Le socialisme contre le capitalisme et la guerre

Le SEP et les IYSSE tiennent une conférence anti-guerre à Detroit le 5 novembre

Par Socialist Equality Party (USA)
17 septembre 2016

Le 5 novembre, le Socialist Equality Party (SEP – Parti de l'égalité socialiste) et l' International Youth and Students for Social Equality (IYSSE - Etudiants et Jeunes internationalistes pour l'égalité sociale) tiendront une conférence à l'Université Wayne State de Detroit, «Le socialisme contre le capitalisme et la guerre ». (Socialism vs. Capitalism & War) Le but de cette conférence est de mobiliser politiquement les travailleurs et les jeunes dans tout le pays et à l'étranger contre la politique de guerre de l'impérialisme américain et mondial, qui menacent de provoquer une troisième guerre mondiale nucléaire.

Le principal danger que confronte la classe ouvrière internationale est que l'on prend des décisions aux conséquences potentiellement catastrophiques derrière son dos ; l'ampleur des préparatifs de guerre dépasse de loin la conscience qu'en ont les masses. Cela facilite les conspirations des élites capitalistes.

Il y a un peu plus de cent ans, une conspiration de ministres, de monarques, et d'hommes d'affaires qui misaient tout sur la victoire militaire a précipité l'humanité dans la Première Guerre mondiale. A peine vingt et un ans après la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, elle a subi l'éruption de la Seconde Guerre mondiale, accompagnée par les horreurs du fascisme et de l'Holocauste. Ces deux conflagrations mondiales ont coûté la vie à 100 millions de personnes et ont détruit de vastes portions du globe.

Aujourd'hui, le danger d'une guerre mondiale est supérieur à tout moment depuis l'été 1939. A Washington, à Berlin, à Londres et dans d'autres capitales du monde, les politiciens et les généraux envisagent activement l' «impensable», y compris la guerre menée avec des armes nucléaires.

Vingt-cinq ans après la dissolution de l'URSS et 15 ans après le début de la « guerre contre le terrorisme», les guerres sans fin lancés par les États-Unis au Moyen-Orient et en Asie centrale ont déclenché une confrontation globale. Les grands rivaux de l'impérialisme américain, en particulier la Russie et la Chine, sont tous deux dotés d'armes nucléaires.

Dans cette situation, la Conférence du 5 novembre, Le Socialisme contre le capitalisme et la guerre, est d'une importance cruciale. Elle a lieu juste avant des élections présidentielles américaines où les candidats des deux partis capitalistes majeurs, Hillary Clinton et Donald Trump, sont tous les deux défenseurs impitoyables des intérêts de l'impérialisme américain.

Quel que soit le candidat qui remporte l'élection, il y aura une escalade dramatique des opérations militaires dans les mois à venir. Mais la guerre a été largement exclue de la campagne. Avec la complicité des médias, Trump et Clinton disent le moins possible sur leurs projets militaires.

La conférence du 5 novembre 5 du SEP et des IYSSE à Detroit est la seule réunion où l'on expliquera le danger de guerre mondiale et la réalité actuelle de l'expansion des conflits, et où l'on s'y opposera. Elle est organisée sur la base du programme du Comité international de la Quatrième Internationale, qui, dans sa déclaration du 18 février a élaboré les bases politiques d'un mouvement contre la guerre:

(1) La lutte contre la guerre doit être basée sur la classe ouvrière, la grande force révolutionnaire dans la société, en unissant derrière elle tous les éléments progressistes de la population.

La même crise capitaliste qui produit la guerre produit également la base pour y mettre fin : les luttes croissantes contre l'inégalité, contre la pauvreté et contre les attaques sur les salaires et sur tous les droits sociaux de la classe ouvrière.

Le coût de la guerre pèse lui-même énormément dans la détérioration des conditions de vie de la grande majorité de la population. Selon un rapport de l'Université Brown la semaine dernière, les guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont coûté presque 5.000 milliards de dollars depuis 2001, qui ne comprend pas les 6.800 milliards dépensés sur le budget de base du Pentagone. Ensemble, cela équivaut à $37.000 pour chaque homme, femme et enfant aux États-Unis.

Les écoles manquent de fonds, les infrastructures sociales sont délabrées, et on prétend qu'il n'y a pas d'argent pour les soins de santé, les retraites, et des salaires décents pour tous. Par contre, des fonds illimités sont disponibles pour financer l'armée ; un programme de «modernisation» de l'arsenal nucléaire américain, initié par Obama, doit coûter mille milliards de dollars.

2) La lutte antiguerre doit être anticapitaliste et socialiste, car il ne peut y avoir de véritable lutte contre la guerre sans une lutte qui vise à mettre fin à la dictature du capital financier et au système économique qui est la cause fondamentale de la guerre.

