Pourquoi je lis le WSWS: Courrier des lecteurs

Le World Socialist Web Site invite ses lecteurs et ses sympathisants à envoyer des lettres décrivant leur découverte et leur expérience du WSWS. Comment et pourquoi avez-vous commencé à lire le site? Quels articles ont eu le plus d'influence sur vous? Comment le site a-t-il influencé votre développement politique? ENVOYEZ VOS COMMENTAIRES ICI.


Prasanna Vithanage
Cinéaste, Sri Lanka. WSWS lecteur depuis 1999
17 April 2013

[Note de l'éditeur: Prasanna Vithanage, cinéaste sri-lankais confirmé, est reconnu tant au niveau national qu’international. En dehors de plusieurs films marquants tels que Purahanda Kaluwara, ( Mort un jour de pleine lune ) et Ira Mediyama ( Soleil d'août ), il a également produit et mis en scène plusieurs pièces de théâtre, dont Debiddo (Trompettes et framboises de Dario Fo).]

Pour évoquer ma première rencontre avec le WSWS, celle-ci s’est produite pendant que je présentais mon deuxième film Pavuru Walalu ( Walls Within ) en janvier 1999. Un collègue m'a informé que le WSWS avait publié une critique de mon film et m’a recommandé de la lire. Dans sa critique du film, feu la camarade Piyaseeli Wijegunasinghe, examinait comment l'homme est privé de relations socialement harmonieuses et de possibilité de développement dans l'environnement social existant. J'ai ensuite été interviewé par le WSWS afin d'examiner le lien entre la libre expression de l'artiste et la réalité sociale exprimée dans ses œuvres d'art. Voilà comment j'ai commencé à suivre le WSWS et je continue à bénéficier de ses analyses.

Je remercie le WSWS et sa courageuse campagne, fondée sur des principes, contre l'interdiction de mon film suivant, Purahanda Kaluwara ( Mort un jour de pleine lune ) par le gouvernement. Grâce à cette campagne, de nombreux artistes et intellectuels sont montés au créneau pour défendre les droits des artistes et la liberté artistique. Je pense que cette campagne a été une des principales raisons qui a permis de lever l'interdiction de mon film.

Je suis régulièrement le WSWS, en particulier ses critiques dans le domaine artistique. J'ai trouvé que le site Web était un générateur de connaissances sur tous les aspects de l'existence sociale. Je tiens à attirer une attention particulière sur l’article de David Walsh, La composante esthétique du socialisme (en anglais) qui m'a énormément aidé chaque fois que je devenais sceptique sur mon propre travail. Je l'ai lu plusieurs fois afin de comprendre les racines des problèmes rencontrés par les artistes dans cette société de consommation.

Quand je rencontre d'autres cinéastes, nous parlons des films internationaux. Lors de ces discussions, je me fonde principalement sur les critiques cinématographiques du WSWS et elles ont grandement élargi ma propre connaissance sur l'art et les questions culturelles ainsi que d'autres sujets. Aussi, je recommande toujours la lecture du WSWS à mes collègues. Dans le même temps, le WSWS est le seul organe de presse que j'ai pu rencontrer qui se bat contre l'idée, actuellement dominante parmi de nombreux artistes, que la lutte pour le socialisme est futile.

La valeur du WSWS n'est pas limitée au domaine de l'art. Si l'on considère la situation, que ce soit en Égypte ou en Libye et en Syrie, l'analyse du WSWS se trouve opposée à toute forme de désespoir. Les gens ont montré leur volonté de s'engager dans la lutte, mais ils sont manœuvrés par des forces réactionnaires, avec l'aide des groupes de la pseudo-gauche. Le WSWS explique les raisons de cette situation. Le principal problème est l'absence d'une véritable perspective socialiste.

Le récent document (en anglais) du Parti de l'Egalité Socialiste sri-lankais sur ses fondements historiques publiés par le WSWS montre clairement que beaucoup de problèmes historiques créés sur l'île et dans la région proviennent de la liquidation du Parti bolchevique léniniste de l'Inde qui a abandonné la théorie de la Révolution permanente de Trotsky. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des problèmes complexes qui sont apparus après cette trahison. Je tiens à affirmer que, sans avoir cette connaissance historique sur ce qui s'est passé dans le monde, un artiste ne peut apporter une contribution à la société. Je crois que, bien que l’œuvre d'art représente une expression propre à l'artiste, elle a toujours une base objective.
Enfin, je dirais sans l'ombre d'un doute, que le WSWS a été l'organe culturel le plus influent dans l'élaboration de ma vision de la vie. Aussi, je souhaite longue vie au WSWS, à l'occasion de son quinzième anniversaire.


Sahand
Etudiant, USA. WSWS lecteur depuis 2006.
13 avril 2013

J'ai commencé à lire le WSWS en 2006 au plus fort de la guerre en Irak. J'étais au Moyen-Orient à l'époque et j'ai été révolté par les atrocités des Etats-Unis et par la répression sanglante de la résistance irakienne, tout comme l’étaient de vastes couches de la population.

Les tendances politiques pro-occidentales et les médias dépeignaient le « bourbier irakien » comme étant causé par les bévues des néoconservateurs ou l'ingérence de l'Iran. D’autres tendances qui étaient traditionnellement contre l'intervention américaine ont été incapables d'offrir une analyse cohérente des causes sous-jacentes ayant provoqué l'éruption du militarisme US dans la région et, en fin de compte, ils en trouvaient l’origine dans l'attitude expansionniste des néoconservateurs et l'intérêt des compagnies pétrolières.

Les conceptions existantes sur l’origine des guerres américaines d'occupation dans la région reflétaient l'opinion des différentes tendances politiques en Europe et aux Etats-Unis. Le dénominateur commun à toutes ces vues était de ne pas tenir compte du déclin économique de l'impérialisme américain et des changements géopolitiques majeurs ayant suivi la désintégration de l'URSS. Par conséquent, il était pratique pour ces différentes tendances de blâmer l’une des deux factions du système politique américain comme « démente » ou « maléfique » pour blanchir de sa complicité l'autre faction majeure de l'impérialisme américain dans ces guerres sanglantes, c'est-à-dire le parti démocrate. J'ai trouvé que l'analyse du WSWS était totalement différente.

Ce fut donc la dénonciation cohérente du Parti démocratique, fondée sur une évaluation objective de la position des États-Unis dans l'économie mondiale et les faiblesses inhérentes ainsi que le caractère de classe du mouvement anti-guerre qui m'ont fait apprécier sans cesse davantage le rôle unique du WSWS comme tribune pour saturer les travailleurs et les jeunes avec des analyses, fondées sur une perspective de classe, des principales évolutions politiques, économiques et culturelles.

