Une situation sanitaire extrêmement dangereuse émerge en France et à travers l’Europe. Alors que le nombre d’infections de COVID-19 commence à remonter rapidement, les États éliminent toutes les restrictions sanitaires qui permettaient auparavant d’endiguer quelque peu la contagion. La perspective se profile d’une nouvelle vague énorme de COVID-19, poussée par de nouveaux variants.
La France a fait face à partir de novembre 2021 à sa cinquième vague de COVID suite à la diffusion accélérée du variant Omicron hyper contagieux sur toute la planète. Cette vague a infecté environ 17 millions de Français, soit le quart de la population, avec un pic de 501.000 infections le 25 janvier. Le nombre de cas a rapidement diminué en février pour se stabiliser début mars à un niveau élevé d’environ 50.000 cas par jour en France.
A présent, pourtant, le nombre d’infections est remonté en deux semaines à 116.618 hier. Une évolution similaire est manifeste en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie, où les courbes remontent toutes.
Sur fond de propagande arguant qu’Omicron était «bénin» et qu'il fallait «vivre avec le virus», un processus de démantèlement des mesures de précaution déjà allégées se poursuit. Le 28 février, l’obligation de porter un masque dans les lieux couverts nécessitant le carnet de vaccination a été supprimée. Depuis le 14 mars, le masque n’est plus obligatoire, sauf dans les transports publics, les hôpitaux et les maisons de retraite ; en plus, le protocole sanitaire en entreprise a pris fin et le pass vaccinal est suspendu.
Le 22 février au Sénat, le ministre de la Santé Olivier Véran avait conditionné les mesures du 14 mars à des critères précis : un taux de reproduction du virus (R) inférieur à 1, un taux d'incidence inférieur à 500 par 100.000, et moins de 1.500 malades du Covid-19 en réanimation.
A présent, l’élimination des restrictions sanitaires continue alors que le taux d'incidence est de 629, 1855 personnes sont en réanimation et dimanche le R effectif est au-dessus de 1. Cela démontre que les critères de santé publique sont de la poudre aux yeux. En fait, l’État se tourne vers une politique d’infection de masse dans l’espoir tout hypothétique que des vagues à répétition d’infection et de morts en masse produiront une immunité collective.
La déferlante de cas d’Omicron a été dévastatrice, tuant plus de 20.000 personnes en France et 300.000 personnes en Europe. La barre des 140.000 décès depuis le début de la pandémie a été franchie en France le 10 mars. Le niveau de décès reste très élevé avec 794 morts sur les 7 derniers jours.
Cependant, jamais les médias n'auront aussi peu parlé de la mortalité du COVID. Cette tendance s'est encore accrue avec la guerre entre la Russie et l'Ukraine, alors que les médias battent fébrilement le tambour de la propagande antirusse.
On assiste à un effondrement sans précédent des objectifs de santé publique. Pour se faire une idée de ce que représente le 'retour à la normale' après la cinquième vague, il est utile de comparer la surmortalité due au COVID avec celle de la grippe. Les deux principaux pics de mortalité de la grippe après celle de la grippe espagnole ont été la grippe asiatique de 1957-1958 (plus de 20.000 morts) et celle de Hong Kong en 1968-1969 (plus de 30.000 morts).
Selon l’Institut national d'études démographiques (étude de 2010), «À partir de 1970, la mortalité par grippe a fait une chute spectaculaire, sans pour autant que les épidémies disparaissent. En 40 ans, le risque de décès a été divisé par 10, et en 2005, année de la dernière épidémie importante en France, le nombre de décès directs n’a guère dépassé le millier. Cette baisse impressionnante de la mortalité par grippe est la conséquence directe d’une politique de prévention adaptée, fondée sur la vaccination des sujets à risque et associée à une meilleure prise en charge thérapeutique des complications.»
Depuis l'arrivée d'Omicron, on présente souvent dans les médias le COVID-19 comme étant finalement une endémie avec laquelle on va devoir vivre, 'comme la grippe'. En fait, la lutte contre la grippe a été constante depuis 50 ans avec des résultats appréciables, ce qui a amené une énorme réduction de la mortalité, même si la grippe reste endémique.
Faire comme si le COVID endémique amènerait une mortalité comparable à celle de la grippe est un mensonge éhonté, qui sert à dissimuler la colossale régression de la prise en charge sanitaire de la population qui est en préparation. Il faut évaluer objectivement le fléau sanitaire que les gouvernements veulent imposer à la population.
La seule cinquième vague d'un peu plus de 3 mois va tuer autant que la grippe asiatique de 1957-1958 et a fait vingt fois plus de victimes que le pic grippal de 2005. Ceci alors que la couverture vaccinale de la population est énorme comparée à celle de la grippe. En plus, le COVID a des effets spécifiques distincts de la grippe, comme les insuffisances respiratoires nécessitant des hospitalisation beaucoup plus nombreuses, des rééducations de longue durée pour les suites de COVID sévère, les COVID longs et les atteintes neurologiques importantes dont les effets à long terme ne sont pas encore connus.
Évidemment, le «retour à la normale» annoncé ne concerne que le démantèlement des mesures de précaution et pas la fin de la pandémie, ni en 2022 ni pour les années suivantes.
Le sous-variant Omicron BA.2 pousse les infections en Europe et à travers le monde. Il est passé au-dessus de 50 pour cent des cas en France depuis le 1er mars et sa part des cas augmente chaque semaine. Etant nettement plus contagieux que le BA.1 on s'attend qu'il devienne prochainement le virus dominant en remplaçant le BA.1.
L'Institut Pasteur a prévu une sixième vague qui débuterait dès le mois de mars, attisée par l'absence de protocoles sanitaires.
On a fait beaucoup de cas en France pour rassurer la population de la déclaration de Maria Van Kerkhove, responsable technique de l'OMS, selon laquelle «Le sous-variant d'Omicron BA2 ne provoque pas de forme plus grave du Covid que BA1».
Néanmoins les données scientifiques sont contradictoires et pas du tout rassurantes, avec par exemple des études animales montrant une pénétration pulmonaire plus profonde du BA.2.
Le Danemark, qui a connu un épisode très important d'Omicron BA2 pendant la cinquième vague, a eu un plus haut niveau d’infections et de décès qu'à n’importe quel autre moment de la pandémie, malgré un taux de vaccination très élevé.
Hong Kong, la région autonome de Chine, zone densément peuplée de près de 7,5 millions d’habitant, avait tenu le virus en échec pendant près de deux ans. Elle connaît aujourd’hui un déluge d’infections Omicron BA2, qui inonde les hôpitaux, remplit les morgues et entraîne l’effondrement du système de santé.
Les sous-variants d'Omicron BA.1 et BA.2 sont génétiquement très différents, ce qui facilite la recontamination de ceux qui ont été atteints par le BA.1. L'efficacité des vaccins développés sur la base de la première souche du virus ne diminue que faiblement les infections et agit surtout sur la gravité de la maladie. Cependant l'efficacité vaccinale sur les variants Omicron s'estompe rapidement après quelques mois.
La fin quasi complète des protocoles sanitaires favorise une contamination massive. Le résultat de cette politique de sociopathe sera un nouveau déferlement tragique de décès évitable et une suite sans fin prévisible de vagues de contamination. Ceci souligne la nécessité de la mobilisation indépendante de la classe ouvrière à travers l’Europe et à l’international pour imposer une stratégie de Zéro COVID.
