Le gouvernement britannique annonce le premier décès confirmé du variant Omicron dans le monde

La Grande-Bretagne a annoncé le premier décès publiquement confirmé dans le monde du variant Omicron de la COVID-19.

S’exprimant lundi au centre de vaccination Stowe Health, dans l’ouest de Londres, le premier ministre Boris Johnson a déclaré: «Malheureusement, oui, Omicron entraîne des hospitalisations et malheureusement, le décès d’au moins un patient a été confirmé».

«L’idée que c’est en quelque sorte une version plus bénigne du virus, je pense que c’est quelque chose que nous devons mettre de côté», a-t-il admis.

Il n’aura fallu que 16 jours depuis que le variant Omicron a été détecté pour la première fois en Grande-Bretagne, deux personnes à Chelmsford et Nottingham le 27 novembre, pour qu’il soit quasi dominant à Londres, qui compte 10 millions d’habitants, et fasse son premier mort.

Dimanche soir, Johnson a confirmé dans une allocution télévisée que des hospitalisations dues à Omicron avaient eu lieu en Grande-Bretagne. L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a déclaré lundi que 10 personnes se trouvaient hospitalisées en raison du variant en Angleterre et que ces personnes avaient été diagnostiquées lors de leur admission ou avant.

L’UKHSA a précisé que les personnes hospitalisées venaient de tout le Royaume-Uni et que leur âge variait entre 18 et 85 ans. Confirmant la dangerosité d’Omicron, elle a précisé que la majorité des 10 personnes hospitalisées avaient déjà reçu deux doses de vaccin. Avec 1.576 autres cas d’Omicron signalés lundi, on compte 4.713 cas confirmés du variant en Grande-Bretagne.

Le ministre de la Santé, Sajid Javid, a déclaré à l’émission «Today» de BBC Radio: «Ce variant se développe à une vitesse phénoménale. Nous n’avons jamais rien vu de tel auparavant. Nous attendons un million d’infections d’ici la fin du mois».

Il a ensuite déclaré au Parlement que le variant représentait déjà 44 pour cent des cas de COVID à Londres et 20 pour cent des cas dans toute l’Angleterre. Il a ajouté: «nous nous attendons à ce qu’il devienne le variant dominant de la COVID-19 dans la capitale dans les 48 prochaines heures».

Même ces chiffres ne représentent pas exactement la propagation de la souche la plus virulente de COVID jamais détectée. Javid a déclaré au Parlement qu’il est estimé, sur la base d’une modélisation, que le nombre actuel d’infections quotidiennes à l’Omicron est d’environ 200.000. Cela équivaut à 1,4 million par semaine, ou au moins 6 millions par mois au taux d’infection actuel.

Des personnes font la queue dans un centre de vaccination à Romford, dans l’est de Londres, le 13 décembre 2021. Les gens doivent attendre environ 120 minutes pour un vaccin de rappel dans ce centre. (WSWS Media)

Le Daily Mail rapporte que les données gouvernementales montrent que «les cas augmentent de 48 pour cent par semaine dans les arrondissements les plus touchés de la capitale, qui comprennent Barking et Dagenham, Hackney et City of London et Greenwich. Parallèlement, les taux d’infection les plus élevés, où 0,7 pour cent de la population locale a subi un test positif au cours de la semaine écoulée, se trouvaient à Sutton, Richmond-upon-Thames et Bromley.»

Si le décès britannique dû à Omicron se trouve le premier annoncé par un gouvernement, la propagation du variant au niveau mondial est telle qu’il est très probable que de nombreuses personnes en soient déjà mortes ailleurs dans le monde. Le variant est présent dans au moins 57 pays sur tous les continents, dont 11 en Afrique.

En Afrique du Sud, on observe une forte augmentation de la surmortalité dans le pays depuis la détection d’Omicron. L’Afrique du Sud a signalé pour la première fois le variant Omicron (B.1.1.529) à l’Organisation mondiale de la santé le 24 novembre 2021. Selon un rapport du Conseil sud-africain de la recherche médicale publié la semaine dernière, les décès excédentaires ont presque doublé au cours de la semaine commençant le 28 novembre. On a enregistré quelque 2.076 décès excédentaires hebdomadaires de causes naturelles, contre 1.091 décès excédentaires de causes naturelles la semaine précédente. Les données qui montrent cette énorme augmentation proviennent d’une semaine qui a commencé quatre jours seulement après la première détection du variant, qui circulait déjà dans la population auparavant.

Bien que le gouvernement du Congrès national africain n’ait reconnu aucun décès lié à Omicron dans un hôpital, l’augmentation marquée du nombre de décès excédentaires indique que de nombreuses personnes sont tuées par le variant à domicile.

Face à la propagation stupéfiante de la COVID en Grande-Bretagne, le gouvernement conservateur de Johnson réagit comme il l’a fait tout au long de la pandémie en poursuivant une politique d’immunité collective qui a déjà coûté près de 170.000 vies. Lorsqu’on a détecté le virus pour la première fois, Johnson a déclaré que ce n’était même pas nécessaire d’imposer des mesures limitées du plan B et que la situation serait réexaminée dans trois semaines. Comme il n’a rien fait, le virus s’est propagé sans entrave dans toute la population, exacerbé par la période d’achats d’avant Noël. Comme on pouvait s’y attendre, Omicron a tué le premier Britannique bien avant la fin des trois semaines.

