Il y a 100 ans : le poète britannique Wilfred Owen meurt au combat

Wilfred Owen, l’un des poètes les plus importants de la Première guerre mondiale, et l’un des grands poètes pacifistes toutes périodes confondues, fut tué au combat le 4 novembre 1918 lors de la traversée du canal de la Sambre à l’Oise dans le nord de la France. Il est mort une semaine seulement avant la fin des combats le 11 novembre.

Owen était né dans une famille de classe moyenne à Shropshire en 1893 et avait grandit à Birkenhead et Shrewsbury. Sa famille n’avait pas les moyens de l’envoyer à l’université, mais il parvint à suivre des cours à l’université de Reading et acquit une bonne connaissance de la littérature anglaise et française.

Après 1912, il enseigna dans une école de langues à Bordeaux en France. Il ne retourna en Grande-Bretagne qu’en octobre 1915, pour s’engager dans l’armée, on lui assigna le grade de second lieutenant.

Il participa aux combats à Serre et à St-Quentin en France de janvier à avril 1917, où il connut plusieurs situations traumatisantes. Après l’explosion d’un mortier à côté de lui, il resta inconscient parmi les cadavres de ses camarades pendant plusieurs jours. Il fut diagnostiqué avec ce que l’on appelle maintenant un trouble de stress post-traumatique et envoyé en convalescence dans un hôpital d’Édimbourg en Écosse.

C’est là qu’il se lia d’amitié avec le poète, romancier et mémorialiste pacifiste Siegfried Sassoon, qui avait lui aussi le grade de second lieutenant. Sassoon lui fit découvrir des auteurs comme Robert Graves (dont les mémoires publiées sous le titre Good-bye to all that [Adieu à tout cela] sont l’une des expressions les plus nettes des expériences de la génération qui a combattu dans cette guerre). Par l’intermédiaire de Sassoon, il a également pu rencontrer H. G. Wells et Arnold Bennett.

Sassoon encourageait Owen à incorporer ses expériences de la guerre dans sa poésie et commentait ses ébauches. Les manuscrits de 1917 montrent un développement rapide de la capacité de Owen à se saisir de ses expériences de manière artistique et à les universaliser.

Owen, contre les objections insistantes de Sassoon, avait repris le service actif à l’été 1918, alors qu’il n’y était pas obligé. Il se comporta de manière héroïque au combat et reçu la croix militaire. Sa mère reçut la nouvelle de sa mort le jour de l’armistice le 11 novembre.

Owen a composé la plupart de ses poèmes entre août 1917 et septembre 1918. Bien qu’il n’ait publié que quatre de ses poèmes de son vivant, sa poésie fut mise en avant après sa mort par Sassoon, Edith Sitwell et bien d’autres. Dans les années 1930, quand le second conflit impérialiste se préparait, il était largement reconnu comme une grande figure de la littérature, notamment parce qu’il avait si bien capturé l’horreur du premier.

(Article paru en anglais le 29 octobre 2018)

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