La préparation de l’élection présidentielle ukrainienne marquée par la répression politique

Par Alex Lantier
26 mai 2014

Alors que le régime non-élu de Kiev soutenu par les occidentaux se préparait à organiser une élection présidentielle pour le 25 mai, des forces conservatrices et fascistes attaquaient et massacraient les membres des partis d'opposition. Cela souligne le caractère entièrement frauduleux d’élections arrangées par les puissances impérialistes qui tentent de donner au gouvernement de Kiev un verni de légitimité démocratique. 

Les informations sur la répression et les meurtres d'opposants politiques au régime de Kiev sont facilement disponibles. Elles sont pourtant systématiquement couvertes et ignorées par les médias, prêts à n’importe quoi pour donner au gouvernement installé par les États-Unis et les puissances européennes une quelconque légitimité démocratique. 

Les milices fascistes qui ont été à la tête du putsch du 22 février ont concentré leurs attaques sur les partis qu'ils considèrent comme de gauche. L'un des groupes pris pour cible est le groupe « Borotba » (lutte) qui avait dirigé son agitation contre les forces fascistes en Ukraine. Ce groupe a publié une déclaration sur son site Web attirant l'attention sur le meurtre et l'intimidation de ses membres.

Andrew Brazhevsky, un membre de Borotba a été tué au cours du massacre du 2 mai à Odessa. Depuis ce massacre, d'après la déclaration en ligne du groupe, le régime de Kiev a confisqué ses bureaux à Kharkov, menacé d’arrêter son candidat aux municipales d'Odessa, Alexey Albu, et perquisitionné le domicile d'un membre de Borotba à Kiev, Andrew Manchuk. 

« Le quartier général de Borotba appelle tous les activistes et sympathisants à passer dans la clandestinité si possible et à ne pas rester à leur domicile, changez votre numéro de téléphone, et prenez d'autres précautions. Tous les bureaux régionaux de Borotba doivent discuter des méthodes de travail clandestin, » indique cette déclaration. 

Le régime de Kiev s'en est également pris aux membres du Parti communiste d'Ukraine (KPU), dont les 32 députés KPU au Parlement national. Le KPU a été refondé après la restauration du capitalisme en ex-URSS par la bureaucratie stalinienne; il était allié au président ukrainien pro-Russe Viktor Yanukovitch. Il a obtenu 13,2 pour cent des voix aux législatives de 2012, trois pour cent de plus que le parti fasciste Svoboda qui joue maintenant un rôle clé dans le régime de Kiev.

Le 6 mai, l’assemblée législative a exclu le groupe parlementaire du KPU du Parlement au cours d'une session à huis clos. Le législateur Oleksandr Bryhynets du Parti de la patrie, le parti au pouvoir, a dénoncé le KPU parce qu'il aurait soutenu les forces pro-russes actives en ce moment contre le régime de Kiev en Ukraine orientale, et il a critiqué « les déclarations séparatistes faites par Symonenko [dirigeant du KPU]. » 

Le 16 mai, Symonenko a annoncé au cours d'un débat à la télévision publique qu'il retirait sa candidature aux présidentielles pour protester contre les menaces qui visent son parti depuis le putsch de Kiev. Il a également critiqué la répression contre les manifestants pro-russes en Ukraine de l'Est. D'après les reportages des médias internationaux, Symonenko a été ensuite attaqué par des gangs fascistes. 

Quelques jours plus tard, le président par intérim du régime de Kiev, Oleksandr Turchynov, a demandé une fois de plus au ministère de la Justice d'évaluer les preuves « d'activité illégale » du KPU et d'envisager de l'interdire. Turchynov a déclaré que le KPU avait soutenu des combattants pro-russes en Ukraine orientale, et agi « au détriment » des intérêts de l'Ukraine.

La répression menée contre les partis d'opposition en Ukraine est totalement réactionnaire. Le WSWS a documenté en détail dans d'autres articles son opposition politique à des partis staliniens comme le KPU. Quant à Borotba, il a travaillé en Russie avec le Front de gauche, qui comprend des groupes libéraux et des groupes soi-disant de gauche comme le Mouvement socialiste russe, l'affilié russe du magazine pseudo de gauche International Viewpoint

Malgré son opposition à ces partis, le WSWS condamne les actes fascistes comme les meurtres, les attaques et l'intimidation politiques perpétrées contre eux par la marionnette de l’Occident qu’est le régime de Kiev. 

Il est particulièrement significatif que International Viewpoint (publié par le Secrétariat unifié et affilié au Nouveau parti anticapitaliste français) poursuive sa politique de glorification des manifestations de la place Maïdan, qui ont conduit au putsch de Kiev, alors même que les fascistes s'en prennent à Borotba. 

Le NPA a récemment affiché un article de Zakhar Popovych sur son site Web en anglais International Viewpoint, qui excuse le rôle du gouvernement de Kiev dans le massacre d'Odessa et qui affirme que « des activistes pro-russes ont provoqués la violence » ce jour-là. 

Popovytch y applaudit explicitement le régime de Kiev comme démocratique : « Nous ne pouvons pas le considérer comme une junte militaire. Pas encore. Mais la junte n'est pas à Kiev, mais à Slavyansk [un centre des forces pro-russes en Ukraine de l'Est]. À Kiev, vous pouvez facilement avoir des manifestations avec des drapeaux rouges et distribuer des tracts de tous genres. » 

Comme le montre les attaques menées contre Borotba et le KPU, la déclaration de Popovytch dans International Viewpoint est un mensonge éhonté, conçu pour couvrir le régime de droite à Kiev. 

(Article original paru le 20 mai 2014) 

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