L'intensification de l'assaut contre les conditions de vie des travailleurs et des jeunes combinée avec l’expansion des interventions militaires sous la présidence de Barack Obama, que le WSWS est seul  à avoir prévu grâce à ses analyses, a renforcé mon soutien au SEP (Socialist Equality Party) et au WSWS.

Je pense que le principal obstacle à la formation d'un mouvement socialiste indépendant dans les pays impérialistes est la confusion répandue parmi la classe ouvrière sur la nature et le rôle du parti démocrate et des divers partis sociaux-démocrates et travaillistes en Europe. Le WSWS a très justement placé la lutte contre ces factions et leurs partisans pseudo-gauche au premier plan dans ses analyses.


Alejandro López, Espagne
Lecteur du WSWS depuis 2006

25 Mars 2013

Je suis tombé sur le WSWS en 2006 lorsque j'avais seize ans. Je m'intéressai déjà au socialisme et j’avais lu quelques unes des œuvres les plus accessibles de Lénine et de Marx. Je croyais en l'unité de toutes les forces révolutionnaires de gauche et je ne pouvais pas comprendre pourquoi il y avait tant de divisions. À ce moment-là, je n'aimais pas ce que je pensais être des articles sectaires critiquant le rôle d’autres forces de gauche.

Avec le déclenchement de la crise à la fin de 2007 j'ai commencé à lire davantage d'articles, notamment ceux sur l'économie de Nick Beams et Barry Grey. J'ai lu aussi ceux sur la Guerre civile espagnole. Pour moi, c'était particulièrement instructif d'apprendre qu'une révolution avait eu lieu en Espagne en 1936. Mes grands-parents, qui étaient trop jeunes pour se battre, mais conservaient d’intenses souvenirs de la guerre civile, ne parlaient jamais de cette tragédie qu'ils avaient vécue. La répression franquiste perpétrée contre les ouvriers avait été si impitoyable que, même des années après la mort du général, des ouvriers comme mes grands-parents ne voulaient pas parler de politique, privant les générations futures de leurs expériences.

A 18 ans, j'ai rejoint le parti communiste (PCE). Je n'avais clairement pas appris la leçon de la révolution espagnole ! Même alors, je n'ai jamais cru pleinement au programme et à la perspective du PCE et à sa coalition avec des éco-socialistes et des partis séparatistes, dans la Gauche unie (IU). J’étais également écœuré par la représentation de la défaite de l'Opposition de gauche comme étant une rivalité de personnes entre Trotsky et Staline.

J'ai quitté le PCE au début de 2009, ce qui a coïncidé avec la célébration par le parti du 50e anniversaire de la révolution cubaine et la tentative pour me convaincre qu’elle était socialiste. C'est alors que j'ai acheté mon premier paquet de livres socialistes à Mehring Books et entamé des discussions avec les membres du Comité international de la Quatrième Internationale, qui ont patiemment répondu à toutes les questions que j'avais accumulées au fil des ans. On m’a recommandé de lire Révolution et contre-révolution en Espagne de Felix Morrow, qui contenait une dénonciation dévastatrice du Front populaire, du stalinisme, de l'anarchisme et de la direction centriste du POUM, dont les menées ont ouvert la porte au fascisme.

J'ai acheté un billet pour me rendre à une conférence à Manchester, sur les élections européennes, organisées par le Parti de l'égalité socialiste (UK). Tout de suite, j'ai vu la différence avec d'autres partis dans l'analyse de la crise économique. David North a parlé et a averti que la crise n'était pas inventée, épisodique ou tout simplement une crise financière comme de nombreux analystes le disaient. Il a dit qu'il y aurait une intervention soudaine et très inattendue des masses.

Peu de temps après mon retour en Espagne, j'ai décidé de rejoindre le CIQI.
Quelques années plus tard, je suis tombé sur un ancien membre du PCE, et nous avons commencé à discuter de politique. Cette personne, qui m’avait plongé dans la confusion politique quand j'avais rejoint le PCE, était maintenant incapable de me convaincre avec son jargon pseudo-gauche et ses arguments contradictoires, qui n'avaient rien à voir avec le marxisme. C'est alors que je me suis rendu compte que la lutte théorique menée par le CIQI contre le révisionnisme, l’opportunisme et le nationalisme bourgeois était le patrimoine avec lequel les jeunes devront être formés afin de construire le Parti révolutionnaire mondial, l'instrument nécessaire par l’intermédiaire duquel la classe ouvrière va renverser le capitalisme.

En Espagne et à l'étranger, la classe ouvrière est poussée dans une lutte politique contre l'ordre capitaliste tout entier. L'ordre du jour des classes dirigeantes conduit à la paupérisation de masse, ce qui a provoqué des milliers de protestations combatives et de grèves. Dans chaque cas, les syndicats, en collaboration avec les groupes pseudo-gauche, sont intervenus pour diviser, isoler et finalement amener à la défaite de chacune de ces grèves. Et dans chaque cas, le WSWS a averti à plusieurs reprises que la seule alternative était pour les travailleurs de se mobiliser indépendamment des syndicats et de rejeter l'idéologie du « pas de politique » promue par les indignados et les mouvements Occupy.
Surtout, le CIQI et le WSWS sont les seuls qui posent devant la classe ouvrière, la tâche urgente de la construction d'un nouveau parti politique et d'une nouvelle direction.


Kumar
Sri lankais vivant à Paris, France. Lecteur du WSWS depuis 2000

15 Mars 2013

Tout d'abord, je considère que c'est un grand privilège de pouvoir adresser mes chaleureuses salutations au World Socialist Web Site pour avoir assuré quinze ans de publication. En 2000, alors que je demandai l'asile en France, après avoir quitté le nord du Sri Lanka en tant que réfugié, j'ai eu l'occasion de lire le WSWS pour la première fois. Cela s'est avéré être un tournant dans ma vie.

Moi-même et d'autres appartenant à la génération de ceux qui sont nés dans les années 1980 étions habitués à entendre depuis que nous allions à l'école, tout au long de notre vie quotidienne, le bruit de bombes lancées depuis des avions, de tirs d'artillerie, de grenades, de plusieurs types de balles de pistolets, etc.. Lorsque nous fuyions les écoles attaquées par les bombes, nous voyions des bâtiments délabrés et le corps des victimes décédés. Souvent nous avons entendu les râles des mourants. Nous avions peur de la mort et aussi de l'inconnu, que fallait-il faire ensuite ? Nous étions là à courir, sans vraiment savoir où.

