Une lettre ouverte à la classe ouvrière

En 2022, il faut en finir avec la pandémie et sauver des vies!

Protestation contre l’élimination par le gouvernement PCU de l’Alberta, l’été dernier, de pratiquement toutes les mesures de santé publique contre la COVID-19, ce qui a conduit à la quatrième vague pandémique dévastatrice de la province à l’automne 2021 (Facebook/Protect Our Province)

Chers frères et sœurs,

En ce début de nouvelle année, les travailleurs du Canada et du monde entier doivent décider d’agir collectivement pour mettre fin une fois pour toutes à la pandémie de COVID-19. 2022 ne doit pas être une autre année cauchemardesque d’infections, de maladies et de décès massifs!

La catastrophe sociale de ces deux dernières années est le résultat de la subordination criminelle de la santé publique à l’accumulation incessante des profits des sociétés et à la richesse privée des méga-millionnaires et des milliardaires.

En termes de coût en vies humaines, la pandémie se classe parmi les plus grandes tragédies de l’histoire du Canada. Au début de 2021, 15.600 Canadiens avaient déjà officiellement succombé au virus. Aujourd’hui, le chiffre officiel s’élève à 30.456, soit une augmentation de 14.856 décès depuis le début de 2021, malgré le déploiement de vaccins salvateurs.

En réalité, le nombre de décès est beaucoup plus élevé. Un rapport de la Société royale du Canada publié l’été dernier estime que le nombre réel de décès dus à la COVID-19 est le double du bilan officiel, soit plus de 60.000. Cet écart est avant tout dû au fait que les autorités n’ont pas enregistré les décès dus à la COVID-19 survenus à domicile, ainsi qu’à l’impact des retards de diagnostic et de traitement d’autres maladies en raison de systèmes de santé complètement submergés par les vagues successives d’infections massives.

En 2020, puis en 2021, des milliers de personnes âgées sont mortes dans des conditions horribles dans des établissements de soins de longue durée dans tout le pays. L’espérance de vie – l’indicateur le plus critique de la santépublique – a diminué de 0,4 an ou cinq mois au cours de la seule année 2020. Au Québec, la province où le nombre de décès dus à la pandémie et le nombre de décès dus à la COVID par habitant sont les plus élevés, l’espérance de vie a chuté de 0,84 an pour les femmes et de 0,8 an pour les hommes. Des baisses aussi marquées de l’espérance de vie n’ont pas été observées depuis la Seconde Guerre mondiale, lorsque la chute de l’espérance de vie avait été causée par la perte de nombreux jeunes hommes.

Le nombre de décès dus à la pandémie au Canada dépasse maintenant les 45.400 décès militaires estimés que le Canada a connus pendant les six années de la Seconde Guerre mondiale.

Officiellement, 2,35 millions de Canadiens ont été infectés par la COVID-19 depuis le début de la pandémie, mais le chiffre réel est beaucoup plus élevé en raison de l’insuffisance des tests et de la recherche des contacts. En plus du nombre croissant de décès, des centaines de milliers de personnes sont aux prises avec les effets de la COVID-19. Cette maladie peut affecter tous les organes du corps, persister pendant des décennies et laisser les personnes infectées avec de graves problèmes de santé physique et des lésions cérébrales encore plus graves que celles associées à l’empoisonnement au plomb.

Beaucoup d’entre vous qui lisez ces lignes ont un collègue de travail, un ami ou un membre de leur famille qui est mort de cet horrible virus. D’autres auront eux-mêmes été infectés et souffriront peut-être de la COVID longue.

Mais même après deux ans, il y a la perspective inquiétante que, en raison de la propagation rapide du variant Omicron et du potentiel d’émergence de variants encore plus résistants au vaccin, l’année à venir verra une catastrophe sanitaire encore plus grande que celles de 2020 et 2021. Au cours des deux dernières semaines, le Canada a battu un record après l’autre pour ce qui est des nouvelles infections quotidiennes à la COVID, avec 37.410 infections quotidiennes signalées rien que ce mercredi (5 janvier). L’Institute for Health Metrics and Evaluation, basé aux États-Unis, estime que 3 milliards de personnes pourraient être infectées par l’Omicron dans le monde au cours des trois prochains mois.

Dans un contexte où les systèmes hospitaliers provinciaux sont déjà mis à rude épreuve, les hospitalisations connaissent une nouvelle flambée dans tout le pays. La moyenne mobile sur sept jours des hospitalisations au Canada est actuellement de 3252, dont 566 personnes en soins intensifs au 5 janvier.

Au milieu de cette crise sans précédent, le marché boursier continue de grimper en flèche parce que le gouvernement libéral fédéral et les gouvernements provinciaux, qu’ils soient dirigés par des conservateurs, des néo-démocrates, des libéraux ou la Coalition Avenir Québec, refusent de prendre toute mesure qui pourrait nuire aux intérêts des entreprises.

La désinformation et les mensonges des autorités gouvernementales alimentent un sentiment de découragement, qui est ensuite utilisé pour promouvoir un défaitisme total face à la pandémie. Les médias bourgeois affirment maintenant que nous devons «vivre avec la COVID», qui, selon eux, deviendra inévitablement endémique. Mais qu’est-ce que cela signifie? Quel est l’objectif final de cette politique, et quand la souffrance et la mort inutiles de millions de personnes cesseront-elles?

