Non à la répression des socialistes polonais !

Par Le comité de rédaction du WSWS
19 mai 2018

Le WSWS a reçu la lettre suivante de la rédaction de « Władza Rad » (« Le pouvoir soviétique ») énumérant des actes répressifs contre le site web de la publication, ainsi que contre le Parti communiste de Pologne et contre une récente conférence scientifique sur le 200ᵉ anniversaire de la naissance de Karl Marx.

Le Comité international de la Quatrième Internationale et le comité de rédaction du World Socialist Web Site condamnent les actes autoritaires du gouvernement réactionnaire polonais du parti au pouvoir, le Droit et Justice (PiS). Nous exigeons la fin immédiate de la persécution des publications et organisations de gauche et socialistes en Pologne.

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Le gouvernement réactionnaire de la Pologne entreprend de nouvelles tentatives pour réprimer la liberté d’expression et le pluralisme démocratique en Pologne. Après les persécutions du Parti communiste de Pologne légalement déclaré, dont les membres ont été traduits en justice pour la popularisation du communisme, les répressions ont atteint les éditeurs du site communiste « Władza Rad » (Le pouvoir soviétique, www.1917.net.pl), et plusieurs jours plus tard, la police a fait irruption dans une conférence marxiste organisée par des scientifiques de l’Université de Szczecin, dans le nord – ouest de la Pologne.

Le lundi 30 avril, la police est entrée dans l’appartement d’un des rédacteurs de « Władza Rad » et a pris son carnet de notes, deux disques durs et un téléphone portable. Cette action a été menée malgré le fait que la popularisation du communisme soit légale en Pologne, et l’action est donc totalement illégale. C’était un autre acte de répression scandaleux contre l’opposition de gauche.

La promotion du communisme est, selon la loi polonaise, légale. Ignorant ce fait, le parquet tente d’inculper l’éditeur de Władza Rad pour un crime inexistant. Le code pénal polonais interdit seulement la propagande « totalitaire » et fasciste. Il n’interdit cependant pas le communisme, ce qui a été confirmé par la décision de la Cour constitutionnelle en 2011.

En janvier de cette année, le ministre des affaires intérieures, M. Brudzinsk I, a nié l’existence de la menace néo-fasciste en Pologne et a tenté de créer une fausse piste d’une prétendue menace « néo-communiste » contre la démocratie.

Dans la foulée, la police et les parquets ont mené une campagne agressive contre les communistes et toute opposition de gauche en Pologne.

Le Komunistyczna Partia Polski (KPP, Parti communiste de Pologne), légalement enregistré, a été durement réprimé. Les activistes du KPP ont été condamnés de manière coercitive, mais ils ont fait appel et leurs procès se poursuivent aujourd’hui.

Même le parti social-démocrate et agressivement anticommuniste Razem (« Ensemble », se présentant comme une version polonaise du Podemos espagnol) a fait face à des répressions – certains membres des organisations de jeunesse pro-gouvernementales ont exigé qu’il soit proscrit pour « promotion du communisme ».

Alors que même les hommes politiques européens de centre droit comme Jean-Claude Juncker reconnaissent la place de Karl Marx dans l’histoire, la télévision d’Etat polonaise a récemment diffusé une émission sur les « idées meurtrières de Karl Marx » (en utilisant des citations fabriquées attribuées au fondateur du socialisme scientifique) et le gouvernement punit toute activité d’opposition de gauche, tandis que les manifestations néo-fascistes de l’ONR (« National Radical Camp », organisation d’extrême droite qui tire son nom d’une organisation antisémite et fasciste des années 1930) sont protégées par la police. La dérive de l’État vers l’autoritarisme maintenant implique même la violation de l’autonomie universitaire. Le samedi 12 mai, la police a fait irruption dans une conférence scientifique célébrant le 200ᵉ anniversaire de la naissance de Marx, enfreignant ainsi la loi sur l’autonomie des universités.

Nous, le comité de rédaction du site web communiste polonais Władza Rad, défendons toujours la liberté de parole et les droits de l’homme garantis par la Charte des Nations Unies. Nous sommes opposés à toute violation des droits de l’homme. Nous appelons à la solidarité internationale contre la politique du gouvernement polonais !

L’État polonais viole les règles fondamentales de la démocratie et de la liberté d’expression. Le seul but du gouvernement réactionnaire est de détruire toute opposition de gauche à la domination du parti nationaliste et bourgeois PiS, d’assurer la stabilité de la domination du capital et de maintenir le système d’exploitation capitaliste de la classe ouvrière.

La défense des lois démocratiques pour la classe ouvrière et les organisations politiques marxistes est maintenant absolument nécessaire !

Nous appelons à l’organisation des manifestations devant les ambassades polonaises dans le monde entier et à l’envoi des lettres contre les persécutions des communistes polonais aux ambassadeurs.

Le comité de rédaction de Wladza Rad

Le 15 mai 2018

(Article paru en anglais le 18 mai 2018)