Au Sri Lanka, au cours de mes jeunes années, je ne connaissais pas l'électricité, le gaz, le téléphone, les trains, les journaux à la bibliothèque ou des personnes qui parlaient une langue différente dans notre propre pays. Il y avait les couvre-feux, les rafles et les disparitions. Nous étions habitués à les accepter comme des choses courantes. Ceux qui exprimaient leur point de vue personnel étaient abattus par des groupes militaires ou paramilitaires ou par les partisans du LTTE, à la vue de tous.

Des médicaments à tous les produits de première nécessité, il fallait tout acheter en payant un prix beaucoup plus élevé qu'à Colombo. Durant les années 1990, nous devions payer 300 roupies sri lankaises (Rs) pour une bouteille d'huile de kérosène, qui était vendue Rs. 20 à Colombo. Souvent, nous avions le malheur de perdre des proches à cause de notre incapacité à acheter des médicaments ou à obtenir une aide médicale de la part des médecins. Même pour les rites funéraires et la sépulture de ceux qui étaient morts, nous devions attendre le moment autorisé par les militaires. Je n'ai jamais compris les raisons pour lesquelles nous étions confrontés à ces conditions dégradantes. En bref, nous étions isolées du reste du monde et, comme les prisonniers condamnés à mort, nous vivions dans un camp de prisonniers à ciel ouvert appelé la province du Nord du Sri Lanka.
Quand je suis arrivé à Colombo pour émigrer, j'ai fait de nouvelles expériences.

Jusque là, j'avais été élevé dans l'esprit que les Cinghalais sont les ennemis des Tamouls. À Colombo, pour la première fois, cela s'est avéré être un mensonge. J'ai découvert que les personnes d'origine tamoule et cinghalaise vivaient ensemble à Colombo. J'ai trouvé des centres commerciaux, des hôtels, des centres communautaires tamouls, etc.. Cependant, j'ai aussi vu beaucoup de membres des soi-disant  « organisations de libération tamoules » coopérer sans réserve avec la police sri-lankaise et les services secrets. En voyant ces choses, je ne parvenais pas à trouver les réponses aux questions qui  surgissaient en moi quant à savoir pourquoi cette guerre se déroulait et contre qui.

En 2000, j'ai eu l'occasion d'entrer en contact avec le CIQI en France. Ils m'ont présenté le WSWS. Ils ont souligné la nécessité de construire une organisation ouvrière internationale. La tâche de donner une formation politique à la classe ouvrière est longue et ardue. Ils ont également expliqué qu'il n'y a pas de raccourci pour réaliser cette tâche.

Lorsque j'ai soulevé des questions sur les différences entre les conditions sociales des travailleurs au Sri Lanka et en France, ils ont expliqué que le développement de la classe ouvrière ne commençait pas par la question de ce qui a été accompli matériellement à un moment donné, mais par la compréhension de la destruction de la conscience socialiste de la classe ouvrière par les trahisons des staliniens et des partis de la pseudo-gauche dans les deux pays, liés par la même crise internationale du capitalisme et de la contre-révolution sociale. Comprendre ceci est un facteur important pour mener une révolution vers le succès. Ces discussions sous forme de réflexions approfondies m'ont aidé à me comprendre et à comprendre le monde extérieur, sur une base de  classes.

Au cours de mes premières discussions, l'article Un programme socialiste pour mettre fin à la guerre et aux inégalités sociales [au Sri Lanka] est paru sur le WSWS (en anglais). Il a joué un rôle primordial dans mon développement. Nous avons pu comprendre la relation inséparable entre la révolution socialiste de la classe ouvrière et les tâches démocratiques non résolues dans les anciennes colonies à l'époque de l'impérialisme. L'origine des mouvements de libération tamouls n'était pas un produit de la nécessité historique. Au contraire, j'ai compris que l'origine de ces mouvements était le produit de la trahison du LSSP qui avait à l'origine combattu pour unifier la classe ouvrière et le peuple opprimé et pour une révolution socialiste, qui transcende l'origine ethnique, la religion et la langue.

J'ai fait ma première intervention politique lors de l'élection présidentielle française de 2002. Nous sommes intervenus conjointement avec nos camarades américains, allemands et britanniques avec notre déclaration disant Non à Chirac et Le Pen! Pour un boycott des élections présidentielles en France par la classe ouvrière. Nous insistions sur la nécessité de résoudre la crise de direction au sein de la classe ouvrière et proposions une perspective et une solution socialistes. Les membres du parti socialiste ont poussé de hauts cris, disant que nous étions partisans du fascisme et ils nous ont dit de quitter le pays. Les partis de la pseudo-gauche s'époumonaient sur les dangers du fascisme et ont déformé la pensée de la classe ouvrière et ont fait voter pour Chirac et ont défendu le capitalisme français.
Depuis lors et jusqu'à aujourd'hui, le niveau de vie, les emplois et les acquis sociaux de la classe ouvrière ont été systématiquement et progressivement détruits et en même temps l'élite dirigeante a  adopté des politiques néo-coloniales pour asservir l'Afrique et le Moyen Orient, en faisant la guerre contre quatre pays. Durant ces 11 dernières années, ils portent l'entière responsabilité de ces catastrophes et ont prouvé la justesse de notre perspective.

Même si quatre ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre au Sri Lanka, 15 divisions de l'armée Sri-lankaise, soit environ 150 000 soldats, sont stationnées dans le nord du Sri Lanka. Cela fait un soldat pour 3 citoyens. Aujourd'hui encore, au Sri Lanka, les rédacteurs de journaux et de revues critiques envers le gouvernement et les travailleurs qui les distribuent font l'objet de menaces de mort quotidiennes. Actuellement, le WSWS, par le biais de sa page d'accueil en langue tamoule, donne en permanence  une perspective internationale socialiste aux travailleurs et aux populations opprimées vivant dans les zones qui se trouvent sous contrôle militaire complet.

Longue vie au World Socialist Web Site et à son Comité de rédaction international et qu'il continue à nous guider !


Dragan, réfugié de la guerre civile yougoslave

16 février 2013

Je suis arrivé en Australie comme réfugié de Yougoslavie, en 1998, et étant passé par quatre années de guerre civile, j’en porterai des cicatrices pour le restant de mes jours. Je suis sorti de la guerre avec la conclusion que la nationalité à laquelle j'appartenais serait pour toujours détestée par les autres nationalités de cette région et vice versa, et que c'était la cause de la guerre civile entre les nations des Balkans.

Je ne pouvais pas croire complètement à cette explication, mais je ne pouvais pas trouver une autre alternative, car j'étais trop jeune pour comprendre. La vie avant la guerre civile était très différente. A travers le regard d'un enfant, elle semblait parfaite. Je ne connaissais même pas ma nationalité ; la guerre civile a changé tout cela.

