Omicron n’est pas «bénin»

Alors que le gouvernement Biden abandonne toute prétention d’arrêter la propagation de la COVID-19, la Maison-Blanche et les médias bourgeois ont adopté un nouveau slogan pour justifier l’infection massive de la population: le variant Omicron qui submerge les hôpitaux et tue des centaines d’Américains chaque jour est «bénin».

Un patient âgé est allongé sur le sol du service des urgences de l’hôpital Royal Bournemouth au Royaume-Uni en novembre, avant la vague d’Omicron. (Photo: WSWS Media)

«Un cas de COVID-19 pour une personne entièrement vaccinée et renforcée ne signifiera très probablement aucun symptôme ou des symptômes légers similaires à ceux des virus respiratoires communs», a déclaré le président américain Joe Biden le 21 décembre, assimilant de fait la pandémie qui a tué 855.000 Américains à un simple rhume.

Omicron entraînera «des légions de cas asymptomatiques, bénins et non testés», écrit le cadre financier Rob Arnott dans une chronique du Wall Street Journal. Cela amène ce dernier à demander, sans ironie, «Devrais-je essayer d’attraper le variant Omicron de la Covid pour faire avancer la cause de l’immunité collective»?

«Omicron est plus bénin», déclare David Leonhardt dans une chronique du New York Times publiée mercredi, qui utilise huit fois le terme «bénin».

«Parce qu’il est plus bénin que les versions antérieures du virus, la COVID semble maintenant présenter moins de menaces pour la plupart des personnes âgées vaccinées que la grippe annuelle», affirme Leonhardt, ajoutant: «la COVID ressemble de plus en plus au type de risque sanitaire que les gens acceptent tous les jours».

Tout cela constitue cependant, selon Maria Van Kerkhove, responsable technique de la réponse à la COVID-19 à l’Organisation mondiale de la santé, une désinformation «dangereuse».

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«Il est dangereux de suggérer qu’Omicron n’est qu’une maladie “bénigne”», a déclaré Van Kerkhove. «Le nombre de cas est stupéfiant… même avec un risque plus faible, les hôpitaux seront débordés».

«Omicron n’est pas une maladie bénigne. Omicron n’est pas un simple rhume. Et cette rhétorique, cette histoire qui circule, est dangereuse et mortelle».

«Omicron et Delta infectent des personnes, ils envoient des gens à l’hôpital, et s’il y a un grand nombre de cas, il y aura une augmentation des hospitalisations».

«Ce virus, Omicron, atteindra les populations vulnérables, il atteindra les populations plus âgées, et on verra une augmentation des décès parmi ces individus. Donc suggérer qu’Omicron n’est qu’une infection bénigne, c’est vraiment dangereux».

«Nouvelle année, nouvelles illusions. “C’est bénin”. Tortues à l’infini*», soupire le virologue Kristian G. Anderson, comparant le flot incessant de désinformation sur la COVID-19 à une régression infinie. [* roman de John Green]

Comme l’a souligné la biologiste du développement Malgorzata Gasperowicz il y a plus d’un mois, «un virus qui se propage plus rapidement, même s’il est bénin, pourrait causer beaucoup plus de décès». Mais Omicron n’est «pas bénin» parce que «La transmission. Est. Le plus important». Et Omicron est massivement transmissible.

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Ses avertissements se sont avérés catastrophiquement corrects avec la propagation de la maladie:

  • Jeudi, il y avait 126.000 patients hospitalisés pour la COVID-19 aux États-Unis. Aujourd’hui, à la fin de la journée, le nombre de personnes hospitalisées dépassera le niveau le plus élevé jamais atteint. Les hôpitaux débordés annulent les procédures électives et renvoient prématurément les patients malades, tandis que ceux qui se rendent aux urgences sont obligés d’attendre pendant des heures.
  • Les Centres de contrôle et de prévention des maladies prévoient qu’au cours du mois prochain, le nombre de décès augmentera rapidement pour atteindre 3.500 par jour vers la fin du mois de janvier, ce qui est proche du chiffre le plus élevé depuis le début de la pandémie.
  • Les hospitalisations d’enfants pour la COVID-19 sont montées en flèche, 672 enfants étant hospitalisés chaque jour aux États-Unis, soit plus du double de la semaine précédente.
  • Rien n’indique qu’Omicron implique une réduction du nombre de cas de COVID longue, ce qui signifie potentiellement que des millions de personnes seront affaiblies pendant des mois, des années, voire leur vie entière.

La réalité est que l’utilisation du terme «bénin» pour décrire la COVID-19 ne provient pas du lexique des scientifiques qui étudient la maladie, mais du domaine publicitaire.

L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a depuis longtemps mis en garde contre le fait que «les produits du tabac étiquetés ou faisant l’objet de publicité avec le» terme «mild… induisent le public en erreur en lui faisant croire que ces produits causent moins de problèmes de santé que les autres cigarettes. Or, ils présentent toujours un risque important pour la santé».

La technique utilisée par les grandes compagnies de tabac pour vendre la mort sous la forme de cigarettes a maintenant été adoptée par les médias et le gouvernement fédéral pour vendre la mort sous la forme de maladie de masse.

Il existe certains lieux communs utilisés par les médias américains pour que l’inhumain et l’immoral semblent familiers et ordinaires. Interrogatoire «renforcé». Tueries «ciblées». Les milices «modérées» liées à Al-Qaida et parrainées par les États-Unis en Syrie.

De même, l’énorme pouvoir des médias américains a été utilisé pour faire accepter à la population la mort à grande échelle. Un article d’Ezekiel Emanuel, dont le précédent titre de gloire était d’avoir déclaré que la «société» se porterait «mieux» si les gens ne vivaient pas plus de 75 ans, affirme que le gouvernement ne devrait même plus prendre la peine de compter les décès dus à la COVID-19.

Mais en dépit de toutes les manipulations, de tous les mensonges et de toutes les dissimulations, la pandémie est bien réelle. Près d’un million de personnes sont mortes rien qu’aux États-Unis. Et des centaines de milliers d’autres mourront si aucune mesure urgente n’est prise.

(Article paru en anglais le 7 janvier 2022)

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