Déclaration des partisans turcs du CIQI sur le massacre israélien des Palestiniens à Gaza

Par Toplumsal Eşitlik
21 mai 2018

Le groupe Toplumsal Eşitlik (Égalité sociale), des partisans turcs du Comité international de la Quatrième Internationale (ICFI), condamne le massacre perpétré par les troupes israéliennes contre les Palestiniens non armés à Gaza et réitère son soutien à leur droit de retourner dans leurs foyers et leurs villages d’où leurs familles ont été violemment expulsées par les forces sionistes il y a 70 ans.

Le massacre de Gaza a exposé non seulement l’Administration Trump, qui soutient de manière flagrante le gouvernement israélien, mais aussi la complicité de tous les gouvernements impérialistes, y compris Berlin et Londres. Ils demandent cyniquement qu’une « enquête » ou une « commission indépendante » soit organisée pour examiner le massacre en plein jour des Palestiniens non armés, tandis que leurs alliés dans la région émettent des déclarations cyniques critiquant « l’utilisation disproportionnée de la force » par le gouvernement israélien.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP), en revanche, ont profité des événements de Gaza pour se présenter à nouveau comme les défenseurs du peuple palestinien. Ils espèrent manipuler les sentiments anti-impérialistes et antisionistes des masses, cette fois à la veille des élections législatives et présidentielles turques.

Le 14 mai, le gouvernement turc a déclaré trois jours de deuil national pour honorer les Palestiniens massacrés à Gaza ce jour-là et a rappelé ses ambassadeurs aux États-Unis et en Israël pour des consultations.

S’adressant aux étudiants turcs le 15 mai à Londres, M. Erdogan a déclaré : « Peu importe de quel côté, que ce soit des États-Unis ou d’Israël, je condamne cette tragédie humanitaire, ce génocide, et ceux qui restent silencieux. Israël mène un terrorisme d’État. Israël est un état terroriste. Ce que fait Israël, c’est un génocide ».

Lors d’un rassemblement de masse le 18 mai à Istanbul, Erdogan a comparé les actions du gouvernement israélien contre les Palestiniens à la persécution nazie des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. « Il n’y a pas de différence entre les atrocités commises contre le peuple juif en Europe il y a 75 ans et la brutalité subie par nos frères de Gaza ». Puis il a ajouté : « Je dirai ouvertement et clairement que ce qu’Israël fait est le banditisme, la brutalité et la terreur d’État ».

Ces déclarations sentent l’hypocrisie. Elles viennent d’un gouvernement qui a brutalement réprimé l’opposition politique nationale, en particulier de la part du peuple kurde et des groupes nationalistes kurdes, tout en envahissant le nord de la Syrie. Pendant des années, des milliers de membres du Parti démocratique populaire prokurde (HDP), y compris son ancien président et candidat à la présidence, Selahattin Demirtas, sont derrière les barreaux.

En vertu de l’état d’urgence turc, imposé peu après le coup d’État de juillet 2016 contre Erdogan, échoué par les États-Unis, 150 000 personnes ont été arrêtées et presque le même nombre a été licencié. Plus de 120 journalistes ont également été arrêtés et plus de 180 médias ont été fermés.

De plus, les scènes horribles à Gaza ne sont pas fondamentalement différentes de celles des provinces kurdes de Diyarbakir, Mardin et Sırnak, où 10 000 militaires et policiers turcs ont lancé des opérations soutenues par des chars et des hélicoptères fin 2005. Dans des opérations militaires, montées sous prétexte d’une « lutte contre le terrorisme » et ciblant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), des milliers de maisons ont été rasées par l’artillerie lourde, forçant 200 000 personnes à fuir leur foyer en quelques mois.

Alors qu’ils revendiquent de manière démonstrative leur soutien aux Palestiniens, les porte-parole du gouvernement turc se taisent ostensiblement sur la question de savoir si Ankara imposera des sanctions contre les États-Unis et Israël. Cependant, dans les coulisses, les relations économiques entre Ankara et Tel-Aviv continuent de croître. Selon les chiffres sur le site web de TankerTrackers, Israël a reçu 1,5 million de barils de pétrole du gouvernement régional du Kurdistan (KRG) de l’Irak par le port de Ceyhan, au sud de la Turquie, au cours des 30 derniers jours.

Aucune crédibilité ne peut être accordée à la série de critiques du gouvernement Erdogan contre Israël. Tout en battant le tambour du nationalisme turc et en posant comme anti-impérialiste et antisioniste pour manipuler l’opinion publique, le gouvernement turc cherche en réalité un rapprochement avec ses partenaires impérialistes de l’OTAN et leur avant-poste au Proche-Orient, Israël.

Le gouvernement turc a soutenu les frappes illégales de missiles lancées par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France contre la Syrie le mois dernier. De plus, jusqu’à ce qu’ils se disputent l’alliance de Washington avec les YPG, la branche syrienne du PKK, le gouvernement Erdogan menait la guerre fomentée par les États-Unis pour renverser Bashar al-Assad et imposer un gouvernement proaméricain à Damas.

Les condamnations hypocrites du dernier crime horrible de l’État sioniste par le gouvernement AKP et par ses opposants pro-OTAN et pro-Union européenne dans la classe dirigeante turque ne méritent que le mépris des travailleurs et de la jeunesse.

La brutalité de l’État israélien à Gaza n’est qu’un autre symptôme de la crise de la structure des États-nations bourgeois au Moyen-Orient, créée artificiellement après la Première Guerre mondiale par les puissances impérialistes.

Encouragé par la décision de Washington de relocaliser l’ambassade américaine à Jérusalem occupée, et l’intensification de la guerre au Moyen-Orient, le massacre d’Israël est un avertissement urgent aux travailleurs et aux jeunes de la brutalité dont la bourgeoisie de tous les pays va recourir pour s’opposer à la lutte de classe pour la paix réelle, l’égalité sociale et la démocratie au plan international, c’est-à-dire pour le socialisme.

La seule force sociale capable de mettre fin à l’escalade de la violence sioniste-impérialiste est la classe ouvrière du Moyen-Orient, unie au-delà de toutes les frontières nationales, ethniques, religieuses et sectaires, et alliée à ses frères et sœurs de classe aux États-Unis, en Europe, aux alentours et partout dans le monde.

Pour réussir la lutte contre l’impérialisme et ses alliés régionaux – les classes dirigeantes d’Israël, les États arabes, la Turquie, l’Iran, les Kurdes, etc. – les travailleurs et les pauvres du Moyen-Orient – musulmans, chrétiens et juifs – ont besoin d’une perspective socialiste claire et d’un programme politique, fondé sur toutes les expériences historiques et internationales de la classe ouvrière.

Une seule tendance politique offre aux travailleurs et à la jeunesse du Moyen-Orient une perspective et un programme internationaliste, révolutionnaire et socialiste, développés dans des décennies de lutte contre l’impérialisme et ses alliés petits-bourgeois et pseudo-gauchistes : le Comité international de la Quatrième Internationale.

Toplumsal Esitlik appelle tous les travailleurs et les jeunes du Moyen-Orient à suivre, discuter et faire circuler l’organe quotidien du CIQI, le World Socialist Web Site, et participer à la lutte pour fonder des sections nationales du CIQI, les Partis de l’égalité socialiste, dans tous les pays de la région.

Non aux guerres impérialistes pour un nouveau partage du monde !

Pour les États socialistes unis du Moyen-Orient !

(Article paru d’abord en anglais le 19 mai 2018)