A Berlin, les étudiants soutiennent le rassemblement de samedi pour défendre Julian Assange

Par Notre correspondant
16 mai 2019

Depuis une semaine, le SGP (Sozialistische Gleichheitspartei – Parti de l'égalité socialiste) et l’IYSSE (International Youth and Students for Social Equality – Jeunes et étudiants pour l'égalité sociale) font campagne dans tout Berlin en vue du rassemblement de ce samedi pour exiger la liberation du lanceur d'alerte et journaliste persécuté Julian Assange et celle de Chelsea Manning.

Ce rassemblement aura lieu devant l'ambassade britannique à Berlin, à 11 heures heure locale. Sont prévus des orateurs internationaux dont Chris Marsden, le secrétaire national du SEP (Royaume-Uni) ainsi que des dirigeants du SGP en Allemagne.

Ce rassemblement fait suite à la réunion tenue en défense d’Assange et Manning dans le cadre de la campagne électorale européenne du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), organisée par le SEP (UK) à Londres dimanche dernier et qui a réuni 150 personnes.

Ceux qui font campagne ont distribué des milliers de tracts dans la capitale allemande et posé des centaines d'affiches sur les lieux de travail, dans les universités et les centres commerciaux, et ils ont reçu un accueil extrêmement positif. La grande majorité de ceux à qui ils ont parlé ont exprimé leur soutien et leur appréciation pour Assange, Manning et WikiLeaks.

Casey

Casey, étudiante à Berlin dans le cadre d'un échange avec les États-Unis, s'est impliquée dans la campagne après avoir assisté le mois dernier à une réunion de l'IYSSE en défense d’Assange, à l'Université Humboldt. « Je participe à cette campagne parce que je crois qu'il est important de mobiliser le plus grand nombre de personnes possible pour soutenir les droits d'Assange. Cela enverra un message à l'élite que la classe ouvrière ne sera pas si facilement intimidée par leurs tactiques », a-t-elle dit.

« WikiLeaks a été créé pour servir de vraie source d'information parce que les médias grand public ne le font pas. Tous les pays impérialistes utilisent l'exemple d'Assange pour dire que si vous essayez de vous exprimer, nous utiliserons notre système non seulement pour vous faire taire, mais aussi pour vous tuer. Le but de la Loi sur l'espionnage est de faire taire les gens. C'est censé s'appliquer en temps de guerre, mais les Etats-Unis sont constamment en guerre ».

Elle a ajouté qu'il était important de « faire prendre conscience de la persécution d'Assange et de Chelsea Manning parce qu'elle a été ignorée ou occultée dans les médias, créant beaucoup de confusion sur qui ils sont, ce qu'ils ont fait, et pourquoi la classe ouvrière devrait s'inquiéter de leur persécution ». Cela allait « de pair avec les efforts visant à le diaboliser et à faire croire que, de toute façon, il importe peu qu'il soit persécuté », ce pour quoi on avait officiellement rouvert lundi les allégations suédoises d'agression sexuelle.

« Jusqu'à présent, la réaction sur les campus a été largement positive », a déclaré Casey. « Beaucoup de gens que j'ai rencontrés ont exprimé leur soutien à Assange et Manning, et ceux que j'ai rencontrés et qui n'avaient jamais entendu parler d'Assange ont été choqués, une fois que la situation leur a été exposée, d'apprendre qu'il est ciblé pour ses actes.

« C'est une manifestation du système capitaliste parce qu'il doit faire taire les gens pour pouvoir fonctionner », a-t-elle conclu. « Alors que nous mobilisons les gens pour défendre Julian Assange, je pense que nous devons chercher à amener cela vers un mouvement de gens liés par leur classe et opposés à l'exploitation dans le capitalisme ».

Alex

Alex, 21 ans, est étudiant à l'Université technique de Berlin. Il s'est entretenu lundi avec une équipe de campagne de l'IYSSE. « Assange devrait être libre », a-t-il dit. « J'ai entendu parler de la vidéo en Irak, publiée par WikiLeaks. Ça m'est resté dans ma tête depuis ».