Etant l’enfant d'un prisonnier de guerre, qui avait également été blessé, ma famille et moi avons eu la possibilité de commencer une nouvelle vie dans un autre pays. Étant parmi les chanceux ayant échappé aux lendemains de la guerre, nous avons pu retourner à l’école et terminer nos études. La vie a finalement retrouvé son cours normal et nous avons pu faire, très vite, la même chose que tout un chacun.
La guerre a toujours été présente à l’arrière plan de ma conscience. Je voulais comprendre ce qui s'était passé. J'ai commencé à suivre la politique, surtout en 2008 avec l'attaque israélienne sur Gaza. Je voulais comprendre le conflit israélo-palestinien, et assez vite, je me suis mis à lire beaucoup plus largement. Je voulais comprendre la lutte du peuple palestinien. Je voulais également comprendre le point de vue israélien. Qu'est-ce que le sionisme ? La guerre contre le terrorisme n’avait pas de sens. Les Etats-Unis ont envahi l'Afghanistan et l'Irak, mais quand on regarde le 11 Septembre et le détournement des avions, ils étaient pour la plupart réalisés par des Saoudiens, mais les Etats-Unis n’ont jamais rien dit à ce sujet. La preuve que l'Irak avait des armes de destruction massive a été utilisée comme prétexte pour l'invasion des forces américaines et de l'OTAN. Il s'est avéré que c’était un mensonge. Quelles étaient les autres mensonges dont on nous alimentait ?

Je lisais tout ce qui pourrait me donner, pensais-je, une meilleure compréhension de la politique mondiale : les sites militaires, les sites gauchistes, socialistes, anarchistes. Je ne pensais pas grand-chose de la crise financière mondiale de 2008. Quand c'est arrivé, je ne faisais pas de connexions. J'ai vu cela juste comme un petit problème dans le système et que les choses retourneraient très bientôt à la normale. La politique australienne ne m'intéressait pas car pour moi, il me semblait que nous étions trop éloignés des évènements mondiaux.

Tandis que je lisais et que j’apprenais, je me suis retrouvé en face de plus de questions que de réponses. Il manquait quelque chose, mais je n’arrivais pas à définir ce que c'était. Je lisais les articles, les blogs, les analyses et tout semblait clair dans  un sens large. La chose qui manquait était la pensée révolutionnaire, les perspectives progressistes sur l'avenir. Au début, tout cela avait l'air de théories du complot, sans aucun lien avec l'histoire.

Puis j'ai rencontré le World Socialist Web Site (WSWS). J'ai vu que le site annonçait que des intervenants allaient venir dans ma ville pour animer une réunion publique. Ils ont fait une présentation sur la politique internationale et australienne et sur l'économie, la destitution de Kevin Rudd et le coup de couteau dans le dos porté par Julia Gillard. Ils se disaient socialistes et je suis allé à leur réunion publique par curiosité. Comme je viens d'un pays ex-communiste, je pensais que ces gars-là se faisaient des illusions, s'ils pensaient pouvoir prêcher le socialisme à quelqu'un qui a vu ce que le communisme a fait à son pays.

J'ai été surpris. Les intervenants exposaient des faits et tiraient des conclusions logiques qui étaient étonnamment claires ; mais ma vraie surprise est venue quand la lumière a été faite sur ceux que je croyais être du bon côté. Leur analyse de la faillite des syndicats, de la révolution cubaine, de la bureaucratisation de l’Union soviétique, du travaillisme et du parlementarisme et des leçons historiques de la mondialisation a été vraiment écrasante.

Pour donner quelques exemples : l'évaluation que la Russie était un État ouvrier dégénéré, que la Yougoslavie n’avait jamais été un pays socialiste mais plus correctement un État ouvrier déformé où il y avait de l'étatisation, mais où le pouvoir n'était pas entre les mains des ouvriers, l'importance de la lutte de Trotsky contre les staliniens et de la lutte pour construire la Quatrième Internationale. Cela m'a laissé dans la confusion. J’aurais voulu argumenter, mais je ne pouvais pas car je n'avais jamais vraiment compris le système en place en Yougoslavie. L'intervenant m'a renvoyé aux archives du World Socialist Web Site sur l'éclatement de la Yougoslavie et sur l’intervention de l'OTAN en 1999.
J'ai commencé à lire les articles ; dans un premier temps, il était difficile de saisir le sens de tout cela. J'ai dû me débarrasser du nationalisme qui était ancré en moi du fait des luttes que j'avais traversées. Après être passé par ce processus, cela a été comme une bouffée d'air frais ; Cela a finalement fait sens, et c'était clair comme le jour. Les problèmes en Yougoslavie n'avaient finalement jamais été causés par la haine nationale. La haine en était l'effet mais pas la cause. La cause principale était l'économie, la bureaucratie, la pression extérieure du marché mondial, l'effondrement de la guerre froide et par la suite la fin du numéro d'équilibriste joué par la Yougoslavie entre l’Est et l’Ouest.

Cela m'a donné une fondation et une orientation dans le monde. J’ai pu comprendre à quel moment les choses avaient mal tourné pour aboutir à cet Etat ouvrier déformé, ce qui faisait défaut, et voir ce qui se cachait derrière la rhétorique nationaliste qui est sortie du chaos et de la violence. Maintenant, je pouvais me tourner vers les autres articles et événements mondiaux avec de la tranquillité d'esprit. Je suis allé consulter avec frénésie dans les archives pour m’éduquer sur les événements des dix dernières années.

L'objectivité du site et son approche fondée sur des principes est démontrée au fil des ans au travers des milliers d'articles publiés. C'est le seul mouvement et site Web qui représente clairement l'approche marxiste et qui guide la cause des ouvriers dans la lutte pour renverser le capitalisme. C'est seulement une question de temps avant que la classe ouvrière ne fasse son entrée sur la scène mondiale, guidée par les enseignements de la lutte de Trotsky et de la Quatrième Internationale. Le WSWS, comme voix de la classe ouvrière internationale, est inestimable.


Olivier Laurent, France

18 mars 2013

En 2004, l'un des grands sujets de discussions parmi les étudiants de ma fac de droit était le référendum sur la constitution européenne prévu l'année suivante, tous les professeurs de droite comme de gauche étaient pour le oui. J'étais très sensible à cette question, venant d'une famille française mais avec des origines partiellement allemandes, tout projet cherchant à rendre impossible une nouvelle guerre entre ces deux pays avait une importance capitale à mes yeux.
L'un des étudiants avec qui je discutais souvent à l'époque était au PCF et à la CGT, il avait des connaissances et une aisance face aux arguments de la droite pro-UE assez impressionnants.

