Par son silence, le NPA soutient le massacre perpétré par les fascistes ukrainiens à Odessa

Par Anthony Torres
6 mai 2014

Le silence du Nouveau Parti anticapitaliste sur le massacre fasciste perpétré à Odessa est une démonstration sans appel du caractère réactionnaire de cette organisation petite-bourgeoise. Ayant applaudi le putsch fasciste par lequel les puissances impérialistes ont mis en place le régime pro-impérialiste de Kiev, le NPA soutient maintenant ce régime en gardant le silence sur une atrocité qui a choqué des millions de personnes à travers le monde.

Avec l’appui du nouveau régime ukrainien de Kiev, des fascistes venus pour mater des manifestants ont mis le feu à la maison des syndicats où s’étaient réfugiés des activistes pro-russes, faisant 42 morts et 170 blessés. Le NPA est resté silencieux sur cette atrocité car il soutient le régime de Kiev, y compris les massacres perpétrés contre les manifestants.

La propagande pro-impérialiste du NPA consiste à cacher le rôle des fascistes en Ukraine, tout en s’alignant sur la campagne de propagande que mènent les puissances impérialistes pour justifier leur escalade militaire contre la Russie.

Le NPA critique ainsi la réunion de Genève entre la Russie, l’Ukraine, l’Union européenne, et les Etats-Unis, qui selon le NPA n’a pas été assez ferme avec la Russie. Alors même que la réunion a débouché sur une nouvelle offensive militaire de Kiev, soutenue par les impérialistes de l’OTAN, le NPA se plaint que le président russe Vladimir Poutine est sorti vainqueur : « On peut estimer que la réunion de Genève est plutôt une victoire immédiate pour Poutine, avec le silence diplomatique sur la Crimée et la progression de l’opinion défendue par Moscou d’une forme ou d’une autre de ‘fédéralisation’ de l’Ukraine ».

La critique biaisée du NPA à l’encontre du « silence diplomatique sur la Crimée » de l’OTAN falsifie grossièrement l'évolution de la crise ukrainienne. Les événements tragiques en Ukraine sont l’œuvre de Washington et de l’UE. Ils ont préparé la chute du gouvernement pro-russe de Ianoukovitch avec l’aide d’organisations fascistes après que Ianoukovitch a refusé le traité de l’UE pour s'orienter vers l’Union douanière russe.

Pour justifier sa collaboration avec les fascistes en Ukraine, durant les manifestations de la place Maïdan, le NPA et ses soutiens pablistes en Ukraine et en Russie qualifiaient ces manifestations de « démocratiques », tout en reconnaissant que la classe ouvrière était absente des manifestations et que la force motrice du mouvement était l’extrême droite ukrainienne.

Le nouveau régime en place en Ukraine a intégré les milices fascistes dans l’appareil d’Etat et six ministres sont d’extrême-droite. Le gouvernement pro-UE a passé des accords avec le FMI, tout en discutant de la possibilité d’enlever au russe son statut de langue officielle et en réprimant les manifestants russophones de l’Est de l’Ukraine.

Les pablistes nient que les manifestants de la place Maïdan étaient organisés avec l’aide de Washington, et disent qu’il faut remettre en cause la Constitution présidentielle ukrainienne pour « mettre fin à tous les discours de prétendus ‘putschs fascistes’ et ‘anti-russe’ ». Ce déni de réalité est particulièrement flagrant, car le NPA lui-même a reconnu le rôle central joué par les ultra-nationalistes dans le coup d’Etat de février, à Kiev.

Le massacre fasciste des manifestants pro-russes à Odessa démontre aussi le caractère mensonger de l’appel du NPA à nier le caractère anti-russe du régime de Kiev. Le NPA s’efforce même de formuler des stratégies permettant aux impérialistes et au régime ukrainien d’écraser la contestation pro-russe et de stabiliser le régime de Kiev.

Le parti de pseudo-gauche explique que « La seule réponse possible aux risques séparatistes est aujourd’hui de renforcer la confiance populaire dans une Ukraine démocratique et à l’écoute de toutes ses populations ».

En proposant de « renforcer » le soutien politique au régime de Kiev, présenté de manière révoltante comme étant « à l’écoute » d’une population qu’elle massacre, le NPA dévoile les raisons de son silence sur l’atrocité perpétrée à Odessa. Fonctionnant comme instrument de l’impérialisme, le NPA est prêt à travailler contre la classe ouvrière avec les forces les plus réactionnaires, et à passer sous silence les pires crimes fascistes.

Tous nos lecteurs sont invités à assister à la réunion de campagne électorale du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) pour les élections européennes qui se tiendra à Paris le dimanche 11 mai. Pour plus de précisions, cliquez ici.