Premier Mai 2019: la résurgence de la lutte des classes et la lutte pour le socialisme

Par Joseph Kishore et David North
2 mai 2019

Le Comité international de la Quatrième Internationale et le «World Socialist Web Site» saluent en ce 1er mai, jour de la solidarité internationale de la classe ouvrière, les luttes montantes des travailleurs partout dans le monde.

Les développements qui se sont produits à la veille du Premier Mai montrent le besoin urgent de l’organisation et de l’unité de la classe ouvrière au plan mondial dans une lutte commune contre les inégalités, la guerre et la réaction. L’Administration Trump a fortement intensifié son opération de changement de régime au Venezuela. Elle a encouragé Juan Guaidó à en appeler ouvertement à l’armée et à proclamer un soulèvement armé contre le gouvernement de Nicolás Maduro. Si Guaidó n’a pas réussi à renverser le gouvernement mardi, les États-Unis se servent de sa tentative pour intensifier leur campagne, non seulement contre le Venezuela, mais aussi contre Cuba et la Russie, risquant ainsi un conflit militaire régional et même mondial.

Mardi également, WikiLeaks a annoncé qu’un tribunal britannique allait condamner son fondateur, Julian Assange, pour «violation des conditions de sa liberté sous caution» et une audience aura lieu jeudi sur une demande d’extradition des États-Unis. Le mois dernier, la police britannique a saisi Assange à l’ambassade équatorienne de Londres. Si les États-Unis réussissent à mettre la main sur lui, il risque une détention illimitée ou des accusations passibles de la peine de mort.

Assange est ciblé, avec Chelsea Manning qui est actuellement derrière les barreaux pour avoir refusé de témoigner contre lui, parce qu’il a révélé les crimes de l’impérialisme américain.

Assange et Manning sont victimes du virage de plus en plus franc des élites dirigeantes capitalistes vers des formes autoritaires de gouvernement. La principale cible de leur attaque des droits démocratiques est la classe ouvrière, dont font partie les millions de réfugiés arrêtés et expulsés, et les travailleurs victimisés et persécutés parce qu’ils ont riposté aux attaques, des travailleurs de Maruti Suzuki, emprisonnés en Inde, jusqu’aux grévistes licenciés à Matamoros, au Mexique.

Ce 1er mai est dominé par trois facteurs sociaux et politiques liés entre eux.

Premièrement, il y a une résurgence de la lutte des classes dans le monde entier. Aux États-Unis, les grèves des enseignants en Californie, au Colorado, en Virginie-Occidentale, au Kentucky et dans d’autres États sont la principale composante d’une recrudescence des luttes de la classe ouvrière qui a produit le niveau de grèves le plus fort depuis 32 ans. Elles font partie d’une vague internationale de grèves enseignantes qui touche notamment les Pays-Bas, la Pologne, l’Inde, l’Iran, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Tunisie, le Zimbabwe, entre autres pays.

Parmi les principales luttes des derniers mois, on peut citer la grève de dizaines de milliers de travailleurs des ‘maquiladoras’ au Mexique, les manifestations des «gilets jaunes» en France, une grève générale en Inde, les soulèvements massifs de travailleurs et de jeunes en Algérie, au Soudan et au Zimbabwe, les grèves des travailleurs de l’automobile en Hongrie et celles du secteur public en Allemagne.

Le deuxième facteur est, dans le monde entier, le soutien croissant au socialisme. Un tel dégoût généralisé parmi la masse des gens envers l’ensemble du système social et économique ne s’était pas produit depuis les années 1930. Trente ans après la dissolution de l’Union soviétique, applaudie par l’élite dirigeante comme la fin du marxisme, le socialisme devient la préoccupation de millions de gens.

Ces sentiments sont profondément ancrés dans l’expérience historique. La fin de l’URSS fut suivie d’une guerre sans fin, de l’aggravation de la crise économique, de la concentration sans cesse croissante des richesses et de la renaissance de l’autoritarisme. Des milliards de personnes nées au cours des 30 dernières années n’ont connu que la dégradation des conditions de vie.

Le troisième facteur est le violent mouvement à droite de l’élite dirigeante. Un sentiment tangible de peur envahit la classe dirigeante. Les médias bourgeois abondent en déclarations de milliardaires qui expriment l’isolement ressenti par une élite dirigeante qui se trouve, selon les termes du directeur de fonds spéculatif Raymond Dalio, devant «une sorte de révolution». Trump semble incapable de prononcer un seul discours sans dénoncer la «menace» du socialisme ou promettre que «l’Amérique ne sera jamais un pays socialiste».

