Lisa Diaz, une parente britannique, a publié samedi une autre vidéo pour appuyer sa proposition de grève des écoles le vendredi 1er octobre. Vendredi dernier, Lisa, mère de deux enfants, a publié deux vidéos ici et ici, appelant les parents à garder leur enfant à la maison le 1er octobre et à poster une photo de leur uniforme scolaire, à côté d’un masque, sur les médias sociaux le jour de la grève.
Les trois vidéos ont été vues collectivement plus de 100.000 fois.
Dans la vidéo de samedi, Lisa note que «les données actuelles de l’Office des statistiques montrent qu’un enfant sur 43 en âge de fréquenter l’école primaire et un sur 35 en âge de fréquenter l’école secondaire dans tout le pays a actuellement la COVID».
Les chiffres cités montrent une nette augmentation par rapport aux données publiées la semaine dernière par le ministère de l’Éducation qui couvraient la journée du 16 septembre, qui montraient qu’à ce moment-là, un enfant du secondaire sur 100 était infecté. Lisa demande dans la vidéo: «Et que fait le gouvernement pour protéger nos enfants? Il ramène les masques dans les couloirs uniquement et dans les écoles secondaires uniquement. D’une certaine manière, les salles de classe ne sont pas des zones communes, mais les couloirs le sont… Et l’autre chose qu’il fait, c’est plus de tests PCR pour prévenir la COVID. Comment cela va-t-il empêcher quiconque de contracter la COVID? Il va nous dire que nous avons la COVID et c’est un peu comme fermer le portail après que le cheval se soit déjà enfui».
«Donc, étant donné que le gouvernement ne fait rien pour protéger nos enfants, nous devons prendre les choses en main… nous avons besoin d’une action collective, nous devons travailler ensemble parce que notre gouvernement ne s’en soucie pas».
La semaine dernière, le responsable médical en chef de l’Angleterre, Chris Whitty, et son adjoint, Jonathan Van-Tam, ont déclaré que la moitié des jeunes de 15 à 17 ans a déjà été infectée par le virus et qu’il est «presque certain» que les autres le seront. Le 21 septembre, la commissaire à l’enfance de l’Angleterre, dame Rachel de Souza, a déclaré: «Je ne veux plus jamais voir d’écoles fermées».
Les 88 décès d’enfants victimes de Covid au Royaume-Uni ne sont que des dommages collatéraux pour le gouvernement Johnson, tandis qu’il exige que les écoles restent ouvertes pour que leurs parents puissent aller travailler et créer des profits pour les sociétés. Selon le groupe de défense des parents «SafeEdForAll» (une éducation sûre pour tous – Safe Education For All), dont Lisa est membre, 11.000 enfants souffrent de la COVID longue 12 mois après l’infection. Les conséquences à long terme de cette maladie complexe peuvent être une altération des fonctions cognitives ainsi que des dommages cardiaques et pulmonaires.
Sur les 150 enfants qui finissent à l’hôpital, 60 pour cent n’ont pas de maladie sous-jacente. Une autre conséquence effrayante de l’infection peut être le syndrome pédiatrique inflammatoire multisystémique, qui peut être mortel et qui, jusqu’en février, a entraîné 720 hospitalisations.
Environ 34 pour cent des nouveaux cas en Angleterre concernent les 10-19 ans et près de 12,5 pour cent les 0-9 ans. Le professeur Colin Davis, citant les données de Public Health England (PHE), a tweeté le 24 septembre que «le taux chez les 10-14 ans a maintenant dépassé 1000 pour 100.000. C’est hors de contrôle: les cas doublent maintenant tous les 7 jours dans ce groupe d’âge».
Lundi, à propos des plus de 100.000 enfants absents de l’école le 16 septembre, le journal The Independent a prédit: «Si le taux de croissance actuel des cas se poursuit, ce ne sera qu’une question de semaines avant que le même nombre d’enfants soient absents de l’école avec la Covid que pendant le trimestre d’été, lorsque le système de “bulles” a contraint quelque 1,1 million de jeunes à l’isolement». Le rapport note que «l’augmentation de 80 pour cent des infections chez les enfants d’une semaine à l’autre a également alimenté une hausse des cas chez les personnes âgées de 30 à 49 ans, qui s’élèvent maintenant à 286 pour 100.000.»
Il y a eu au moins 185 épidémies dans les écoles du Royaume-Uni au cours de la semaine se terminant le 20 septembre, selon les données compilées par Daniella Modos-Cutter, une parente et l’une des fondatrices de SafeEdForAll.
Le 16 septembre, 122.000 élèves étaient absents de l’école pour des raisons liées à la COVID. Et ce, malgré l’assouplissement par le gouvernement des critères déterminant quand le personnel et les élèves doivent s’auto-isoler. Les moins de 18 ans en contact avec un cas positif ne sont plus obligés de s’auto-isoler. On leur conseille seulement de faire un test PCR.
