Cette semaine dans l'histoire

Il y a 25 ans : le traité de Maastricht crée l’Union européenne

1 novembre 2018
L'Union européenne à sa fondation en 1993

Le 1ᵉʳ novembre 1993, la Communauté économique européenne devint officiellement l’Union européenne avec l’entrée en vigueur du traité dit de Maastricht. Cet accord qui rassemblait alors 12 nations et qui fut étendu à 28 par la suite étendait les pouvoirs de Bruxelles sur les états-nations et posait les bases pour une monnaie unique européenne qui allait devenir l’euro.

Le traité de Maastricht, signé en 1991, entra en vigueur après 2 ans de campagne de la part des classes dirigeantes européennes pour le faire accepter aux populations. Dans 9 pays, cela se fit uniquement par un vote au Parlement, et ne présenta aucune difficulté étant donné le caractère bourgeois des partis au pouvoir. Mais la France, le Danemark et l’Irlande l’ont soumis à un référendum.

Si le référendum irlandais est passé largement avec 69 pour cent des voix, les danois l’ont rejeté le même mois par 50,7 pour cent des voix contre, et la France l’a adopté à une courte majorité de 50,8 pour cent en septembre 1992. Après quelques changements dans le traité, principalement pour avoir un prétexte pour un deuxième vote, les électeurs danois l’ont accepté à une courte majorité également en mai 1993.

La formation de l’Union européenne avait deux objectifs essentiels. Vis-à-vis du reste du monde, elle visait à réaliser un bloc des pays européens, dans le contexte de l’effondrement du bloc soviétique, en une entité économique dominée par l’Allemagne et la France qui serait capable défier dans le monde entier les États-Unis ainsi que les puissances montantes d’Asie, notamment la Chine et le Japon. À l’intérieur, l’objectif était de lancer un vaste programme contre la classe ouvrière en taillant dans les aides sociales et en réduisant les salaires.

Pour leur lutte contre la classe ouvrière les pays de l’UE ont utilisé des « critères de convergence » définis dans le traité : taux d’inflation, endettement et déficit public, stabilité des taux de change, et taux d’intérêts. Concrètement, les économies les plus faibles étaient soumises à un carcan financier imposé par les économies les plus fortes, surtout l’Allemagne, dont les conséquences allaient devenir très claires avec la crise de la dette de la Grèce 20 ans plus tard.

Le critère le plus connu était celui selon lequel le rapport entre le déficit public annuel et le PIB d’un pays ne devait pas dépasser 3 pour cent. Le rapport entre l’endettement total et le PIB annuel ne devait pas dépasser 80 pour cent. La plupart des pays de l’UE dépassaient au moins un de ces critères, et la menace de sanctions européennes servit à imposer des politiques d’austérité de droite sur tout le continent.

(Article paru en anglais le 29 octobre 2018)