La pandémie de COVID-19 dépasse les 10 millions de cas et 500.000 décès dans le monde

Par Benjamin Mateus
30 juin 2020

Au cours du week-end, le nombre de cas de COVID-19 a dépassé la barre des 10 millions alors que la pandémie s’est accélérée en Amérique du Nord et du Sud, dans le sous-continent indien, au Moyen-Orient et en Afrique du Sud. Au moment où nous écrivons ces lignes, le «Worldometer coronavirus tracker» (https://www.worldometers.info/coronavirus/) avait enregistré 10.196.711 cas.

Autre étape sombre, le nombre de décès dus à la COVID-19 a dépassé les 500.000 dans le monde, pour atteindre 503.149. Le nombre de cas graves et critiques a également recommencé à augmenter.

Samedi, les États-Unis ont enregistré un record d’une journée avec 47.341 nouveaux cas de COVID-19, alimenté par la «réouverture» imprudente et prématurée du pays. Le Brésil a également enregistré un autre nombre important de 46.907 cas COVID-19 en une journée, ce qui porte le nombre total de nouveaux cas à près de 200.000. En outre, le nombre de décès au niveau international augmente lentement depuis le 27 mai.

Un camion livre des cercueils à un magasin de pompes funèbres à Santiago au Chili. (AP Photo/Esteban Felix)

De l’avis général, la plupart des pays européens se sont mieux tirés d’affaire grâce à une levée plus mesurée des confinements. Cela parait avoir réduit fortement le nombre de cas. Quant aux décès, cela les a ramenés à des nombres à un seul chiffre, à l’exception du Royaume-Uni et de la Russie, qui ont enregistré respectivement 100 et 188 décès dimanche.

Cependant, le 25 juin, Hans Henri Kluge, le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Europe, a indiqué que l’Europe avait connu une augmentation des cas hebdomadaires pour la première fois depuis des mois. «Trente pays et territoires ont vu augmenter le nombre de nouveaux cas cumulés au cours des deux dernières semaines», a-t-il déclaré. «Dans 11 d’entre eux, l’accélération de la transmission a entraîné une résurgence très importante qui, si elle n’est pas maîtrisée, poussera les systèmes de santé à la limite une fois de plus en Europe».

L’Amérique du Sud, avec 2,1 millions de cas, a enregistré 52.943 nouveaux cas de COVID-19 et 2.664 décès. Le Brésil reste l’épicentre de la pandémie, avec 35.887 nouveaux cas dimanche et 994 décès.

Actuellement, seuls les patients des hôpitaux peuvent y être testés, ce qui rend le nombre de tests par habitant extrêmement faible. Lors d’une réunion d’information du ministère de la Santé ce week-end, les fonctionnaires ont indiqué que des plans étaient en cours d’élaboration pour acquérir 46,5 millions de tests d’ici la fin de l’année. En deux semaines seulement, les cas de COVID-19 sont passés de 867.000 à 1.344.000, soit une augmentation de près d’un demi-million.

Avec son taux brut de mortalité élevé de 12,4 pour cent, le Mexique continue d’accélérer le nombre de cas et le nombre de décès continue de grimper. Il y a maintenant plus de 213.000 cas et plus de 26.000 décès.

Les épidémiologistes de la ville de Mexico, l’épicentre de l’épidémie au Mexique, ont noté que fin avril, le virus s’est rapidement propagé par les étals du Central de Abasto. À cet endroit, 350.000 personnes viennent chaque jour pour faire des achats ou manger. Ce marché, de la taille de plus de 600 terrains de football, qui emploie plus de 90.000 personnes, ne peut être fermé, car il fournit la majorité des aliments frais à cette ville de 22 millions d’habitants, selon le Wall Street Journal. La ville de Mexico, avec le soutien du maire de la ville, a pris des mesures énergiques pour tester, isoler et rechercher les contacts.

Un membre du personnel médical traite un patient souffrant de la maladie à coronavirus (COVID-19) dans l’unité de soins intensifs (ICU), à l’hôpital Scripps Mercy de Chula Vista

Toutefois, le succès rencontré par le marché n’a pas été imité dans le reste du pays. Par contre, le président, Andrés Manuel López Obrador (AMLO) a exclu une initiative de santé publique agressive et a plutôt permis la réouverture d’entreprises. Comme Trump et le président brésilien Jair Bolsonaro, il a choisi de minimiser les dangers que représente le virus et a refusé de porter un masque en public. AMLO prévoit de se rendre début juillet à Washington pour rencontrer Trump et lancer le nouvel accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada.

La réponse officielle à la pandémie aux États-Unis, menée par Trump, mais soutenue en tout point par les démocrates, a produit une catastrophe. Avec un total de 2.631.758 cas et 128.412 décès, la courbe des cas quotidiens est pire qu’à la fin mars et début avril, et la pandémie s’étend maintenant sur une zone géographique beaucoup plus vaste.

Seuls deux États ont fait état d’une baisse ce week-end: le Connecticut et le Rhode Island. Trente-six États voient le nombre de cas augmenter.

Au dire de tous, la Floride est le nouvel épicentre des États-Unis, avec 9.585 cas enregistrés samedi, un record en une journée. L’Arizona, le Texas, la Géorgie, la Californie, la Louisiane et la Caroline du Sud ont tous enregistré plus de 1.000 cas de COVID-19. Les unités de soins intensifs (USI) de l’Arizona sont à pleine capacité, et les prestataires de soins de santé témoignent que l’infrastructure atteint un point de rupture.

