Non à Macron et à Le Pen! Pour un boycott actif des présidentielles!

Par Comité politique du Parti l'égalité socialiste
27 avril 2017

Le Parti de l'égalité socialiste, la section française du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), lance aux travailleurs et aux jeunes un appel pour un boycott actif du second tour des présidentielles. Le PES rejette les arguments selon lesquels les travailleurs doivent voter pour l'ex-banquier Rothschild et ministre PS de l'Economie contre la néo-fasciste Marine Le Pen.

Le chantage exercé contre la population française pour la forcer à voter Macron est fondé sur des mensonges et des sophismes. D'abord, on nous dit que voter Macron signifie défendre la démocratie contre la menace d'une dictature. Mais la France est sous un état d'urgence imposé par le gouvernement PS auquel il a participé. Les droits démocratiques sont suspendus, et dans le dos des Français, Hollande a relancé une politique d'assassinats extra-judiciaires décidé par le seul président.

Ensuite, on dit que l'opposition de Macron au nationalisme de Le Pen est le seul moyen de stopper l'éclatement de l'Union européenne et d'empêcher la France et l'Europe de retomber dans les affres du nationalisme et de la guerre. Mais c'est Macron qui propose de rétablir le service militaire et qui soutient les menaces de guerre impérialiste de Washington et de Berlin contre la Syrie, la Russie, et la Corée du nord.

Finalement, on nous rappelle que les néo-fascistes sont des ennemis des travailleurs. Ce qui est vrai. Mais Macron était ministre du gouvernement PS qui a tenté d'inscrire dans la constitution la déchéance de nationalité, principe qui a lancé la déportation des Juifs vers le camps de la mort sous l'Occupation. Il compte réaliser des dizaines de milliards d'euros en coupes sociales et utiliser la loi travail du PS pour détruire des droits sociaux que les travailleurs ont acquis au courant de générations de lutte au 20e siècle.

Le Pen est une réactionnaire qui fait appel au racisme et aux haines xénophobes, et le Front national (FN) descend du régime collaborationniste qui a gouverné la France pendant la Deuxième Guerre mondiale. La question clé est toutefois le développement de l'opposition des travailleurs à Macron et à Le Pen, depuis la gauche. Sinon, Le Pen pourra continuer à utiliser sa démagogie populiste et protectionniste pour se présenter en Jeanne d'Arc des travailleurs français.

Le but du boycott actif de l'élection est de préparer la classe ouvrière pour les luttes, que ce soit Macron ou Le Pen qui remporte l'élection le soir du 7 mai. L'appel à un boycott actif n'est pas le produit d'un calcul parlementaire, mais de la dynamique de la lutte des classes.

Avec l'élimination des candidats PS et LR au premier tour, la France vit un effondrement historique du duopole bourgeois qui a gouverné le pays depuis un demi-siècle. Le fait que c'est Macron et Le Pen qui sont parvenus au second tour démontre qu'une confrontation sans merci se prépare au courant du quinquennat à venir entre le président et la classe ouvrière, sur fond de colère sociale explosive contre le chômage, l'austérité, et la montée des inégalités économiques.

L'appel du PES pour un boycott actif n'a rien à voir avec une quelconque passivité ou indifférence politique. Il s'agit de lancer des meetings pour s'opposer aux deux candidats réactionnaires, d'appeler à des manifestations et d'encourager des grèves et des luttes ouvrières. C'est un moyen pour la classe ouvrière de briser le carcan politique que lui impose le contexte électoral et de rassembler ses forces pour une lutte décisive contre la classe capitaliste, qui va droit vers la guerre et la dictature en France comme à l'international.

Dans cette crise, la politique de la France insoumise (FI, ex-Front de gauche) de Jean-Luc Mélenchon n'a rien à offrir. Mélenchon a reçu presque 20 pour cent des voix grâce à une montée de l'opposition à la guerre après les frappes américaines le 7 avril en Syrie. Il a remporté Marseille, Toulouse, Lille, et les banlieues ouvrières au nord de Paris. A présent, l'ex-ministre PS propose une consultation des 440.000 adhérents Internet de la FI, leur offrant le choix de se prononcer pour un vote Macron, pour un vote nul, ou pour une abstention.

C'est une évasion lâche de ses responsabilités politiques, qui a l'effet de subordonner les 7 millions d'électeurs de Mélenchon encore une fois au PS, en leur offrant le choix entre un vote Macron et l'impasse d'un geste symbolique accompli seul dans l'isoloir.

Parmi les électeurs de Mélenchon il y a de nombreux travailleurs, jeunes, et étudiants qui détestent tout ce que représente Le Pen, méprisent Macron, et savent qu'il y a quelque chose de grotesque et d'affreux dans le choix qu'on leur offre. Ils cherchent comment aller de l'avant. Il faut empêcher une ré-édition de la crise de 2002, la dernière fois que le FN est arrivé au second tour pour confronter le candidat de droite Jacques Chirac, quand le PS et ses alliés ont noyé l'opposition politique des masses dans des appels à voter pour l'opposant bourgeois du FN.

La classe ouvrière vit des expériences politiques énormes sur les conséquences effroyables de l'opportunisme et du rejet des principes révolutionnaires. Le PS et ses alliés se sont avérés être non pas des organisations socialistes, mais des défenseurs du capital financier et des ennemis des travailleurs, qu'ils ont opprimés pendant des décennies.

Le PES insiste qu'au courant de ce centenaire de la révolution d'octobre, la classe ouvrière française et internationale devra renouer ses liens avec les luttes du Parti bolchévik et de la classe ouvrière russe de 1917. Macron et Le Pen sont deux formes d'une même maladie : le système capitaliste, qui est complètement pourri.

Un boycott actif de l'élection ouvre la voie à une lutte de la classe ouvrière contre la guerre, l'austérité et la dictature. Ceci signifie une lutte pour briser la domination de l'économie par les capitalistes par la nationalisation des corporations et des banques sous le contrôle démocratique de la classe ouvrière et la victoire du socialisme en France, en Europe et autour du monde.

Le PES demande aux travailleurs et aux jeunes qui s'opposent à l'impasse des présidentielles de lutter pour un boycott de l'élection par la classe ouvrière, d'apporter leur soutien au PES, d'étudier son programme, et rejoindre la lutte pour le construire en tant qu'avant-garde de la classe ouvriére en France.

Pour contacter le PES, cliquez ici.

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