Seule une stratégie d’élimination de la COVID-19 peut protéger les éducateurs, les étudiants et leurs familles du tsunami Omicron!

Le Canada, comme tous les pays d’Amérique du Nord et d’Europe, est menacé par un tsunami d’infections et de décès dus à la COVID-19, alimenté par le variant Omicron, dans les jours et les semaines à venir. L’Organisation mondiale de la santé et d’éminents scientifiques du monde entier avertissent qu’Omicron est de loin le variant le plus infectieux de la COVID-19 à ce jour, qu’il échappe au moins partiellement à l’immunité conférée par les vaccins et qu’il menace de submerger des systèmes de soins de santé déjà mis à mal. Selon les modélisations, les infections quotidiennes au Canada pourraient être multipliées par huit en un mois seulement.

Des enseignants de l’école secondaire Westmount de Montréal ont manifesté contre la décision téméraire du gouvernement du Québec de rouvrir les écoles lors de la 2e vague pandémique de janvier dernier. (Photo: Robert Green)

Dans ces conditions désastreuses, le Comité de sécurité pancanadien du personnel scolaire de la base (CSPPB) exige la mise en œuvre immédiate d’une politique «Zéro COVID». La seule façon de prévenir les niveaux horribles d’infection et de décès menacés par Omicron est l’adoption d’une stratégie d’élimination, qui exige l’arrêt immédiat de tout apprentissage en personne et de toute production non essentielle, avec compensation intégrale pour tous les travailleurs jusqu’à ce que les nouveaux cas soient réduits à zéro.

L’imposition de cette stratégie, pour laquelle on doit lutter à l’échelle mondiale, exige la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière en opposition à la politique de priorité des profits des entreprises sur la protection de la vie humaine que l’élite capitaliste dirigeante du Canada, comme celle de presque tous les pays, mène.

La menace posée par Omicron

Les dernières données scientifiques suggèrent qu’Omicron se propage deux fois plus vite que le variant Delta. Les personnes doublement vaccinées pourraient n’avoir qu’une protection de 20 à 30 % contre l’infection par Omicron, ce qui souligne le fait que la vaccination complète contre la COVID-19 nécessite désormais trois doses. Les premières données en provenance d’Afrique du Sud et du Royaume-Uni montrent que les enfants sont particulièrement touchés par le nouveau variant. Fait profondément troublant, 67 enfants ont été hospitalisés en Grande-Bretagne en une seule journée cette semaine.

Poursuivre l’apprentissage en personne dans ces circonstances n’est rien de moins que criminel. Il s’agit d’une mise en danger consciente et téméraire de la santé, du bien-être et de la vie même des enfants, du personnel éducatif et de leurs proches. Mais c’est précisément ce que font les gouvernements à travers le Canada. Au Québec, où les infections ont grimpé en flèche au cours des dernières semaines et où 42 % des écoles sont actuellement touchées par une éclosion de COVID-19, le gouvernement de droite de la Coalition Avenir Québec a refusé catégoriquement de devancer les vacances de Noël, et encore moins d’adopter des mesures de sécurité adéquates pour protéger le personnel, les élèves et leurs familles contre l’infection.

En Ontario, où le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste en chef, a révélé que chaque cas d’Omicron entraîne actuellement l’infection de quatre à huit fois plus de personnes que chaque cas de Delta, le gouvernement Ford envisagerait de prolonger les vacances de Noël d’une ou plusieurs semaines.

Si cela s’avère vrai, ce sera parce que la politique déclarée du gouvernement de «normalisation» ou «d’apprendre à vivre avec le virus» a de nouveau conduit à un désastre; parce que l’afflux de cas de COVID-19 menace une fois de plus de submerger le système de santé et parce que l’élite dirigeante craint l’éruption de la colère de la classe ouvrière contre sa politique de pandémie «les profits avant la vie».

Même dans ce cas, les familles ouvrières ne recevront aucune aide de Ford ou du gouvernement libéral fédéral, qui a supprimé tous les programmes généraux d’aide en cas de pandémie. Les parents seraient laissés à eux-mêmes pour organiser la garde de leurs enfants et contraints de continuer à travailler afin de gonfler les profits des entreprises.

