Interrogée sur France Info à propos du mouvement des « convois de la liberté » exigeant la levée des restrictions sanitaires, Nathalie Arthaud, candidate LO à la présidentielle l’estime «salutaire». LO cherche ainsi à légitimer un mouvement organisé à l’appel de l’extrême-droite, en prétendant que ce convoi – qui appelle en réalité à une politique sanitaire produisant des infections en masse – défend les intérêts de la classe ouvrière.
Des convois se sont rejoints sur Paris ce week-end où ils étaient interdits par la préfecture de Paris. Ces convois n’ont pas eu le succès espéré par les organisateurs, n’ayant aucun soutien parmi les travailleurs. Pourtant, sur la chaîne d’information France Info, Arthaud présente ces convois comme une « dénonciation de la flambée des prix de l'essence, des super profits de Total, de la précarité, des bas salaires. Ils ont raison de se battre et je les applaudis de s'inviter dans cette campagne électorale. Ça fait du bien d'entendre enfin parler des problèmes des classes populaires ».
Et elle poursuit : « L'augmentation du prix de l'essence, c'est la volonté des trusts pétroliers. En réalité Total augmente les prix de l'essence et c'est ce qui fait ses super profits. Je pense que les travailleurs doivent payer zéro taxe et il faudrait les compenser par la confiscation d'une partie des profits. Donc, ce mouvement met tout ça sur la table ».
Enfin Nathalie Arthaud avance une liste décousue de revendications : « Les travailleurs doivent pouvoir revendiquer des augmentations de salaires à la hauteur et des augmentations des pensions de retraite comme on n'en a pas vu depuis 52 ans. Le Smic doit être à 2.000 net par mois, cela doit être un minimum pour les salaires et les pensions de retraite. Il faut embaucher dans les écoles, dans les hôpitaux et il faut mieux payer les aides-soignantes, les ouvriers, ils portent la société, ils devraient être prioritaires ».
Nathalie Arthaud falsifie l’origine et le caractère de classe de ce mouvement en le traitant de « contestation sociale » contre la vie chère. S’inspirant du « Convoi de la liberté » canadien, qui lui est lié aux forces d’extrême-droite impliquées dans la tentative de coup d’État de l’ancien président américain Donald Trump le 6 janvier 2021 à Washington, des convois ont été organisés à travers l’Europe par des organisations liées aux partis d’extrême-droite comme QAnon ou des zemmouristes qui ont fait campagne contre la vaccination l’année dernière.
Les forces derrière ce mouvement réactionnaire sont les mêmes qui sont derrière la lettre des anciens généraux et des officiers d’active qui appellent à une intervention sur le sol français. Elles participent aux préparatifs d’une dictature aux plus hauts niveaux de l'État et de l'appareil militaire, représentant des sections puissantes de l’aristocratie financière.
Les revendications des « convois de la liberté » visent à accélérer l’élimination des mesures sanitaires contre la COVID-19, ce que font déjà les gouvernements européens.
Malgré l’interdiction des convois sur Paris, Macron a dit comprendre ce mouvement. Il a déclaré : « Nous sommes tous collectivement fatigués par ce que nous vivons depuis deux ans. Cette fatigue s’exprime de plusieurs manières : par du désarroi chez les uns, de la dépression chez d’autres. On voit une souffrance mentale très forte, chez nos jeunes et moins jeunes. Et parfois, cette fatigue se traduit aussi par de la colère. Je l’entends et la respecte ».
LO, tout comme les autres partis de pseudo-gauche, essaie d’aligner les travailleurs en colère et désespérés derrière l’extrême-droite. LO l’avait fait l’été dernier lors des manifestations antivaccin organisés par l’extrême droite ; à présent, LO tente de les jeter derrière les « convois de la liberté ».
Alors que la pseudo gauche dénonçait le mouvement des gilets jaunes comme un mouvement poujadiste, Arthaud n’a pas cherché à expliquer la différence qui justifiait son opposition au mouvement des gilets jaunes et leur soutien accordé aux « convois de la liberté ».
Le mouvement des « gilets jaunes », poussé par la sympathie de larges masses de travailleurs, a entraîné des indépendants et des petits patrons, dont les conditions de vie sont plus proches des travailleurs, débordant les organisations syndicales et la pseudo gauche. Ce mouvement, bien que se définissant comme « apolitique », portait des revendications ouvrières. Ce mouvement, qui se déroulait en même temps qu’une série de grèves aux USA, a initié une vague de manifestations et de grèves sur les cinq continents contre les inégalités sociales.
LO est une organisation nationaliste et anti-ouvrière intégrée dans la bureaucratie syndicale. Elle participe aux fermetures d’usines, aux licenciements et aux attaques contre les acquis sociaux des travailleurs ainsi qu’au cadre du plan de relance de Macron et de l’UE et de la politique officielle d’infection de masse sur la pandémie.
Un gouffre sépare LO, qui soutient le mouvement d’extrême droite pour la levée des restrictions sanitaires, de l’opposition de la classe ouvrière et des jeunes à la politique d’infection de masse, alors qu’une nouvelle vague du coronavirus fait des milliers de morts chaque semaine en France.
Dans le contexte de la pandémie et d’une crise capitaliste mondiale sans précédent, les partis de la pseudo-gauche glissent vers l’alliance avec des forces d’extrême-droite avec lesquelles ils nouent des liens. Hostile à une orientation marxiste et internationaliste, LO subordonne les intérêts historiques de la classe ouvrière aux intérêts de la bureaucratie syndicale en la soutenant comme la seule organisation à pouvoir décréter une mobilisation des travailleurs.
Lorsqu’elle craint qu’un mouvement ne se développe en dehors du contrôle de la bureaucratie syndicale, LO ne cherche pas à construire une alternative de gauche et internationale aux bureaucraties nationales, mais se tourne vers les mouvements organisés par l’extrême droite.
Les problèmes économiques des travailleurs ne peuvent pas être résolus par les manifestations d’extrême-droite que soutient LO. Elles exigent une politique qui ne fera que prolonger indéfiniment cette pandémie et son cortège de morts et de dislocations économiques. Les travailleurs doivent s’opposer à ces mouvements et convaincre les travailleurs victimes d’illusions sur les « convois de la liberté » de la nécessité d’une lutte scientifique contre le virus.
Ceci nécessite de rompre avec la pseudo gauche et notamment avec LO, qui mène une propagande mensongère pour entretenir une confusion parmi les travailleurs et ainsi saboter une lutte pour l’éradication de la pandémie. Pour cela les travailleurs doivent créer leurs propres organisations indépendantes, une Alliance ouvrière internationale des comités de base, et construire des partis révolutionnaires en rejoignant les Partis de l’égalité socialiste, sections nationales du CIQI.