En fait, avec les mesures appropriées, le virus peut encore être éliminé en l’espace de quelques mois seulement. En Chine, la stratégie «Zéro COVID» a conduit à l’élimination du virus en avril 2020, avec seulement deux décès enregistrés depuis mai 2020. Les méthodes utilisées en Chine sont bien connues et sont le fruit de plus d’un siècle d’expérience dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Les principes de la science et de la santé publique sont constamment ignorés et falsifiés pour imposer un récit justifiant la réouverture totale des entreprises et de l’économie, de manière à gonfler les bénéfices des sociétés et la fortune des investisseurs.

Les nouvelles directives publiées par les gouvernements provinciaux de l’Ontario et du Québec, qui réduisent les périodes de quarantaine et d’isolement de 10 à 5 jours, conformément aux Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, sont les dernières d’une série ininterrompue d’actions destructrices. Les gouvernements fédéral et provinciaux ont ouvertement déclaré que leur politique est de permettre à la COVID-19 de se propager indéfiniment.

L’insistance téméraire à maintenir les usines et autres lieux de travail ouverts, et à envoyer les enfants à l’école, va à l’encontre de tout ce qui a été appris dans la lutte contre les maladies infectieuses. Des siècles d’études scientifiques ont donné à l’humanité un arsenal de connaissances pour combattre les maladies. Ces connaissances ont été utilisées au XXe siècle, y compris au Canada, pour éliminer des maladies qui étaient autrefois des causes majeures de décès, notamment la polio, la variole, la rougeole, la malaria et la fièvre jaune.

La science moderne a démontré que la fermeture de tous les lieux de travail non essentiels et le passage à l’enseignement à distance pour toutes les écoles pendant une période de deux mois pouvaient rapidement maîtriser la transmission virale et jeter les bases de l’élimination complète de la COVID-19. Ces fermetures nécessaires doivent être accompagnées d’un soutien financier et social complet pour tous les travailleurs et les petits entrepreneurs touchés.

Les fermetures de deux mois doivent être combinées à la production et à la distribution coordonnées au niveau mondial de vaccins et de masques de haute qualité à tous les pays, ainsi qu’à l’utilisation de tests de masse, à la recherche des contacts, à l’isolement et au traitement sûrs des patients infectés, et à une expansion spectaculaire des infrastructures de soins de santé. Sur tous les lieux de travail et dans les hôpitaux, les travailleurs doivent avoir accès à des masques N95 ou de meilleure qualité, ainsi qu’à des systèmes de filtration et de ventilation modernes. Tous les voyages nationaux et internationaux non essentiels doivent cesser immédiatement pour permettre l’élimination du virus dans chaque pays.

La classe ouvrière doit prendre les choses en main. La lutte pour mettre fin à la pandémie doit être basée sur les principes suivants :

1. La politique actuelle d’«immunité collective» – c’est-à-dire permettre à la COVID-19 de se répandre dans la population – doit être rejetée. Une nouvelle stratégie, orientée vers l’élimination et l’éradication du SRAS-CoV-2, doit être adoptée.

2. Les politiques mises en œuvre pour arrêter la transmission virale doivent être déterminées par les besoins de la santépublique. La protection de la vie et de la sécurité humaines doit avoir la prioritéabsolue et inconditionnelle sur tous les intérêts financiers des sociétés. Les coûts de la lutte contre la pandémie – y compris le paiement des salaires, l’indemnisation des propriétaires de petites entreprises, la couverture médicale complète des malades et les indemnités versées aux familles endeuillées – doivent être supportés par les grandes entreprises et une taxe de 100 % sur les bénéfices exceptionnels obtenus par les grands investisseurs grâce à la hausse de la bourse durant la pandémie.

3. La lutte contre la pandémie doit être menée à l’échelle mondiale. La pandémie ne peut être arrêtée que si le SRAS-CoV-2 est éliminé dans tous les pays. Les travailleurs canadiens doivent exiger que les vaccins soient fournis en quantités nécessaires, gratuitement, à leurs frères et sœurs de classe dans les pays moins développés.

Les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates, les grandes entreprises et les médias bourgeois déclareront tous que ces politiques sont 1) impossibles à mettre en œuvre et 2) incompatibles avec le système capitaliste existant.

La réponse à la première objection est qu’il est impossible d’accepter l’infection de millions de personnes et la perte massive de vies humaines.

Quant à la deuxième objection, la réponse est simplement la suivante: si le capitalisme ne peut offrir aucune solution à une crise qui menace la vie et le bien-être de la grande majorité de la population, alors il faut s’en débarrasser et le remplacer par un système socialiste qui donne la priorité à la vie sur les profits.

La lutte contre la COVID est, par essence, une lutte contre le capitalisme. La tragédie de ces deux dernières années a démontré la nécessité de réorganiser l’économie mondiale dans l’intérêt de la classe ouvrière.

Nous demandons instamment à tous les travailleurs de faire circuler cette déclaration, d’entamer une discussion sur votre lieu de travail, de former des comités de la base et de gagner le soutien pour une action collective visant à arrêter la propagation de la pandémie.

Contactez le Parti de l’égalité socialiste et l’Alliance ouvrière internationale des comités de base. Nous sommes impatients de discuter avec vous de la situation sur votre lieu de travail et de vous aider à organiser la lutte pour mettre fin à la pandémie.

Fraternellement,

Le Parti de l’égalité socialiste (Canada)

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