En d’autres termes, il s’agirait d’une autre mesure provisoire improvisée à la hâte, visant à poursuivre les politiques ratées consistant à laisser le virus devenir endémique et à ne compter que sur les vaccins pour limiter la propagation du virus.

Au cours des deux dernières années, les travailleurs ont enduré des vagues successives d’infections et de décès massifs, chaque nouvelle vague étant déclenchée par les décisions imprudentes des gouvernements de rouvrir prématurément les écoles et de lever les restrictions afin de préserver les profits des entreprises. Sans l’intervention de la classe ouvrière, ce processus se répétera et les conséquences seront catastrophiques.

La politique de pandémie meurtrière de la classe dirigeante

Les propriétés d’Omicron – son pouvoir infectieux sans précédent et sa capacité à échapper aux vaccins – représentent un grave problème médical, mais la principale raison de son impact dévastateur est politique. Ce nouveau variant peut être décrit à juste titre comme le produit de la politique pandémique homicide et imprudente de l’élite dirigeante, que le CSPPB et ses comités affiliés au niveau international n’ont cessé de condamner et de combattre depuis leur création.

Après les confinements temporaires initiaux du printemps 2020, qui n’ont été imposés qu’à la suite d’une vague de protestations indépendantes menées par les travailleurs à travers l’Amérique du Nord et l’Europe, les gouvernements de tous les pays ont abandonné tout effort sérieux pour contenir la propagation du virus. Ils se sont empressés de «rouvrir» l’économie, et ont renvoyé le personnel éducatif et les élèves dans des écoles surpeuplées et mal ventilées. Le gouvernement fédéral canadien s’est entêté à affirmer pendant près de deux ans que la COVID-19 se transmet principalement par des gouttelettes et non par les aérosols, de minuscules particules en suspension dans l’air. En conséquence, il a interdit aux enseignants, au personnel éducatif et aux autres travailleurs de porter des masques de haute qualité, au moins de la classe N95, qui peuvent prévenir la transmission. Ces mesures ont contribué à transformer les écoles en foyers de COVID-19.

Les responsables gouvernementaux répètent rituellement que la pandémie sera vaincue par la seule vaccination. Cependant, la politique consistant à laisser le virus se répandre dans la population lui donne l’occasion d’évoluer et de saper l’immunité générée par les vaccins.

L’émergence du variant Omicron a montré que l’establishment politique n’a pas l’intention de changer de cap. Au contraire, il redouble d’efforts dans sa réponse meurtrière à la pandémie. Au cours des trois semaines qui se sont écoulées depuis que l’OMS a déclaré qu’Omicron était un variant préoccupant, la plus haute classification pour une maladie infectieuse, le premier ministre Trudeau n’a pas fait une seule allocution publique à la population sur ce que son gouvernement a l’intention de faire pour arrêter la propagation d’Omicron. Ses dernières brèves remarques sur le sujet, confinées à une interview régulière de fin d’année, ont consisté à décrire le variant comme «effrayant» avant de déclarer que la population aura «un bien meilleur été» en 2022. Bien que la transmission communautaire d’Omicron soit déjà répandue au Canada, le gouvernement fédéral a limité sa réponse aux restrictions de voyage.

Le refus du gouvernement Trudeau et de tous ses homologues provinciaux, du régime du Parti conservateur uni de Jason Kenney en Alberta aux néo-démocrates de John Horgan en Colombie-Britannique, de prendre des mesures sérieuses pour arrêter le déchaînement d’Omicron est délibéré. Leur principale préoccupation est de préserver la richesse des actionnaires super riches et des grandes entreprises du Canada, qui exigent un flux ininterrompu de profits provenant de l’exploitation des travailleurs.

