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WSWS : Nouvelles et analyses : Canada

Canada : Comment lutter contre les accords en coulisses des TCA

Par Carl Bronski
28 septembre 2010

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La semaine dernière, un groupe de travailleurs, licenciés et à la retraite, de l'usine de transmission General Motors de Windsor en Ontario, maintenant fermée, ont écrit au World Socialist Web Site. Ils souhaitaient ainsi exposer la dernière tentative des représentants du local 1973 du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile pour s'en mettre plein les poches tandis que des centaines de travailleurs de l'auto ont perdu leur emploi de façon permanente.

Ce même groupe avait écrit au WSWS l'année dernière dans le cadre d'une lutte pour révéler un autre cas de trahison et de cupidité de la part de la bureaucratie. (Voir: « Workers expose GM payoff to Canadian auto union officials »)

La direction de GM avait été forcée en octobre 2009 d'annuler un protocole secret d'entente qu'elle avait conclue avec les représentants du local 1973 après que des travailleurs révoltés eurent lancé une campagne pour révoquer les membres du comité syndical qui avaient bénéficié d'une entente préférentielle.

L'issue en jeu était une entente spéciale selon laquelle GM avait secrètement haussé le salaire de cinq représentants syndicaux travaillant à temps plein pour les TCA à l'usine de transmission. Cela avait été effectué en les transférant à des postes de métier spécialisé qui avaient été éliminés après les concessions faites par le syndicat à GM dans les négociations contractuelles « précoces » de 2008.

Avec la fermeture de l'usine de transmission qui était imminente, les augmentations salariales étaient conçues pour gonfler les droits à pension des représentants des TCA de 500 $ de plus par mois. Dans un document distribué clandestinement aux travailleurs de l'usine, les ouvriers de la base s'opposant à l'entente préférentielle calculaient que chacun des cinq représentants des TCA pourrait s'attendre à gagner jusqu'à 125 000 $ de plus en salaire et en pension s'il vivait jusqu'à 75 ans. Et ce, après que la direction des TCA eut rouvert à deux reprises le contrat avec GM au printemps 2009 pour faire passer des concessions historiques sans précédent sur les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail.

Aujourd’hui, alors qu’il ne reste que 21 travailleurs à l’usine pour finaliser sa désinstallation, il vient d’être mis au grand jour que la direction de GM et ces mêmes bureaucrates syndicaux du TCA se sont entendus dans le but d’assurer que la direction du local reçoive sa juste récompense pour « services rendus ».

Nous reproduisons ci-dessous notre réponse au groupe de travailleurs de l’automobile de Windsor qui nous ont contactés la semaine dernière, dans laquelle nous nous opposons à l’appel que certains d’entre eux ont fait au gouvernement conservateur du Canada pour qu’il annule la dernière entente de faveur entre le constructeur et la direction du local 1973. (En raison de son sauvetage de la compagnie l’an dernier en échange de concessions de la part des travailleurs, le gouvernement canadien est maintenant un des propriétaires de GM.)

Chers frères et sœurs,

Merci beaucoup de nous avoir fait parvenir l’information à propos de la dernière traîtrise perpétrée à l’encontre du membership des Travailleurs canadiens de l’automobile, local 1973. Les quelques travailleurs membres restants à l’usine de fabrication de transmissions de GM en voie de fermeture, les milliers de travailleurs mis à pied ainsi que les retraités ont tous les droits d’être scandalisés par les dernières actions de la direction syndicale.

Le matériel que vous nous avez transmis ne doit pas avoir surpris ceux qui ont suivi la longue suite de trahisons ayant caractérisé la bureaucratie des TCA au cours des dernières décennies.

Il y quelques mois seulement, tel que rapporté sur le World Socialist Web Site, votre groupe de travailleurs syndiqués a exposé la tentative de la direction de votre local syndical de se remplir les poches secrètement et de manière illégale alors qu’elle faisait au même moment pression pour que tous les travailleurs membres du syndicat canadien acceptent un contrat contenant de nombreuses concessions. La tentative des dirigeants syndicaux de gonfler leurs propres salaires et prestations de retraite, au moment même où l’on destinait l’usine de transmission de GM à la fermeture, était tellement flagrante que GM a été contrainte d’annuler son entente secrète avec la bureaucratie.

Mais, comme votre présent document le montre, l’arrogance et l’avidité des bureaucrates des TCA sont tel qu’il n’a pas fallu beaucoup de temps avant qu’ils concluent une autre entente afin que GM les récompense pour avoir contré toute opposition à la fermeture de l’usine et pour avoir contribué à gérer sa fermeture.

