Le Parti national écossais s’affronte au gouvernement Johnson au sujet du deuxième référendum sur l'indépendance

Par Chris Marsden et Steve James
27 janvier 2020

Le Parti national écossais (SNP) a profité du résultat des élections générales de décembre dernier pour faire pression en faveur d’un deuxième référendum sur l'indépendance de l'Écosse. Cela lance le parti sur la voie d’un face à face avec le gouvernement conservateur de Boris Johnson.

La semaine dernière, Johnson a écrit à la cheffe du SNP, Nicola Sturgeon, rejetant sa demande du 19 décembre pour le transfert des pouvoirs au parlement écossais de Holyrood nécessaires pour l’organisation d’un deuxième référendum sur l'indépendance (Indyref2) - en vertu de l'article 30 de la loi de 1998 sur l'Écosse. Sturgeon a également demandé que le Parlement écossais soit investi de pouvoirs permanents pour organiser des référendums ultérieurs sur l'indépendance.

«Le peuple écossais a voté de manière décisive pour garder notre Royaume-Uni uni, un résultat que les gouvernements écossais et britannique se sont engagés à respecter», a écrit Johnson, incitant Sturgeon à déclarer la position de Johnson «d’autodestructrice [...] L’union [du Royaume-Uni] comme conçue par Londres ne peut pas être maintenue sans consentement. La démocratie prévaudra.»

Sturgeon a promis une réponse réfléchie pour le mois prochain.

Les invocations de la démocratie par les deux parties cherchent à dissimuler une dispute entre les factions bourgeoises rivales dont les intérêts, les objectifs et les programmes nationalistes sont hostiles aux intérêts de la classe ouvrière des deux côtés de la frontière.

Le principal avantage politique du SNP dans sa campagne pour un référendum sur l'indépendance est que la haine généralisée envers le gouvernement conservateur coïncide avec l'effondrement du Parti travailliste dans ce qui était autrefois un bastion historique. Le Parti travailliste a été réduit à un seul siège de député écossais, avec seulement 18,5 pour cent des suffrages. En comparaison, jusqu'en 2001, les travaillistes dominaient la politique parlementaire écossaise, détenant 56 des 72 sièges écossais à Londres avec 47 pour cent des suffrages.

Même la renaissance temporaire du soutien au Parti travailliste après l'ascension de Jeremy Corbyn à la direction était beaucoup moins marquée qu'en Angleterre et au Pays de Galles. Au lieu de cela, d'importantes sections de travailleurs ont transféré leur allégeance au SNP - qui entre deux avait abandonné son ancienne réputation de «Tartan Tories» (conservateurs écossais nationalistes) et s'était remodelé avec succès comme un parti nominalement «de gauche».

En conséquence de quoi, en décembre, le SNP a remporté 48 des 59 sièges de députés en jeu en Écosse, soit une augmentation de 13, avec 45 pour cent des suffrages. De plus, contrairement à la poussée en Angleterre aux dépens du Parti travailliste, les conservateurs de Johnson ont perdu 7 sièges en Écosse, réduisant leur nombre à 6 avec 25 pour cent des suffrages.

Le SNP cherche à exploiter ces acquis pour renverser le résultat du référendum de 2014 sur l'indépendance, qui a produit une majorité de 55 pour cent contre 45 contre l’indépendance. Il le fait sur la base d'affirmations selon lesquelles c'est maintenant le seul moyen de protéger l'Écosse de la domination du gouvernement le plus à droite de l'histoire britannique de l'après-guerre.

De telles affirmations sont démenties par le propre bilan du SNP en matière de réduction des dépenses sociales. Mais il fait valoir que ces réductions ont été rendues nécessaires par le régime du Parlement à Londres, bien qu’il ait utilisé des recettes fiscales supplémentaires pour l'Écosse en vertu de la formule Barnett pour financer des concessions de grande envergure telles que la gratuité des frais universitaires pour les étudiants écossais.

