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Violente provocation du Front National à Paris

Par Thérèse LeClerc
10 juin 2002

Des partisans du parti d'extrème-droite Front National(FN) ont attaqué des opposants politiques et des passants la semaine dernière dans un quartier ouvrer densément peuplé situé au nord-est de Paris, envoyant plusieurs d'entre eux à l'hôpital.

À 11h30 am le 2 juin, une semaine avant le premier tour des élections législatives, deux candidats du FN, accompagnés de 30 ou 40 partisans solidement bâtis, se sont présentés dans un marché extérieur du 20ième arrondissement. Le journal Le Monde a rapporté que trois d'entre eux se sont approchés du stand de Catherine Gégoud, une candidate du Parti Communiste Français (PCF) en ricanant et en faisant des menaces. « Ils s'en sont pris à nos affiches, les ont découpées en morceaux, puis à notre stand. Ils étaient agressifs et ricanants » a-t-elle dit.

Ils s'en sont aussi pris à des membres et des partisans de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), au groupe anti-fasciste Ras l'front et à l'Alternative Libertaire. La même source a cité un partisan de la LCR qui a dit : « Ils m'ont piqué le journal. J'ai protesté. J'ai reçu un coup de poing au visage. Et le gros de leur troupe est tombé sur nous » Ils ont aussi attaqué une femme qui avait refusé de prendre un tract du FN.

« Cela a été très rapide et très brutal. Ils étaient équipés de grosses bombes lacrymogènes. Ils nous ont aspergés tout de suite à bout portant »

Mêmes les enfants n'ont pas été épargnés. Une femme, avec ses deux jeunes enfants et un bébé de 5 mois faisait ses courses. « Quelqu'un a crié : "Attention, les enfants sont là !" Cela n'a rien changé. Le bébé a pris du gaz orange. Je suis partie en courant. Des gens m'ont rattrapée pour conduire le bébé à l'hôpital, » a-t-elle dit.

Ceux qui ont assisté à la scène ont été profondément affectés par l'incident. Un professeur de 38 ans, qui marchait avec sa femme et sa jeune fille, a dit : « On est resté très choqué. Les types du FN étaient sur tous les trottoirs. Il y avait une agressivité très palpable. Quand ils ont sorti les bombes de gaz, j'ai crié. Immédiatement, deux d'entre eux se sont rués vers moi »

Le site Internet de Ras l'front a rapporté que la police a permis à un des assaillants de quitter la place en toute tranquillité alors qu'il avait été identifié par plusieurs témoins et, qu'ils (les policiers) ont pris tellement de temps à recueillir les plaintes contre le FN, que plusieurs des victimes, incluant certains blessés, ont quitté les lieux avant d'avoir pu le faire. Mais « ils ont enregistré les plaintes mensongères et sans fondements des membres du Front. »

Le même soir, le FN a publié un communiqué prétendant qu'ils avaient été violemment attaqués en quittant le marché. Un membre du FN a dit que les militants anti-fascistes s'étaient arrosés de gaz lacrymogène entre eux.


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