La révélation des mensonges de Trump sur le COVID-19 implique aussi le parti espagnol Podemos

La révélation que le président américain Donald Trump a délibérément induit le public en erreur sur la gravité de la pandémie de COVID-19 démasque également le parti «populiste de gauche» Podemos en Espagne. Podemos est au gouvernement avec le parti social-démocrate espagnol (PSOE) et avait accès au même type d’informations que Trump. Tout comme lui, ils ont publié des déclarations trompeuses minimisant les risques posés par la pandémie.

Ceci est une mise en garde contre les partis «populistes de gauche» et les politiciens alliés à Podemos au niveau international, tel que Bernie Sanders, Jean-Luc Mélenchon de La France Insoumise, Katja Kipping de Die Linke en Allemagne et Syriza en Grèce. Issus de la classe moyenne aisée et basés sur la politique identitaire de la race et du genre, ces partis mentent et adoptent des politiques meurtrières sur des questions de vie ou de mort pour la classe ouvrière.

La semaine dernière, le célèbre journaliste Bob Woodward a révélé que le 28 janvier, les services secrets américains ont déclaré à Trump que la pandémie était «la plus grande menace pour la sécurité nationale à laquelle vous êtes confronté dans votre présidence». Le 7 février, Trump a déclaré à Woodward que le président chinois Xi Jinping l’avait mis en garde contre le COVID-19: «C’est un truc mortel. C’est aussi plus mortel que… même une grippe virulente… c’est 5 pour cent [taux de mortalité] contre 1 pour cent voire moins de 1 pour cent.» Trump a ajouté: «Ça circule dans l’air, Bob. C’est toujours plus difficile qu’avec le toucher.»

Un autre homme politique qui a sans aucun doute reçu de tels avertissements est le leader du Podemos, Pablo Iglesias. Il est vice-premier ministre du gouvernement espagnol du PSOE-Podemos. Depuis février, il siège à la Commission du renseignement. Cette commission dirige, supervise et contrôle les activités du Centro Nacional de Inteligencia (Centre national de renseignement — CNI). Elle travaille en étroite collaboration avec la CIA et d’autres services de renseignement de l’OTAN, le CNI évalue les questions identifiées comme des menaces majeures pour la sécurité nationale espagnole, notamment les pandémies.

Le chef du parti Podemos, Pablo Iglesias, s’exprime alors que le Premier ministre espagnol par intérim, Pedro Sanchez, veille à la signature d’un accord au Parlement à Madrid, le mardi 12 novembre 2019. (AP Photo/Paul White)

Mais Iglesias a gardé le silence alors que Trump, les hauts responsables du gouvernement PSOE-Podemos et l’ensemble de l’establishment européen ont minimisé l’importance de COVID-19, encourageant le public à agir comme si de rien n’était au fur et à mesure de la propagation du virus.

Les experts des activités du CNI ont déjà souligné que le CNI et ses superviseurs étaient bien conscients de ce qui se passait. En juin, Fernando Rueda, une autorité de premier plan dans le domaine du renseignement espagnol, a déclaré à la radio que le rôle du CNI durant la pandémie avait été «très important». La tâche du CNI, a-t-il dit, «est d’informer le gouvernement de tout ce qui peut l’intéresser afin de prendre les décisions appropriées».

Rueda a déclaré que le CNI disposait d’informations détaillées sur le COVID-19 depuis janvier, grâce à ses partenaires américains. «Si les États-Unis avaient des informations au début de l’année et que la CIA avait informé le président que ce qui se passait en Chine était plus grave que ce qui était dit, il est logique de penser que la CIA aurait également informé d’autres services secrets que la Chine ne disait pas la vérité sur l’expansion du coronavirus».

Les rapports de Woodward ont toutefois montré par la suite que la Chine avait informé Trump très précisément. Ce sont Washington et les pays de l’UE qui ont minimisé l’importance de COVID-19.

Rueda a ensuite déclaré, de manière significative, qu’«avoir des informations ne signifie pas que vous agissiez… Bien que les services secrets doivent avertir de tout danger qui pourrait affecter la sécurité nationale, les gouvernements les ignorent parfois. La CIA a averti en janvier du danger que le coronavirus pouvait causer et Trump a ignoré leurs recommandations».

D’autres informations suggèrent que le CNI a informé directement le gouvernement espagnol à la fin du mois de janvier. Selon le site d’information de droite OkDiario, il a transmis au gouvernement espagnol les «préoccupations» soulevées par le chef de la délégation du CNI en Chine après l’apparition du virus en décembre 2019 à Wuhan.

Cette information est basée sur les contacts que la déléguée du CNI en Chine, Beatriz Méndez de Vigo, a eus avec des sources de renseignement du ministère de la Sécurité d’État (MSS) qui supervise les services de renseignement chinois. Les notes de Mendez de Vigo depuis Pékin, rédigées à la mi-janvier 2020, soulignaient une «alerte» émise par un groupe de médecins de l’hôpital central de Wuhan, dirigé par le Dr Ai Fen.

Ainsi, en janvier, le gouvernement espagnol, et en février, Iglesias, ont eu accès à des rapports sur la gravité de la maladie, sa capacité à se propager, et la nécessité du confinement pour la contenir.

L’Organisation mondiale de la santé [OMS] a rendu publiques ces informations dans son avis du 30 janvier déclarant que la pandémie était «une crise sanitaire de portée internationale». Fait significatif, l’OMS a averti dans cette note qu’il était encore possible de prévenir la propagation du virus si les pays mettaient en place des mesures fortes pour détecter la maladie, isoler et traiter les cas, retracer les contacts et promouvoir des mesures de distanciation sociale.