Dans le cadre du Plan B, le port du masque est obligatoire à partir de vendredi dans la plupart des lieux couverts, y compris les théâtres et les cinémas, mais pas les pubs, les clubs et les restaurants. Un passeport vaccinal ou la preuve d’un test négatif sera nécessaire pour entrer dans les boîtes de nuit et autres lieux où de grands groupes de personnes peuvent continuer à se rassembler, y compris dans les lieux extérieurs qui accueillent plus de 10.000 personnes. Ni le Plan B ni l’annonce faite dimanche par Johnson d’une intensification du déploiement des rappels de vaccination arrêteront la propagation du variant, l’économie restant entièrement ouverte, y compris tous les réseaux de transport public, ainsi que les écoles.

La saison de football est autorisée à se poursuivre, bien que les clubs aient signalé un nombre record de cas de COVID parmi les joueurs et le personnel régulièrement testés, et que des dizaines de milliers de partisans soient rassemblés dans les stades. Manchester United, qui compte tellement de cas de COVID qu’il pourrait ne pas être en mesure de participer à un match cette semaine, a un stade d’une capacité de 75.000 places et affiche complet à chaque match.

Bien que l’on sache depuis des mois que l’on doit s’attendre à une recrudescence des cas de COVID en hiver, même sans nouveau variant, le gouvernement n’a rien mis en place. Les responsables du National Health Service (NHS), qui avaient auparavant été informés que toutes les personnes âgées de plus de 30 ans devaient être vaccinées dans un délai de sept semaines, ont soudainement appris au cours du week-end qu’ils devaient vacciner toutes les personnes âgées de plus de 18 ans en seulement trois semaines – soit plus de 20 millions de personnes.

Comme on pouvait s’y attendre, le plan d’accélération des rappels a connu une crise dès son premier jour, lundi, le site Internet dédié du NHS est tombé en panne alors que des millions de personnes tentaient de prendre des rendez-vous. D’immenses files d’attente se sont formées à l’extérieur des centres de vaccination, les gens attendant des heures dans le froid hivernal, y compris à l’hôpital de Saint Thomas à Londres qui est adjacent au mur commémoratif national Covid.

Des personnes font la queue pour se faire vacciner contre le coronavirus à l’hôpital Saint-Thomas, derrière le National COVID Memorial Wall au premier plan, à Londres, le lundi 13 décembre 2021. De longues files d’attente se sont formées dans les centres de vaccination en Grande-Bretagne tandis que les gens répondaient à l’appel du gouvernement pour que tous les adultes reçoivent des injections de rappel pour se protéger contre le variant Omicron du coronavirus. Le premier ministre a annoncé lundi que le variant avait causé au moins un décès. (AP Photo/Matt Dunham)

Étant donné qu’une partie importante des députés du Parti conservateur au pouvoir avait obtenu de Johnson, il y a plusieurs mois, que toute mesure COVID ayant un impact sur l’économie devait être approuvée par le Parlement, le Plan B de Johnson ne sera pas voté avant mardi soir. Selon les reportages, jusqu’à 75 députés conservateurs sont prêts à voter contre l’ensemble ou une partie des mesures limitées, le gouvernement devant compter sur le soutien de l’opposition travailliste pour faire passer la législation.

Pour rassurer les rebelles du Parti conservateur et les entreprises, Javid a souligné que «même avec le Plan B, nous avons toujours beaucoup moins de restrictions en place que l’Europe».

Le fait que le gouvernement reste attaché à un programme d’immunité collective et au fait que la COVID devienne endémique dans la population a été confirmé par la déclaration maniaque de Downing Street lundi selon laquelle les écoles doivent rester ouvertes jusqu’à la fin du trimestre et qu’il n’ordonnerait leur fermeture qu’en cas de «grave urgence».

Hier, le Parti travailliste a réaffirmé son soutien à un gouvernement qu’il a maintenu au pouvoir pendant toute la durée de la pandémie grâce à une politique de «critique constructive». Le secrétaire d’État à la Santé de l’opposition, Wes Streeting, a déclaré que l’objectif gouvernemental d’un million de vaccinations de rappel par jour au cours des prochaines semaines était peut-être impossible à atteindre, «mais nous saluons l’ambition». Il a ajouté, à propos du National Health Service, qui manque de ressources, dont le personnel n’est pas en mesure de faire face à la situation et qui ne dispose toujours pas d’un accès complet et systématique au plus haut niveau d’ÉPI nécessaire pour traiter les victimes de la COVID: «Si quelqu’un peut le faire, c’est bien le NHS, et le pays tout entier l’encouragera et ne lui reprochera pas d’essayer».

Le Parti travailliste a rendu un autre service au gouvernement lundi, en facilitant sa volonté de mettre fin à toutes les restrictions de voyage pour ceux qui arrivent en Grande-Bretagne. Le député travailliste, Ben Bradshaw, s’est plaint qu’elles étaient «très draconiennes, coûteuses et complexes». Javid a répondu: «Je pense que [Bradshaw] soulève un très bon point, étant donné que nous savons déjà que le variant Omicron est en train de devenir rapidement le variant dominant dans notre capitale, se propageant rapidement dans tout le pays, la justification pour avoir ces règles est donc minimisée. C’est une question que j’ai déjà soulevée avec mes collègues du ministère des Transports et j’espère que nous pourrons agir rapidement».

(Article paru en anglais le 14 décembre 2021)

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