L'impérialisme émerge des contradictions du système capitaliste mondial. La crise systémique du capitalisme mondial hâte la marche vers la guerre, les grandes entreprises rivales qui contrôlent les Etats nationaux tentant de décharger le poids de la crise sur leurs concurrents en accaparant des marchés et des matières premières clé. La réponse de la classe dirigeante à cette contradiction inhérente au capitalisme, c'est-à-dire entre l'économie mondiale et le système d'États-nation, est la guerre impérialiste et le pillage.

La classe dirigeante qui prépare la guerre est la même oligarchie financière qui a amassé ses vastes richesses par la fraude et la spéculation. Suite au krach de 2008, Washington a déversé des milliers de milliards de dollars sur les banques avec de plans de sauvetage et d’ « assouplissement quantitatif ». D'autres bulles spéculatives menacent à tout moment de s’effondrer et de précipiter l’économie mondiale dans une dépression encore plus profonde.

3) Le nouveau mouvement antiguerre doit donc être pleinement et entièrement indépendant et hostiles envers tous les partis et organisations politiques de la classe capitaliste.

Les élections américaines de 2016 montrent qu'il est impossible de lutter contre la guerre sans une rupture complète avec tous les partis capitalistes.

Le programme de Trump pour une «Forteresse Amérique» conjugue le nationalisme virulent et le chauvinisme anti-immigré, exigeant un grand renforcement de l'armée et la suppression de toute limite aux dépenses militaires. La campagne démocrate de Hillary Clinton, quant à elle, critique Trump depuis la droite, le traitant d'agent du président russe Vladimir Poutine, donc insuffisamment loyal aux intérêts stratégiques de l'impérialisme américain. Elle cherche à transformer l'opposition à Trump en un pseudo-mandat pour l'agression contre la Russie après les élections.

Aux primaires du Parti démocrate, des millions de travailleurs et de jeunes ont soutenu la campagne de Bernie Sanders en raison de ses dénonciations de la «classe de milliardaires ». Pourtant, la meilleure preuve de la fraude du «socialisme» de Sanders a été son soutien à la politique de guerre d’Obama. Il a maintenant approuvé Clinton, traitant sa campagne militariste de continuation de sa «révolution politique».

Quant aux organisations de la classe moyenne qui orbitent autour du Parti démocrate, elles sont passées de la critique des guerres du gouvernement Bush au soutien à l'intervention impérialiste au Moyen-Orient, et contre la Russie et la Chine. Sous l’étendard des «droits de l'homme», elles sont prêtes à soutenir les crimes les plus odieux.

4) Le nouveau mouvement anti-guerre doit surtout être international et mobiliser toute la puissance de la classe ouvrière dans une lutte mondiale unifiée contre l'impérialisme.

Le danger d'une guerre mondiale découle des contradictions du capitalisme mondial. Une nouvelle conflagration ne peut être évitée qu’à travers la mobilisation de la classe ouvrière mondiale. Aucune partie du monde ne serait épargnée par une nouvelle guerre mondiale. De même, aucune section de la classe ouvrière n'a intérêt à la planification de la guerre par les élites capitalistes.

Les États-Unis sont au centre de l'intrigue impérialiste, mais ils n'y sont pas seuls. L'Allemagne, qui a combattu les Etats-Unis lors de deux guerres mondiales au 20e siècle, ranime ses ambitions impérialistes ; certains de ses dirigeants y déclarent déjà la fin du «monde unipolaire». Le Japon cherche à abolir les contraintes constitutionnelles qui pèsent sur l'armée japonaise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les classes dirigeantes en Grande-Bretagne, en France, au Canada et en Australie calculent tous comment défendre leurs intérêts dans un conflit mondial.

Il existe deux issues possibles de la crise capitaliste: la guerre impérialiste, la dictature et la barbarie; ou la révolution socialiste. Le danger d'une guerre mondiale pèse non dans un lointain avenir, mais dans la réalité actuelle. Déjà, plus d'un million de vies des sociétés entières ont été détruites par les guerres impérialistes au Moyen-Orient et en Asie centrale. Des millions, voire des milliards d'autres vies seraient sacrifiées dans une troisième guerre mondiale.

Il faut construire une direction politique socialiste internationale, et il n'y a pas de temps à perdre. Le Socialist Equality Party et le Comité international de la Quatrième Internationale construisent cette direction. Nous appelons tous nos lecteurs à assumer ce combat comme le leur.

La conférence du 5 novembre à Detroit est une étape critique dans cette lutte. Y interviendront Jerry White et Niles Niemuth, les candidats du Socialist Equality Party (SEP) à la présidence et la vice-présidence des État-Unis; David North, le président du Comité de rédaction internationale du WSWS et président national du SEP américain; Joseph Kishore, secrétaire national du SEP; André Damon, secrétaire national du IYSSE ; et Naomi Spencer, candidate du SEP pour la Chambre de représentants de West Virginia. D'autres orateurs comprendront des représentants dirigeants de partis frères du SEP du Comité international de la Quatrième Internationale.

Preparez votre participation et inscrivez-vous maintenant à www.sep2016.com/conference/

(Article paru en anglais le 15 septembre 2016)