Compte tenu de la politique du COVID pour toujours adoptée par presque tous les grands pays industriels du monde, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a répété son avertissement lors du point de presse de la semaine dernière, déclarant: «Nous sommes tous fatigués de ce virus et fatigués de la pandémie, mais le virus n'est pas fatigué de nous.»
Les oligarques financiers et leurs laquais politiques ont essentiellement abrogé toutes les mesures d'atténuation contre la propagation continue de la COVID. Ils ont forcé leurs populations à accepter le virus SARS-CoV-2 comme un élément permanent de la vie quotidienne.
À l'approche de la fin de la troisième année de la pandémie de COVID, près de 600 millions d'infections ont été signalées, avec près de 6,5 millions de décès. Cependant, la surmortalité mondiale approche rapidement les 23 millions, soit 3,6 fois plus que les chiffres officiels.
Bien que les taux d'infection mondiaux soient officiellement projetés à environ 650.000 par jour, les estimations actuelles de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) sont plus proches de 13,3 millions par jour, soit 20 fois plus, ce qui démontre le manque de tests et de signalement qui fait désormais partie intégrale des efforts pour cacher à la classe ouvrière tous les indicateurs pertinents – et les dangers.
Le directeur général de l’OMS a ajouté que les décès hebdomadaires de COVID au cours du mois dernier avaient atteint 15.000, un chiffre «complètement inacceptable alors que nous avons tous les outils pour prévenir les infections et sauver des vies». Compte tenu des changements dans les critères de signalement et du démantèlement de la base de données, il n’est pas surprenant que la surmortalité, selon la modélisation deThe Economist, soit cinq à six fois plus élevée que les chiffres officiels.
Néanmoins, accepter ces estimations officielles conservatrices signifierait qu’environ trois quarts de millions de personnes succomberont au COVID chaque année. On peut comparer ce chiffre à celui du VIH, dont les décès annuels mondiaux sont actuellement d’environ 680.000, et qui a tué 40,1 millions de personnes au cours des quatre dernières décennies. Comparé à un autre agent pathogène contemporain mortel, le COVID n’est pas bénin au moindre égard.
Cela fait du Japon un cas de figure quant aux dangers posés par la politique meurtrière actuelle qui a été adoptée pour garantir que les économies nationales restent affranchies de toute considération de santé publique.
Pays de près de 125 millions d'habitants, le Japon a été salué par la presse grand public pour sa gestion de la pandémie. Cependant, il fait face à sa plus dure vague d'infections et de décès avec le sous-variant hautement contagieux BA.5 d'Omicron, bien que 80 pour cent de sa population soit entièrement vaccinée et que les deux tiers de tous ses citoyens (près de 90% des personnes âgées) ont reçu leurs doses de rappel. Il détient la distinction douteuse d'être l'épicentre de la pandémie de COVID pour le moment, avec la Corée du Sud et l'Australie.
Le Japon a signalé plus de 17 millions de cas de COVID, contre seulement 1,7 million au 1er janvier 2022. Avec plus de 37.000 décès par COVID à ce jour, plus de la moitié de ces décès sont survenus pendant la phase Omicron de la pandémie. La moyenne des décès sur sept jours est actuellement à un sommet pandémique de 266 par jour, ce qui se traduit par plus de 700 par jour par rapport à un pays de la taille des États-Unis, où le taux de mortalité par COVID est actuellement de 500 par jour. Cependant, les estimations de la surmortalité pour 2020-2021 avaient placé le chiffre cinq fois au-dessus des décès COVID signalés, ce qui implique que les chiffres actuels sont des sous-estimations flagrantes.
Le 19 août 2022, le pays a signalé son plus grand nombre d'infections sur une seule journée, soit près de 261.000. Depuis le début du mois, la moyenne sur sept jours des cas est restée constamment supérieure à 200.000 par jour, dépassant de loin son précédent pic de près de 100.000 infections par jour début février lorsque le variant original d'Omicron, BA.1, a balayé le pays.
Comme dans d'autres pays, face à un déluge d'infections, la presse japonaise note que les ambulances transportant les patients vers les établissements de santé peinent à trouver des hôpitaux pouvant les accueillir. Cela entraîne à son tour des retards dans la réponse aux appels urgents d'assistance médicale.
Pendant ce temps, les systèmes de santé cèdent sous la pression de s'occuper de ces patients alors qu'ils font face à des pénuries de personnel et d'approvisionnement qui compliquent davantage la prestation de soins de santé globale si essentielle au fonctionnement de la société. Selon Japan Times, 15 des 47 préfectures ont vu les taux d'occupation des lits d’hôpitaux dus au COVID atteindre plus de 50 pour cent. La préfecture de Kanagawa, une région fortement urbanisée et peuplée au sud de Tokyo, a le taux le plus élevé avec 71 pour cent.
Le Japan Times a écrit: «Même lorsque les lits pour les patients COVID-19 sont ouverts, la septième vague affecte le système de santé plus généralement en raison des pénuries de personnel causées par les travailleurs qui se remettent de la maladie ou qui doivent s'isoler, disent les experts. Lundi, l'hôpital universitaire de Fukuoka avait fermé deux services, car 120 des 1.900 membres du personnel médical étaient soit infectés, soit considérés comme des contacts proches.»