J'étais né dans une famille "de gauche" mais pas militante, mes études m'avaient permis de connaître quelques points de base sur le marxisme et de bien connaître le fonctionnement de l'Etat, elles avaient confirmé mon orientation à gauche, mais je ne m'étais jamais résolu à soutenir un parti ou une quelconque organisation.
Pour résumer mes opinions de l'époque, j'oscillais confusément entre l'anarchisme et Lutte Ouvrière d'Arlette Laguiller, je voyais que tout ce que pouvait faire l'Etat servait les intérêts de la classe dirigeante, je pensais que seule la peur d'une révolution pourrait pousser les politiciens du PS à faire quelque chose de bien, je savais même que si Trotsky l'avait emporté sur Staline dans les années 1920 la révolution russe aurait pris un chemin très différent. Et en même temps, j'avais toujours des arrière-pensées en faveur du projet de l'Union européenne, me disant qu'au moins, tant que les Etats-nations sont liés par ce mécanisme, ils ne se font pas la guerre.

Cette position était lié à mon manque de confiance dans la classe ouvrière, et au fait que je n'avais pas une connaissance très précise de l'histoire du Trotskysme. Pour moi, Trotsky avait mené sa lutte à peu près seul et toute tentative de créer un grand parti révolutionnaire serait forcément vouée à l'échec, dégénérant en luttes de pouvoirs et corruption dès qu'il deviendrait assez gros et que de l'argent commencerait à y circuler.

Néanmoins, mon ami stalinien a réussi à raviver mon intérêt pour le mot "communisme", je me suis décidé à savoir tout ce que je pouvais là-dessus, et je lui en reste reconnaissant, quoi qu'il puisse en penser maintenant.
C'était également la période où je commençais à pouvoir utiliser de plus en plus Internet pour m'informer, à la maison comme à l'université. J'ai donc essayé de consulter les sites de tous les partis "de gauche" dont je pouvais avoir connaissance, essayant de comprendre leurs origines, leurs positions théoriques, et ce qu'ils avaient à dire sur cette grande unification de l'Europe par le libre-marché que le PS, les Verts et la droite libérale nous promettaient.

À première vue c'est une tâche énorme, mais la difficulté a été rapidement réduite par le simple fait qu'une bonne partie des organisations auxquelles je m'intéressais ne semblait pas avoir envie d'entrer dans les détails de leur propre histoire et de leurs principes fondamentaux.

Parmi les articles qui ont constitué les déclics les plus importants, je me souviens notamment de l'appel publié à la veille du référendum (France : Votez 'non' au référendum sur la Constitution européenne Pour les Etats-Unis socialistes d'Europe!)  et de l'appel, que je n'ai pu découvrir que des années après, lancé aux prétendus partis d'extrême-gauche français pour boycotter les élections présidentielles de 2002 (  Non à Chirac et Le Pen! Pour un boycott des élections présidentielles en France par la classe ouvrière), et auquel aucun n'a jugé bon de répondre ; ou encore, un peu plus tard, d'un article assez complet sur la nature du régime de Chavez (Hugo Chávez, Marx and the “Bolivarism” of the twenty-first century).

Au passage, j'avais envoyé un mail de soutien au PCF pour leur campagne pour le non et pour essayer de savoir ce qu'ils avaient comme projet alternatif pour unir l'Europe. Leur réponse a été très vague, il était clair qu'ils n'ont aucun projet.
Je me suis retrouvé à utiliser principalement le WSWS (et aussi le site général marxists.org) pour ce travail, celui-ci détaillait autant son histoire que celles des autres courants, les articles étaient très détaillés, bien construits, écrits sans ce style faussement "populaire" que l'on trouve dans tellement de tracts "de gauche". Au bout de quelques années à consulter le site de plus en plus régulièrement, après avoir fini de lire L'Héritage que nous défendons, je me suis retrouvé convaincu et j'ai saisi l'occasion de la publication d'un appel à rejoindre l'organisation étudiante du CIQI pour prendre contact et avoir des échanges réguliers. Cela s'est développé en quelques années, j'ai fait de plus en plus de traductions pour vous et, quand cela m'est possible, des article originaux.
Plus récemment les articles très détaillés de Peter Schwarz sur la révolution manquée en Allemagne en 1923 (The German October: The missed revolution of 1923) ou sur les premières années du régime soviétique (ceux sur le travail de Rabinowitch, ou sur la polémique entre Trotsky et Preobrazhensky) m'ont particulièrement intéressé, mais il y en a tellement en fait. 

Pour moi, l'importance de ce site et du Parti qui se tient derrière est indéniable : c'est le seul à dire toujours la vérité à la classe ouvrière, il faut absolument construire des partis s'appuyant sur sa perspective dans tous les pays du monde avant que ce capitalisme en crise ne nous fasse tous sombrer dans le prochain bain de sang mondial.

Je ne peux qu'inciter les lecteurs qui se trouvent en accord avec les articles qu'ils lisent à cliquer sur le bouton "contact" au-dessus de l'article et à venir nous y aider.


Martin Taylor, ancien mineur, Royaume-Uni, lecteur du WSWS depuis 1998

10 mars 2013

Je lis le WSWS plus ou moins régulièrement depuis 1998. Au départ je ne pensais pas que c'était un moyen approprié pour atteindre les travailleurs en général.
Clairement cela a été démenti, non seulement du fait de la croissance rapide de la technologie avec la disponibilité croissante de l'accès à internet, mais aussi parce qu'il fournit de toute évidence un moyen d'échanger des vues très rapidement, là ou un document écrit prendrait des semaines et des semaines à le faire.

J'ai rencontré le CIQI juste après la grève des mineurs de 1984/85 alors que je cherchais une alternative politique après m'être fait avoir par tout le monde et qu'il fallait que je reprenne le travail après une année entière d'interruption.
Je ne l'oublierai jamais — La reprise du travail la tête haute. Quelle foutaise!  Je me suis dit: « qu'est-ce qui se passe ? Nous avons été trahis. Ca ne devrait pas être comme ça! » On n'aurait pas dû reprendre le travail alors que des travailleurs étaient emprisonnés et d'autres laissés sans emploi.

Après la reprise du travail, il est devenu évident que tandis que la direction du syndicat affirmait que nous n'étions pas vaincus, dans la pratique, tant au niveau local que national ils agissaient pour tenter de rétablir leurs relations confortables avec la direction au détriment des adhérents.

