Le Parti de l'égalité socialiste annonce ses candidats aux élections de mi-mandat de la Californie

10 avril 2018

Déclaration du Parti de l'égalité socialiste (SEP)

Le Parti de l'égalité socialiste présente des candidats en Californie pour les élections législatives de mi-mandat aux États-Unis. Le SEP a choisi David Moore comme candidat au Sénat des États-Unis et Kevin Mitchell comme candidat à la Chambre des représentants des États-Unis du 51e district du Congrès. Moore et Mitchell feront la promotion d'un programme socialiste, antiguerre et anticapitaliste dans l'intérêt de la classe ouvrière en Californie et dans le monde.

Moore et Mitchell ont obtenu leur place au scrutin et seront inscrits comme candidats indépendants à l'élection primaire directe à l'échelle de l'État du 5 juin.

David Moore

David Moore, 31 ans, est un enseignant en éducation spécialisée à Oakland. Il a grandi dans une famille d'agriculteurs dans le comté de Ventura. David a rejoint le Parti de l'égalité socialiste en 2010 après avoir vu l'impact durable de la crise de 2008. En tant que contributeur au World Socialist Web Site, il a beaucoup écrit sur la crise sociale et les luttes de la classe ouvrière, y compris en couvrant sur place des grèves par les travailleurs du pétrole, du transport et de la santé.

Kevin Mitchell, 30 ans, a étudié le cinéma à l'Université de Californie à Riverside et a grandi dans le sud de la Californie. Basé à San Diego, il est un journaliste pour le WSWS et couvre des questions allant de l'immigration à l'itinérance et la crise sociale. Il contribue également régulièrement à des articles sur le cinéma et la culture. Kevin a rejoint le Parti de l'égalité socialiste en 2007 après avoir été radicalisé par la guerre en Irak et l'intervention du SEP lors des élections de mi-mandat de 2006.

La campagne du SEP visera à mobiliser la classe ouvrière en Californie, à travers les États-Unis et internationalement contre les démocrates et les républicains et le programme de la guerre, la contre-révolution sociale, la censure et l'autoritarisme de la classe dirigeante.

Kevin Mitchell

Une intensification des conflits de classe dans le monde a pris place durant les trois premiers mois de 2018. Aux États-Unis, la grève des enseignants en Virginie-Occidentale a été suivie de protestations et de grèves de la part d'enseignants d'autres villes et États. Les protestations de masse des jeunes étudiants contre les fusillades dans les écoles ont exprimé une opposition généralisée à la guerre et aux inégalités sociales.

La vague croissante de grèves et de protestations aux États-Unis fait partie d'un développement à l'échelle internationale. Depuis le début de l'année, des grèves importantes et des manifestations de la classe ouvrière ont eu lieu en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne, en France, en Grèce, en Europe de l'Est, en Iran, en Tunisie et au Kenya.

La croissance de la lutte des classes aux États-Unis entraine les travailleurs dans un conflit avec l'élite dirigeante capitaliste et ses deux partis. L'administration Trump mène une guerre contre la classe ouvrière, menant une campagne de terreur contre les immigrés et menaçant l'anéantissement nucléaire de la Corée du Nord. Les démocrates ont centré leur opposition à Trump non pas sur ses réductions d'impôt pour les riches, la chasse aux sorcières contre les immigrants, l'encouragement de la violence policière, les coupes dans les programmes sociaux et l'éviscération des réglementations des entreprises, mais demandent plutôt qu'il escalade l'agression américaine contre la Russie et étende l'intervention de Washington en Syrie. Les allégations non fondées d'ingérence russe dans les affaires américaines sont utilisées pour censurer l'Internet dans ce qui constitue la plus grande offensive contre la liberté d'expression depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les candidats du Parti de l'égalité socialiste utiliseront la campagne pour promouvoir la solution socialiste au capitalisme et élever la conscience politique des travailleurs et des jeunes. Les candidats du SEP s'opposent à toutes les formes de chauvinisme national, de racisme et de provocation anti-immigrés. Ils se battent pour unifier tous les travailleurs en Californie, aux États-Unis et à l'étranger et préparer la classe ouvrière aux luttes historiques qui l'attendent.

1. Non au militarisme américain! Il faut stopper la marche vers la Troisième Guerre mondiale!

Sous le prétexte frauduleux de l'interminable «guerre contre le terrorisme», qui en est maintenant à ses 17 ans, des millions de personnes – en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et dans d'autres pays – ont été tuées, blessées ou transformées en réfugiés par les États-Unis depuis 2001. Le ministère de la Défense a récemment abandonné l'épouvantail de la «guerre contre le terrorisme» et a déclaré que «la compétition entre grandes puissances – et non plus le terrorisme – est désormais le principal objectif de la sécurité nationale américaine», appelant à des préparatifs en vue d'une guerre contre la Russie et la Chine, deux puissances nucléaires.

