Il faut s'opposer à l’assaut d'Israël contre Gaza!

Déclaration du Parti de l’égalité socialiste

Par Parti de l’égalité socialiste
12 août 2014

Résolution adoptée à l’unanimité le 6 août par le Troisième Congrès national du Parti de l'égalité socialiste (États-Unis).

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Ce congrès du Parti de l'égalité socialiste dénonce la guerre soutenue par les États-Unis qu’a déclenchée Israël contre Gaza. Il s’agit d’un crime de guerre contre une population sans défense de 1,8 million de Palestiniens.

Le bilan, qui ne cesse de s'aggraver, a maintenant dépassé la précédente attaque la plus mortelle d’Israël contre ce territoire appauvri, l’opération «Plomb durci» en 2009. En près d’un mois, des milliers de gens ont été tués ou blessés. Ce sont en grande majorité des civils: des hommes, des femmes et des enfants. Toute la population est privée d’eau, d’électricité et de nourriture, pendant que les maisons et les infrastructures sont réduites en ruines.

Gaza constitue une mise en garde pour les travailleurs du monde entier. Dans ces attaques israéliennes sauvages transparaissent les immenses tensions générées par l’effondrement du capitalisme mondial. Et dans le soutien apporté par Washington et les autres grandes puissances impérialistes aux actions d’Israël, il y a le fait qu’ils sont eux-mêmes prêts à employer des méthodes violentes et meurtrières similaires contre toute opposition sérieuse de la classe ouvrière.

Israël serait incapable de mener la guerre contre Gaza sans le soutien inconditionnel de l’impérialisme américain. Les belles paroles de sympathie pour le sort des Palestiniens de la part du gouvernement Obama, pendant qu’il réarme la machine militaire israélienne pour qu'elle continue son carnage, est un exemple d’hypocrisie qui a peu d’équivalents.

Le massacre à Gaza est l'expression de l’incapacité historique du projet sioniste à surmonter ses contradictions internes et de l'effondrement de tout le système d'États-nations du Moyen-Orient imposé par l’impérialisme, dont ce projet faisait partie. La guerre fait rage non seulement à Gaza, mais aussi de part et d’autre des lignes artificielles tracées par l’accord Sykes-Picot durant la Première Guerre mondiale: en Syrie et en Irak, et potentiellement au Liban et en Jordanie. En fin de compte, Israël n'est pas plus viable que ces États arabes.

La crise qui fait rage dans tout le Moyen-Orient est une manifestation particulièrement nette du conflit entre une économie mondialisée et le système d'États-nations capitalistes qui s’est immensément intensifié avec la crise économique capitaliste.

Soixante-six ans après la fondation d’Israël par l’expulsion des Palestiniens et la saisie de leurs terres et 47 ans après la guerre des Six Jours de juin 1967 et l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza, de Jérusalem Est et du plateau du Golan, Israël est pris dans un cycle sans fin de guerre et de répression.

Par une ironie tragique, un État qui a justifié son existence en se présentant comme un havre pour les Juifs qui avaient subi les crimes de Hitler emploie maintenant des méthodes de punitions collectives à Gaza qui ne ressemblent à rien de plus qu’aux actions des nazis dans le ghetto de Varsovie.

Les travailleurs du monde entier sont furieux et horrifiés par les meurtres sauvages de civils innocents à Gaza. La folie de cette violence découle des tentatives réactionnaires de l’État sioniste de résoudre des conflits qui sont absolument insolubles dans le cadre du système d'États-nations actuel. Ces conflits ne peuvent pas non plus être résolus par la création d’un miniÉtat palestinien tel qu’il est envisagé dans la fameuse «solution à deux États».

Le seul moyen de sortir de ce bourbier sanglant est d'unir les travailleurs et les jeunes, israéliens et arabes, dans une lutte commune.

Historiquement, le sionisme a pu gagner de nombreux partisans en raison de la défaite catastrophique subie par la classe ouvrière avec le triomphe du fascisme hitlérien en Allemagne et les crimes subséquents du régime nazi. Avec les trahisons des luttes révolutionnaires de la classe ouvrière par les staliniens, les sionistes ont pu présenter l’établissement d’un État juif séparé en Palestine comme le seul moyen de sauver le peuple juif. Ce mouvement s’est toujours nourri de pessimisme et de réaction.

La situation politique actuelle en Israël, qui permet au régime de Netanyahou de mobiliser un soutien populaire à ses crimes, est une manifestation d’une large désorientation politique qui est liée aux développements internationaux et au sein même d’Israël.

La prétendue gauche en Israël, qui suit la même trajectoire que les couches de la pseudo-gauche en Europe, en Amérique du Nord et internationalement, a évolué vers la droite avec le reste de l’élite politique sioniste, fournissant un soutien tacite ou explicite au massacre à Gaza.

