Il y a 50 ans : de Gaulle lance un appel à la fin de la grève générale

23 mai 2018
Charles de Gaulle en 1968

Le 24 mai 1968, le président français Charles de Gaulle est apparu à la télévision nationale pour appeler à la fin de la grève générale de 10 000 000 de travailleurs, le plus grand arrêt de travail de l’histoire mondiale, qui avait complètement paralysé l’économie française et mis le pays au bord de la révolution. Il a annoncé un referendum pour le mois de juin pour les donner des pouvoirs de l’état d’urgence afin d’arrêter de rouler vers « la guerre civile ».

« Françaises, Français », a-t-il déclaré, « vous vous prononcerez par un vote. Au cas où votre réponse serait “non”, il va de soi que je n’assumerais pas plus longtemps ma fonction ». L’appel est intervenu à un tournant des événements de mai-juin, sa véritable audience n’était pas la grande masse de la population française, qui étaient nettement favorables aux étudiants et aux travailleurs en rébellion, mais les dirigeants des principaux syndicats et du Parti communiste français, sur lesquels il s’appuyait pour sauver le capitalisme français face à une classe ouvrière mobilisée.

Deux jours plus tard, le Premier ministre de de Gaulle, Georges Pompidou, a commencé les négociations avec les dirigeants syndicaux et l’Organisation patronale, le principal organisme représentant les employeurs français, ce qui devait aboutir aux accords de Grenelle, annulant la grève générale en échange de diverses concessions sur les salaires et les conditions de travail, mais évitant toute concession politique, notamment les demandes du départ de de Gaulle lui-même.

Les accords de Grenelle demandaient une augmentation de 25 pourcents du salaire minimum, et une augmentation générale de 10 pourcents, mais les travailleurs ont rejeté ces offres et continué la grève. Les rassemblements ont continué à l’université, les étudiants et les travailleurs demandant la démission du gouvernement de droite et de nouvelles élections.

De Gaulle a continué avec son approche mêlant conciliation et répression. Il a utilisé son droit constitutionnel d’amnistie pour les dirigeants de la grève étudiante, mais son gouvernement a interdit à Daniel Cohn-Bendit, l’un des dirigeants des étudiants, de revenir dans le pays quand il a tenté de passer la douane entre Sarrebruck et Forbach. Le ministère de l’intérieur l’avait déclaré « indésirable ».

Le 22 mai, le gouvernement de Pompidou avait échappé de justesse à une motion de censure, avec 233 membres de l’assemblée sur 485 votant pour la motion, soit 11 de moins que les 244 requis pour forcer le gouvernement à démissionner.

(article original paru le 21 mai 2018)