Les confrontations imprudentes provoquées par l'impérialisme américain – de la guerre civile syrienne à la guerre contre la Corée du Nord et l'Iran – menacent de dégénérer et de mener à la guerre thermonucléaire. Les préparatifs en cours pour la guerre mondiale, qui mènerait à la mort de milliards de personnes, sont couverts sous une pile de mensonges et de secrets. La campagne du SEP alertera les travailleurs et les jeunes sur les dangers immenses auxquels ils sont confrontés et établira les bases d'un puissant mouvement antiguerre.

Loin de présenter une opposition antiguerre à la politique étrangère belliqueuse de Trump, les démocrates ont attaqué son administration par la droite, lui reprochant d'être «trop conciliant» avec la Russie. Dans les élections actuelles, ils font campagne en tant que parti de l'appareil de renseignement militaire. En effet, d'anciens membres de la CIA et de l'armée forment la plus grande catégorie de candidats démocrates.

2. Il faut défendre les droits démocratiques! Non à la censure d'Internet!

Les droits démocratiques les plus fondamentaux sont mis en morceaux. Tandis que l'administration Trump cherche à établir un régime autoritaire et personnaliste autour du président, les démocrates – y compris la sénatrice californienne Dianne Feinstein – mènent une campagne pour censurer l'Internet et criminaliser l'opposition à l'intérieur du pays.

Les agences de renseignement américaines ont travaillé main dans la main avec les géants de la technologie Google, Facebook et Twitter pour surveiller et censurer le contenu de gauche sur Internet. Sous prétexte d'interférence présumée de la Russie dans les élections de 2016, pour lesquelles aucune preuve sérieuse n'a été présentée, Google a rétrogradé les sites socialistes, antiguerre et progressistes dans ses résultats de recherche afin de promouvoir des «sources fiables», un euphémisme pour nommer les promoteurs médiatiques de la propagande gouvernementale. Facebook a annoncé l'embauche de 15.000 censeurs pour lutter contre les efforts des «gens qui essaient de semer la division».

La classe dirigeante est terrifiée par la croissance de l'opposition sociale au sein de la classe ouvrière. Une vague de grèves et de protestations de la part des enseignants à travers le pays est organisée au niveau local à travers les médias sociaux, en dehors des contraintes imposées par les syndicats procapitalistes et anti-ouvriers.

Internet doit être soustrait au contrôle privé des milliardaires et des entreprises et soumis au contrôle démocratique des masses qui en dépendent pour l'information et la communication quotidiennes. Le vaste appareil gouvernemental d'espionnage doit être démantelé. Une véritable démocratie est incompatible avec un système économique dans lequel toutes les décisions sont dictées par une classe dirigeante qui contrôle les entreprises et les banques et qui exige des attaques toujours plus brutales contre les droits et les intérêts de la classe ouvrière.

3. Pour mettre fin à la pauvreté et à l'inégalité sociale!

Le SEP se bat pour abolir un système dans lequel les super-riches exploitent le travail de milliards de travailleurs à travers le monde. Nous appelons à une vaste redistribution de la richesse pour garantir les droits sociaux fondamentaux, incluant le droit à un travail décent, une éducation de qualité, des logements abordables, des soins de santé universels, une retraite digne et un accès à la culture.

Dix ans après le krach financier de 2008, la réalité désastreuse de la vie en Californie et aux États-Unis est en flagrante contradiction avec les proclamations officielles de la «reprise économique». Alors que le marché boursier grimpe et que l'économie de la Californie connait une croissance presque deux fois celle du pays, cet État, le plus important des États-Unis dans son ensemble, conserve le taux de pauvreté le plus élevé du pays. La flambée des prix des logements, la hausse du coût de la vie et la stagnation des salaires entrainent des milliers de familles ouvrières dans la famine et l'itinérance.

L'inégalité sociale est aujourd'hui plus grande que jamais. Les trois premiers milliardaires aux États-Unis ont autant de richesse que les 160 millions d'Américains du bas de l'échelle. Les riches profitent non seulement de richesses et de privilège incalculables, mais ils vivent plus longtemps. L'écart entre l'espérance de vie des Américains les plus riches et les plus pauvres est en moyenne de près de 15 ans pour les hommes et de 10 ans pour les femmes.

Les jeunes sont accablés par plus d'un millier de milliards de dollars de dettes d'études, des millions de personnes n'ont plus droit aux coupons alimentaires et des millions d'autres voient leurs retraites et leurs soins de santé réduits ou éliminés. Le gouvernement dépense des milliards de dollars dans une vaste machine militaire et dans la soi-disant «sécurité intérieure», alors que les écoles publiques et les infrastructures de base du pays s'effondrent.

Le SEP met de l'avant un programme non pour l'amélioration du capitalisme, mais pour son abolition et son remplacement par le socialisme. Aucun problème social – soins de santé, logement, retraites, éducation, infrastructure – ne peut être résolu tant que la majeure partie de la richesse mondiale est gaspillée pour satisfaire la cupidité sans limites d'une poignée de capitalistes. Les droits sociaux de la classe ouvrière ne peuvent être garantis sans une attaque directe contre la richesse et le pouvoir de la classe capitaliste et la domination de l'aristocratie financière sur la vie économique. Cela signifie la fin de la propriété privée des grandes entreprises et leur transformation en entreprises publiques sous le contrôle démocratique de la classe ouvrière. Pour fournir des emplois de qualité à tous ceux qui en ont besoin, le SEP appelle à un programme de travaux publics de plusieurs billions de dollars pour reconstruire les infrastructures en ruine dans tout le pays. Les ressources existent pour construire de nouveaux hôpitaux, cliniques et écoles et embaucher des centaines de milliers d'enseignants pour assurer des classes plus petites et une éducation de qualité pour tous.

