Un élu républicain du Montana demande que les socialistes soient fusillés

Par Bryan Dyne
7 février 2020

Un élu républicain du Montana, Rodney Garcia, a demandé qu’on fusille les socialistes. Il a fait sa déclaration dans la ville d’Helena le 31 janvier lors de la réunion de lancement des campagnes électorales républicaines de l’État.

Lorsqu’un journaliste de la Billings Gazette lui a demandé samedi de clarifier ses propos, Garcia a doublé la mise. Il a affirmé: «Donc, en fait, dans la Constitution des États-Unis si on trouve quelqu’un coupable d’être un membre des socialistes, soit on le met en prison, soit on le fusille». Il a poursuivi: «Ce sont des ennemis de l’État libre. Que faisons-nous de nos ennemis en temps de guerre? – au Vietnam (en Afghanistan), tous ces pays-là – qu’avons-nous fait?»

Montana State Representative Rodney Garcia, Republican

Bien que Garcia n’ait nommé personne en particulier, sa diatribe était sans doute en partie dirigée contre Amelia Marquez, membre des Democratic Socialists of America(DSA) qui fut son adversaire aux élections de 2018 dans le district 52 de la ville de Billings. Marquez n’a fait aucune mention des commentaires de Garcia sur sa page Facebook de candidat officiel. Contactés par le WSWS pour savoir s’ils craignaient les violences incitées par Garcia contre leur ancien candidat, Marquez, le DSA, et le Parti démocrate du Montana n’ont pas répondu.

Les menaces de violence de Garcia s’inscrivent dans le contexte des attaques croissantes des politiciens républicains contre les socialistes. La représentante de New York, Elise Stefanik, a récemment attaqué les démocrates de son État en les qualifiant d’«extrême gauche» pour leur «programme horrible et dangereux». La sénatrice de l’Iowa Joni Ernst a claironné lors de sa première réunion de campagne électorale que l’Amérique est «attaquée» par la «gauche radicale» qui répand le «socialisme… d’un océan à l’autre». De leur côté, les républicains du Montana mettent en garde sur leur site web contre une «prise de pouvoir» par les libéraux qui «feront de l’Amérique une nation socialiste».

C’est le président Donald Trump qui a le mieux exprimé ces sentiments, en dénonçant régulièrement le socialisme dans ses rassemblements de sa campagne. Il a inclus une telle diatribe dans son discours sur «l’état de l’Union» l’année dernière et à nouveau mardi soir. Trump a participé à un rassemblement de la campagne républicaine à Billings en septembre 2018. Là, il a lancé ses appels habituels à l’ultra-droite sur l’immigration, le droit aux armes et l’avortement, entre autres questions. En même temps, il a soutenu à la fois des candidats à l’échelle de l’État comme Matt Rosendale, qui s’est fait battre par le sénateur démocrate sortant Jon Tester, et des candidats locaux comme Garcia.

Trump a également tweeté des soutiens à de nombreux rassemblements de droite, notamment le rassemblement pour le droit aux armes qui s’est tenu à Richmond, en Virginie, en janvier, et la marche fasciste de Charlottesville en 2017. Après qu’un néonazi a assassiné une contre-manifestante antifasciste, Heather Heyer, lors de la manifestation de Charlottesville, Trump a déclaré que les marcheurs d’extrême droite étaient «des gens très bien».

La direction du Parti républicain du Montana a répondu aux remarques de Garcia en demandant sa démission. La direction du parti au niveau de l’État a écrit une lettre signée par le président de la Chambre, Greg Hertz, le président «Pro Tempore» (de remplacement), E. Wylie Galt, et le chef de la majorité à la Chambre, Brad Tschida. La lettre affirme: «Vos actions ont sapé irrémédiablement l’organe dans lequel vous servez, et ont brisé irrévocablement la confiance de ceux qui vous ont élu pour les représenter».

C’est-à-dire qu’ils ne se préoccupent pas tant de ce qui a été dit, mais de la façon dont ce sera perçu par les électeurs de la classe ouvrière lors des prochaines élections. Leur indifférence est soulignée par le fait qu’il n’y aura pas d’action formelle contre Garcia pour incitation à la violence contre les opposants politiques. Hertz a affirmé qu’il en coûterait 50.000 dollars pour convoquer une session spéciale de la législature du Montana afin de sanctionner le représentant fasciste. Les républicains du Montana n’ont pas non plus répondu à une question du WSWS qui leur demandait pourquoi ils condamnaient les remarques de Garcia et non les appels à la violence similaires lancés par Trump.

Garcia, 64 ans, était auparavant représentant de l’État en 1985-87 avant de travailler dans les champs pétrolifères du Montana. Garcia a cité la réduction des emplois dans la formation Bakken comme l’une des principales raisons de la diminution des recettes fiscales de l’État. Il s’est présenté en 2014 et 2016 à différents sièges de Billings et se présente à nouveau actuellement comme sénateur de l’État, utilisant sa campagne électorale pour légitimer ses menaces de violence. Garcia a déclaré à l’Associated Press: «Je vais me présenter au Sénat et je vais gagner. Les gens vont devoir se rétracter».

Lors des cycles électoraux précédents, il fut contraint de rembourser une contribution illégale de 3.000 dollars à sa campagne. Il s’est fait largement critiquer pour avoir accusé les services de protection de l’enfance de l’État de kidnapper des enfants. Il a également tenté de faire en sorte que l’État du Montana recueille 500 millions de dollars pour acheter la vieille centrale électrique Colstrip, qui compte quatre unités de production de charbon. C’était probable qu’elle serait ensuite vendue à NorthWestern Energy, qui voulait réduire le coût de la centrale de 300 millions de dollars. Il s’est également fait arrêter et condamner pour une dispute conjugale qui impliquait son ex-femme.