Cependant, le Brexit est de loin le moteur le plus important pour une nouvelle poussée d'indépendance du SNP, étant donné que l'Écosse a soutenu l'adhésion à l'Union européenne (UE) lors du référendum sur le Brexit de 2016 à une large majorité de 62 contre 38 pour cent. Le SNP pro-OTAN s'est longtemps spécialisé dans le plaidoyer pour l'UE, tout en ne disant rien sur le bilan du bloc européen qui a imposé l'austérité, les mesures anti-migrants et un brusque virage vers la répression étatique et le militarisme. Le SNP n'a fait que la critique la plus formelle de la répression étatique dirigée contre la Catalogne par l'Espagne - de peur de compromettre ses aspirations à l'adhésion à l'UE.

L'un des arguments avancés contre le SNP en 2014 était qu'une Écosse indépendante ne se verrait pas accorder l'adhésion à l'UE parce que l'Espagne et d'autres pays comme la Belgique, confrontés à leurs propres mouvements séparatistes nationaux, la bloqueraient.

Sturgeon espère que cette opposition sera désormais mise de côté par l'inquiétude suscitée par l'impact économique du Brexit sur l'UE, étant donné que Johnson a l'intention de réduire l'impôt sur les sociétés et d'imposer d'autres mesures visant à siphonner les investissements étrangers et la capacité de production du continent. Dans de telles circonstances, l'Écosse pourrait désormais être considérée comme un important contrepoids pro-UE au Brexit britannique.

Cela n'est pas du tout certain, étant donné que l'Espagne est toujours impliquée dans les efforts pour écraser la campagne d'indépendance catalane. Mais lier l'indépendance à la question du maintien de l'adhésion à l'UE élargira sans aucun doute son appuie en Écosse après le Brexit. À cette fin, le gouvernement écossais a l'intention de «convoquer un certain nombre de tables rondes» pour créer une coalition pour l'indépendance entre «la société civile, les syndicats et le monde des affaires, les groupes religieux et minoritaires et nos partenaires dans les collectivités locales».

Le dirigeant travailliste écossais Richard Leonard semble prêt à rejoindre cette initiative vue la débâcle électorale des travaillistes, soulignant que le parti en Écosse développera sa propre «proposition constitutionnelle claire». Graham Smith, secrétaire général de la Confédération syndicale écossaise (STUC), a soutenu que: «Les souhaits démocratiques du peuple écossais doivent être reconnus. Le mouvement travailliste écossais devrait soutenir l'indyref2.» Neil Findlay, représentant travailliste au Parlement écossais (MSP), a déclaré: «Nous ne pouvons pas refuser au peuple écossais un second référendum quand la majorité le demande», tandis qu'Alison Evison, présidente de la Convention des collectivités locales écossaises, a déclaré sur Twitter qu'une décision de soutenir indyref2 était «simple».

Des appels ont également refait surface pour que les travaillistes écossais rompent les liens avec le parti en Angleterre et au Pays de Galles. La MSP Monica Lennon, une partisane de Leonard, s'est plainte: «Soit nous continuons à la merci des structures éloignées du parti britannique, soit nous devenons un parti à part entière.»

Mais les partisans les plus enthousiastes du nationalisme écossais comme alternative supposée à la domination et à l'austérité des conservateurs sont les groupes de la pseudo-gauche.

Au premier rang se trouve le Parti socialiste écossais (SSP), dont le chef Colin Fox a écrit trois jours après les élections générales: «Face à cinq ans de régime minoritaire conservateur, les arguments en faveur de l'indépendance sont désormais plus urgents que jamais», promettant que le SSP «travaillera avec les autres […] dans le cadre de notre détermination à ‘faire en sorte que l'indépendance soit réalisée’ le plus rapidement possible».

En l’occurrence les «autres» sont dirigés par le SNP, dont Fox écrit: «Le résultat impose de lourdes responsabilités au SNP en tant que porteur de la cause de l'indépendance.» Le SSP affirme que l'indépendance est «une voie démocratique essentielle pour mettre fin à pauvreté en Écosse, lutter contre la pénurie de logements et introduire la gratuité des transports en commun dans le cadre d'une véritable action pour faire face à l'urgence climatique.»