Un facteur important dans les événements actuels est le détournement temporaire de la révolution égyptienne. Cela n’a pas fait qu’isoler encore plus les Palestiniens à Gaza, mais a également empêché la classe ouvrière en Israël d’être influencée par une révolution sociale réussie tout près d’elle, ce qui aurait soulevé la possibilité d’une lutte unie.

Néanmoins, il y a une classe ouvrière en Israël qui est victime des mêmes conflits de classe objectifs que dans tous les autres pays.

La coterie militaire à la tête de l’État sioniste se sert de la guerre et de la répression contre les masses arabes comme d’un moyen pour canaliser vers l’extérieur les immenses tensions internes. Israël est l’un des pays les plus socialement polarisés, avec un taux de pauvreté plus élevé que celui du Mexique. En même temps, il a l’une des concentrations en milliardaires par habitant les plus élevées au monde.

En 2011, à la suite du renversement d’Hosni Moubarak en Égypte, des centaines de milliers d’Israéliens ont participé aux plus importantes manifestations de l’histoire du pays pour dénoncer l’inégalité sociale et les programmes de privatisations du gouvernement. L’assaut contre les droits démocratiques et la mobilisation des forces d’extrême droite qui ont accompagné l’attaque sur Gaza seront dirigés contre toute opposition aux politiques de la classe dirigeante israélienne.

Le PES s’oppose aux tentatives des bourgeoisies sioniste et arabes, ainsi que des éléments de la pseudo-gauche, de dépeindre la population d’Israël comme unie, xénophobe et antiarabe. La question centrale qui est posée est la construction d’un mouvement de la classe ouvrière politiquement indépendant. Ceux qui ont fait une croix sur les travailleurs israéliens rejettent la possibilité de développer un tel mouvement où que ce soit.

Les immenses souffrances du peuple palestinien sont liées aux trahisons historiques faites au nom du nationalisme bourgeois. Les États arabes, qui affirmaient par le passé – faussement – parler en champions de la libération de la Palestine, agissent aujourd’hui ouvertement comme les complices d’Israël. En premier lieu parmi ceux-ci il y a l’Égypte. Le régime de l’homme fort de l’armée, le général Abdel-Fatah al-Sissi, est le produit d’une tentative de longue haleine de la bourgeoisie égyptienne d’écraser les luttes révolutionnaires qui ont éclaté en février 2011.

L’Organisation de libération de la Palestine et l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas jouent un rôle similaire. Sous l’étendard discrédité d’une solution à deux États et en échange de l’enrichissement d’une couche de hauts responsables, ils ont accepté le rôle de policiers dans une Cisjordanie fragmentée par les colonies, les routes contrôlées et les murs. Espérant jouer le même rôle à Gaza, eux aussi ont servi de complices à Israël dans la guerre actuelle.

Le mouvement du Hamas à Gaza, victime d’assassinats et d’attaques à répétition, n’a aucune perspective pour vaincre le sionisme, l’impérialisme américain et leurs complices arabes. Son idéologie islamiste représente les intérêts d’une section de la bourgeoisie palestinienne.

Nous nous opposons à la campagne Boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) qui a l’appui de la majorité de la pseudo-gauche petite-bourgeoise et qui est une impasse politique. Pourquoi s’arrêter à Israël? Pourquoi pas les États-Unis, qui sont derrière non seulement le massacre à Gaza, mais les crimes partout dans le monde? L’objectif de ce mouvement est de défendre la solution à deux États, c.-à-d., la création d’un miniÉtat non viable qui ne serait qu’une prison pour les Palestiniens.

Le sort de la lutte palestinienne, et celui des masses arabes dans leur ensemble, atteste entièrement la perspective de Léon Trotsky de la révolution permanente. Celle-ci affirme qu’à l’époque de l’impérialisme, la réalisation des tâches démocratiques et nationales de base dans les nations opprimées; qui était associée aux époques précédentes à la montée de la bourgeoisie, ne peut s’accomplir que par la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière sur la base d’une perspective socialiste et internationaliste.

Les terribles événements qui ont eu lieu à Gaza posent avec la plus grande urgence la nécessité d’une lutte pour unir la classe ouvrière, arabe et juive, au-delà de toutes barrières nationales et religieuses dans la lutte contre l’impérialisme, le sionisme et la bourgeoisie arabe, et pour une fédération socialiste du Moyen-Orient dans le cadre d’une lutte pour mettre fin au capitalisme à l’échelle mondiale. La lutte pour cette perspective exige la construction de sections du Comité international de la Quatrième Internationale à travers le Moyen-Orient.

Ce Congrès exige le retrait immédiat des forces de défense israéliennes de Gaza, la fin de tous les bombardements et la fin du blocus israélo-égyptien qui a emprisonné et affamé la population de Gaza ces sept dernières années. Il exhorte la classe ouvrière américaine à exiger la fin de toute aide des États-Unis à l’État israélien, le retrait de toutes les forces militaires américaines du Moyen-Orient et un programme massif d’urgence d’aide humanitaire et économique au peuple palestinien.

(Article original paru le 9 août 2014)