« D'après ce que j'ai compris, Manning était peut-être sous le sceau de la confidentialité, alors c'était illégal pour elle de publier ça » a-t-til poursuivi. « Mais c'était pour la cause – c'était juste parce que la cause était si importante. Il y a eu un cas similaire à propos des Cahiers du Pentagone. La pression publique pour défendre les éditeurs était encore plus forte parce que les gens étaient dans la rue et luttaient contre la guerre. Donc, si Assange obtient le soutien du peuple, il est possible qu'il soit libéré. C’est ce qui devrait se passer».

« C'est à cela que servent les médias. S'ils ne révèlent pas les crimes comme ça, qui est censé le faire ? »

Alex venait d'entendre parler de la reprise des allégations d'agression sexuelle par les procureurs suédois ce jour-là et a déclaré qu'il y avait « une corrélation très étrange entre le fait d’être accusé d'agression et la publication juste avant de dossiers montrant des crimes américains dans des opérations militaires.

« J'attribue à Assange le mérite de divulguer des informations qui montrent que les gouvernements disent une chose au public et en font une autre pour avoir une raison de faire la guerre. Nous avons besoin de journalistes qui risquent leur vie pour révéler ces choses. Si j'étais dans cette position, je ne sais pas si j'aurais pu faire la même chose, c'était extrêmement courageux ».

Carsten

Carsten, étudiant en ingénierie à l'Université technique, a déclaré qu'il était « pour tout ce qu'Assange a fait. Je suis également en faveur d'Edward Snowden et d'autres lanceur d’alerte. C'est important de les protéger de nos jours ».

« La vidéo sur l'Irak était la première fois que j'entendais parler de lui », a-t-il dit. « J'ai vu les conséquences de ce qui s'est passé en Irak. ... Ils torturaient des civils. Le gouvernement américain fait cela parce qu'il a peur. Il a peur de WikiLeaks. Il veut que ce soit clair, que si vous publiez des faits véridiques, il vous arrivera de mauvaises choses ».

A l'Université libre de Berlin, les militants de l'IYSSE ont parlé avec Razar et Anahita, étudiants dans le cadre d'une échange entre l'Allemagne et l'Iran. Ils étudient tous les deux la sociologie.

Razar (left) and Anahita

« C'est important pour la liberté d'expression et tous les activistes dans le monde doivent soutenir la liberté d'Assange », a dit M. Razar. « Nous avons besoin de telles personnes, plutôt que de Mark Zuckerberg. J'ai vu la vidéo que lui et WikiLeaks ont rendue publique d'un hélicoptère américain en Irak attaquant des gens ordinaires ».

Razar s'est également dit préoccupé par le danger de guerre croissant au Moyen-Orient: « Des gens comme Bolton et d'autres sont en train de tenter quelque chose. Le peuple iranien est maintenant habitué à cette situation, mais j'espère que cela ne conduira pas à une guerre ».

Jay

Jay, 26 ans, étudiant philosophie et en sciences politiques à l'Université libre, a déclaré: « Ce qu'Assange a fait n'était pas un crime. Il disait la vérité. Pourquoi est-ce que dire la vérité est un crime? J'ai vu la vidéo ‘Meurtre collatéral’. C'est pourquoi nous sommes censés avoir la séparation des pouvoirs, et le quatrième pouvoir sont censés être les médias ». Mais les médias d'aujourd'hui étaient « mal utilisés » et ne jouaient pas ce rôle.

« A l'époque, il y a 40 ans, les journalistes du New York Times et du Washington Post n'ont pas été arrêtés pour avoir publié les documents du Pentagone. « C'est de l'hypocrisie qu'ils ne soutiennent pas Assange aujourd'hui ».

L'IYSSE et le SGP exhortent tous les étudiants, les jeunes et les travailleurs, comme tous ceux qui sont engagés dans la défense des droits démocratiques, à participer au rassemblement de ce samedi à Berlin et à prendre position en faveur de la liberté d'expression et contre le militarisme et la guerre. Partagez l'événement sur Facebook here-ici.

Détails :

Rassemblement : Liberté pour Julian Assange

Samedi 18 mai, 11 h.

Ambassade de Grande-Bretagne, Berlin

Wilhelmstrasse 70/71, 10117

Berlin, Allemagne

(Article original paru en anglais le 14 mai 2019)