Il y a 50 ans : de Gaulle ordonne la répréssion de la gauche en France

12 juin 2018

Le 12 juin 1968, avec le recul de la vague de grèves, le gouvernement français a annoncé des mesures de grande ampleur pour réprimer les organisations de gauche. Sept organisations étudiantes et quatre partis politiques étaient dissous, dont l’Organisation communiste internationale (OCI), la section française du Comité international de la Quatrième Internationale. La Fédération étudiante révolutionnaire (FER), la section étudiante de l’OCI, était également dissoute.

Le gouvernement a en outre interdit toute manifestation jusqu’aux élections générales des 23 et 30 juin. L’armée était mobilisée dans tout le pays.

Des travailleurs devant une usine occupée en juin 1968 dans le Sud de la France

Ces mesures ont été adoptées lors d’une réunion du gouvernement présidée par le président Charles de Gaulle. Le prétexte invoqué était un regain des heurts entre les étudiants et les ouvriers d’un côté et la police de l’autre, à Paris et dans plusieurs autres villes. A Sochaux, dans l’Est de la France, un travailleur a été abattu par la police, et un autre gréviste est mort des suites de ses blessures après des heurts avec la police.

Tout en intensifiant la répression contre les étudiants, les ouvriers et leurs organisations, de Gaulle tendait la main aux organisations d’extrême-droite, laissant plusieurs dirigeants fascistes rentrer de leur exile.

De Gaulle prit la décision de nouvelles élections à l’Assemblée nationale après qu’il soit clair qu’il risquait de perdre s’il organisait un referendum. Le Parti communiste français (PCF), stalinien, a soutenu cette décision, et s’est servi de la campagne électorale pour inciter les travailleurs à cesser leurs grèves. Le PCF appelait à un gouvernement de Front populaire avec les politiciens bourgeois « progressistes ».

Dans un discours à la télévision, le Premier ministre Georges Pompidou a demandé aux électeurs de donner une majorité encore plus forte aux gaullistes lors des élections, disant que le parti au pouvoir avait besoin d’encore plus de soutien pour résister au « totalitarisme communiste ».

Si le nombre de grévistes était bien plus bas qu’au sommet de la grève, il y en avait encore 500 000 dans toute la France.

(Article paru en anglais le 11 juin 2018)