On pourrait dire que 1985 a été l'année où toute prétention que les syndicats soient une force de combat représentant les intérêts de leurs membres a été démasquée. Les années suivantes de trahisons en série ont confirmé mon point de vue.

Au cours de la grève, il est devenu clair qu'aucun des principaux partis politiques ne représentait les intérêts des mineurs ou de tout autre travailleur. Par principe, j'étais attiré par une perspective révolutionnaire et j'ai soutenu le Comité international dans la lutte contre les renégats du Workers Revolutionary Party.
Le WSWS est la seule organisation qui donne une perspective de classe sur l'évolution du monde, laquelle devient de plus en plus évidente avec chaque jour qui passe.

Au fil des ans le WSWS s'est consolidé et a atteint une couverture beaucoup plus large. Cela confirme la nécessité du passage à l'internet et de plus en plus de personnes écrivent des articles.

Pas besoin d'être un génie pour comprendre ce que les capitalistes trafiquent, c'est tellement clair.

Quiconque consulte les analyses des événements à travers les archives du WSWS depuis sa création jusqu'à aujourd'hui, trouvera une ligne claire.

Je lis le site sur une base plus régulière depuis 2008 où j'ai été licencié. L'analyse a été absolument correcte au sujet de l'économie qui a conduit à une intensification des attaques contre les travailleurs. Comme quelqu'un l'a récemment dit « Nous retournons comme des somnambules vers les années 1930. »

Comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, internalise maintenant la production plutôt qu'elle ne l'externalise, du fait qu'on peut produire moins cher avec des travailleurs peu qualifiés.


Louis Girard, Montreal, Quebec, Canada

J’ai commencé à m’intéresser plus sérieusement aux questions politiques et historiques vers la fin des années 90. Le contexte entourant cette politisation était le mouvement antimondialisation ainsi qu’une augmentation de la pauvreté et des inégalités sociales, dont je commençais à prendre conscience. Je dirais aussi que la tuerie de Littleton dans une école secondaire du Colorado en 1999 a éveillé en moi le besoin de comprendre pourquoi.

Pour ma dernière année du secondaire, je me suis inscrit à un cours d’histoire du 20e siècle. Un jour, le professeur de ce cours d’histoire a parlé du marxisme et nous a fait lire un extrait du manifeste du Parti communiste. Cela a eu un très grand impact sur moi. Je voyais dans cela des clés pour comprendre la source de plusieurs problèmes et des voies pour les régler.

Lorsque je suis retourné chez moi, nous venions tout juste d’avoir accès à internet alors j’ai écrit dans un moteur de recherche « socialisme ». Je suis tombé sur plusieurs sites, dont le wsws.org, et je les ai mis dans mes Favoris. J’avais 16 ans à ce moment. Au fur et à mesure que je lisais tous ces sites, je n’étais pas satisfait par le niveau intellectuel de plusieurs d’entre eux, qui contenaient beaucoup de citations et d’images de leaders socialistes (ou pseudo-socialistes), mais peu de contenu. Une chose avec laquelle je n’étais pas d’accord était que Staline était souvent présenté faussement comme la continuité de Lénine.

Un jour, je lisais l’article de Nick Beams « L’internationalisme marxiste et le point de vue de la protestation radicale – Une réplique au professeur Chossudovsky », que certains camarades inconnus avaient eu la bonne idée de traduire en français, et j’ai été très attiré par l’idée générale très bien articulée du texte et par cette phrase : « Comme plusieurs autres critiques du système financier mondial, qui prônent également un retour à la politique de la réglementation économique nationale, Chossudovsky ne dit jamais pourquoi l'ordre économique d'après-guerre, basé sur la gestion de la demande selon un modèle keynésien, s'est effondré en premier lieu. »

Pourquoi les Trente glorieuses avaient-elles laissé leur place à une économie de « libre-échange » où toutes les réformes sociales d’après-guerre étaient peu à peu supprimées ? Au lieu de prôner bêtement un « retour aux politiques keynésiennes » comme le faisaient les partisans du mouvement antimondialisation, le WSWS s’affairait à comprendre les causes (j’ai compris plus tard pourquoi elles étaient « objectives ») de ce virage à droite de tous les gouvernements et de tous les partis bourgeois.

À partir de ce moment, rares ont été les journées où je n’ai pas lu le WSWS. Celui-ci répondait à plusieurs de mes questionnements sur notre société. À peine une année plus tard est arrivé le 11 septembre 2001. J’ai tout lu ce que le WSWS avait écrit là-dessus et j’ai pu comparer avec les autres idées qui étaient circulées. L’analyse historique, objective et détaillée du WSWS était de loin le mieux que je pouvais trouver et cela a renforcé ma relation au site et au CIQI.

Environ un an plus tard, j’ai pris la décision d’aller étudier à Montréal où j’ai pu rencontrer les membres de la section canadienne du Parti de l’égalité socialiste. Après de longues discussions avec eux, plusieurs lectures et d’autres développements et expériences politiques importants (les guerres en Irak et en Afghanistan et le mouvement antiguerre, le mouvement de la classe ouvrière contre le gouvernement provincial libéral de Jean Charest en 2003, la grève étudiante au Québec en 2005, la crise des subprimes, etc.), j’ai rejoint le Parti. C’était au début de l’année 2008.

Sans internet et le WSWS, il aurait été très difficile pour moi de connaître le CIQI. Je proviens d’une petite ville industrielle dans le Québec rural, à plusieurs heures de voiture de Montréal.

Le WSWS joue un rôle crucial non seulement pour faire connaître le CIQI dans les régions éloignées, mais pour dire la vérité aux travailleurs et montrer les enjeux politiques derrière les problèmes qu’ils vivent au quotidien. Il sert à expliquer aux travailleurs le programme de la bourgeoisie, son évolution historique et son impact dévastateur sur les conditions de vie de la population. Le WSWS sert aussi à dénoncer sans relâche la pseudo-gauche qui appuie et s’adapte à ce programme.

À travers toute cette analyse, le WSWS est l’outil essentiel du CIQI et de ses sections pour montrer à la classe ouvrière son rôle historique : le renversement révolutionnaire du système capitaliste et son remplacement par un système de production rationnel, géré démocratiquement par les travailleurs, c’est-à-dire le socialisme.

Je me réjouis du fait que le WSWS gagne en influence. Toute l’analyse contenue sur ce site constitue une richesse énorme pour l’humanité. Le rôle du WSWS deviendra de plus en plus fondamental au fur et à mesure que les luttes de classe s’intensifieront. Je vais continuer à contribuer de mon mieux à son développement et au développement d’un mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière. J’encourage tous ceux qui lisent le site et qui sont d’accord avec l’analyse présentée à faire de même. Nous avons besoin de vous ! Votre contribution est importante !