Ce n'est rien de la sorte. Comme le Brexit, le soutien à l'indépendance écossaise exprime la montée des tensions inter-impérialistes, nationales et régionales au sein de la bourgeoisie provoquées par l'escalade du conflit pour le contrôle des marchés et des ressources mondiaux.

Johnson veut quitter l'UE afin d'approfondir «la révolution Thatcher» de déréglementation, de privatisation et de réduction des impôts sur les sociétés au détriment de la classe ouvrière. Il cherche une alliance économique, politique et militaire plus étroite avec les États-Unis pour renforcer la main de l'impérialisme britannique contre ses principaux rivaux européens.

Le SNP, malgré tous ses efforts pour se présenter comme «progressiste», cherche à obtenir une plus grande part des actifs de l'Écosse pour la bourgeoisie régionale et ses parasites de la classe moyenne, notamment les recettes fiscales provenant du pétrole et du gaz de la mer du Nord, et pour assurer les relations avec le les grandes entreprises en proposant de faibles niveaux d’impôts sur les sociétés et en intensifiant l'exploitation de la classe ouvrière. Le parti se vante de son «excellent bilan de ses efforts pour attirer des entreprises en Écosse», avant de promettre que «avec l'indépendance, nous pouvons faire plus».

Pour dissimuler sa propre politique pro-patronale, le SNP et ses apologistes concentrent toute leur attention sur ce qu'ils appellent le «déficit de démocratie». Cela fait référence au fait que l'Écosse a toujours voté contre les conservateurs et pour des politiques progressistes de gauche mais a vu ces deux aspirations contrecarrées par les résultats électoraux pour l’ensemble du Royaume-Uni. Cependant, ce n'est pas une question écossaise, mais un problème auquel fait face toute la classe ouvrière britannique. Cela signifie avant tout de reconnaître l'échec historique de la perspective désormais abandonnée du réformisme national.

Tout au long des années 1980 et 1990, alors qu’une industrie après l’autre et des millions d'emplois ont été détruits par les gouvernements conservateurs successifs, ce fut le Parti travailliste et les syndicats qui ont trahi toutes les luttes menées par les travailleurs. Lorsque le Parti travailliste arriva au pouvoir après une absence de18 ans en 1997, il poursuivit et même approfondit l'offensive de Thatcher contre la classe ouvrière - atteignant son point culminant lorsque Tony Blair emmena la Grande-Bretagne dans la guerre illégale contre l'Irak en 2003. Ce bilan comprend également l'une des premières décisions de Blair, le référendum de 1997 pour mettre en place un parlement écossais, dirigé par les travaillistes pendant huit ans, avec pour mandat d'encourager la concurrence régionale et une mission de semer les divisions en promouvant l'identité nationale contre l'unité de classe.

Le Parti travailliste ne s'est jamais vraiment remis de ces trahisons. Mais le prix payé par la classe ouvrière en Écosse fut l'ascension du SNP.

Les groupes de la pseudo-gauche, qui ont historiquement œuvré à subordonner les travailleurs au Parti travailliste et le font toujours en Angleterre, ont joué un rôle crucial en promouvant des excuses de «gauche» pour ce virage régressif vers le nationalisme. Lorsque le SSP a été créé pour la première fois en 1998, nous avons expliqué: «Pour les marxistes, le socialisme est le résultat de l'action politique indépendante de la classe ouvrière. Cela implique que les travailleurs comprennent que leurs intérêts sociaux et politiques ne peuvent être conciliés avec ceux de la bourgeoisie.»

«Depuis la publication du Manifeste communiste en 1848, l'internationalisme a été la pierre angulaire de la lutte pour le socialisme. Le nationalisme est l'idéologie de la bourgeoisie, car son pouvoir s'est développé par le biais et a conduit à la consolidation de l'État-nation. Le socialisme, de par sa nature même, ne peut être qu'un système mondial réalisé par le rassemblement des travailleurs à travers toutes les frontières. Son objectif est de mettre fin à la division de l'économie mondiale en nations antagonistes en libérant la production des entraves de la propriété privée, en la mettant au service des peuples du monde. Cela nécessite le développement d'une vision internationaliste cohérente parmi les travailleurs.»

