Soutenez D'Artagnan Collier, candidat du Parti de l'égalité socialiste à la mairie de Detroit

Il faut rejeter l'administrateur d'urgence ! Il faut mettre fin à la dictature des banquiers sur Detroit !

Par Parti l'égalité socialiste (États-Unis)
24 avril 2013

Le Parti de l'égalité socialiste (États-Unis) annonce aujourd'hui qu'il présente D'Artagnan Collier comme candidat à la mairie de Detroit, dans le Michigan au premier tour des élections qui aura lieu le 6 août. Collier rassemble actuellement les signatures nécessaires pour être inscrit sur la liste officielle des candidats. Pour participer ou en savoir plus sur la campagne, cliquez ici.

D'Artagnan Collier

Collier, 44 ans, est un employé municipal et a passé sa vie à Detroit. Fils d'un ouvrier de Chrysler, il a rejoint la Workers League, prédécesseur du Parti de l'égalité socialiste, en 1984, à 16 ans, il a passé toute sa vie d'adulte comme membre dirigeant de ce mouvement socialiste. Ce qui suit est sa déclaration de campagne.

En tant que candidat du Parti de l'égalité socialiste (PES) à la mairie de Detroit, j'appelle les travailleurs et les jeunes à soutenir ma campagne dans le cadre de la lutte pour mobiliser toute la classe ouvrière contre l'administrateur d'urgence et la dictature des banquiers à Detroit.

Ma campagne sera consacrée à l'organisation de l'opposition massive des travailleurs et des jeunes de Detroit aux coupes dans l'éducation, les services sociaux, les emplois, les salaires et les retraites en un mouvement dirigé contre les banquiers et les politiciens des deux partis du grand patronat.

Le gouverneur républicain Rick Snyder et le trésorier démocrate Andy Dillon ont ignoré les électeurs du Michigan et ont remis le contrôle de Detroit à un représentant non-élu des banques de Wall Street. Suivant la loi sur les administrateurs d'urgence, Kevyn Orr a reçu le pouvoir de tailler dans les retraites, de rompre les accords professionnels, et de vendre les biens publics comme le service des eaux et le parc de Belle Isle à des hommes d'affaires.

Les besoins des habitants de la ville, tels des quartiers décents, des écoles, les casernes de pompiers et d'autres services essentiels ne comptent pour rien aux yeux de l'élite patronale et financière. L'administrateur d'urgence n'a qu'un objectif : extraire chaque centime possible des travailleurs et des pauvres pour rembourser les emprunts de la ville ainsi que les intérêts et les profits issus des couvertures de défaillance détenus par les banques et les riches détenteurs d'obligations.

Tandis que de grandes parties de la ville sont abandonnées, des multimilliardaires comme le PDG de Quicken Loan [entreprise de prêts à la consommation] Dan Gilbert, envisagent de transformer Detroit en un terrain de jeu pour les riches.

Il est temps de s'y opposer ! La classe ouvrière doit contre-attaquer ! Mais pour le faire, nous avons besoin de nos propres organisations et d'un programme politique qui défende les intérêts des travailleurs, des chômeurs et des jeunes – et non de quelques riches.

Detroit est un symbole de la faillite du capitalisme. Après avoir extrait des milliers de milliards de dollars du travail de générations d'ouvriers, les grandes entreprises et les banques ont laissé la ville dans un sale état. La principale portion des profits des entreprises aujourd'hui ne vient pas de la production mais des arnaques financières, dont celle consistant à charger des villes comme Detroit avec un niveau de dettes écrasant.

Près de cinq ans après le crash de Wall Street, les riches s'en sortent mieux que jamais, pendant que la classe ouvrière est confrontée aux pires conditions depuis la Grande dépression. Des États-Unis à la Grèce et à Chypre, la classe ouvrière est forcée à payer pour une crise que nous n'avons pas créée, alors que les responsables ont été récompensés par des renflouements de banques, des réductions d'impôts et des primes se comptant en millions de dollars.

L'alternative au capitalisme c'est le socialisme – la réorganisation de la vie économique sur la base des besoins sociaux, et non des profits privés.

Je présente les demandes suivantes dans ma campagne :

* Il faut renvoyer l'administrateur d'urgence ! Remplacer le conseil municipal par un conseil ouvrier ! Si je suis élu, ma première action en tant que maire de Detroit sera de licencier l'administrateur d'urgence et de déclarer que la loi inconstitutionnelle et anti-démocratique par laquelle il a été nommé est nulle et non avenue.

Pour réaliser ceci, il est nécessaire d'organiser une offensive unie de la classe ouvrière contre le paysage politique existant. Le SEP appelle à la formation de Comités d'action démocratiques sur tous les lieux de travail, dans tous les quartiers et les écoles pour donner une expression authentique à la volonté populaire. Un Conseil des travailleurs devrait remplacer le conseil municipal pour placer le contrôle de la ville entre les mains des travailleurs – la vaste majorité de la population – et consacrer les ressources sociales et financières non à rembourser les banques, mais à fournir des emplois et les services essentiels aux citoyens de Detroit.