Laurent Lafrance, Montreal, Canada

J’ai découvert le World Socialist Web Site il y a environ quatre ans et demi, vers la fin de 2008, au lendemain du déclenchement de la crise économique, alors que j’étais étudiant à l’Université du Québec à Montréal. J’ai rencontré dans un de mes cours, par hasard, un camarade de l’Internationale étudiante pour l’égalité sociale (IEES), que je ne connaissais pas du tout à ce moment. Ce dernier m’a informé qu’il s’occupait d’un groupe étudiant qui luttait pour le socialisme et, comme je commençais à m’intéresser sérieusement aux questions politiques et sociales, nous nous sommes rapidement mis à discuter de ce groupe et de sa perspective. 

À cette époque, au début de ma vingtaine, je cherchais du mieux que je pouvais les solutions aux grandes questions existentielles de l’humanité et de notre société inégalitaire. Or, mes cours universitaires en sciences sociales – hautement imprégnés d’une perspective idéaliste petite-bourgeoise – n’avaient jamais su répondre à mes attentes. Malgré tout, avec le temps, je compris que si je voulais « changer les choses », je devais m’intéresser aux enjeux politiques.

Au même moment, je venais tout juste de devenir membre de Québec solidaire - un parti nationaliste qui sert de couverture de gauche au Parti québécois, un parti de la grande entreprise.  Le chauvinisme de QS, dissimulé à travers des politiques « sociales » que je trouvais intéressantes, m’irritait grandement, mais je ne connaissais pas d’alternative plus à gauche que cette organisation. Il a fallu l’intervention du Parti de l’égalité socialiste (PES) et de son organisation jeunesse pour que je comprenne la véritable nature petite-bourgeoise de QS. Lorsqu’on m’expliquât comment le PES défendait réellement les intérêts des travailleurs – dont je faisais et fais toujours partie – à l’échelle internationale, je n’ai plus jamais mis les pieds à QS et j’ai commencé à lire le World Socialist Web Site. Au début, occasionnellement, puis de plus en plus assidûment. 

Je me souviens encore de l’effort intellectuel que me demandaient la lecture des articles et les discussions subséquentes en raison de mon faible niveau de connaissances historiques et politiques (d’autant plus que l’anglais n’est pas ma langue maternelle). Mais à chaque lecture, la relation dialectique entre le développement de la conscience et la volonté – puis la nécessité – d’approfondir ses connaissances opérait sa logique. Je réalisais progressivement que seule l’approche marxiste, basée sur la lutte de classes, permettait de comprendre la réalité objective et fournissait une véritable orientation progressiste. Non seulement le World Socialist Web Site fournit aux travailleurs le programme politique nécessaire à leur propre émancipation, il clarifie le rôle historique que doit jouer cette classe pour libérer l’humanité entière de l’exploitation, des crises et des guerres. 

Certaines séries d’articles du WSWS ont profondément marqué ma conscience de classe. Comme plusieurs autres jeunes trotskystes de ma génération, j’ai commencé à lire le site vers 2008, au lendemain de l’effondrement de Lehman Brothers et de la crise économique. Objectivement, ce n’était pas un hasard, considérant que cet événement marqua un changement qualitatif dans les relations de classes.

Les renflouements astronomiques auxquels ont eu droit les banques et les institutions financières – exposés et expliqués avec une grande clarté par le site - m’ont permis de saisir l’ampleur des richesses possédées par l’oligarchie financière qui dirige notre monde. En 2008-2009, le WSWS faisait la prédiction que la crise financière allait être utilisée pour transformer les relations de classes et tourner toute la politique encore plus à droite en faisant payer la classe ouvrière pour la crise du capitalisme mondial.

À ce moment, je saisissais les idées principales, mais ce n’est qu’avec les articles sur l’austérité aux États-Unis et en Europe, particulièrement sur le pillage de la Grèce, que j’ai vraiment compris la guerre de classe qui se dessinait. J’approfondissais au même moment ma compréhension du fonctionnement de l’État bourgeois et des intérêts capitalistes qu’il défend.  

Je pourrais écrire des centaines de lignes à propos des articles qui m’ont influencé et qui ont fait progresser ma conscience politique - je n’ai qu’à penser aux articles sur les développements en Égypte ou ceux auxquels j’ai personnellement contribué sur le Québec et le Canada, dont ceux sur la grève étudiante au Québec de l’an dernier.  L’intervention du WSWS lors de cette expérience stratégique importante pour la classe ouvrière internationale a permis d’élever le niveau théorique de l’ensemble du parti, de démarquer la perspective trotskyste de celles des diverses organisations de la pseudo-gauche, puis d’offrir une véritable alternative politique pour les travailleurs, les jeunes et les masses opprimées.  

L’anniversaire du World Socialist Web Site représente, d’une part, des années de travail politique intense afin de fournir aux travailleurs une analyse marxiste des principaux développements mondiaux. D’une autre, les quinze années d’existence du WSWS, et celles qui suivront, incarnent entre autres l’héritage historique de Léon Trotsky, de sa lutte contre la bureaucratie stalinienne, et de la lutte politique du mouvement trotskyste contre toutes les tendances révisionnistes qui ont tenté de liquider le Comité international de la Quatrième Internationale.

À peine sept ans après la chute de l’URSS, alors que la bourgeoisie affirmait que le socialisme était mort, que la pseudo-gauche s’adaptait aux pressions de l’impérialisme et reniait la lutte des classes, le CIQI, lui, a fondé le World Socialist Web Site afin de poursuivre et d’approfondir la lutte pour la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière et pour le socialisme international.


Knut, Norvège

18 février 2013

Mes félicitations, à l'occasion de cet anniversaire. Acceptez mon admiration pour vos réalisations et mon appréciation, avec des félicitations à chacun et chacune des rédacteurs et au Comité de rédaction pour sa direction puissante. Mes salutations s'étendent à tous les lecteurs du WSWS. Faisant partie de ces lecteurs, je déclare que je suis honoré d'être le destinataire des fruits de votre labeur. Je suis un lecteur reconnaissant, et je suis fier de faire partie de votre lectorat mondial.

Vous méritez les honneurs pour l'exigence de vos normes. La qualité en matière de journalisme n'est pas une affaire simple, et vous vous montrez à la hauteur de la tâche. Votre quête persistante pour dissiper les voiles de la tromperie et pour démasquer les manipulateurs du pouvoir et de la politique rend la lecture du site stimulante. Vous soulignez les faits et les contextes qui informent et éduquent, avec des analyses qui sont éclairantes. La critique subjective et l'opinion personnelle donnent de la crédibilité lorsqu'elles s'appuient sur la connaissance et sur des déclarations fondées sur des principes et qui sont hautement revendiquées.