La «perspective du séparatisme écossais - une lutte "contre la Grande-Bretagne" et "pour l'Écosse" […] lie politiquement la classe ouvrière à la bourgeoisie, tout en opposant les travailleurs écossais à ceux des autres pays.»

Le Parti de l'égalité socialiste (PES) britannique a insisté sur le fait que l'intégration extraordinaire de l'économie mondiale sous les effets de la mondialisation était la confirmation la plus claire de la nécessité pour les travailleurs de fonder leurs luttes sur une perspective internationaliste et de rompre avec la perspective réformiste développée au tournant du siècle par le mouvement des Fabiens britanniques et autrefois défendue par le Parti travailliste et des partis similaires partout à travers le monde.

En revanche, les groupes de la pseudo-gauche décrivent le socialisme comme le résultat d'un processus graduel de réformes qui seraient mises en œuvre par le biais du Parlement écossais. Comme l'avait écrit le Parti de l’égalité socialiste (SEP), ils n'examinent jamais «les raisons de l'échec de ces organisations et de leur transformation en agents ouverts du capitalisme mondial. Ils ne cherchent pas non plus à expliquer l'effondrement de l'Union soviétique, l'exemple le plus flagrant des conséquences tragiques d'une répudiation de l'internationalisme socialiste, incarné dans la perspective stalinienne du "socialisme dans un seul pays" ». Ils ne s'occupent pas non plus de l'amère l'expérience des travailleurs des mouvements séparatistes du monde entier, comme dans l'ex-Yougoslavie.»

Le SEP a expliqué: «Aujourd'hui, l'économie mondiale prédomine sur toutes les économies nationales. D'énormes sociétés transnationales transfèrent la production partout où elles peuvent réaliser un taux de rendement plus élevé sur leur capital. Pour attirer les investissements étrangers et rester compétitifs sur le marché mondial, chaque pays, et même les régions concurrentes à l'intérieur des pays, est engagé dans une course effrénée pour démolir les prestations sociales et réduire le niveau de vie des travailleurs. Le mouvement pour l'indépendance écossaise trouve ses sources dans ces développements.»

Sur la base de sa perspective internationaliste et révolutionnaire, le SEP a appelé les travailleurs à voter «non» lors du référendum du 18 septembre 2014 sur l'indépendance de l'Écosse. Nous avons insisté pour dire: «L'unité et l'indépendance de la classe ouvrière sont le critère par rapport auquel tout parti politique et toute initiative politique doivent être jugés. Cela est essentiel dans des conditions où la planète est souillée par le poison nationaliste.

«L'Écosse n'est pas une nation opprimée, mais fait partie d'un État impérialiste. Son élite dirigeante a commis d'innombrables crimes et a participé à l'exploitation brutale de millions de personnes dans le monde. Agiter la Croix de Saint André devant les gens est censé masquer le fait fondamental que les travailleurs en Écosse ne sont pas opprimés en raison de leur nationalité, mais en raison de leur position de classe dans la société capitaliste. C'est tout aussi réactionnaire que l'agitation du drapeau de l'Union par leurs adversaires […]

«Le plaidoyer pour l'indépendance écossaise est une réponse réactionnaire à la faillite du système des États-nations, qui ne correspond plus à l'organisation mondiale de la vie économique. Au siècle dernier, cette contradiction fondamentale a donné lieu à deux des guerres les plus dévastatrices de l'histoire humaine quand les principales puissances capitalistes se battaient pour l'hégémonie mondiale. Aujourd'hui, avec l'avènement de la production mondialisée, dans laquelle l'économie de chaque pays est intégrée dans un ensemble plus vaste dominé par d'énormes sociétés et banques transnationales, les antagonismes inter-impérialistes et nationaux ont atteint un nouveau pic d'intensité.»

Le SEP a insisté pour dire que: «La seule réponse progressiste à la crise du système des États-nations est de mettre fin à toutes les divisions nationales en adoptant la perspective de l'internationalisme socialiste […] Le SEP est pour le renversement de l'impérialisme britannique et de son appareil étatique, et non pour un règlement négocié pour établir un nouvel État répressif.

