week-end, un gestionnaire financier d’urgence a pris les rênes à Detroit qui, en tant que dictateur financier, a pour mission d’opérer des coupes massives dans les emplois, les salaires et les conditions de vie.

Au niveau national, les Démocrates et les Républicains sont impliqués dans un complot bipartite pour attaquer Medicare, Medicaid et la Sécurité sociale. Ceci étant le résultat de l’application des coupes budgétaires du « séquestre » qui prévoit une réduction de 20 pour cent du salaire d’un million de travailleurs employés par le gouvernement fédéral, une réduction drastique des indemnités chômage et d’autres coupes dévastatrices.

La question décisive est la mobilisation de l’opposition de masse qui existe au sein de la classe ouvrière à l’égard des attaques sociales perpétrées par une élite corrompue et avide d’argent. La défense de l’enseignement public doit être assurée, mais elle dépend de la mise en place de nouvelles organisations de la classe ouvrière qui soient indépendantes et en opposition aux syndicats et au Parti démocrate.

Alors que le syndicat des enseignants de Chicago (Chicago Teachers Union, CTU) se présente comme un adversaire des fermetures d’écoles, il a apporté une aide cruciale à l’establishment du Parti démocrate pour qu'il concrétise son attaque.

Refuser la fermeture de toutes les écoles n’est pas un « argument réel, » a dit la présidente du CTU, Karen Lewis, lors d’une interview accordée vendredi à la Chicago Public Radio. Le CTU, dont la direction comporte un influent membre de l’International Socialist Organisation (ISO) pseudo-gauche, veut qu’Emanuel, le maire démocrate, accepte son aide pour garantir que les fermetures d’écoles s’effectuent sans heurts.

Le CTU avait, en pratique, donné le feu vert aux fermetures d’écoles en mettant fin à la grève de l’année dernière des 26.000 enseignants qui s’opposaient aux « réformes » facilitant le renvoi des enseignants et pour la défense de l’enseignement public. L’accord finalement adopté par le CTU renfermait tout ce qu’Emanuel exigeait, dont plusieurs mesures pour faciliter la victimisation et le licenciement des enseignants.

La grève des enseignants de Chicago avait été une expérience majeure pour la classe ouvrière. Elle avait obtenu le soutien des travailleurs à Chicago et dans tout le pays qui avaient à juste titre vu que l’attaque menée contre les enseignants faisait partie d’une attaque plus générale lancée contre tous les droits sociaux et démocratiques fondamentaux.

Lors de son intervention dans cette lutte, le Socialist Equality Party (Parti de l’Egalité socialiste, SEP) avait insisté pour dire que la défense de l’enseignement public nécessitait une rupture avec le CTU et une lutte politique contre les Démocrates et les Républicain. L’enseignement public, avions-nous affirmé, n’est pas compatible avec l’assujettissement de la société aux dictats de profit de l’aristocratie financière. Les démarches du CTU pour rapidement mettre fin à la grève, écrivions-nous, seraient utilisées par Emanuel pour accélérer la fermeture des écoles publiques dans toute la ville.

C’est ce qui est maintenant en train de se produire.

Il faut construire une nouvelle direction politique qui soit ancrée dans la compréhension que les droits de la classe ouvrière ne sont pas compatibles avec le système capitaliste. Rien ne peut être réalisé sans le renversement de la dictature économique et politique des banques et du patronat.

Le SEP en appelle à tous les travailleurs et aux jeunes – à Chicago et partout aux Etats-Unis et dans le monde – qui sont d’accord avec ce programme de nous contacter aujourd’hui (contact us today). Adhérez au SEP et engagez-vous dans la lutte pour le socialisme.

(Article original paru le 25 mars 2013)