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Un quartier du nord de Marseille bouclé suite à des tirs visant la police

Par Kanda Gabriel
11 février 2015

Des policiers ont bouclé un quartier du nord de Marseille lundi 9 février, après que des hommes cagoulés ont tiré à la kalachnikov sur une voiture de police, dans ce qu'un responsable local haut placé a suggéré être un incident lié au trafic de drogue. Des tirs avaient été entendus vers 10h du matin ce même jour dans le quartier de La Castellane.

Selon les premiers rapports, il n'y eu ni victimes ni dégâts matériels. Cependant, des unités de forces spéciales de la police ont rapidement été déployées au nord de la ville à la suite de cet incident.

Les résidents du quartier de La Castellane, qui héberge 7000 personnes, ont reçu l'ordre de rester chez eux. Selon une source policière, une crèche a été évacuée quand des policiers d'une unité des GIPN (Groupes d'Intervention de la Police Nationale) ont été envoyés dans le quartier bouclé.

On a également effectué des prélèvements ADN sur des habitants du quartier « afin de pouvoir procéder à l'arrestation des personnes » à l'origine de cette fusillade, selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Des kalachnikovs et « plusieurs » kilos de drogue ont été retrouvés lors de fouilles opérées par les forces de l'ordre à La Castellane, a-t-il annoncé.

La fusillade a eu lieu avant une visite programmée du premier Ministre Manuel Valls destinée à vanter des statistiques montrant une baisse de la délinquance dans la ville.

Selon les premiers témoins oculaires, des hommes en treillis et armés de kalachnikovs ont pénétré dans le quartier vers 10h 15. Des habitants ont alerté la police, disant que « de cinq à dix individus » tiraient en l'air dans le quartier, où un homme de 25 ans avait été tué d'une balle dans la tête le mois dernier.

Mais par la suite, la police a affirmé que ses agents avaient essuyé des tirs. Pierre-Marie Bourniquel directeur départemental de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, vérifiait la sécurité du quartier avant la visite de Valls prévue dans l'après-midi quand les tirs se sont produits. Bourniquel a dit que lui-même et d'autres policiers se trouvaient dans trois voitures qui ont été visées. Il a dit que les balles étaient passées à trois mètres des voitures.

« Nous avons été 'rafalés' à notre arrivée sur place », a-t-il déclaré. Les trois voitures prises pour cible étaient « clairement identifiées comme étant des voitures de police. »

« Il y a eu des tirs contre une voiture de police par des individus cagoulés et armés de kalachnikovs », a-t-il encore dit.

Samia Ghali, sénatrice PS (Parti socialiste) de la région, a dit à i-Télé qu'elle avait parlé avec le directeur régional de la police et que celui-ci lui avait dit que les individus visaient la police et tiraient aussi en l'air. Ghali a dit que l'incident était symptomatique d'autres problèmes plus importants, tels que la drogue, la prostitution et le trafic dans des quartiers pauvres, à forte criminalité comme La Castellane.

Port méditerranéen clé et deuxième ville de France, Marseille a un taux de pauvreté élevé et aurait la population immigrée arabe la plus importante de toutes les villes de France. Les gouvernements français de tous bords politiques ont avant tout traité la ville comme un problème de maintien de l’ordre: Ghali elle-même avait réclamé le déploiement de l'armée dans plusieurs quartiers de la ville.

L'armée française n'a plus été déployée pour le maintien de l'ordre sur le territoire français depuis son utilisation en Algérie pendant le conflit sanglant qui a duré de 1954 à 1962, dans une vaine tentative d'écraser l'opposition au régime colonial français à Alger et ailleurs.

Lors de sa conférence de presse commune avec Bernard Cazeneuve au siège de la police régionale, Valls a dit que les tirs à la kalachnikov étaient « inacceptables ».

Valls a loué le bouclage de La Castellane comme la preuve que le gouvernement PS renforçait rapidement les pouvoirs de la police. « Il y a peu de temps, on n'aurait pas pu intervenir aussi rapidement, boucler le quartier, protéger les écoles, protéger les habitants, et s'emparer de plusieurs armes de guerre, » a également déclaré M.Valls.

(Article original publié le 10 février 2015)