4. Il faut défendre les immigrants! Pour le démantèlement de l'ICE et l’ouverture des frontières!

Le SEP se bat pour le droit des travailleurs à vivre et à travailler dans le pays qu'ils souhaitent. Nous exigeons la fin immédiate des raids de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) ainsi que la détention et la déportation des immigrants.

Le monde est confronté à la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, alimentée par un quart de siècle de guerre sans fin et de troubles économiques. Des centaines de travailleurs qui cherchent une vie meilleure meurent chaque année en franchissant la frontière américano-mexicaine. Les efforts du gouvernement américain pour dominer militairement le monde vont de pair avec ses efforts pour détourner le mécontentement social dans des canaux racistes et anti-immigrants.

Sans aucune opposition émanant du Parti démocrate et peu d'attention dans les médias d'entreprise, le président Trump et ses conseillers fascistes exécutent discrètement le tournant à droite le plus radical dans la politique d'immigration américaine en un siècle. Ils jettent les bases de rafles de masse et de la brutalisation de centaines de milliers d'immigrants dans un réseau de camps d'internement en expansion à l'échelle nationale.

Des démocrates se disant de gauche comme Bernie Sanders ont renforcé les politiques anti-immigration de l'administration Trump au nom de la «sécurité frontalière» et de la «protection des emplois américains». L'accord des démocrates pour adopter un budget laissant 800.000 jeunes immigrés sous juridiction DACA sujet à l'expulsion concorde avec les politiques anti-immigration de l'administration Obama, y compris un nombre record d'expulsions.

Le SEP s'oppose à tous les préjugés nationaux et insiste sur le fait que les travailleurs aux États-Unis, immigrants et natifs, partagent un même combat contre les patrons et les milliardaires qui les exploitent.

5. Il faut rompre avec les démocrates et les républicains! Adhérez au Parti de l'égalité socialiste!

La lutte pour la paix, l'égalité et la démocratie est indissociable d'une lutte contre le système capitaliste, qui subordonne l'économie mondiale à une élite financière criminelle. Les oligarques contrôlent le système politique et les deux principaux partis. Pour défendre leurs droits, les travailleurs ont besoin de leur propre parti.

En Californie, le Parti démocrate contrôle la législature d’État depuis près de 50 ans. Le résultat a été la pauvreté de masse, la faim et l'itinérance pour un grand nombre de personnes et l'accumulation d'une richesse incroyable pour quelques-uns. En plus de la population la plus importante de sans-abri aux États-Unis, la Californie accueille le plus grand nombre de milliardaires, 144, qui ont une richesse combinée de plus de 725 milliards de dollars.

Dianne Feinstein, la sénatrice démocrate de Californie, a toujours défendu le militarisme américain et les activités illégales des agences d'espionnage américaines. Feinstein est une défenseure constante de l'impérialisme américain, allant de l'invasion de l'Irak et de la loi PATRIOT au mur de la frontière avec le Mexique jusqu'à la NSA espionnant les citoyens américains.

Dans le 51e district du Congrès le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, le candidat démocrate Juan Vargas s'est positionné en tant que défenseur des immigrants et des pauvres. Dans une mairie, Vargas a blâmé l'administration Trump tout en ignorant commodément l'agression anti-immigrés sous Obama, qui a déporté trois millions de personnes. Vargas a continuellement voté pour une législation visant à renforcer les sanctions contre l'Iran et la Corée du Nord dans le cadre du programme militariste du Parti démocrate.

Les luttes des travailleurs et des jeunes au cœur de l'impérialisme mondial constituent un élément essentiel de la lutte des classes à l'échelle internationale. Ce qui se déroule aux États-Unis a des implications mondiales et la lutte contre la classe dirigeante américaine ne peut être menée que comme une lutte internationale. Moore et Mitchell adresseront leurs campagnes aux travailleurs à travers les États-Unis et le monde, pas seulement en Californie.

La campagne du SEP se bat pour unir toutes les sections de la classe ouvrière au sein d'une lutte commune. Notre campagne rejette toute forme de nationalisme, de chauvinisme et d'intolérance, utilisés par la classe dirigeante pour diviser les travailleurs les uns des autres.

Notre campagne ne se limite pas aux votes. Il s'agit d'une partie importante de la lutte pour construire un mouvement socialiste et fournir une solution politique aux masses de travailleurs et de jeunes qui cherchent une voie à suivre. Nous vous encourageons vivement à vous impliquer dans la campagne. Il est temps de mener une lutte active pour le socialisme!

(Article paru en anglais le 3 avril 2018)