S’exprimant anonymement au journal i, un chef d’établissement a déclaré: «Nous avons constaté que le délai d’exécution du test PCR était lent, et on n’a pas invité les écoles à demander aux élèves de s’auto-isoler en attendant le résultat du test. Cela signifie que nous avons eu des élèves qui présentent des cas de Covid à l’école, ce qui a conduit à davantage d’infections… nous avons introduit notre propre système de test et de dépistage, dans lequel nous identifions les contacts proches des cas positifs et demandons à ces élèves de rester à la maison… jusqu’à ce qu’ils reçoivent la confirmation d’un test PCR négatif».
Au Pays de Galles, sur 19.916 cas chez les moins de 10 ans depuis le début de la pandémie, 5.639 l’ont été en septembre. Au début du mois, une école primaire de Cradoc a fermé ses portes après que 40 pour cent des élèves et 50 pour cent du personnel ont été déclarés positifs. Entre le 1er et le 19 septembre, 570 écoliers ont été déclarés positifs dans 77 écoles du Flintshire. Le Denbighshire voisin a enregistré des chiffres similaires.
La situation est toute aussi désastreuse en Angleterre. Pour ne citer que quelques exemples tirés des médias locaux:
Le conseil du comté de Cumbria a publié de nouvelles directives à l’intention de ses écoles, après que les 12-18 ans aient représenté le plus grand nombre de cas, suivis par le groupe d’âge des 5-11 ans. Les frères et sœurs des cas positifs ont été invités à s’auto-isoler et à passer un test PCR. Dans le Worcestershire, l’école primaire Bewdly a fermé ses portes en raison d’une combinaison de cas de COVID, de diarrhée et de vomissements. Les élèves de 4e et 6e année ont repris l’apprentissage en ligne jusqu’au 30 septembre. Dans le Cambridgeshire, plus de 521 enfants ont été déclarés positifs dans 133 établissements la semaine dernière. Dans le Warwickshire, on a signalé 700 cas parmi les enfants, soit une augmentation de plus de 200 cas en une semaine.
La situation désespérée dans une école a été décrite dans ce tweet sur SafeEdForAll: «182 résultats positifs au test PCR. 79 LFTs supplémentaires [tests de flux latéraux] en attente des résultats des PCR. L’école compte 700 élèves. 8 membres du personnel en congé. Le directeur de l’école a été informé par PHE [le service de Santé anglais] et DEF [ministère de l’Éducation] qu’il ne pouvait pas fermer l’école, quel que soit le nombre d’élèves absents, mais l’école a fermé, car il n’y avait pas assez de personnel pour enseigner. Les médias n’en ont pas parlé».
Un autre tweet disait: «C’est pourquoi nous avons besoin d’une #SchoolStrike2021. Pour protéger les services du NHS (service de Santé national anglais) et empêcher que cela ne se produise. La propagation dans les écoles signifie la propagation dans les communautés signifie des personnes malades qui attendent dans les stationnements des hôpitaux. Cela peut s’agir de votre enfant, sans médecin et sans lit disponible pour le soigner. Ce n’est pas acceptable».
Samedi, devant la bibliothèque centrale de Manchester, les membres du Parti de l’égalité socialiste ont distribué la déclaration du WSWS, «L’éradication du COVID-19 est le seul moyen d’arrêter la pandémie» et l’article «Lisa Diaz, parent britannique, appelle à une grève des écoles le 1er octobre».
Isabel du Brésil, qui travaille en Grande-Bretagne depuis trois ans, a déclaré: «Je soutiens la grève des écoles, mais le gouvernement doit apporter un soutien financier pour que les parents puissent rester à la maison avec les enfants. Les parents doivent avoir un moyen de soutenir leurs familles. Mon entreprise oblige tout le monde à retourner au travail, que nous pourrions faire de la maison».
Faisant référence à l’expérience barbare menée par le gouvernement brésilien avec les «trousses de médicaments Covid-19» qui ont tué des centaines de personnes, elle a déclaré: «[Jair] Bolsonaro a été condamné par les médias, en dehors de ceux qui sont payés par lui [pour] avoir essayé de prouver qu’on peut obtenir un traitement précoce pour prévenir la Covid».
«Au Brésil, la situation est très mauvaise. En Europe, la vaccination est très avancée, dans d’autres pays, les gens ne sont pas vaccinés et le virus crée de nouveaux variants. Si nous continuons à créer de nouveaux variants, il nous atteindra. Nous devons garantir que tous les habitants du monde soient vaccinés, et pas seulement ceux qui en ont les moyens».
«Ce n’est que le début. On avait l’habitude de dire que le virus ne touchait que les personnes âgées, mais le nouveau variant touche davantage les jeunes.»
(Article paru en anglais le 28 septembre 2021)