Les syndicats n’en sont pas moins complices en laissant Omicron se déchaîner à travers la population. Les syndicats de l’éducation étouffent toute opposition à la réouverture des écoles parmi les enseignants et le personnel de soutien, et maintiennent que les écoles doivent rester ouvertes même en cas de pic d’infection. Lorsque des débrayages et des protestations de la base ont eu lieu, les syndicats les ont sabotés et ont demandé aux enseignants de faire confiance aux commissions des relations de travail pro-employeurs. La Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario, l’un des plus grands syndicats de l’éducation au pays, n’a pas publié une seule déclaration depuis la détection de l’omicron pour expliquer son impact sur la sécurité au travail.

Les travailleurs doivent se battre pour une stratégie d’élimination

L’expérience de la Chine tout au long de la pandémie prouve que des mesures de santé publique de base peuvent contenir et éradiquer la COVID-19. Dans un pays qui compte plus de 1,4 milliard d’habitants, dont plusieurs villes de plus de 20 millions de résidents, une politique de «zéro COVID» a été menée avec succès. Seules trois personnes sont mortes de la COVID-19 en Chine depuis la suppression de la première vague d’infections en avril 2020, et seulement un peu plus de 100.000 personnes ont été infectées depuis le début de la pandémie. Ce résultat a été obtenu grâce au soutien massif d’une stratégie de santé publique globale comprenant des tests de masse, l’isolement des personnes infectées, la mise en quarantaine des contacts, la vaccination de masse et la fermeture des installations où se produisent les épidémies. Grâce à cette politique, la population a enduré beaucoup moins de restrictions de la vie publique que les travailleurs au Canada.

Les mesures adoptées en Chine ne sont pas socialistes, mais elles sont un anathème pour l’élite dirigeante du Canada et des autres puissances impérialistes occidentales. Elles ne peuvent tolérer, ne serait-ce qu’un seul jour, toute initiative de santé publique qui va à l’encontre du profit et des intérêts géostratégiques de l’impérialisme canadien. C’est pourquoi le Canada, dont la population est environ 40 fois inférieure à celle de la Chine, a officiellement enregistré plus de six fois plus de décès dus à la COVID-19 et plus de dix fois plus d’infections.

Le CSPPB exige l’arrêt de cette politique de meurtre social. Nous exhortons les travailleurs de l’éducation, les parents, les étudiants et les autres travailleurs de tout le pays à se joindre à notre lutte pour une stratégie d’élimination en créant des comités de sécurité de base sur leur lieu de travail ou dans leur quartier. Ces comités devraient appeler à la fermeture des écoles, des universités, des collèges et de toute production non essentielle, avec paiement des salaires complets aux travailleurs et aux familles jusqu’à ce que la pandémie soit maîtrisée. De vastes ressources doivent être mises à disposition pour fournir à chaque étudiant la technologie et l’environnement confortable nécessaires pour participer à l’apprentissage en ligne depuis son domicile. En outre, une expansion considérable des services sociaux et de santé est nécessaire pour aider les enfants, leurs familles et les travailleurs de l’éducation à faire face à l’impact dévastateur de la politique d’infection et de mort massive de l’élite dirigeante sur la santé mentale et le bien-être, et pour fournir des soins au nombre croissant de personnes touchées par la Covid longue.

Pour mobiliser les masses de travailleurs dans cette lutte à travers le monde, il est essentiel de démasquer la réponse criminelle de l’élite dirigeante à la pandémie et de présenter des mesures fondées sur la science pour combattre la COVID-19. Le CSPPB soutient donc sans réserve l’Enquête ouvrière mondiale établie par le World Socialist Web Site et l’Alliance ouvrière internationale des comités de base. L’enquête met à nu les intérêts sociaux, économiques et politiques qui se cachent derrière le programme «les profits avant la vie», fournit aux travailleurs une plate-forme pour faire connaître leurs propres expériences et explique les mesures scientifiques nécessaires pour mettre fin à la pandémie. Nous appelons tous les enseignants, le personnel de soutien, les parents, les étudiants et les professionnels de la santé à participer à l’enquête et à faire connaître largement ses conclusions.

(Article paru en anglais le 16 décembre 2021)

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