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WSWS : Nouvelles et analyses : Europe

Entretien avec le candidat du PES au centre familial d'Ardwick à Manchester

Par notre correspondant
27 avril 2011

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Robert Skelton est le candidat du Parti de l'égalité socialiste pour la circonscription d'Ardwick à Manchester. Vendredi, il a pris la parole devant un groupe de parents et d'employés du centre familial Bushmoor à Ardwick. Ce centre fait partie du réseau Sure Start de centres pour enfants de Manchester, qui sont tous menacés de fermeture ou de privatisation en raison du plan de réduction des dépenses de 109 millions de livres (123,4 millions d'euros) appliqué cette année par le conseil municipal de Manchester à majorité travailliste.

Le centre familial Bushmoor à Ardwick

Skelton a dit à l'audience, « Le Parti de l'égalité socialiste s'oppose à toutes les coupes budgétaires contre Sure Start et nous nous opposons à la moindre coupe faite dans les services publics. C'est la première ligne de notre manifeste. [.] La décimation de Sure Start est une indication claire du caractère néfaste des coupes de 85 milliards de livres [92,2 milliards d'euros, ndt] imposé par le gouvernement conservateur-libéral. Elles s'ajoutent aux 20 milliards de coupes déjà imposées par le Parti travailliste. »

Skelton a remarqué que Sure Start avait été introduit par le précédent gouvernement du Pari travailliste en 1999 comme « une version au rabais d'un grand nombre de services qui avaient précédemment été assumés par l'Etat providence. [.] Mais cela ne fait pas de leur suppression quelque chose de mieux - cela aggrave la situation. Parce que, franchement, pour beaucoup de parents, il n'y a pas d'autre choix.

« Les politiciens nous disent qu'il y a eu trop de dépenses publiques et que l'argent manque. Pourtant, durant toute la période d'après-guerre, le niveau des dépenses publiques est resté pratiquement au même point. »


Robert Skelton devant les parents
et à l'équipe du Centre Bushmoor


« Alors pourquoi subissons-nous ces coupes brutales dans nos services publics ? Ces coupes sont menées dans leur totalité en raison d'un renflouement massif des banques par les fonds publics. Cela nous coûte maintenant 1000 milliards de livres, au moins. »

Skelton a mis en cause les immenses niveaux d'inégalité sociale en Grande-Bretagne, et le fait que les 1000 individus les plus riches du Royaume-Uni ont un revenu combiné de plus de 330 milliards de livres. « Cette somme d'argent pourrait financer tous les centres Sure Start du pays pour les 300 prochaines années et il resterait  encore quelques milliards, » a-t-il fait remarquer.

Le renflouement a été organisé par le dernier gouvernement travailliste et les coupes destinées à le financer sont maintenant imposées par le gouvernement conservateur-libéral, a fait remarquer Skelton. « Tout cet argent pour renflouer les riches est trouvé dans les coupes à l'échelon local des conseils municipaux travaillistes comme celui de Manchester. C'est la nature de la politique actuelle. C'est une conspiration contre la classe ouvrière de la part de partis qui sont tellement liés les uns aux autres que l'on ne pourrait faire passer un papier à cigarette entre eux. »

« Les riches ont trois partis qui s'occupent d'eux, mais les travailleurs, la vaste majorité de la société, n'ont pas leur propre parti de masse. Et sans cela, ils n'ont pas grand-chose du tout, » a-t-il poursuivi.

« Nous pensons que la question des millions de gens qui n'ont pas de représentation politique est la question la plus importante à l'échelon mondial actuellement. Sans un tel parti, on ne peut pas lutter contre le grand capital. »

Expliquant que les travailleurs ne pouvaient pas improviser une nouvelle direction, Skelton a dit, « Sur toute la surface du globe aujourd'hui, les travailleurs comprennent que même lorsqu'ils font tomber des dictateurs et des tyrans, ceux-ci sont tout bonnement remplacés par d'autres personnes issues de ces régimes haïs. C'est ce qui s'est passé en Égypte et en Tunisie.

