Bonnie Henry: le visage public de la politique pandémique d’infection et de décès de masse de la Colombie-Britannique

La Dr Bonnie Henry (Flickr/Province de la Colombie-Britannique)

La Colombie-Britannique, troisième province la plus peuplée du Canada, a annoncé jeudi [10 mars 2022] qu’elle mettait fin à l’obligation de porter un masque à compter de vendredi à 0h01, et que la seule mesure d’atténuation substantielle de la COVID-19 qui lui reste, le passeport vaccinal, prendra fin le 8 avril.

L’annonce de jeudi n’est que la dernière d’une série de décisions prises par les provinces d’un bout à l’autre du pays au cours des cinq dernières semaines, qui mettent effectivement en œuvre la demande du «convoi de la liberté», un mouvement d’extrême droite, d’éliminer toutes les mesures de santé publique contre la COVID et de laisser le virus potentiellement mortel se propager.

La Colombie-Britannique est dirigée par un gouvernement du Nouveau Parti démocratique (NPD). Le NPD, ses partisans au sein de la bureaucratie syndicale et de diverses organisations de la pseudo-gauche, ainsi que les médias contrôlés par les entreprises ne se lassent pas de présenter ce parti favorable à la grande entreprise comme «progressiste» et «de gauche». Pourtant, sa réaction à la pandémie, qui est pratiquement impossible à distinguer de celle des gouvernements très à droite de l’Alberta, de l’Ontario et du Québec, raconte une histoire très différente. Tout au long de la pandémie, le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique, dirigé par John Horgan, a donné la priorité aux profits plutôt qu’à la protection de la vie humaine. Il a permis à la plupart des entreprises des secteurs économiques clés de continuer à fonctionner pendant chacune des cinq vagues successives d’infection de masse qui ont frappé la province, et a insisté pour que les cours en présentiel dans les écoles se poursuivent à tout prix. Au niveau fédéral, le NPD, avec l’appui inconditionnel des syndicats, a soutenu le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau, qui a supervisé la politique de retour au travail et à l’école de l’élite dirigeante, responsable de plus de 37.000 décès officiels dus à la COVID. Le véritable chiffre, lorsque les décès excédentaires sont pris en compte, dépasse maintenant largement les 60.000.

La responsable de la santé publique de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, a été le visage public de cette politique meurtrière dans la province de la côte ouest du Canada. Aux premiers stades de la pandémie, elle a gagné un certain degré de popularité auprès du public grâce à ses points de presse francs et souvent émouvants. À l’occasion, la Dr Henry semblait sincèrement émue par la vague initiale de traumatismes et de décès qui a déferlé sur la province au printemps 2020. Mais depuis, elle a mis son image publique soignée et empathique au service d’une politique pandémique désastreuse qui a bafoué la science dans l’intérêt du profit et a conduit à une vague d’infection et de mort de masse après l’autre.

Henry, qui occupe le poste de responsable de la santé publique de la province au gré du gouvernement néo-démocrate de la C.-B., nie que la COVID-19 se transmet principalement par voie aérienne, prétend que les écoles constituent un milieu à faible risque d’infection et refuse d’encourager l’utilisation de masques N95.

Ses points de presse réguliers sont rapidement devenus l’occasion de promouvoir des données manipulées et des faussetés pseudo-scientifiques sur la COVID-19. Elle a toujours cherché à minimiser la menace que représente la COVID-19 et s’est opposée à toute mesure de santé publique susceptible d’affecter les bénéfices des entreprises et les gains des actionnaires.

Ce programme des «profits avant la vie» a souvent été justifié par des expressions cyniques de préoccupation pour les sections les plus vulnérables de la population. Le service de santé publique de la Colombie-Britannique prétend souvent que ce sont les personnes vulnérables et la classe ouvrière qui souffrent le plus des mesures de confinement. En réalité, ce sont ces sections de la population qui ont le plus souffert de la politique pandémique meurtrière du gouvernement néo-démocrate, couplée à son refus de fournir le soutien financier et social nécessaire. Ce sont les sans-abri, les personnes âgées, les personnes immunodéprimées, les pauvres et la classe ouvrière qui ont subi et continuent de subir de plein fouet les effets mortels du virus.

Le rôle d’Henry en tant que défenseure «sympathique» de l’infection et de la mort de masse lui a valu une couverture médiatique flatteuse de la part de la grande entreprise et de l’État, au niveau local, national et même international. Le 6 juin 2020, le New York Times a publié un article intitulé «The Top Doctor who Aced the Coronavirus Test» (Le médecin en chef qui a réussi le test du coronavirus haut la main), qui louait spécifiquement la «délicatesse» d’Henry, c’est-à-dire son refus d’émettre des directives de santé publique pour fermer les entreprises non essentielles. La Colombie-Britannique, par exemple, a été la dernière grande autorité du Canada à fermer ses écoles publiques pendant la vague du printemps 2020 et l’une des premières à les rouvrir. Le ton adopté par le Times était parfaitement en phase avec celui adopté par les médias locaux et nationaux.

À ce jour, la couverture de la pandémie par les médias de la Colombie-Britannique consiste en grande partie à régurgiter les nombreuses faussetés et affirmations antiscientifiques d’Henry, qu’ils ont surnommé par flagornerie «Ste. Bonnie». Une véritable industrie artisanale de produits portant le nom ou l’image d’Henry a vu le jour, y compris une édition limitée de chaussures Fluevog à talon rose «Dr Bonnie Henry». Il y a également eu des poupées Bonnie Henry, des céréales et même une statue de Noël en bois qui la représente comme la troisième personne sage parmi les Rois mages de la Bible.

