Des étudiants sri-lankais discutent des prochaines réunions sur l’histoire du mouvement trotskyste

Par nos journalistes
3 octobre 2018

La campagne pour des réunions publiques au Sri Lanka cette semaine célébrant les 80 ans de la fondation de la Quatrième internationale (FI) et le 50ᵉ anniversaire du Parti de l’égalité socialiste (SEP) reçoit un soutien important des étudiants et des universitaires.

David North, président du comité de rédaction international du World Socialist Web Site et du SEP (États-Unis), prendra la parole le 3 octobre à l’Université de Peradeniya à Kandy et le 7 octobre à la nouvelle mairie de Colombo.

Les événements se déroulent au milieu de manifestations étudiantes en cours contre les infrastructures inadéquates et la privatisation de l’éducation.

Le 12 septembre, des milliers d’étudiants de l’Université Aesthetic (pour des arts visuels et du spectacle) à Colombo ont manifesté pour revendiquer que les dépenses d’éducation publique soient portées à 6 pour cent du PIB et pour que les examens obligatoires pour les étudiants qui ne maintenaient pas un taux de présence de 80 pour cent soient supprimés. Alors que les étudiants intensifient leur agitation, le gouvernement sri lankais prévoit des mesures répressives contre les manifestants.

Des étudiants en esthétique discutent des réunions de l’anniversaire du SEP

Les étudiants de Kandy et de Colombo ont discuté avec les militants du SEP des difficultés financières croissantes auxquelles ils doivent faire face, de leurs préoccupations concernant le chômage et de leur soutien aux prochaines réunions du SEP.

Senuri et Samanthi, deux étudiants en sciences de l’Université de Peradeniya, ont parlé de la hausse du coût de la vie.

« C’est cher d’acheter des repas auprès des cantines universitaires », a déclaré Senuri. « Même si elles sont bon marché, nous devons dépenser environ 200 roupies [1,02 euro] par jour pour les repas. Voyager [une fois par semaine chez nos parents] coûte 500 roupies [2,56 euros] et beaucoup d’argent est nécessaire pour faire photocopier les notes d’étude. Tous ensemble, nous avons besoin d’un minimum de 15 000 roupies par mois [76,80 euros]. J’ai besoin d’un emploi à temps partiel, mais je n’ai pas assez de temps pour cela. »

Senuri a déclaré que les étudiants en sciences avaient du mal à trouver du travail dans le secteur industriel. « Outre un diplôme, ces emplois nécessitent une qualification professionnelle supplémentaire, ce qui implique un cours de gestion des ressources humaines, qui coûte environ 40 000 roupies [204,80 euros]. Mon père est impliqué dans le commerce de la noix de coco, mais comme les prix de la noix de coco fluctuent, nous n’avons pas assez de revenus. »

Samanthi a critiqué le système de profit et ses élites dirigeantes. « Chaque gouvernement qui prend le pouvoir impose un fardeau économique aux masses. L’augmentation du coût de la vie rend la vie très difficile », a-t-elle déclaré.

« Mon père est un producteur de riz, mais il perd de l’argent à cause du coût croissant du fumier et des produits chimiques agricoles. »

Deux autres étudiantes en esthétique de Colombo ont déclaré que « l’éducation gratuite » n’existait qu’en nom.

« Nos parents doivent dépenser de grosses sommes d’argent pour notre éducation, de l’école à l’université », a déclaré l’un d’entre eux. « L’université n’a pas accordé d’argent pour nos recherches, mais si nous nous posons des questions à ce sujet, nous faisons face à de nombreux problèmes. »

Sampath

Sampath, un étudiant en arts visuels, a déclaré que les manifestations contre les attaques du gouvernement contre l’éducation publique au cours des quatre dernières années n’avaient pas permis d’obtenir les revendications des étudiants.

« Les étudiants universitaires ont organisé diverses manifestations contre la privatisation de l’éducation publique et d’autres attaques, mais n’ont rien gagné », a-t-il déclaré. « Sans une lutte impliquant les étudiants et toute la classe ouvrière, nous ne pouvons pas défendre nos droits ni assurer un avenir décent. La chose la plus importante aujourd’hui est de préparer les travailleurs et les jeunes à une telle lutte. »

Ranjith Perera, chargé de cours à l’Université Aesthetic, a déclaré que les réunions publiques de David North au Sri Lanka étaient importantes et examineraient des questions historiques cruciales.

« La crise dans le domaine des arts est l’un des aspects de la crise de l’ensemble du système capitaliste », a-t-il déclaré.

« Le gouvernement a réduit le financement de la création artistique et des expositions. Les activités artistiques ont été négligées dans les écoles. L’éducation sous le capitalisme a de graves limitations. »

« Le seul but du système éducatif d’aujourd’hui est de produire du travail pour l’exploitation par la classe capitaliste. C’est un phénomène international. Les travailleurs et les jeunes sont impatients de lutter contre cela, mais les dirigeants des syndicats et des syndicats d’étudiants les détournent d’une lutte unie. »

Randula, étudiant en dernière année d’un cours de management à l’Université de Sri Jayawardenapura, a reconnu que les réunions de l’anniversaire du SEP étaient importantes.

« Les leçons de l’histoire aident les travailleurs et les étudiants à comprendre ce qu’ils doivent faire. Ils doivent connaître les expériences de la Révolution d’octobre ».

« Après discussion avec vous, je comprends maintenant que la contradiction entre le système de l’État-nation et l’économie mondiale sous le capitalisme est la cause première de la guerre et du danger d’un conflit de guerre nucléaire », a-t-il déclaré.

(Article paru d’abord en anglais le 2 octobre 2018)