Une infirmière de l’Arizona a publié sur Facebook: «Je ne pense pas qu’un changement où les gens ne meurent pas existe. C’est horrible. Les infirmières sont tout simplement insensibilisées. Je n’ai jamais vu autant de gens mourir». D’autres messages indiquent que les hôpitaux construisent des extensions de leurs unités de soins intensifs en déplaçant les patients dans les étages de récupération postopératoire ou de télémétrie. Les pénuries de personnel et de matériel abondent.

Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, un initié de Trump, est accusé de «falsifier les livres» pour cacher la véritable ampleur de l’épidémie dans l’État. «Ces données indiquent clairement que nous avons un problème», a déclaré la Dr Mary Jo Trepka, professeure et directrice du département d’épidémiologie du Collège de santé publique Robert Stempel de l’Université internationale de Floride. «Les données sur les tests, les symptômes, les hospitalisations, tout a clairement augmenté.»

Les hôpitaux de Houston ont indiqué que leur capacité de base en matière d’unités de soins intensifs a été atteinte pour la première fois depuis le début de la pandémie. Bien que plusieurs PDG d’hôpitaux aient appelé au calme, ils ont envoyé une lettre aux Houstoniens mercredi, les avertissant que «si cette tendance se poursuit, la capacité de notre système hospitalier sera dépassée». Vendredi, la région de Houston comptait 37.173 cas. La juge Lina Hidalgo, du comté de Harris, qui s’est mise en quarantaine après avoir été exposée à une personne atteinte de COVID-19, demande au gouverneur Greg Abbott d’émettre une nouvelle ordonnance de maintien à domicile.

Vendredi, le vice-président Mike Pence et le groupe de travail de la Maison-Blanche sur le coronavirus ont tenu leur premier point de presse depuis deux mois. Pence a fait l’éloge de la réponse de Trump à la pandémie et a donné une image surréaliste d’un pays qui fait des progrès remarquables dans la lutte contre le virus, ayant «aplati la courbe». Il a simplement ignoré le fait que les États-Unis battaient des records de nouveaux cas presque chaque jour et que dans plusieurs États, l’augmentation quotidienne moyenne des infections avait augmenté de 80 à 90 pour cent par rapport aux chiffres d’il y a deux semaines.

Un journaliste a accusé le gouvernement d’avoir défié les recommandations des responsables de la santé en organisant des rassemblements politiques qui mettaient en danger les vies des participants. En réponse, Pence a déclaré: «Je tiens à vous rappeler que la liberté d’expression et le droit de se réunir pacifiquement sont inscrits dans la Constitution des États-Unis. Même en cas de crise sanitaire, le peuple américain ne perd pas ses droits».

C’est un peu fort venant du deuxième plus haut fonctionnaire d’un gouvernement qui, il y a moins d’un mois, a cherché à déchaîner l’armée américaine pour écraser les protestations pacifiques contre la brutalité policière et imposer la loi martiale et qui continue à brandir la menace de telles actions.

Dimanche, lors d’une interview accordée à l’émission «Face the Nation», Pence a poursuivi son évaluation élogieuse en déclarant: «Le peuple américain devrait savoir que grâce au leadership du président Trump, grâce à l’extraordinaire innovation que nous avons apportée à cette tâche, nous sommes en bien meilleure position pour répondre à ces épidémies qu’il y a quatre mois».

Quelques minutes avant la diffusion de l’interview de Pence, le secrétaire d’État à la santé et aux services sociaux, Alex Azar, a affirmé sur CNN que la «fenêtre se referme» pour que les États-Unis puissent contrôler la pandémie. Cependant, il a attribué la responsabilité du désastre sanitaire au peuple américain, qui ne tenait pas compte des directives de distanciation sociale. Il a ignoré le fait que le comportement imprudent et troublant de certaines parties de la population était encouragé par le président.

En dehors de critiquer sèchement le président Trump, la réponse des démocrates à la pandémie évite soigneusement toute critique de la campagne de retour au travail elle-même, qu’ils soutiennent. Ils ont, en outre, été largement silencieux sur le nombre massif de travailleurs infectés dans les usines de conditionnement de la viande; les centres de distribution d’Amazon; les usines automobiles; les dépôts de transit d’autobus; les hôpitaux; les maisons de retraite; et autres lieux de travail où aucune mesure sérieuse n’a été prise pour les protéger du virus.

L’ancien vice-président Joe Biden, le candidat démocrate à la présidence, a prononcé un discours la semaine dernière à Lancaster, en Pennsylvanie, dans lequel il a mis l’accent sur le fait que me gouvernement Trump a déposé une plainte auprès de la Cour suprême des États-Unis pour abolir Obamacare. Il n’a rien dit sur la campagne de retour au travail ou le renflouement de Wall Street et n’a mentionné aucune politique pour stopper la pandémie ou faire face à la catastrophe sociale qui a entraîné la perte de quelque 45 millions d’emplois.

Interviewée dimanche dans l’émission «Cette semaine» sur ABC, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a commencé son intervention en saluant la réouverture de «notre économie». Sa principale critique de Trump était de ne pas avoir fourni suffisamment de tests de dépistage du virus.

(Article paru en anglais le 29 juin 2020)

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