Le PES et l'IYSSE manifestent contre l'interdiction du 1er mai par le gouvernement sri-lankais

Par nos journalistes
1 mai 2018

Le Parti de l'égalité socialiste (PES) et l’International Youth and Students for Social Equality (IYSSE — Étudiants et jeunes internationalistes pour l'égalité sociale) ont organisé un piquet à la gare de Colombo Fort vendredi après-midi contre l'interdiction du 1er mai du gouvernement Sirisena-Wickremesinghe.

Le gouvernement a interdit les meetings le 1er mai, affirmant agir en réponse à une « demande » de moines bouddhistes haut placés qui ne voulaient pas que les fêtes du 1er mai se tiennent pendant la semaine « Wesak », un festival bouddhiste sacré. Le gouvernement a également annulé le jour férié prévu le 1er mai et a ordonné au conseil municipal de Colombo de refuser l'accès aux salles pour les rassemblements et les manifestations du 1er mai.

Lundi dernier, le conseil municipal a informé le PES que sa réservation du nouvel Hôtel de ville de Colombo pour sa réunion publique du 1er mai avait été annulée. Comme l'exige la loi, le PES avait demandé et obtenu l'autorisation de la police pour l'événement.

Une partie du piquet du PES

Près de cent membres et sympathisants du PES et de l’IYSSE ont participé au piquet de vendredi, dénonçant l’interdiction du 1er mai et d’autres attaques antidémocratiques du gouvernement. Un nombre important de personnes de langue tamoule de la péninsule de Jaffna ravagée par la guerre et des travailleurs des plantations du centre du Sri Lanka étaient présents.

La manifestation, qui a duré environ une heure, a attiré l’attention et l’intérêt des travailleurs et des jeunes revenant du travail ou de l’école. Les militants du PES/IYSSE ont distribué des centaines de copies de la déclaration du PES en cinghalais et en tamoul intitulée « Opposez-vous à l’interdiction du gouvernement du Sri Lanka des fêtes du 1er mai ».

Ceux qui formaient le piquet ont scandé des slogans hostiles aux mesures d’austérité sociale du gouvernement et ont appelé à un gouvernement ouvrier et paysan fondé sur un programme socialiste et internationaliste. Si un groupe de la police a été envoyé à la gare, il n’a pas tenté de bloquer la manifestation, craignant que cela ne déclenche une plus grande opposition de la part des travailleurs et des jeunes déjà mis en colère par l’interdiction du 1er mai.

Les journalistes du quotidien cinghalais Rivira et du journal quotidien tamoul Virakesari ont écrit sur le piquet. Samedi, Thinakkural, un autre quotidien tamoul, a publié un reportage sur l’action de protestation et sur l’interdiction de la réunion du PES le 1er mai. L’événement a été diffusé en direct sur Facebook et a été suivi par une soixantaine de personnes. Dimanche, il avait reçu plusieurs centaines de vues.

K. Ratnayake, membre du Comité politique du PES et rédacteur national du WSWS, s’est adressé à la manifestation. Ses remarques ont été traduites en tamoul par M. Thevarajah, lui aussi membre du Comité politique du PES.

K. Ratnayake s'adressant à la protestation

Ratnayake a rejeté l’interdiction du gouvernement, déclarant : « Ni ce gouvernement, ni la classe dirigeante bourgeoise et l’establishment bouddhiste n’ont le droit de changer le 1er mai ou d’entraver les fêtes du 1er mai. Il n’ont pas à s’en mêler ».

La véritable raison de la décision du gouvernement, expliqua Ratnayake, était sa crainte que le 1er Mai ne devienne l’« expression rebelle » de la colère grandissante de la population envers ses mesures d’austérité sociale. « La classe dirigeante au Sri Lanka est terrifiée qu’une intervention indépendante et un mouvement politique de la classe ouvrière ne se produisent », a-t-il dit.

Ratnayake a dit à la manifestation que le 1er mai avait lieu dans les conditions d’une crise croissante du capitalisme mondial, de l’intensification de la guerre impérialiste et de mesures de contre-révolution sociale, mais aussi de l’émergence de luttes ouvrières sur le plan international.

« La classe ouvrière et les jeunes du Sri Lanka », a-t-il dit, devaient consacrer ce jour du 1er mai à « clarifier quelle devrait être leur propre stratégie pour s’opposer à la guerre impérialiste et à la destruction de leurs droits sociaux et démocratiques. Ce gouvernement tente d’empêcher cette clarification en interdisant notre fête du 1er mai ».

Les attaques de la classe dirigeante, a-t-il averti, ne pouvaient être inversées par des appels futiles aux puissances impérialistes et à leurs laquais au Sri Lanka et en Inde, comme le prétendent diverses organisations opportunistes telles que le Front socialiste, le Parti socialiste unifié et le « Nava Sama Samaja Party » (NSSP).

« La classe ouvrière du Sri Lanka, en union avec ses frères et sœurs de classe internationaux, doit se lever sur la base du programme du socialisme international contre la guerre impérialiste et la destruction des droits sociaux ».

Le piquet SEP

Ratnayake a conclu en exhortant tous les participants à s’inscrire au Rassemblement international en ligne du 1er mai organisé par le Comité international de la Quatrième Internationale le 5 mai et à se rassembler le 1er mai à 15 h près du nouvel Hôtel de ville pour une autre manifestation du PES contre l’interdiction du 1er mai.

Shashika, un superviseur de travaux de peinture de Homagama, participait au piquet de vendredi. « Le 1er mai est la journée des travailleurs, cette interdiction est une grave attaque contre les travailleurs », a-t-il déclaré au WSWS. « Dans les conditions économiques actuelles, la classe dirigeante n'a rien d'autre à offrir à la classe ouvrière que ces attaques ».

« La classe capitaliste traite les travailleurs comme nous, tels que des esclaves. Mais ces esclaves peuvent gagner en renversant la classe capitaliste. Par le travail des ouvriers, les capitalistes s’enrichissent eux-mêmes. Je crois que la classe ouvrière peut améliorer les conditions dans ce pays et dans le monde entier, et ainsi je soutiens entièrement votre lutte et j’appelle d’autres à le faire ».

(Article paru d’abord en anglais le 30 avril 2018)