Pendant des mois, le gouvernement Biden, les médias et la grande entreprise ont promu la fiction que la pandémie de COVID-19 était pratiquement terminée.
Le mois dernier, les Centres de contrôle et prévention des maladies (CDC) ont annulé leurs conseils de port de masque; ils ont exhorté les personnes vaccinées à ne plus en porter et à ne plus respecter la distanciation sociale dans les lieux bondés. Joe Biden a affirmé que les Américains vaccinés avaient atteint la «ligne d’arrivée» de la pandémie, encourageant le public : «retirez votre masque, vous en avez gagné le droit».
«L’Amérique se dirige vers un été spectaculairement différent de l’année dernière», a écrit la Maison-Blanche au début du mois. «Un été de liberté. Un été de joie. Un été de retrouvailles et de célébrations».
Mais l’assertion absurde que la pandémie est terminée alors même que plus de 300 personnes continuent de mourir chaque jour aux États-Unis et que la maladie continue de déferler sur le globe, a été démolie lundi. Ce jour-là, le comté de Los Angeles – le plus peuplé des États-Unis – a émis une recommandation invitant les habitants à ignorer l’ordre du CDC sur le port de masques et la distanciation sociale et à prendre les mesures sanitaires recommandées par les scientifiques.
«Jusqu’à ce que nous comprenions mieux comment et à qui se propage le variant Delta, chacun doit se concentrer sur une protection maximale», a déclaré le Département de la santé du comté.
Sa décision est intervenue après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réitéré ses appels à ce que les personnes vaccinées continuent de porter des masques en public, se heurtant ouvertement au gouvernement Biden.
«Les vaccins ne suffiront pas à stopper la transmission communautaire, et nous devons veiller à ce que les gens suivent les mesures sanitaires», a déclaré la sous-directrice générale de l’OMS, Mariângela Simão, lors d’un point de presse vendredi.
L’année dernière, le gouvernement Trump avait justifié sa promotion d’une politique d’«immunité collective», notamment la réouverture prématurée des entreprises et des écoles, en affirmant faussement que la pandémie était terminée. La priorité de Trump était de faire revenir les travailleurs dans les usines et les élèves dans les écoles afin de stimuler le marché boursier.
Biden a continué à mettre en œuvre les mêmes priorités, pour les mêmes raisons. Il a exigé la reprise de l’enseignement en présentiel à 100 pour cent. Et il a refusé les protections de sécurité et de santé au travail (OSHA) contre la pandémie à presque tous les lieux de travail, tout en prétendant à tort que les enfants n’étaient pas vulnérables au COVID-19 et que les écoles n’étaient pas des vecteurs importants de la maladie.
Au cours de la semaine écoulée, il est devenu évident que le monde est en proie à une troisième vague de COVID-19, causée par un nouveau variant Delta de la maladie, découvert pour la première fois en Inde.
Dans certains pays, ce nouveau variant a causé une hausse des nouveaux cas et des décès. Au Royaume-Uni, il a entraîné une multiplication des cas par huit au cours des six dernières semaines seulement. En Russie, le nombre des morts quotidiennes a atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré tandis qu’en Afrique du Sud, le nombre des nouveaux cas quotidiens est proche du record.
Ces flambées épidémiques de certains pays entraînent une résurgence mondiale de la maladie ; la moyenne des nouveaux cas sur sept jours dans le monde a augmenté de 4 pour cent au cours de la semaine écoulée.
Les scientifiques et les experts sanitaires tirent la sonnette d’alarme, exigeant des gouvernements qu’ils reviennent sur leurs décisions de démanteler les mesures de santé publique encore en vigueur afin de pouvoir arrêter l’extension de la maladie.
«Il s’agit de la version la plus contagieuse, hyper-transmissible du virus que nous ayons vue à ce jour, sûrement ; c’est une souche hyper-contagieuse à n’en pas douter» a déclaré au magazine Scientific American Eric Topol, professeur de médecine moléculaire à la Scripps Research Institution. «Nous avons été avertis trois fois par le Royaume-Uni», a ajouté Topol en faisant référence aux précédentes épidémies, du début de 2020 et de l’hiver dernier. «Celui-ci, c’est le troisième avertissement».