En violation de la convention collective, GM a daigné garder le plein salaire pour ces cinq mêmes bureaucrates parce qu’ils représentent supposément les 21 travailleurs qui restaient dans l’usine, affectés au nettoyage final et la fermeture. Il est hors de tout doute que ces bureaucrates ne vont représenter d’autres intérêts que ceux de la compagnie en maintenant l’ordre dans l’usine en train de fermer. Vous indiquez comment la bureaucratie locale a travaillé sérieusement afin de brutalement augmenter les taux de productivité dans l’usine dans les années qui ont précédé la fermeture, comment elle a contribué à faire passer un contrat rempli de concessions et qu’elle a ensuite refusé de lever le petit doigt, malgré ses promesses, pour s’opposer à la fermeture de l’usine.

Mais, nous devons insister sur le fait que votre perspective d’en appeler au réactionnaire premier ministre conservateur du Canada ainsi qu’à des responsables dans le gouvernement libéral ontarien qui est lié à la grande entreprise est complètement mal avisée. Dans votre lettre au premier ministre, vous affirmez que le gouvernement représente « tous les contribuables ». En fait, le gouvernement représente les intérêts de l’élite corporative : les banques et les plus grandes entreprises.

La promotion par Harper de « l’idéologie du contribuable », où le gouvernement serait censé gérer prudemment les dépenses et combattre les sinécures bureaucratiques, est une ruse qui a été utilisée pour démanteler les services sociaux et publics et pour réaligner la politique gouvernementale afin de soutenir plus énergiquement les résultats financiers des entreprises. On n’a qu’à regarder au récent sauvetage des banques et des compagnies d’automobiles aux dépens de la classe ouvrière pour voir les résultats désastreux de cette perspective. Les travailleurs de l’automobile ne vont pas oublier de si tôt que deux fois lors des 6 derniers mois, les ministres des gouvernements provinciaux et fédéraux ont demandé que les conventions collectives des CAW avec les compagnies de l’automobile soient rouvertes et qu’ils acceptent d’importantes concessions.

De plus, la déclaration de votre collègue selon qui l’autre usine de GM en Ontario avait eu le contrat pour nos « transmissions à six rapports » fait le jeu de la compagnie et des bureaucrates syndicaux qui cherchent à dresser une usine contre l’autre dans une guerre fraticide pour les emplois.

La transformation de la bureaucratie des TCA en un syndicat de boutique n’est pas un problème que l’on trouve seulement dans un syndicat local ou encore même dans une seule organisation syndicale.

Prenons par exemple les récents développements à Vale-Inco où la bureaucratie du Syndicat des métallos en bloquant les mouvements de grève militants a créé les conditions pour qu’une section des syndiqués aide la compagnie dans son utilisation de briseurs de grève. En bout de piste, elle a contribué à faire accepter un contrat de travail avec d’importants reculs pour les travailleurs après une année de grève. Ou encore, considérons la lutte actuelle de l’usine d’embossage à Indianapolis où les travailleurs sont représentés par les UAW (United Auto Workers). Ils ont rejeté par deux fois la tentative du syndicat de leur faire accepter une diminution de salaire de 50 pour cent et leurs « représentants syndicaux » continuent à faire d’immenses pressions pour que les travailleurs acceptent les concessions. (Pour en savoir plus : Les travailleurs de General Motors à Indianapolis luttent contre un nouveau vote de l'UAW sur une baisse de leur salaire )

Ce qui est arrivé à l’usine de construction de transmission n’est qu’un exemple particulièrement évident du type de relations qui se sont développées entre les syndicats pro-capitalistes et les patrons. Faire appel au gouvernement de droite de Harper est pire qu’un geste inutile. La transformation des TCA en un syndicat de boutique montre qu’il faut une toute autre stratégie : une stratégie socialiste qui rejette qu’il faille subordonner les besoins des travailleurs aux profits des patrons de la grande entreprise. En se rebellant contre les bureaucraties des TCA et des UAW, les travailleurs de l’auto doivent développer la lutte pour répudier les concessions, pour s’opposer aux fermetures d’usines et pour défendre les emplois et les salaires de tous les travailleurs en Amérique du Nord et internationalement.

Nous tenons à vous remercier encore une fois pour nous avoir transmis toutes ses informations. Le World Socialist Web Site est présentement en train d’organiser une discussion au sein des travailleurs de l’auto du rang sur la façon d’aller de l’avant. Nous vous invitions à participer à cette discussion et à attendons d’autres lettres de votre groupe.

Salutations fraternelles,

Carl Bronski

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