Il faut s’opposer au programme séparatiste du Parti national écossais et des groupes de la pseudo-gauche: Pour l’unité de la classe ouvrière et non la division nationale

Le mois dernier, la Cour suprême du Royaume-Uni a statué à l’unanimité que si le gouvernement et le parlement britanniques refusent de l’autoriser, «alors le parlement écossais n’a pas le pouvoir de légiférer pour organiser un référendum sur l’indépendance de l’Écosse.»

Le verdict a rejeté l’argument avancé par le gouvernement écossais lors d’une audience en octobre. Il contrecarre le projet de loi sur le référendum sur l’indépendance de la première ministre et chef du Parti national écossais (PNE) Nicola Sturgeon, publié en juin, qui visait à légiférer pour un scrutin le 19 octobre 2023. La Lord Advocate d’Écosse, Dorothy Bain KC, a fait valoir qu’un vote «consultatif» sur l’indépendance de l’Écosse n’aurait aucun impact constitutionnel et ne nécessitait donc pas l’approbation du gouvernement britannique.

L’intention du PNE a toujours été d’utiliser un rejet juridique attendu pour dépeindre l’Écosse comme la victime d’un système constitutionnel non démocratique. Immédiatement après la décision, Sturgeon a déclaré à un rassemblement de partisans de l’indépendance que le PNE considérerait les prochaines élections générales britanniques comme un scrutin d’indépendance «de facto», tous les votes en faveur des partis indépendantistes étant comptabilisés comme un vote en faveur du oui.

La première ministre Nicola Sturgeon inaugure le prospectus du gouvernement écossais sur l’économie de l’indépendance [Photo par le gouvernement écossais / CC BY 2.0] [Photo by Scottish Government / CC BY 2.0]

De petites manifestations nationalistes organisées par des membres du PNE et divers groupes de la pseudo-gauche ont protesté contre le verdict. Lors de l’une d’entre elles, organisée à l’hôtel Marriot de Glasgow, Sturgeon a déclaré à propos du verdict que «le mythe selon lequel le Royaume-Uni est une Union volontaire de nations a été complètement – et définitivement – brisé...»

Un projet pro-impérialiste

Il est nécessaire que les travailleurs évaluent clairement et sobrement les objectifs politiques et les intérêts de classe avancés au nom de «l’indépendance de l’Écosse» et rejettent les prétentions de Sturgeon à lutter pour la «démocratie» pour le «peuple écossais».

Le programme séparatiste défendu par le PNE, sa dissidence Alba et la pseudo-gauche dans son orbite articule les intérêts de forces sociales amèrement hostiles aux intérêts fondamentaux de la classe ouvrière.

Premièrement, et de manière décisive, la promotion du nationalisme au nom de la défense de l’«autodétermination» désarme la classe ouvrière face au développement le plus dangereux au monde: l’escalade de la guerre par procuration menée par l’OTAN en Ukraine contre la Russie.

Comme ses homologues impérialistes à Westminster, Washington, Berlin et Paris, la coalition PNE-Verts écossais à Holyrood s’est carrément rangée derrière la guerre, invoquant la défense de la «souveraineté» et de la «démocratie» ukrainiennes comme justification. En 2015 déjà, Sturgeon déclarait qu’elle considérait son gouvernement comme un «allié clé des États-Unis» et soutenait l’entraînement des forces ukrainiennes par le Royaume-Uni.

Tweet de la députée ukrainienne Lesia Vasylenko [Photo: Capture d’écran – Twitter] [Photo: Screenshot - Twitter]

En juin de cette année, le gouvernement écossais a donné 65 millions de livres sterling à un stock d’armes d’un milliard de livres sterling envoyé par le gouvernement britannique à l’Ukraine. Ils entrainent le monde dans un conflit dont le véritable objectif est d’assurer le contrôle des ressources stratégiques de la Russie en pétrole, gaz et minéraux, préparent le terrain pour une confrontation avec la Chine et posent le danger de la guerre nucléaire.

L’objectif principal du PNE, en intensifiant sa rhétorique nationaliste, est de couper court aux tensions de classe grandissantes en Écosse. Pendant des années, le PNE, les groupes dans son orbite et ceux qui en faisaient autrefois partie ont su profiter de l’hostilité populaire à l’égard des conservateurs, des travaillistes et du nationalisme entourant le Brexit en proposant la création d’une Écosse indépendante comme remède à tous les maux. Ils tentent maintenant de le faire dans des conditions bien plus explosives, au milieu d’une éruption de violence militaire et de guerre impérialiste et de la pire crise du coût de la vie depuis des décennies.

Le nationalisme et la lutte des classes

Aucune des questions fondamentales auxquelles est confrontée la classe ouvrière en Écosse ou ailleurs n’a de solution nationale. Les politiques menées par le gouvernement du PNE prouvent que l’austérité, la réponse homicide du «laisser-faire» à la pandémie de COVID-19 et la guerre menée par l’OTAN contre la Russie en Ukraine sont la réponse de la bourgeoisie de chaque pays à la crise qui secoue le capitalisme mondial alors que les grandes puissances impérialistes cherchent à contrôler les marchés mondiaux et les ressources essentielles.

Le PNE suit ses homologues conservateurs et travaillistes en cherchant à récupérer auprès de la classe ouvrière les milliers de milliards versés aux grandes entreprises et aux banques pendant la pandémie et le coût de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie.