L’establishment au pouvoir dans la province a récompensé Bonnie Henry pour les services rendus. En plus de son salaire annuel de plus de 300.000$, elle a reçu des diplômes honorifiques de plusieurs universités de la province, dont UNBC, UBC et Royal Roads. Le 2 août 2021, le gouvernement a annoncé qu’elle était l’une des 16 personnes invitées à recevoir l’Ordre de la Colombie-Britannique, l’ordre civil le plus élevé de la province.

La classe ouvrière a souvent été le souffre-douleur d’Henry pour bon nombre des échecs du gouvernement néo-démocrate et de la santé publique. Pendant la vague pandémique la plus meurtrière de la province, celle de l’hiver 2020-21, alors que le virus se déchaînait dans les foyers de soins de longue durée (SLD), tuant des dizaines de personnes âgées chaque jour, Henry a pointé du doigt les travailleurs des SLD pour avoir apporté le virus dans les foyers, malgré le fait qu’elle ait refusé d’autoriser des tests rapides généralisés pour les employés. Le gouvernement social-démocrate du NPD a également refusé de légiférer sur l’augmentation des jours de congé de maladie payés, forçant les travailleurs à retourner au travail infectés.

Au printemps 2021, Henry a de nouveau tenté de jeter les travailleurs sous le bus, cette fois en accusant les travailleurs itinérants de la station de ski de Whistler d’avoir propagé le virus. Aucune mention n’a été faite de leurs conditions de logement exiguës ni de son refus de fermer la station jusqu’à la fin des vacances de printemps, alors que l’épidémie s’était déjà propagée dans le reste de la province. Les sentiments anti-travailleurs qu’encourage Henry sont partagés par les échelons supérieurs du gouvernement provincial, comme en témoigne l’affirmation tristement célèbre du premier ministre Horgan, en novembre 2020, selon laquelle les enfants sont incapables de transmettre le virus et que le personnel scolaire est le seul responsable de la propagation du virus dans les écoles.

Henry est devenue célèbre pour une série d’affirmations non scientifiques sur la COVID-19 associées à la Déclaration de Great Barrington d’extrême droite. Elle a continué à insister, tout comme les directives officielles émises par la province, sur le fait que la COVID-19 se transmet par les gouttelettes expulsées de la bouche lors de la toux, des éternuements ou de la parole et qui tombent rapidement sur le sol. Malgré les nombreuses preuves scientifiques montrant que la principale source de transmission est constituée par les aérosols, de petites particules qui persistent dans l’air comme la fumée, Henry a rejeté à plusieurs reprises ce mode d’infection comme étant insignifiant.

Le refus de la santé publique de la Colombie-Britannique de reconnaître la transmission par aérosol a suscité une large condamnation internationale de la part de scientifiques internationaux de renom. Un rapport publié au printemps 2021 a spécifiquement épinglé la province en déclarant: «Dès le début de la pandémie, la Colombie-Britannique a fondé ses mesures de prévention sur une théorie explicite de la transmission par contact, gouttelettes et fomite.» Le rapport, dont l’auteur principal est Trisha Greenhalgh, professeur de soins primaires à l’Université d’Oxford, poursuit en notant que «Bonnie Henry semble au moins en partie motivée par le besoin d’apaiser la panique et de maintenir le calme.» Le très respecté professeur de chimie de l’Université du Colorado, Jose-Luis Jimenez, un des principaux promoteurs des protections contre la menace que représente la transmission par voie aérienne sur les lieux de travail, a décrit l’attitude de la Colombie-Britannique à l’égard de la transmission par aérosol comme «l’une des plus rétrogrades de la planète.»

Pas plus tard que le 15 janvier dernier, les directives officielles du Vancouver Coastal Health (VCH) indiquaient: «Comme la plupart des virus respiratoires courants, la COVID-19 se propage principalement par la transmission de gouttelettes respiratoires à courte distance.» Le rejet par Henry de la transmission par voie aérienne est directement lié à son refus de demander la fourniture de masques de haute qualité, comme les N95, nécessaires pour protéger le porteur contre les aérosols, pour tous les travailleurs de première ligne, des enseignants aux chauffeurs de bus, sans parler de la population en général.

Au cours de la première année de la pandémie, Henry a fréquemment remis en question les avantages du port du masque et a refusé de l’obliger lors de l’horrible deuxième vague. Elle a assisté à des événements sportifs de masse sans masque (y compris des matchs des Lions de la Colombie-Britannique et des Canucks de Vancouver). Elle a également insisté à plusieurs reprises sur le fait que les masques sont la couche de protection la plus faible et que les N95 ne sont pas nécessaires dans la plupart des situations, et elle participe fréquemment à des points de presse avec un masque en tissu.

La réponse d’Henry et du gouvernement néo-démocrate qu’elle sert face à la vague dévastatrice d’Omicron – qui a officiellement tué plus de 7.000 personnes dans tout le pays – a été de déclarer que les Canadiens doivent apprendre à «vivre avec le virus». Après avoir précédemment refusé à la plupart des Britanno-Colombiens l’accès aux tests PCR, l’agence de santé de la Colombie-Britannique supervisée par Henry a annoncé le 10 février que, dorénavant, elle ne publierait plus les chiffres d’infection à la COVID-19.

(Article publié en anglais le 11 mars 2022)

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