Il y a 75 ans

La Résistance française adopte un programme pour l'établissement d'une république bourgeoise

15 mars 2019
Combattants de la Résistance française

Le 15 mars 1944, le Conseil national de la Résistance, organisme de tutelle de la lutte contre l'Occupation nazie de la France sous la direction des puissances alliées – les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada – adoptait formellement un programme pour l'établissement d'une république bourgeoise après le renversement des forces fascistes.

L'adoption du programme s'est déroulée dans un contexte de combats brutaux et continus dans une grande partie de la France, entre un large éventail de forces de gauche et républicaines, et des troupes de choc fascistes fidèles au régime allemand et à son gouvernement collaborateur en France, basé dans la ville de Vichy, en province. Au sein de la classe ouvrière, il y avait une hostilité de masse aux crimes des fascistes, qui se traduisait par un large soutien à la Résistance.

Il y avait également des signes croissants que les forces fascistes étaient au bord de la défaite, le Troisième Reich ayant subi des défaites dévastatrices sur le front oriental, en plus de la croissance de l'opposition populaire en Allemagne et des luttes de masse de la classe ouvrière en Italie.

Le Conseil national de la Résistance fut créé en mai 1943. Ses origines remontent aux efforts du général Charles De Gaulle, reconnu par les Britanniques comme le chef d'un gouvernement français en exil, pour créer un mécanisme permettant de subordonner la Résistance à son objectif d'établir une république capitaliste à la fin de la guerre et de supprimer le mouvement révolutionnaire attendu de la classe ouvrière française. De Gaulle avait délégué cette tâche à Jean Moulin au début de 1943.

Le Conseil national de la Résistance réunit les staliniens du Parti communiste français, les dirigeants syndicaux et les politiciens ouvertement capitalistes, y compris les gaullistes. Le programme qu'il a adopté indiquait clairement que l'objectif des gaullistes, soutenus par l'impérialisme, et des staliniens, soutenus par Moscou, était la restauration du pouvoir bourgeois suite à la guerre.

Le programme préconisait une politique de «reconstruction nationale», notamment par des programmes de travaux publics et la mise en place d'un filet de sécurité sociale. Il préconisait des mesures limitées vers un développement économique plus planifié et l'expansion des programmes sociaux, notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'aide sociale. Il préconisait un régime démocratique.

Les staliniens et leurs alliés, en France et en Europe, craignaient intensément les luttes révolutionnaires émergentes de la classe ouvrière. Dans un pays après l’autre, ils ont réprimé les mouvements insurrectionnels des masses et ont cherché à rétablir un régime bourgeois stable. En France, les staliniens allaient fournir une base cruciale de soutien à la république capitaliste dirigée par De Gaulle, homme de droite, après la guerre.