«Le SEP appelle à la création d'un gouvernement ouvrier engagé dans les politiques socialistes. Nous défendons la formation des États socialistes unis d'Europe, et non le découpage du continent, à la manière des Balkans, dirigé par des élites régionales rapaces qui se serviraient d'un vote "oui" en Écosse comme feu vert pour leurs propres objectifs séparatistes.»

Au cours de cette campagne, nous avons noté que Colin Fox du SSP avait explicité cette politique anti-classe ouvrière et anti-socialiste du nationalisme écossais, lorsqu'il a déclaré: «[L]argument de gauche traditionnel selon lequel l'indépendance écossaise saperait l'unité de la classe ouvrière britannique [est] pour nous, une formulation dépassée.»

Nous avons répliqué que «si l'identité nationale l'emporte sur l'unité de classe en Grande-Bretagne, alors elle l'emporte partout […] C'est une recette pour une politique réactionnaire de A à Z», mettant en garde une fois de plus que, «Personne ne devrait oublier l'expérience tragique de la Yougoslavie, dont l'éclatement dans les années 1990 a déclenché une décennie de guerres civiles sanglantes et un effondrement catastrophique du niveau de vie.»

Cela reste un prescient avertissement.

Les groupes de la pseudo-gauche sont tellement séduits par les récompenses possibles pour eux-mêmes - les postes au sein du gouvernement central et des municipalités, des syndicats, des universités et diverses institutions culturelles écossaises - et si hostiles à toute forme de lutte politique indépendante de la classe ouvrière qu'ils apparaissent aveugle aux implications réactionnaires des politiques qu'ils préconisent.

Tous saluent le nationalisme catalan, car c'est aussi le nationalisme d'une région relativement prospère qui recherche un meilleur contrôle des recettes fiscales.

Ils le font sans aucune référence à la manière dont le nationalisme est utilisé pour cautionner un renforcement majeur de l'appareil d'État contre toute la classe ouvrière espagnole. Le Parti socialiste d'Écosse (SPS), qui poursuit ses relations avec le Parti socialiste d'Angleterre et du Pays de Galles dont le SSP s'est séparé, s'est engagé à exiger «que le gouvernement écossais organise le référendum au mépris de Johnson et des conservateurs».

L'ancien ambassadeur britannique devenu défenseur du SNP, Craig Murray, va plus loin encore, exigeant: «Nous organisons un référendum […] Lorsque nous gagnons, nous déclarons l'indépendance. C'est tout. S'ils veulent répéter l'invasion yougoslave de la Slovénie en 1992, nous les combattrons comme les Slovènes.»

Les élections générales ont clairement montré que le Parti travailliste ne s'est jamais vraiment remis de sa longue histoire de trahisons et de l'effondrement de sa perspective réformiste nationale, non seulement en Écosse mais partout au Royaume-Uni. Le faux «gauchisme» de Corbyn ne pouvait pas cacher longtemps son refus de mener une quelconque lutte contre la droite blairiste de son parti et son adaptation à toutes ses exigences politiques.

Pourtant, partout résonne l'appel de la pseudo-gauche de se tourner brusquement vers le nationalisme - en Angleterre également, où les mêmes partis qui défendent l'indépendance de l'Écosse et l'adhésion à l'UE insistent pour qu'une politique de «Brexit de gauche» et l'adoption du «patriotisme progressiste», désormais défendus par la gauche proche de Corbyn, soient la voie à suivre.

Les ouvriers qu'ils soient écossais ou anglais n'ont rien en commun avec ceux qui préconisent une reconstitution contemporaine de la bataille de Bannockburn [pour l’indépendance en 1314]. Ils doivent au lieu de cela mener une lutte de classe unie, pour le socialisme et contre la bourgeoisie, quel que soit le drapeau qu'elle brandit, et construire la direction internationaliste nécessaire pour le faire.

(Article paru en anglais le 23 janvier 2020)