Le journalisme dominant qui proclame son « objectivité » c'est en réalité «Les Habits neufs de l'empereur », ce conte de fées du souverain nu. De omnibus dubitandum, douter de tout, le credo de Marx et la pierre angulaire de la philosophie des sciences, est à n'en pas douter le bon point de départ. Le WSWS est une lueur d'espoir dans notre sombre époque.

Je suis un lecteur régulier depuis environ huit ans. J'ai très envie d'être informé sur les sujets importants de l'heure, avec les faits qui comptent et des évaluations et des commentaires de qualité. Vous êtes à la hauteur sur tous les sujets. Je salue vos développements dans les domaines de la science et de l'art, et je suis confiant de représenter l'appréciation des autres lecteurs sur ce point. Vos articles sur l'astronomie, résumant les complexités factuelles et faisant le lien avec des réflexions sur la philosophie matérialiste et l'histoire des Lumières fournissent des aperçus et des éclairages et alimentent la réflexion. Vos critiques, vos interviews et vos éloges dans les domaines de l'art, de la musique et du cinéma sont dignes d'éloges. Votre évaluation réfléchie contribue grandement à la connaissance de la complexité de la vie moderne et de notre époque.

Le WSWS présente les événements qui façonnent notre monde, avec des perceptions concrètes sur la manière dont il pourrait être reconfiguré. Il constitue vraiment un moyen essentiel à cette fin. Déjà le lectorat s'étend au monde entier. Grâce à la qualité de votre travail, avec les traductions et les perspectives internationales fondées sur des principes, il se développera nécessairement.


Kristina Betinis, Illinois

14 février 2013

J'ai découvert le World Socialist Web Site en 1999, par l'intermédiaire d'un article sur le caractère réactionnaire de la politique d'identité raciale aux États-Unis. L'article « Simpson, Dreyfus et les spartakistes » critiquait la comparaison établie par les spartakistes entre ceux qui soutenaient l'acquittement de O.J. Simpson et les partisans du capitaine de l'armée française, Alfred Dreyfus. Cet article nous avait été distribué comme lecture complémentaire lors d'un cours sur l'histoire et la politique du XXe siècle.

Cette semaine-là, la troisième semaine de ma première année d'université, je suis devenue une fidèle lectrice du WSWS. Ce n'est que 8 années plus tard que j'ai commencé à contribuer. Ce qui a été déterminant dans ce choix, c'était de savoir à quel point j'allais m'appuyer sur le WSWS. En tant que jeune socialiste du Sud, faisant l'expérience de l'absence flagrante de toute organisation politique sérieuse sur le campus, le WSWS était le seul endroit où trouver une analyse claire et minutieuse selon une perspective politique véritablement marxiste. Parmi les choses innombrables qui ont changé au cours des années, celle-ci est restée identique à elle-même. Chaque fois que des événements majeurs se produisaient et devaient être appréhendés, la guerre du Kosovo, le 11 septembre et la « guerre contre le terrorisme », le vol de l'élection de 2000 et la dégradation rapide de la démocratie américaine, les crises financières de 1997-98 et 1999-2000, les événements déterminants de la fin des années 1990 et du début des années 2000, je me suis d'abord tournée vers le WSWS. C'est extrêmement impressionnant pour moi de constater combien ces analyses ont bien résisté au passage des années.

Je suis loin d'avoir été toujours en accord avec la perspective que j'ai trouvée sur le WSWS, notamment sur la question des syndicats, qui étaient interdits dans de nombreux secteurs de la région où j'ai grandi et dont j'estimais qu'ils auraient pu apporter une protection contre l'exploitation des travailleurs. Ce dont je n'avais pas connaissance, c'était la destruction du niveau de vie des travailleurs qui avait eu lieu sous le regard attentif des dirigeants syndicaux dans des endroits comme Chicago, Détroit, Findlay, Pittsburgh et Joliet. Je devais bientôt l'apprendre. Mais cette prise de conscience ne dépendait pas simplement du fait d'avoir acquis un peu plus d'expérience de la vie. En fait, il y avait en jeu de grandes questions théoriques et politiques. Pourquoi cela survenait-il ? Qu'est ce que cela annonçait pour l'avenir ?

Je devais lutter avec ces questions pendant deux ans, jusqu'à ce que je tombe sur un article polémique du WSWS de 1998, intitulé La mondialisation et la classe ouvrière internationale. L'article portait sur les répercussions des changements économiques caractérisant la période de la mondialisation pour le capitalisme mondial et pour la classe ouvrière, en réponse à l'orientation des spartakistes (encore une fois).

Mon accord avec ce travail a été un moment déterminant de mon développement politique, et cela tient à ce que le point de vue mis en avant dans cet article constituait un développement majeur pour le marxisme en tant que science. Lisez-le si vous ne l'avez pas déjà fait. Il précisait clairement les implications de la nouvelle situation, dont l'un des aspects les plus importants est que les jeunes d'aujourd'hui et ceux qui vont venir ont une opportunité gigantesque, de portée historique majeure, l'opportunité de révolutionner les relations sociales, le genre d'opportunité qui n'existe pas pour toutes les générations. Afin d'être prêt sur le plan politique, il fallait comprendre que nous entrions dans une période de guerres et de révolutions et que d'immenses défis se trouvent devant nous. Reconnaître les tâches historiques à réaliser ne pouvait qu'avoir un impact fort sur ma conscience politique, et je n'étais pas la seule.

C'est un moment libérateur pour tout membre de la classe ouvrière d'être soulagé du poids de ces conciliations interminables avec la classe dirigeante, de se défaire du  joug des anciennes organisations et de construire librement et sans crainte un mouvement qui lutte pour le socialisme, si puissamment attractif de par la promesse qu'il détient pour l'avenir.

Il n'est pas fréquent de pouvoir lire une description de sa propre génération sans avoir de reproche à faire sur ce qui est dit. Quand on dit que le World Socialist Web Site a éduqué une génération de socialistes dans la tradition du marxisme classique depuis son arrivée en ligne en 1998, je suis l'une de ces dizaines de milliers de personnes qui savent que c'est d'elles que l'on parle. Le WSWS a été et continuera d'être le plus puissant instrument actuel pour éduquer, préparer sur le plan politique et construire la connaissance de la classe ouvrière, lui apporter la confiance qui lui est nécessaire pour rompre avec la politique bourgeoise et ouvrir la voie vers l'égalité sociale pour les peuples du monde.