Cheminots, agents de la sécurité des aéroports en lutte pour des augmentations

Les travailleurs à la SNCF et les agents de la sécurité des aéroports en France font grève contre la dégradation des conditions de travail et pour des hausses de salaires. Ces grèves font partie d’une résurgence internationale de la lutte des classes contre les attaques menées par l’État et le patronat pendant la pandémie de Covid-19.

Un mouvement national et interprofessionnel à l’appel de la CGT Cheminots et de Sud Rail a débuté mercredi pour réclamer des hausses de salaire alors que se tiendra une réunion de négociation annuelle obligatoire sur les rémunérations entre syndicats et direction. Selon les syndicats, la direction de la SNCF souhaite imposer en 2021 une septième année de gel des salaires.

Plusieurs lignes de RER et de Transilien seront perturbées. Circule 4 trains sur 5 sur le RER B et 3 trains sur 4 sur le RER D et sur la ligne N 1 train sur 2 roulera. En province aussi des perturbations sont prévues. En Occitanie, la grève a commencé le 16 novembre et en région PACA, le trafic sera perturbé sur l’ensemble de la région du 16 au 18 novembre.

Après avoir été en grève les 11 et 26 octobre, les agents de gare de la SNCF en Île-de-France seront en grève le 1er décembre contre la nouvelle réorganisation du travail qui prévoit des licenciements et une charge de travail supplémentaire qui devrait être mise en place en avril 2022.

Depuis le 16 novembre et pendant trois jours, les agents de la sécurité aéroportuaire font grève contre la renégociation des accords de branches qui prévoit entre autre de nouvelles restrictions de la PSA (13e mois). Cette grève touche les aéroports de Roissy, Toulouse, Marseille, Mulhouse, Clermont-Ferrand, Lyon ou encore Nice avec des taux de grévistes avertis entre 70 et 100 pour cent.

Selon Nordine Kebbache, délégué CGT-Transdev Roissy, les salariés des différentes entreprises sous-traitantes de la sécurité et de la sûreté aéroportuaire réclament «plus que le maintien de la PSA, une augmentation de 10 pour cent des salaires, des améliorations des conditions de travail ou l’obtention de la prime Macron par exemple.»

L’aristocratie financière internationale réagit à la pandémie en restructurant l’économie mondiale pour imposer des salaires de misère et détruire des emplois massivement. La hausse des prix en raison des pénuries des matières premières touche tous les aspects de la vie des travailleurs qui voient leur salaire réel baisser. En même temps, la fortune collective des milliardaires a augmenté scandaleusement de 5.000 milliards à 13.000 milliards de dollars en douze mois, alors que la pandémie faisait des millions de morts dans le monde.

En France, en l’espace de 10 ans, les 500 plus grandes fortunes de France ont vu leur patrimoine tripler passant de 211 à 731 milliards d’euros soit 30 pour cent du PIB de la France.

Ces grèves dans les transports et la sûreté aéroportuaire s’inscrivent dans la montée de la lutte des classes contre les attaques menées par les classes dirigeantes pendant la pandémie. L’été dernier, les cheminots allemands ont mené des semaines de grève et les conducteurs de bus privés en Grande Bretagne ont été en lutte le mois dernier. Aux Etats-Unis, les travailleurs du secteur automobile ont rejeté les accords pourris négociés entre le syndicat UAW et Volvo Trucks à plusieurs reprises et ont fait grève pendant des semaines en une rébellion contre l’UAW tout comme chez l’équipementier John Deere en lutte actuellement.

En France, le mois derniers les conducteurs de bus de la société Transdev en Seine-et-Marne et dans le Val d’Oise ont fait grève pendant plusieurs semaines contre la nouvelle organisation du travail menaçant de paralyser la région Île-de-France. Les éboueurs de la métropole Aix-Marseille ont fait grève pendant plus de deux semaines contre l’augmentation du temps de travail. Craignant la combativité des travailleurs des transports, la présidente de la région Île de France aussi candidate à la primaire de la droite Valérie Pécresse avait menacé de casser la grève des conducteurs de bus en envoyant la police contre les piquets de grève.

Cependant les revendications légitimes des travailleurs ne peuvent être menés par un mouvement organisé par les organisations syndicales. Ces dernières lancent des appels à la grève qui n’ont pas pour but de développer un mouvement contre la politique de Macron et de l’UE, mais parce qu’ils veulent canaliser la montée de la radicalisation internationale des travailleurs qui trouve un puissant écho en France.

Discrédité par des décennies de trahisons, les syndicats cherchent ainsi une certaine crédibilité auprès des travailleurs tout en négociant la dégradation des conditions de travailleurs et la baisse réel des salaires avec le patronat. Cette politique s’inscrit dans le cadre de la stratégie «d’apprendre à vivre avec le virus» préconisée par les gouvernements européens, qui exigent la reprise du travail et la réouverture des écoles. Ceci expose les travailleurs et leurs enfants à un danger mortel alors que l’Europe se trouve être de nouveau l’épicentre de la pandémie mondiale.

La lutte pour la défense des acquis sociaux est étroitement liée à une lutte contre la pandémie mondiale. Pour casser la dynamique de la contagion en mars de 2020, il a fallu que la classe ouvrière se mobilise indépendamment des syndicats et des partis parlementaires, donnant lieu à des grèves sauvages aux Etats-Unis, en Italie et au Royaume-Unis pour exiger que les travailleurs puissent se mettre à l’abri. Craignant une explosion sociale, les gouvernements se sont résignés à adopter des confinements stricts en mars 2020.

Les grèves étaient initié par des mouvements spontanés, la bourgeoisie avec l’aide des organisations syndicales ont pu préparer leur plan de relance de plusieurs milliers de milliards et le retour prématuré au travail et la réouverture des écoles, sans mesures pour empêcher le retour du virus. Ceci a produit une vague de morts d’un transfert des richesses sans précédent du bas vers le haut de la pyramide sociale. La complicité des syndicats avec Macron et l’UE a favorisé le renouveau de l’épidémie, malgré la dynamique de circulation du virus cassée par le confinement.

La lutte pour des hausses de salaires pour contrer l’inflation et contre la pandémie pose la question de créer des organisations indépendantes de la classe ouvrière en rupture avec les vieilles organisations. Ce sont les comités d’actions. Ces organisations, en formant l’Alliance internationale ouvrière des comités de base, pourront et lutter contre la pandémie et pour le transfert du pouvoir aux travailleurs pour exproprier l’aristocratie financière.

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