Pourtant, Madrid et d’autres gouvernements de l’UE ont refusé de prendre ces mesures. À l’époque, Podemos se concentrait sur son projet de loi sur la liberté sexuelle, qui visait à définir tous les rapports sexuels non consensuels comme des viols et à créer des tribunaux spéciaux pour traiter les infractions sexuelles. Le virus a continué à se propager et, le 24 février, l’Espagne a détecté ses premiers cas de COVID-19.

Les premiers cas n’ont pas changé le cours du gouvernement PSOE-Podemos. Le 4 mars, dix jours seulement avant que l’Espagne ne mette en place un état d’alerte et de confinement à l’échelle nationale, le Conseil national de sécurité espagnol a minimisé la menace posée par le virus.

Malgré les avis de l’OMS, les avertissements du CNI et le fait que le virus s’était déjà propagé en Espagne (les écoles italiennes étaient déjà fermées), le Conseil a approuvé un rapport qui place une pandémie parmi les 15 scénarios de risque les moins probables envisagés par la stratégie de sécurité nationale espagnole. Le seul scénario jugé moins probable est celui de la prolifération des armes de destruction massive. Iglesias a participé à cette réunion.

Les déclarations officielles ont banalisé cet acte de négligence criminelle en le qualifiant d’erreur bureaucratique. El País affirmait que «la majeure partie du document avait été rédigé des mois auparavant» et a écarté l’événement comme «soulignant la prévoyance limitée des experts».

Le 5 mars, le lendemain du jour où le Conseil a minimisé le virus, la ministre du Travail de Podemos, Yolanda Díaz, a évalué le risque de manière très différente. Son ministère a envoyé un guide aux entreprises qui avertissait que l’activité professionnelle devait cesser si un danger «grave, imminent et inévitable» existait d’infection par le COVID-19, soulignant que l’interprétation du risque devait être «restrictive».

Cela a immédiatement provoqué une tempête de dénonciations. Les associations de grandes entreprises CEOE et CEPYME ont dénoncé le guide de Díaz comme une «grave erreur». Un responsable de la CEOE a déclaré: «Soyons réalistes. Que faisons-nous? Le travailleur évalue qu’il a beaucoup toussé? Et si l’employeur dit non, qu’il n’a toussé que trois fois? Soyons sérieux».

Le gouvernement a reproché à Díaz de ne pas avoir coordonné sa réponse avec le ministère de la santé; le secrétaire à la Communication a qualifié sa réponse de «grave erreur».

Díaz a rapidement fait marche arrière, rédigeant une déclaration avec le bureau du Premier ministre acceptant que seul le ministère de la Santé était autorisé à envoyer des informations sur le COVID-19. Iglesias est intervenu pour faire l’éloge de Díaz et du «grand travail qu’elle fait». Il n’a fait référence ni au guide ni au COVID-19.

Alors que le virus se propageait, Podemos a continué à le minimiser. Il a appelé plutôt à une participation massive à la prochaine marche féministe pour la Journée internationale de la femme, le 8 mars. À cette date, on comptait déjà 17 décès confirmés et près de 600 infections enregistrées. Contre l’avis de l’OMS, le gouvernement a laissé la manifestation se dérouler avec 120.000 personnes présentes, dont les ministres du PSOE et de Podemos.

Un changement brusque a suivi cette manifestation. Le 10 mars, le gouvernement PSOE-Podemos a adopté des mesures limitées contre le COVID-19, comme l’interdiction de manifestations sportives et de vols vers l’Italie — alors le pays européen le plus touché par la pandémie. Le 13 mars, le Premier ministre Pedro Sánchez a soudainement annoncé un verrouillage national, alors que les grèves industrielles se répandaient depuis l’Italie dans toute l’Europe.

La conspiration de Podemos contre les travailleurs et les jeunes se poursuit à ce jour, même alors que près de 50.000 personnes sont mortes en Espagne et plus de 930.000 dans le monde. Au lieu d’utiliser le temps accordé par le confinement pour tester la population et préparer les traceurs de contact pour contenir une nouvelle flambée du virus, le gouvernement espagnol a voulu avant tout forcer les travailleurs à reprendre le travail pour produire des profits après que des milliards d’euros de fonds de renflouement de l’UE ont été distribués aux banques et aux grandes sociétés. Aujourd’hui, les hôpitaux sont à nouveau au bord du gouffre du au manque de personnel et les maisons de retraite connaissent des infections en masse.

Le gouvernement PSOE-Podemos renvoie des millions d’enfants et d’étudiants à l’école, conscient que cela va mener au désastre. La ministre de l’Éducation, Isabel Celaá, a rapporté que la ministre de l’Égalité, Irene Montero, membre de Podemos, lui a dit en privé que sans un protocole général, le retour à l’école serait «chaotique».

En fait, le retour à l’école est un acte politiquement criminel qui accélérera massivement la résurgence du virus. La Première ministre régionale de droite de Madrid, Isabel Ayuso, a déclaré sans ambages, «il est probable que pratiquement tous les enfants, d’une manière ou d’une autre, se trouveront infectés par le coronavirus.» Podemos contribue à la mise en œuvre de cette politique d’immunité collective. Il porte l’entière responsabilité des dizaines de milliers d’infections déjà enregistrées dans la résurgence actuelle du COVID-19 et de la vague de décès qui s’ensuivra.

(Article paru d’abord en anglais le 15 septembre 2020)

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