Les gouvernements européens adoptent des mesures de type nazi contre les réfugiés

Les gouvernements et les autorités en Europe intensifient leur persécution des réfugiés avec une vitesse à couper le souffle. Ils ne s’abstiennent plus d’adopter des mesures qui rappellent les politiques nationales-socialistes de l’Allemagne.

La semaine dernière, l’aile droite du Parti libéral danois, qui constitue le gouvernement, a présenté un projet de loi au parlement qui permet aux gardes-frontières de confisquer de l’argent et des objets de valeur des réfugiés entrant dans le pays. À cette fin, les effets personnels des réfugiés seront fouillés et de l’argent ou des objets de valeur de plus de 10.000 couronnes (1.340 €, 1.460 $) seront saisis.

L’hébergement et les soins des réfugiés seront prétendument financés par cette mesure. Lorsque les organisations de soutien aux réfugiés au Danemark et à l’échelle internationale ont protesté, le ministre de l’Intégration, Inger Støjberg, a dit que les objets ayant une valeur sentimentale particulière, telle que les anneaux de mariage et bagues de fiançailles, seraient exemptés. À l’origine, ces objets n'étaient exemptés que s'ils n'avaient aucune valeur.

Le premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen a précisé que cette mesure visait à dissuader les réfugiés de se rendre au Danemark. Le projet de loi a été convenu avec le plus grand parti d'opposition, le Parti social-démocrate.

Les autorités suisses ont été surprises par des manifestations contre les mesures en Suisse, car «cette pratique existe depuis plus de 20 ans; elle a été adoptée par référendum», a déclaré la porte-parole du secrétariat d’État suisse pour l’immigration, Léa Gertheimer.

Les réfugiés qui entrent en Suisse avec des objets valant plus de 1.000 francs (915 €, environ 1.000 $) doivent renoncer à tout au-dessus de cette limite. Un réfugié syrien a dit à la télévision suisse ce jeudi comment il a été forcé de céder environ la moitié des 2.000 € qu’il avait apportés en Suisse avec sa famille. On lui a donné un reçu.

Le secrétariat d'État à l'immigration à Berne a indiqué que, en 2015, 210.000 francs (192.000 €) ont été confisqués à 112 personnes. Les objets personnels comme les bijoux ou boucles d'oreilles sont exclus de ces réglementations. Les réfugiés peuvent récupérer leur argent s'ils quittent le pays dans les sept mois.

Les mesures contre les réfugiés sont de plus en plus dures et ont des conséquences horribles. À Bornheim en Allemagne, près de Bonn, le conseiller aux Affaires sociales Markus Schnapka des Verts a imposé un règlement aux réfugiés de sexe masculin de plus de 18 ans qui les empêchent de résider en ville. Schnapka a fait référence à «la multiplication d'articles faisant état de comportements machistes» par les réfugiés de sexe masculin.

Le conseiller municipal Vert aux Affaires sociales a concrétisé sa demande plus tard. Selon Schnapka, il était question de six incidents de harcèlement sexuel verbal. Aucune accusation officielle n’a été portée.

«C’est clair pour moi que je traite injustement la plupart des gens», a admis Schnapka ouvertement. Mais «l’interdiction est un signal». «Notre compréhension de la valeur de l’égalité des sexes n’est pas à discuter.» Après les protestations et l’indignation du monde entier, il a annoncé la levée de l’interdiction de résidence dans la semaine.

Dans la ville de Rheinberg près de Duisburg, le cortège du carnaval du 8 février dans le district de Orsoy a été annulé. La raison: un risque accru en raison de la présence de réfugiés. Dans le quartier de la ville où demeurent 3.000 personnes, 200 réfugiés sont actuellement logés dans un ancien hôpital.

