Il y a 75 ans : Les membres du groupe de résistance de la Rose blanche exécutés par le régime nazi

21 février 2018

Le 22 février 1943, Sophie Scholl, Hans Scholl et Christoph Probst, les membres de premier plan de Rose blanche, une organisation de résistance clandestine opposée au régime nazi, ont été sommairement jugés et exécutés. Déférés devant la « Cour populaire », ils ont fait face aux railleries du juge nazi tristement célèbre Roland Freisler et ont fait preuve d’un courage remarquable face à la mort. D’autres procès suivirent, alors que la Gestapo traquait d’autres membres et sympathisants du groupe.

Sophie Scholl

Le noyau de la Rose blanche était composé d’étudiants de l’Université de Munich et du professeur Kurt Huber. À partir de juin 1942, jusqu’à l’arrestation des Scholl le 18 février 1943, le groupe distribua six tracts et répandit des graffitis dénonçant le régime nazi et appelant le peuple allemand à résister. Leurs activités reflétaient une réaction croissante des jeunes, des travailleurs et des sections de l’intelligentsia contre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale et du régime nazi.

Les premières tracts du groupe étaient rédigés en termes chrétiens. Ils firent référence aux atrocités commises contre les Juifs et les Polonais et à la détérioration de la situation militaire sur le front de l’Est et en Afrique du Nord. Des tracts postérieurs mirent en avant explicitement des arguments de gauche et socialistes. Le cinquième tract déclarait : « La classe ouvrière doit être libérée de son bas esclavage par une forme pratique de socialisme. L’illusion d’une économie autosuffisante doit disparaître de l’Europe. Chaque nation, chaque individu a droit aux biens du monde ! »

Les Scholl ont été capturés par les nazis après distribution d’un tract à l’université le 18 février. Un septième tract, de Probst, a été trouvé en leur possession. Tous trois ont été accusés de trahison et reconnus coupables par le tribunal nazi de pacotille. Leurs condamnations à mort ont été effectuées par guillotine. Dans ses derniers moments, Hans Scholl a crié « Vive la liberté ! » pendant que sa sœur dénonçait avec défiance son bourreau comme un lâche. Hans Scholl avait 24 ans lorsqu’il a été assassiné, Sophie Scholl n’avait que 21 ans.

(Article paru en anglais le 20 février 2018)