Les travailleurs d’Amazon s’expriment

Ex-travailleur: J’étais au bord du coup de chaleur et Amazon m’a forcé à continuer de travailler

Par nos journalistes
3 juin 2017

Des centaines de travailleurs d’Amazon se sont inscrits à l’infolettre de la Voix internationale des travailleurs d’Amazon dans les derniers jours. Les travailleurs continuent de nous envoyer leurs histoires d’horreur d’exploitation et les travailleurs dans les centres de traitement des commandes en Amérique du Nord, en Europe, en Asie, en Amérique latine et en Afrique discutent le besoin d'une stratégie internationale pour lutter.

Voici ce que disent les travailleurs:

Travailleur au bord du coup de chaleur: Amazon lui dit de continuer de travailler

Amazon tente de cacher des scènes comme celle-ci, décrite par un ex-employé d’Amazon qui a cru qu’il allait mourir au travail.

Centre de distribution d'Amazon au Kentucky

«J’ai travaillé là (pour Amazon) pendant un an et j’étais traité comme un vulgaire déchet», a dit le jeune travailleur. «Un jour, j’ai souffert d'un très gros coup de chaleur et j'essayais de rester hydraté. J’étais à ma septième bouteille d'eau à l’heure du repas et ça ne suffisait pas. Tout le monde disait à mon centre de traitement des commandes que c’était plus chaud que d’habitude et les gérants ne faisaient rien à propos de cela». 

La seule préoccupation de la société était de livrer ses marchandises et de faire du profit.

Le travailleur a ensuite ajouté: «Je me suis presque évanoui en triant. J’ai été amené à Amcare [l’équipe médicale de la société] et on m'a dit que je ne pouvais être là que 20 minutes puisque je devais retourner travailler, même s'ils savaient que j’étais sur le bord d’un coup de chaleur. Ils ont même dit que j’étais sur le point de subir un coup de chaleur. J’ai donc quitté Amazon cette nuit-là et je n’y suis jamais retourné, car j’ai senti que ma vie était plus importante que de mourir à l’ouvrage. Si j'étais mort à ce moment, j’aurais été la quatrième personne à mourir à ce centre de traitement, et disons que je ne voulais pas cela.»

«Pourquoi ne pas partager les bénéfices du progrès industriel, au lieu d’accepter notre sort comme esclaves pour les riches?»

Un ancien travailleur d’entrepôt au Royaume-Uni a expliqué: «J’ai travaillé dans un entrepôt à Manchester comme manutentionnaire pour XPO/Missguided dans des conditions très similaires à celles que décrivent les travailleurs d’Amazon. Les travailleurs étaient dénigrés par un tas de politiques dictatoriales et poussés à la limite de leur endurance physique et mentale. Quelques travailleurs se sont évanouis à cause du surmenage.»

Il a ajouté: «Pourquoi la société ne partage pas également les bénéfices du développement de la production? Après tout, ce sont les travailleurs qui ont construit les entrepôts, et les moyens de production et d’opérations, pas Bezos. Pourquoi ne pas partager les bénéfices du progrès industriel, au lieu d’accepter notre sort comme esclaves pour les riches? La condition sociale aujourd’hui est épouvantable et étant donné les forces productives disponibles, entièrement médiévale.»

Non au nationalisme! Travailleurs d’Amazon unissez-vous internationalement!

Un travailleur du Royaume-Uni a envoyé un message à la Voix internationale des travailleurs d’Amazon pour rapporter les conditions stressantes et dangereuses à son lieu de travail. Le travailleur a remercié la VITA d'avoir exposé la richesse de Bezos, mais a dit qu’une partie du problème est que les travailleurs anglais sont maltraités pendant que les travailleurs polonais sont privilégiés.

La Voix internationale des travailleurs d’Amazon a répondu:

«Les riches veulent que vous fassiez concurrence aux travailleurs d’origines nationales différentes pour empêcher que les travailleurs ne s’unissent et combattent les vrais ennemis: les riches. Nous sommes socialistes, ce qui veut dire que nous sommes pour l’unité internationale de la classe ouvrière, indépendamment de l’origine nationale. Les travailleurs anglais ont beaucoup plus en commun avec les travailleurs de la Pologne qu’ils en ont avec David Cameron et les travailleurs polonais ont beaucoup plus en commun avec vous qu’ils en ont avec les oligarques polonais, également.»

«Imaginez la puissance que pourraient avoir les travailleurs d’Amazon s’ils s’unissaient aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Pologne, en Allemagne, au Mexique, en Chine, en Inde et partout, dans une lutte commune pour l’égalité sociale. Divisés par la nationalité, les travailleurs sont impuissants. Mais unie à travers le monde, la classe ouvrière est une puissante force qui peut changer le cours de l’histoire.»

Le travailleur a répondu avec un signe d'approbation.

Travailleurs d’Amazon, si vous avez des histoires à partager, inscrivez-vous à notre infolettre et inscrivez vos commentaires dans le champ prévu à cet effet. Nous gardons toutes les sources anonymes pour les protéger des congédiements arbitraires.

(Article paru en anglais le 29 mai 2017)