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L’Université de New York impliquée dans le projet de superordinateur du ministère de la Défense

Non au militarisme et à la surveillance ! L’université de New York doit révéler tous ses liens avec l’armée et les renseignements !

Par Isaac Oseas – candidat del'IYSSE au sénat étudiant la GSAS l’Université New York
18 mai 2017

Isaac Oseas est le président de l’International Youth and Students for Social Equality (IYSSE – Jeunes et étudiants pour l’égalité sociale) à l’Université de New York (NYU). Il est actuellement candidat au poste de sénateur étudiant de l’École supérieure des arts et des sciences (GSAS), dans le cadre de la lutte de l’IYSSE pour construire un mouvement socialiste sur le campus et dans la classe ouvrière.

Les étudiants de la GSAS de la NYU pourront voter pour Oseas du 15 mai au 19 mai en allant sur le lien StudentVote.nyu.edu et en se connectant avec leur NetID et mot de passe.

Voici une déclaration d’Oseas en opposition au militarisme sur le campus.

La révélation selon laquelle la NYU a été impliquée dans le développement d’un ordinateur décodeur pour le ministère de la Défense (DoD) américain expose encore plus les liens étroits entre l’université et l’armée.

Selon The Intercept, un chercheur américain en matière de sécurité numérique a découvert des centaines de pages de documents hébergés sur un serveur peu sûr dans la Tandon School of Engineering de la NYU. Les documents comprenaient une description détaillée d’un superordinateur, nommé « WindsorGreen », administré par la NYU, le DoD et IBM.

Beaucoup de documents découverts par le chercheur affichaient des avertissements tels que « DISTRIBUTION LIMITÉE AUX AGENCES DU GOUVERNEMENT DES ÉTATS-UNIS SEULEMENT », « LES DEMANDES DE CE DOCUMENT DOIVENT ÊTRE RÉFÉRÉES A LA DOD ET APPROUVÉES PAR ELLE » et « IBM Confidentiel ».

Le superordinateur est beaucoup plus avancé que ce qu’on trouve dans le commerce ou les universités, et est clairement conçu pour déchiffrer les courriels et les textes cryptés.

Gregory et David Chudnovsky, mathématiciens de renommée mondiale qui dirigent l’Institut Tandon pour la mathématique et les superordinateurs de pointe, ont rédigé plusieurs de ces documents et ont tenu une correspondance avec des membres de l’armée américaine, selon la source de The Intercept.

La fuite fournit aux étudiants et aux travailleurs à la NYU et à travers le pays un aperçu rare de l’intersection entre le milieu universitaire, Wall Street et l’armée américaine ainsi que les services de renseignement.

Bien que l’administration de la NYU ait nié toute connaissance du programme Windsor, l’université a développé une spécialisation pour la formation des futurs agents de la NSA et l’élaboration de justifications légales pour la surveillance de masse.

L’Ecole Tandon est restée l’une des seules 16 institutions du pays à être désignée comme centre d’excellence universitaire (CAE) par la NSA, ce qui permet aux écoles de postuler à des subventions de la National Science Foundation (NSF).

Le financement de la NSF est utilisé pour financer les bourses d’études pour les programmes comme ASPIRE (une bourse pour le partenariat Service pour la recherche interdisciplinaire et l’éducation).

Les étudiants qui reçoivent la bourse doivent passer deux ans dans le service gouvernemental. Selon un article de 2015 du Guardian, environ 29 pour cent des étudiants qui reçoivent la bourse sont placés à la NSA. La plupart des autres sont placés dans d’autres agences de renseignement, d’espionnage, de police ou militaires.

L’École de droit de la NYU abrite également le Centre sur le droit et la sécurité, qui œuvre à « rendre notre politique de sécurité nationales plus efficace, légitime et durable ». Le Conseil d’administration du centre est composé d’anciens et actuels agents de la CIA et du Département d’État, et des sociétés qui les soutiennent. Cela comprend des personnages tels que David Cohen, l’ancien directeur adjoint de la CIA sous Obama ; Gus Coldebella, ancien avocat général du Département de la sécurité intérieure ; Rajesh De, ancien avocat général de la NSA ; Randal Milch, ancien vice-président exécutif de Verizon ; Et Elizabeth Rindskopf-Parker, qui, entre 1984 et 1995, travaillaient pour la CIA, la NSA et le Département d’État.

L’intersection du personnel d’entreprise et militaire et de l’état ne se limite pas à une seule école ou à un programme unique, mais a une influence sur l’ensemble de l’établissement. En 2009, Cheryl Mills, l’ancienne chef d’état-major de Hillary Clinton, a négocié la création du campus d’Abu Dhabi alors qu’elle était employée par le Département d’État et la NYU.

En 2015, la NYU a convoqué un groupe de représentants du gouvernement, d’universitaires et de membres de l’industrie de la défense pour développer un partenariat public-privé pour le DoD. Le groupe a publié un rapport dans le cadre du sommet intitulé « Accélérateur de la technologie de la sécurité nationale : un plan pour l’innovation dans l’industrie civile et militaire ».

Beaucoup des membres du Conseil d’administration de la NYU sont également membres du Conseil des relations extérieures (CFR), un groupe de réflexion avec des liens étroits avec le gouvernement américain. Cela comprend Laurence Fink, fondatrice et chef de la direction du plus grand fonds spéculatif mondial, BlackRock, Inc. ; Boris Jordan, président et chef de la direction de Sputnik Group, Ltd., qui gère les plus importants fonds d’ investissement étrangers investis en Russie ; et John A. Paulson, un dirigeant de la société de gestion de fonds de capital investissement Paulson & Co.

Kenneth Langone, cofondateur de la société de distribution et de détail The Home Depot, est un fiduciaire à la fois pour la NYU et le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS – Centre pour études stratégiques et internationales), un important groupe de réflexion impérialiste. En 2016, le CSIS a été mandaté par le DoD pour rédiger un rapport qui précise les plans pour une confrontation militaire entre les États-Unis et la Chine.

En tant que membre de l’IYSSE et candidat briguant le poste de Sénateur étudiant du GSAS, je présente les revendications suivantes :

Tout d’abord, la divulgation complète par l’administration de la NYU de tous les liens entre l’université et les agences militaires et d’espionnage. La rupture de tous les liens entre l’université et l’armée et l’État. Les universités doivent être des centres d’apprentissage, pas de la propagande gouvernementale et de la recherche au service de la guerre.

Deuxièmement, le gouvernement étudiant doit établir un comité dirigé par les étudiants pour évaluer l’impact des agences militaires et de surveillance sur les décisions universitaires prises par l’administration.

(Article paru en anglais le 16 Mai 2017)