Bernie Sanders attaque Biden de la droite à propos du commerce avec la Chine

Par Ben McGrath
7 mai 2019

Le sénateur du Vermont et candidat démocrate à l'élection présidentielle de 2020, Bernie Sanders, a attaqué l'ancien vice-président Joe Biden pour des remarques sur la Chine et le commerce. Dans un langage qui ne serait pas déplacé venant du président Donald Trump, Sanders a accusé Biden de minimiser la menace économique que représente la Chine et lui a reproché d'appuyer l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et la normalisation des relations commerciales avec Pékin.

Biden, considéré pour l’instant comme le meneur dans la course à l'investiture du Parti démocrate à la présidence, a déclaré lors d'un événement électoral mercredi dans l'Iowa: «La Chine va nous prendre nos parts de marché? Soyons sérieux.» Il a ajouté: «Ce ne sont pas des gens mauvais. Mais devinez quoi, ce n'est pas de la compétition pour nous.»

Le porte-parole de Biden, Andrew Bates, a déclaré plus tard que Biden avait voulu dire «qu'il n'est jamais bon de parier contre l'Amérique et la force fondamentale, la résilience et l'ingéniosité de son peuple.»

Dans une réponse faite le jour même, Sanders a critiqué Biden par la droite, en écrivant dans un tweet: «Depuis l'accord commercial avec la Chine (en 2000) contre lequel j'ai voté, l'Amérique a perdu plus de 3 millions d'emplois manufacturiers. Il est faux de prétendre que la Chine n'est pas l'un de nos principaux concurrents économiques. Quand nous serons à la Maison-Blanche, nous gagnerons cette compétition en rectifiant nos politiques commerciales.»

Le nationalisme économique grossier de Sanders n'est pas nouveau. Il a longtemps lié sa rhétorique populiste aux politiques de guerre commerciale et de chauvinisme anti-immigrants. Il soutient pleinement les efforts de la bureaucratie syndicale pour monter les travailleurs américains contre leurs frères et sœurs de classe dans le monde entier et pour infecter les travailleurs américains avec le nationalisme – pour mieux les subordonner à «leurs» exploiteurs corporatifs aux États-Unis.

Il y a tout juste deux semaines, Sanders a dénoncé l'ouverture des frontières lors d'un événement électoral dans l'Iowa, lançant un avertissement contre la décriminalisation des immigrants sans-papiers qui conduirait à l'afflux aux États-Unis de «personnes appauvries» venant du monde entier.

Trump a également critiqué Biden pour ses commentaires sur la Chine. Dans une entrevue accordée à Fox News jeudi, il a salué les droits de douane que son administration a imposés sur les produits chinois, tout en disant de Biden: «Mais pour quelqu'un d’être aussi naïf et de dire que la Chine n'est pas un problème, si Biden a vraiment dit cela, c'est une déclaration très stupide.»

Comme Trump, Sanders a salué son bilan anti-libre-échange. Cette semaine, il s'est vanté d'avoir voté contre l'ALENA et la normalisation du commerce avec la Chine. Lundi, il a publié sa plate-forme électorale en matière commerciale, appelant à la renégociation de tous les accords commerciaux américains et exigeant que la Chine soit qualifiée de manipulateur de devises, une menace que Trump a brandie, mais qu'il n’a pas mise à exécution jusqu'ici. Désigner officiellement un pays manipulateur de devises équivaut à une véritable guerre commerciale. Une telle déclaration déclenche toute une série de mesures commerciales punitives contre le pays visé.

Sanders, qui se dit «socialiste démocrate», cherche à dépasser Trump par la droite sur les questions commerciales. Lors d'un rassemblement le 13 avril, il a dénoncé Trump pour son manque d'agressivité dans sa guerre commerciale contre la Chine et d'autres pays. «Pour une fois dans ta vie, a-t-il dit, tiens tes promesses de campagne… retourne à ta planche à dessin.»

Lundi, après avoir publié son plan commercial, il a dit: «Nous avons besoin d'un président qui se battra pour les travailleurs américains, qui tiendra ses promesses et qui tiendra tête aux grandes entreprises qui ferment des usines pour envoyer des emplois à l'étranger.»

En assimilant la défense des emplois américains à des attaques économiques contre des pays comme la Chine et en imputant les fermetures d'usines, les licenciements et les réductions de salaire aux politiques commerciales plutôt qu'au capitalisme, Sanders soutient les efforts de la classe dirigeante pour créer une fièvre guerrière et préparer la voie à des conflits militaires avec des puissances nucléaires comme la Chine.

Alors qu'il a essayé de puiser dans le sentiment antiguerre en disant: «J'ai voté contre la guerre en Irak. [Biden] a voté pour», Sanders n'a aucun scrupule à utiliser l'armée pour défendre les intérêts de l'impérialisme américain. Lors de la campagne de 2016, il a déclaré qu'il utiliserait «des drones, tout cela, et plus encore.»

Malgré ses critiques rhétoriques des grandes entreprises, l’objectif de Sanders est d'empêcher le mouvement indépendant de la classe ouvrière en détournant ses luttes derrière le Parti démocrate. En cela, il est aidé par des organisations de la pseudo-gauche telles que les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA).

Les DSA fonctionnent comme une fraction du Parti démocrate, essayant de fournir un verni de gauche à ce parti qui représente en réalité Wall Street et la CIA. C'est pourquoi les DSA consacrent leurs efforts à faire la promotion de la campagne de Sanders lors des élections de 2020.

(Article paru en anglais le 4 mai 2019)