En Allemagne, le Parti de l'égalité socialiste présente ses candidats aux élections européennes

Par Nos journalistes
7 mars 2019

Lundi, le Sozialistische Gleichheitspartei (Parti de l'égalité socialiste, SGP) a remis au directeur du scrutin fédéral de Wiesbaden les dernières signatures de soutien pour sa participation aux élections européennes. Avec 4.560 signatures valides, il a largement dépassé le nombre requis de 4.000, remplissant ainsi toutes les conditions pour participer à l’élection du 26 mai prochain avec 11 candidats dans toute l'Allemagne.

La participation du SGP à l'élection fait partie d'une offensive du Comité international de la Quatrième Internationale contre le nationalisme montant en Europe. Avec ses partis frères en France et en Grande-Bretagne, le SGP lutte pour une réponse socialiste à la crise capitaliste. « Ce n'est qu'ainsi que l'on pourra empêcher une nouvelle chute dans la barbarie fasciste et dans la guerre », affirme la déclaration électorale du SGP.

« Le fort écho que rencontra notre perspective socialiste en recueillant les signatures prouve que les travailleurs ne sont pas prêts à accepter le virage à droite de l'establishment », a déclaré Ulrich Rippert, président du SGP. « De virulentes luttes de classe éclatent partout en Europe. Il est important à présent d'armer la classe ouvrière d'un programme socialiste. »

Le parti a recueilli un nombre important de signatures lors des grèves de la semaine dernière et devant d'innombrables usines où les travailleurs font face à des licenciements massifs et à des réductions de salaire. Il eut le soutien des travailleurs parce qu'il critiquait la politique nationaliste et pro-entreprises des syndicats et prônait la mise en place de comités d'action indépendants.

À Cologne par exemple, les travailleurs de Ford sont confrontés à des suppressions d'emplois radicales dont le syndicat IG Metall porte l'entière responsabilité. La société, qui a versé 2,3 milliards de dollars aux actionnaires l'an dernier, prévoit d’éliminer 25 000 emplois au cours des prochains mois, la plupart en Europe. Le président du comité général d'entreprise de Ford en Europe, Martin Hennig, un responsable de l'IG Metall, soutient ces plans de l’entreprise pour « rendre Ford rentable ».

Les candidats du SGP ont également discuté avec les travailleurs de la sécurité aéroportuaire la façon dont les syndicats sont en train d'organiser une capitulation, alors que les travailleurs s'y opposent. Vingt-trois mille agents de sécurité ont rejeté la convention collective négociée par le syndicat Verdi, qui était très loin de satisfaire leurs revendications.

La candidate du SGP Marianne Arens pendant la grève des personnels de sécurité à l’aéroport de Francfort

Ces dernières semaines, des grèves et manifestations de masse ont eu lieu dans le secteur public des Länder (Etats fédéraux) de toute l'Allemagne. Rien qu'à Berlin, des dizaines de milliers de professeurs et d'enseignants ont pris part à ces grèves de protestation pour lutter contre l'austérité et la politique de guerre du gouvernement et contre l'aggravation constante des conditions de travail dans des écoles négligées et des crèches surpeuplées.

Les candidats du SGP ont discuté du lien entre l'austérité imposée au secteur public et la montée du militarisme, expliquant que les travailleurs sont confrontés à des défis politiques. « Les tentatives frénétiques d'empêcher une grève conjointe de tous les employés du secteur public font partie de l'agenda politique des syndicats: ils soutiennent la politique de la grande coalition des chrétiens- démocrates et sociaux-démocrates et veulent empêcher une confrontation avec le gouvernement fédéral », peut-on lire dans un communiqué du SGP.

Andy Niklaus, candidat du SGP et chauffeur de bus à Berlin à un picket de grève monté par des enseignants grévistes

« Construisez des comités d'action indépendants! » a dit à ses collègues le candidat du SGP Andy Niklaus, lui-même chauffeur de bus à Berlin. En février, des conducteurs de train, de tramway et d'autobus ont manifesté en plus des rassemblements d'enseignants, mettant la ville de Berlin à l'arrêt pendant une demi-journée. Dans un appel, Niklaus a déclaré: « Dans la crise la plus profonde du capitalisme depuis les années 1930, les travailleurs ne peuvent défendre leurs droits ni gagner aucune amélioration sans rompre avec les syndicats et prendre le combat entre leurs propres mains.

De nombreux travailleurs ont soutenu la campagne lancée par le SGP parce qu'il est le seul parti qui s'oppose sérieusement à la montée du parti d’extrême-droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) et au retour du fascisme et de la guerre. Dans une déclaration commémorant le 100e anniversaire de l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, Christoph Vandreier, tête de liste du SGP, a déclaré que si la montée du fascisme en Allemagne n'avait pas de base de masse elle était tout de même « soutenue par les plus hautes instances pour qu’elles puissent l’utiliser contre toute forme d’opposition, comme il y a cent ans. Dans ces conditions, les principes pour lesquels Luxembourg et Liebknecht se sont battus ont à nouveau aujourd'hui une très grande importance. »

Christoph Vandreier, vice-secrétaire national du SGP, en discussion avec des grévistes à Berlin

Le SGP a reçu un nombre particulièrement élevé de signatures à l'Université Humboldt de Berlin, où son organisation de jeunesse, l’International Youth and Students for Social Equality, lutte depuis des années contre la préparation idéologique à la guerre et la réhabilitation des positions de l'extrême droite. Lors des élections parlementaires étudiantes de janvier, l'IYSSE a obtenu plus de cinq pour cent des voix. Beaucoup d'étudiants connaissaient le SGP et ont signé sa pétition électorale parce qu'ils le considèrent comme un adversaire conséquent du virage à droite.

Les équipes du SGP ont également recueilli des signatures lors de plusieurs manifestations importantes comme celle contre la Conférence sur la Sécurité, il y a quelques semaines à Munich, ou aux rassemblements contre les noyades de réfugiés en Méditerranée, une conséquence directe de la politique de l'UE et celle de l’Allemagne sur les réfugiés, dirigée par le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer.

Le grand intérêt porté aux perspectives du SGP montre à quel point sera importante la campagne électorale européenne. La déclaration électorale du parti explique : « Les grèves et actions combatives des travailleurs reprennent dans toute l'Europe [...] Le SGP donne à cette opposition une voix et une perspective. Nous n'essayons pas d'atténuer les symptômes d'un système malade, mais nous préconisons le renversement du capitalisme. Le retour du fascisme et de la guerre est le résultat d'une crise profonde du système capitaliste. [...] Ce n'est que si la classe ouvrière s'unit dans toute l'Europe et se bat pour les États socialistes unis d'Europe que l'on pourra éviter la catastrophe. »

Nous exhortons tous les lecteurs du WSWS à s'inscrire dès aujourd'hui et à soutenir activement la campagne du SGP.

(Article paru d’abord en anglais le 6 mars 2019)