Shigeru Omi, président de l'Organisation japonaise des soins de santé communautaire et chef du groupe gouvernemental d'experts sur le COVID-19, a déclaré aux journalistes à Tokyo: «Les personnes qui auraient pu se rendre dans des cliniques de fièvre appellent maintenant des ambulances parce que les cliniques ne sont pas en mesure de les accueillir». Le Dr Hiroki Ohashi, vice-président de l'Association japonaise des soins primaires, a ajouté: «Nous devons travailler à l'augmentation du nombre de cliniques de fièvre, mais en même temps, nous aimerions également que chaque citoyen nous aide à surmonter cette crise dans le système médical en récupérant d'abord à la maison, car la plupart des cas du variant Omicron présentent des symptômes similaires à ceux de la grippe».
Pendant ce temps, les patients âgés infectés dans les maisons de retraite ou les établissements de soins prolongés ne peuvent pas être transférés dans des hôpitaux surpeuplés. Le Dr Hideki Yamazaki, psychiatre et directeur de Seizankai, une société qui gère des dizaines de maisons de retraite et d'établissements pour personnes âgées atteintes de démence, a déclaré au Times que les patients étaient «piégés». Il a déclaré: «Chaque maison de retraite travaille très dur pour garder les infections à distance, mais il est impossible d'empêcher tous les cas d'entrer dans l'établissement. Les personnes âgées qui sont infectées devraient être transférées dans des hôpitaux […] maintenant ces établissements sont trop encombrés pour accueillir des personnes âgées infectées. Donc, maintenant, nous n'avons pas eu d'autre choix que de continuer à prendre soin d'eux».
Pourtant, le gouvernement s'est engagé à ne pas imposer de restrictions aux entreprises ou à la circulation des personnes. Pour couronner le tout, au plus fort de la flambée actuelle, le gouvernement a annoncé qu'il prévoyait supprimer ses conditions d'entrée au pays pour les voyageurs. Pendant ce temps, le premier ministre Fumio Kishida est isolé et travaille à domicile après avoir contracté le COVID pendant une semaine de vacances, comme son homologue, le président Joe Biden.
Après avoir remporté un vote au deuxième tour contre Taro Kono et remplacé Yoshihide Suga en septembre dernier en tant que premier ministre, Kishida a juré qu'il mettrait fin au COVID. Au lieu de cela, son gouvernement a mis fin aux restrictions pandémiques en mars. Comme Bloomberg l'a récemment déclaré, «la troisième plus grande économie du monde a retrouvé sa taille d'avant la pandémie au deuxième trimestre, à mesure que les dépenses de consommation ont repris après la fin des restrictions de coronavirus sur les entreprises». Pourtant, les pressions inflationnistes continuent de hanter Kishida qui a vu sa cote de popularité chuter depuis un mois.
Comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l'UE, le Japon passe à une stratégie portée uniquement sur les vaccins faisant la promotion des derniers rappels de vaccins COVID bivalents. Le Royaume-Uni a approuvé la semaine dernière le rappel bivalent de Moderna, bien qu'il soit formulé pour fournir l'équivalent en protéines spike de la souche originale et de la souche BA.1 combinées. Les États-Unis ont demandé aux deux géants de la fabrication de vaccins ARNm COVID, Pfizer et Moderna, de concocter un vaccin bivalent adapté au sous-variant BA.5 malgré l'absence de données cliniques pour éclairer cette décision.
Comme l'a observé le Dr Paul Offit, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques et directeur du centre d'éducation sur les vaccins de l'hôpital pour enfants de Philadelphie, après la réunion virtuelle du comité consultatif de la FDA du 28 juin 2022 sur la mise à jour des vaccins contre la COVID-19, «il n'est pas raisonnable de supposer que les données générées pour un vaccin Omicron BA.1 peuvent facilement être extrapolées à BA.4 et BA.5. Ces nouveaux sous-variants d'Omicron sont hautement transmissibles. Par conséquent, ils auront besoin d'un niveau très élevé d'anticorps neutralisants présents au moment de l'exposition pour prévenir une infection symptomatique.» Étant donné que le composant BA.1 du vaccin n'offrait qu'une augmentation modeste des anticorps neutralisants, il a ajouté: «Pourquoi penserions-nous que l'utilisation de BA.4 et BA.5 serait différente?»
Comme beaucoup attendent dans les coulisses, BA.4 et BA.5 ne sont pas les derniers sous-variants. Cependant, alors que le séquençage de ces nouveaux variants a chuté, les scientifiques, les chercheurs et les experts en santé publique entrent dans la quatrième année de la pandémie, aveugles aux développements liés au coronavirus.
L'expérience au Japon ne fait que souligner que l'immunité antérieure, les niveaux élevés de vaccination et le recours aux vaccins bivalents n'offrent pas grand-chose pour atténuer le nombre d'infections et le nombre toujours élevé de décès que connaît le monde.
Comme l'a noté le directeur général, dans un avertissement répété l'année dernière et l'année d'avant: «Avec le temps plus froid qui approche dans l'hémisphère nord et les gens qui passent plus de temps à l'intérieur, les risques de transmission et d'hospitalisation plus intenses ne feront qu'augmenter dans les mois à venir, non seulement pour le COVID-19, mais pour d'autres maladies, dont la grippe.» Cela a des implications importantes alors que les États-Unis et l'UE, ainsi que l'Asie du Nord-Est, entrent dans les mois d'automne et d'hiver, et que les écoles reprennent l'enseignement en présentiel.
(Article paru en anglais le 24 août 2022)