« Les travailleurs ont besoin d'un parti ayant une longue histoire de luttes pour des principes. Le Parti de l'égalité socialiste est le seul parti qui soit socialiste et internationaliste, et représente les intérêts de la classe ouvrière, des sans emplois, des étudiants, des retraités et de ceux qui sont dans la misère.

« Nous sommes pour la prise de pouvoir par les travailleurs et la formation d'un gouvernement ouvrier qui représente la volonté démocratique de la société. On ne peut pas avoir de vraie démocratie lorsque le un pour cent de super-riches dans la population fait en sorte que toutes les décisions prises le sont en sa faveur. »

Skelton a reçu une réaction chaleureuse de la part des parents et des employés.

Moustafa, qui a un enfant dans le centre, a demandé à être plus informé sur la politique du PES. Un autre parent a dit que ce n'est qu'en entendant le discours de Skelton qu'elle a réalisé que la quantité d'argent donnée aux banques était si importante. « C'est e plus en plus difficile pour les gens de s'en sortir, » a-t-elle dit. « J'ai remarqué que je dépense 20 livres [22,6 euros, ndt] de plus par semaine pour les courses. »

Un autre parent a noté que le gouvernement a affirmé qu'il n'y avait pas d'argent pour les centres Sure Start, mais qu'ils en trouvaient pour financer la guerre en Libye. Il a ajouté qu'un autre moyen d'exclure les plus pauvres des services publics consistait à augmenter les frais d'inscription à l'université jusqu'à 9000 livres.

Leyli travaille au Centre Bushmoor, elle a déclaré, « Nous avons quatre équipes ici. Le Centre Bushmoor fonctionne depuis 6 ou 7 ans. C'est très important pour cette communauté parce que c'est une communauté très pauvre et qu'il y a beaucoup de parents qui ont un accès gratuit au centre et qui en ont vraiment besoin. Ces enfants n'ont pas accès à des crèches ou des soins privés. Donc ils peuvent venir aux groupes parents-enfants les après-midi pour jouer.


Leyli

« Ils peuvent venir et cuisiner et dessiner suivant le temps et la saison. Alors, qu'on leur enlève ça... Beaucoup de gens qui viennent aux groupes parents-enfants sont bouleversés et disent, "où va-t-on aller avec nos enfants ? »

« C'est la même chose dans le groupe des parents qui amènent leurs enfants le matin. Il y en a deux dont le travail dépend de ces deux heures et demie. Ils disent "Si ça se passe comme ça, nous allons perdre nos emplois. Le matin nous avons 15 ou 16 parents. L'après-midi, ça peut aller de 2 à 16 parents. Nous organisons des fêtes deux fois par an et là on peut accueillir jusqu'à 40 parents ici, avec leurs enfants. Nous sommes l'un des centres les plus actifs d'Ardwick parce que la plupart des parents ont un accès très facile. Nous sommes en plein milieu des logements, ils sont juste à côté.

« Nous avons une activité de conseil aussi. L'équipe est à l'étage, ils conseillent les parents sur le logement, les aides sociales et tous les problèmes avec les taxes municipales. Cela va être supprimé aussi. »

Robert Skelton avec des employées du Centre familial Bushmoor

« On reçoit des messages contradictoires sur l'avenir de notre service. D'abord ils ont dit que tous les services vont fermer, qu'il n'y en aura plus aucun. Maintenant ils disent qu'ils vont les confier à un contractant privé. Mais nous ne savons pas qui est ce contractant privé ni quand cela arrivera. Le secteur privé ne s'intéresse qu'à l'argent. La plupart des parents ici touchent les aides sociales, donc ils ne vont pas pouvoir payer les prix du privé. Une entreprise privée pensera, " je ne vais pas faire beaucoup d'argent ici ni dans toute cette zone parce que ce sont surtout des parents au chômage." »

(Article original paru le 20 avril 2011)

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