Des études ont montré que le variant Delta est deux fois plus infectieux que la version originale de COVID-19. Il est de 40 à 60 pour cent plus transmissible que le variant Alpha identifié pour la première fois au Royaume-Uni.
En réponse aux derniers avertissements de l’OMS, le gouvernement Biden maintient plus que jamais sa position anti-scientifique sur le port du masque. Selon le New York Times, «un porte-parole du CDC a rappelé les directives existantes et n’a pas indiqué qu’elles allaient changer».
Mardi, les constructeurs automobiles américains et le syndicat UAW (United Auto Workers) ont annoncé un accord mettant fin au port de masques dans les usines américaines, faisant de ces espaces intérieurs surpeuplés des foyers de transmission du virus et mettant en danger la vie des travailleurs et de leurs familles.
La même intransigeance brutale prévaut dans le monde entier. Lundi, Sajid Javid, le nouveau secrétaire britannique à la Santé, a déclaré que le public devait «apprendre à vivre» avec le COVID-19, annonçant que le pays abandonnerait totalement les restrictions sanitaires dans les trois semaines.
Plus de 600.000 personnes sont mortes aux États-Unis et près de 1,1 million en Europe à cause de la politique préconisée par Javid. Si une première série de mesures de confinement avait, à l’automne dernier, permis d’enrayer la transmission du virus, la levée des restrictions et la réouverture de la production en même temps qu’apparaissait le variant dit Alpha, avaient entraîné un nouvel essor de la maladie dans le monde.
Les vaccinations ont bien contribué à réduire le nombre des cas dans le monde, mais seulement jusqu’au niveau observé lors de la pire période de la première vague à l’automne 2020. Les épidémiologistes avertissent maintenant que la population mondiale, qui en grande partie n’est toujours pas vaccinée, doit se préparer à une nouvelle résurgence mondiale de la pandémie.
Scientific American conclut que, malgré les avertissements des scientifiques, «il est irréaliste de s’attendre à ce que les dirigeants américains réimposent un confinement ou d’autres restrictions.» Mais on ne peut pas partir de ce que les «dirigeants américains» sont prêts à faire quand des millions de vies sont en danger.
La politique pseudo-scientifique d’«immunité collective» qui a guidé la réponse des gouvernements américain, britannique, suédois et autres s’est avérée être un crime monumental. Ses partisans prétendaient que plus la maladie se propageait, plus l’immunité naturelle de la population parviendrait à supprimer la maladie. C’est exactement le contraire qui s’est passé: plus la maladie s’est répandue, plus elle est parvenue à échapper non seulement à l’immunité naturelle mais encore à l’immunité offerte par les vaccins.
En abandonnant les mesures sanitaires, en empêchant les pays pauvres d’avoir accès aux vaccins et en laissant le virus se propager sans frein, les politiciens des États-Unis et du monde entier ont non seulement laissé mourir des millions de personnes, ils ont aussi sapé l’efficacité des vaccinations, l’un des meilleurs outils pour éradiquer la maladie.
Cette insanité doit cesser! L’humanité ne peut pas rester sans rien faire alors que les décès s’accumulent! Une action d’urgence est nécessaire, quel qu’en soit le coût économique pour la classe capitaliste, pour éradiquer le COVID-19 une fois pour toutes!
Alors que la pandémie se propage dans le monde, les travailleurs entreront en lutte pour exiger la mise en œuvre de mesures sanitaires vitales sur les lieux de travail et la fermeture de la production non essentielle. Pour coordonner ces luttes, le Comité international de la Quatrième Internationale appelle les travailleurs à former des comités de sécurité de la base, comme partie de la lutte pour construire l’Alliance internationale ouvrière des comités de base.
Les mesures nécessaires pour arrêter la pandémie doivent être financées par une attaque frontale de la richesse de l’oligarchie capitaliste. En 2020, le nombre de «personnes à valeur nette très élevée» (UHNWI), c’est-à-dire ceux dont la valeur nette est supérieure à 50 millions de dollars, a augmenté de près de 25 pour cent alors que des centaines de milliers de gens sont morts et que des millions sont devenus chômeurs.
La lutte pour arrêter la pandémie est indissociable de la lutte pour briser la mainmise de cette oligarchie financière sur la vie sociale et économique, en remplaçant le capitalisme par le socialisme.
(Article paru d’abord en anglais le 29 juin 2021)