L'arrivée de 300 autres personnes est prévue à l’établissement d’hébergement central en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Un porte-parole de la ville de Rheinberg a fait référence aux événements du réveillon du Nouvel An à Cologne et a dit qu’il ne pouvait pas être exclu que les réfugiés assistent au défilé du carnaval et que les scènes semblables à celles de Cologne pourraient avoir lieu en raison de la consommation de trop d’alcool. Cette situation – la présence des réfugiés – présentait un «risque potentiel», a déclaré le porte-parole de la ville. Les réfugiés n’étaient pas familiers avec des processions de carnaval et, en plus, de nombreux Nord-Africains «[habitent] dans Orsoy», et les Nord-Africains constituaient la grande majorité des suspects à Cologne, a-t-il dit.

La confiscation de l’argent et des objets de valeur, l’interdiction d’accès aux institutions publiques, l’annulation des célébrations en raison de la présence de réfugiés qui sont tous placés sous soupçon universel, tout cela aurait paru inconcevable il y a peu de temps, car il rappelle la persécution brutale de la population juive par les nazis il y a 80 ans.

Immédiatement après avoir pris le pouvoir avec la nomination d’Hitler comme chancelier le 30 janvier 1933, les nazis ont commencé à terroriser la population juive. D’abord, on leur a barré l'accès aux institutions publiques et leurs entreprises ont été boycottées. Étape par étape, ils ont été forcés de vendre leurs entreprises, leurs maisons et tous leurs biens personnels bien en dessous du prix courant. Plus tard, tous leurs effets personnels, y compris l’argent et des bijoux, ont été confisqués. Quand ils sont arrivés dans les camps de concentration, le reste a été pris. Même les dents en or ont été arrachées des 6 millions de corps.

À Auschwitz-Birkenau, le plus grand camp de concentration, environ 1 million de Juifs ont été assassinés sur un total de 1,1 million de personnes. La plupart ont été gazés et brûlés par la suite. Cet horrible chapitre a finalement pu prendre fin par la libération des survivants d’Auschwitz le 27 janvier 1945.

Depuis 2005, les politiciens du monde entier ont rappelé leur responsabilité pour ces crimes le jour du 27 janvier. Quand, il y a presque un an, le 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz a été célébré, la Commission européenne «a promis... de garder la mémoire de la Shoah vivante et de défendre les valeurs sur lesquelles l’Europe moderne est fondée: les droits de l’homme, la liberté et la justice».

Peu de temps après les attentats de Charlie Hebdo et le supermarché casher à Paris, Federica Mogherini, vice-président de la Commission européenne et porte-parole de la politique étrangère de l'UE, a déclaré: «Aujourd'hui, plus que jamais, il est insuffisant de dire “plus jamais”». Plus que jamais, les actes devaient suivre ces paroles. «Les jeunes générations doivent connaître les horreurs perpétrées sur le sol européen et savoir se lever contre l'antisémitisme et la discrimination de toutes sortes.»

Presque simultanément, la chancelière allemande Angela Merkel (chrétiens-démocrates) a commémoré l’Holocauste à Berlin. «L’effondrement de la civilisation dans la Shoah» était une rupture fondamentale avec l’essentiel de ce «qui nous rend humains – la dignité de l’humanité», a-t-elle dit.

Un an plus tard, le gouvernement allemand, sous sa direction, avec l’ensemble de l’establishment politique de l’Europe, abuse de la dignité des réfugiés. Ils sont exclus, expropriés, détenus, et victimes de l’intimidation. Des milliers paient de leur vie pour avoir tenté de fuir le terrorisme, la pauvreté et la guerre.

Soixante-dix ans après la Seconde Guerre mondiale et les crimes des nazis, le capitalisme menace une fois de plus l’humanité avec le racisme et la guerre. Il est organiquement incapable de résoudre sa crise économique. La lutte contre le racisme et la guerre est inséparable de la lutte contre le capitalisme. Telle est la leçon la plus importante à tirer de l’expérience du 20e siècle.

(Article paru d’abord en anglais le 18 janvier 2016)

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