* Pour les droits de la classe ouvrière, et non les profits des riches ! L'affirmation qu'il n'y a pas d'argent pour l'enseignement public, la santé, les salaires décents et la sécurité économique pour les retraités est un mensonge. La richesse combinée d'une poignée de milliardaires de l'Etat représente près de 75 fois le déficit budgétaire de Detroit. Des milliers de milliards de dollars ont été accordés aux banques par le gouvernement Obama, et des milliers d'autres ont été dépensés dans des guerres criminelles à l'étranger.

J'appelle à l'annulation de la dette due aux banques et aux détenteurs d'obligations ! Afin d'obtenir les ressources nécessaires pour répondre aux besoins et sécuriser les droits fondamentaux des travailleurs, la vie sociale et économique doit être radicalement restructurée. Les vastes richesses accumulées par les riches, qui ont été volées à la société, doivent être reprises, et les gigantesques banques et grandes entreprises, dont les compagnies automobiles, doivent être placées sous propriété publique et sous le contrôle démocratique des travailleurs.

J'appelle à un programme d'urgence de travaux publics pour embaucher les chômeurs à un salaire décent pour reconstruire les quartiers, moderniser les écoles, étendre les infrastructures de loisirs et culturelles, et reconstruire la base industrielle ainsi que les infrastructures sociales de la ville. Tous les pompiers, les conducteurs de transports en commun et les autres employés municipaux qui ont été licenciés doivent être réembauchés avec plein traitement et prestations immédiatement.

* Il faut rompre avec les deux partis du grand patronat et les syndicats ! J'appelle à rompre avec ces deux partis, les démocrates et les républicains. Ce sont les partis jumeaux des riches. Le Parti démocrate et ses alliés corrompus ont dirigé Detroit pendant des dizaines d'années, supervisant la transformation de la ville qui était l'une des plus riches du pays en ce qu'elle est aujourd'hui.

Au niveau national, Obama, le candidat du « changement, » mène une attaque contre la sécurité sociale et Medicare, appelant à ce que des centaines de milliards de dollars de coupes soient pratiqués dans ces programmes fédéraux essentiels. La « restructuration » par Obama de l'industrie automobile s'appuyait sur l'imposition de salaires de misère aux nouveaux embauchés, éliminant des dizaines de milliers d'emplois, et réduisant les prestations sociales. En conséquence, les nouveaux embauchés de l'industrie automobile aujourd'hui gagnent moins, en salaire réel, que les travailleurs de l'automobile de 1914.

Les syndicats, politiquement liés au Parti démocrate, ne sont pas des organisations ouvrières. Ce sont des syndicats corporatistes qui font taire les travailleurs et garantissent un afflux de travail à bas coût aux entreprises. L'United Auto Workers, l'AFSCME, la Fédération de Detroit des enseignants et d'autres syndicats ont collaboré aux attaques contre les travailleurs. Pendant que les salaires ont été détruits, les salaires des dirigeants les plus haut placés dans les syndicats ont eux grimpé en flèche.

Les travailleurs exploités ne peuvent pas être dans le même parti politique que leurs exploiteurs. Le PES lutte pour la construction d'un parti politique de masse représentant la classe ouvrière et s'appuyant sur un programme socialiste.

* La classe sociale et non le groupe ethnique ! Pour l'unité de tous les travailleurs ! Tous les travailleurs de toute l'agglomération de Detroit, de tout le pays et du monde entier sont confrontés aux mêmes conditions et à la même lutte. L'affirmation que la nomination de Orr est une tentative de la « Lansing blanche » [capitale du Michigan, ndt] de prendre le contrôle de la « Detroit noire », affirmation faite par des responsables de la ville et des charlatans du Parti démocrate comme Jesse Jackson et Al Sharpton, vise à diviser la classe ouvrière et à la subordonner au Parti démocrate ainsi qu'au monde politique officiel corrompu qui dirige Detroit depuis des dizaines d'années.

La question essentielle n'est pas l'origine ethnique mais la classe sociale.

J'en appelle à tous les travailleurs et aux jeunes – noirs, blancs et immigrés, chômeurs et employés, à Detroit et dans l'agglomération – pour s'unir dans une lutte commune pour défendre les droits sociaux de tous les travailleurs.

Rejoignez la campagne ! Engagez-vous dans la lutte pour le socialisme ! Pour la classe dirigeante, la dévastation de Detroit est vue comme un exemple à suivre dans les villes du monde entier et internationalement.

Nous devons faire de Detroit le modèle d'une contre-offensive de la part de la classe ouvrière sur toute la planète. Les grandes traditions de lutte des classes à Detroit doivent être ravivées sur la base d'un nouveau programme politique et de la lutte pour une nouvelle forme d'organisation sociale et économique – le socialisme.

Travailleurs de Detroit, faites de cette campagne votre campagne ! Si vous êtes en accord avec la nécessité de lutter contre l'administrateur d'urgence et la dictature de la finance à Detroit, contactez-nous aujourd'hui. Soutenez la campagne ! Organisez des rassemblements dans votre quartier ! Distribuez notre déclaration à vos collègues et voisins !

Pour participer ou en savoir plus sur notre campagne, cliquez ici.

(Article original paru le 19 avril 2013)