Plus le mouvement objectif de millions de travailleurs trouve son expression dans un soutien au socialisme, plus la classe dirigeante se tourne, elle, vers les méthodes de l’État policier et retourne à l’ordure idéologique et politique des années 1920, 1930 et 1940.

Partout dans le monde, les élites dirigeantes cherchent à trouver des mécanismes pour intensifier l’exploitation et pour subordonner les populations à leur préparatifs de guerre. Plus d’une décennie après le krach financier de 2008, les inégalités sociales atteignent des niveaux record et une nouvelle crise financière se profile. Les États-Unis sont engagés depuis plus d’un quart de siècle dans une guerre sans fin au Moyen-Orient et en Asie centrale et se préparent actuellement à un «conflit entre grandes puissances» avec la Chine et la Russie. Les puissances impérialistes européennes se réarment, déterminées à protéger leurs positions géopolitiques mondiales.

Aux États-Unis, Trump réagit à l’aggravation des tensions sociales et des divisions dans la classe dirigeante par des appels de plus en plus ouverts aux forces d’extrême droite, notamment à l’armée et la police, et par une affirmation du pouvoir présidentiel débarrassé des traditionnels contrôles constitutionnels. En Italie, le gouvernement de coalition inclut la ‘Ligue’ dirigée par un vice-premier ministre Matteo Salvini qui a proclamé sa sympathie pour le passé fasciste du pays et refusé de critiquer Mussolini.

Des partis d’extrême droite et ultras nationalistes sont au pouvoir au Brésil, en Inde, aux Philippines, en Hongrie, en Autriche et en Israël. De tels partis ont renforcé leur présence politique en Espagne, en France, en Suède, en Finlande, en Estonie et en Slovénie. En Allemagne, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) est le principal parti d’opposition au parlement et donne le ton à la politique du gouvernement de ‘Grande Coalition’.

Ces derniers mois ont été marqués par une série d’atrocités fascistes – le massacre de Christchurch et les fusillades de masse dans des synagogues de Pennsylvanie et de Californie – perpétrées par des néonazis inspirés en partie par la démagogie de Trump et d’autres dirigeants politiques bourgeois.

La droite néo-fasciste ne dispose pas d’un soutien de masse. Sa résurgence est le produit d’une promotion active depuis le haut et de la faillite complète des organisations et des partis qui prétendent représenter la classe ouvrière – les partis sociaux-démocrates et les syndicats. Aux États-Unis, le Parti démocrate fait tout ce qu’il peut pour détourner l’opposition populaire à Trump et l’amener derrière un programme droitier de guerre, de censure et d’austérité.

La lutte contre la guerre, contre la montée du fascisme et de l’autoritarisme, la concentration toujours plus grande des richesses, la censure d’Internet, la dégradation de l’environnement – et la défense des prisonniers de la guerre de classe comme Assange et Manning – sont indissociables de la lutte contre le capitalisme et pour le socialisme.

La question centrale qui se pose à des millions de travailleurs et de jeunes du monde entier est celle-ci : qu’est-ce que le socialisme et comment le réaliser? Les leçons politiques fondamentales tirées des expériences historiques de la classe ouvrière doivent servir de base à l’éducation d’une nouvelle génération qui entre dans la lutte. La classe ouvrière doit prendre les choses en main, prenant la direction de tous les opprimés, dans une lutte révolutionnaire contre le système capitaliste même.

L’instrument essentiel pour mener à bien cette tâche, la plus urgente de toutes, est le parti révolutionnaire, le Comité international de la Quatrième Internationale, le mouvement trotskyste mondial. Léon Trotsky a fondé la Quatrième Internationale, il y a plus de 80 ans, sur la base d’une défense de l’héritage marxiste contre le stalinisme et la social-démocratie. Les événements ont justifié sa perspective historique.

Nous appelons, en ce 1er mai, tous les travailleurs et les jeunes dans le monde à s’inscrire au Rallye international en ligne du 1er mai et à y participer les 4 et 5 mai, et à rejoindre le CIQI et le construire.

Cette cinquième édition du Rallye international en ligne du Premier Mai sera diffusée en direct dans le monde entier : à partir du samedi 4 mai, 20 h, heure de l’est des États-Unis ; en France à partir de 2 h du matin, le dimanche 5 mai. Nous exhortons tous les travailleurs et les jeunes à s’inscrire et à prévoir leur participation.

(Article paru d’abord en anglais le 1er mai 2019)