La promotion du nationalisme a pour but de couper court à la vague internationale de grèves et de protestations que cette offensive contre la classe ouvrière provoque. Il s’agit d’un mouvement qui se développe dans chaque pays, contre les gouvernements qui agissent comme des exécutants pour les sociétés mondiales et une oligarchie financière internationale. Et seul un tel mouvement mondial de la classe ouvrière, unifié sur le plan organisationnel et politique, offre une base pour défendre les emplois, les salaires et les services essentiels, et surtout pour libérer l’immense pouvoir social de la classe ouvrière contre le militarisme et la guerre.

Des cheminots dressent un piquet de grève lors de la récente grève nationale des chemins de fer au dépôt de maintenance de Cowlairs à Springburn, au nord de Glasgow, le 25 juin 2022 [Photo: WSWS]

Les divisions qu’entraine la promotion du nationalisme écossais sur l’unité de la classe ouvrière sont la mesure essentielle de son caractère profondément réactionnaire.

Pendant des années, le PNE a pu tirer profit de la répression de la lutte des classes dans tout le Royaume-Uni par un Parti travailliste de droite, en alliance avec les syndicats. Le PNE a cherché à se faire passer pour un représentant du sentiment anti-conservateur, se présentant comme étant à la gauche des travaillistes sur les questions sociales, avec des réformes minimales payées grâce à un avantage de 20 % par habitant sur les dépenses publiques dont bénéficient les administrations décentralisées en Écosse et au Pays de Galles.

Aujourd’hui, les travailleurs de tout le Royaume-Uni sont impliqués dans des grèves qui les ont amenés à une confrontation frontale non seulement avec le gouvernement conservateur, mais aussi avec la campagne de sabotage organisée par le Parti travailliste et la bureaucratie syndicale. Ce mouvement a le potentiel de devenir un défi fondamental au capitalisme en Grande-Bretagne et en Europe.

Les partisans de pseudo-gauche du séparatisme

Alors que les travailleurs de l’éducation, du rail, des ordures et d’autres secteurs en Écosse sont en conflit direct avec les conseils gérés par le PNE et les plans de réduction de 1,2 milliard de livres du PNE et du gouvernement écossais des Verts, des groupes de la pseudo-gauche se rallient à l’appel à l’«unité nationale» plutôt qu’à l’unité de classe. Ils appellent à une convention sur l’indépendance de l’Écosse l’année prochaine, au cours de laquelle ils se présenteront une fois de plus comme les sergents recruteurs du PNE.

Colin Fox [Photo par Wikimedia / Scott.scotm / CC BY-SA 4.0] [Photo by Wikimedia / Scott.scotm / CC BY-SA 4.0]

Colin Fox, du SSP, a lancé un appel à Sturgeon, expliquant que «les socialistes écossais ont mis en garde la première ministre et le gouvernement PNE/vert» contre le recours à la Cour suprême et les invitant à «accepter maintenant que de nouvelles tactiques sont nécessaires de toute urgence».

«Cette défaite de la première ministre ne l’affaiblit pas seulement elle: elle affaiblit notre mouvement tout entier», pleurniche-t-il. «Le Parti socialiste écossais est arrivé à la conclusion [!] que la direction du mouvement indépendantiste ne peut être laissée uniquement à la première ministre et à son personnel le plus proche, mais doit inclure la masse des partisans du Oui.»

La Convention de l’indépendance proposée unifierait «tous les partis indépendantistes, les groupes du Oui existants» pour convenir d’un programme commun «capable de persuader une majorité de nos compatriotes écossais des mérites de l’indépendance et d’une feuille de route sérieuse pour sa réalisation».

Dans sa déclaration du 21 juin 2014, «Votez non au référendum de l’Écosse – Il faut lutter pour une Grande-Bretagne socialiste», le Parti de l’égalité socialiste a exposé une réponse socialiste et internationaliste à la demande de séparatisme. Il a différencié le point de vue de la classe ouvrière non seulement du PNE, mais aussi des tendances de la pseudo-gauche qui sont devenues les plus ardents défenseurs du nationalisme:

«Toutes les affirmations selon lesquelles l’“indépendance” est une demande démocratique, offrant une alternative aux coupes et à l’austérité, sont des mensonges», écrit le PES. Le véritable objectif du PNE était de «transformer l’Écosse en une plateforme de travail à faible taux d’imposition et à bas prix au profit des banques et des sociétés transnationales. Les victimes en seront les travailleurs des deux côtés de la frontière, qui verront s’aggraver l’offensive permanente contre l’emploi, les salaires et les conditions de travail menée par tous les grands partis à Westminster et à Holyrood.»

Le PES soutient: «L’unité et l’indépendance de la classe ouvrière sont le critère par lequel chaque parti politique et chaque initiative politique doivent être jugés. C’est essentiel dans des conditions où la planète est souillée par le poison nationaliste.»

Mémorial de Marx au cimetière de Highgate [Photo de Wikimedia / Duncan Harris / CC BY 2.0] [Photo by Wikimedia / Duncan Harris / CC BY 2.0]

La déclaration rejette les affirmations selon lesquelles l’Écosse est une nation opprimée et que le séparatisme est «anti-impérialiste» parce qu’il conduirait à l’éclatement de l’État britannique. L’Écosse ne souffre pas d’oppression nationale mais fait partie intégrante d’un État impérialiste dont l’élite dirigeante a «commis d’innombrables crimes et partagé l’exploitation brutale de millions de personnes dans le monde entier. Brandir la croix héraldique au visage des gens vise à dissimuler le fait fondamental que les travailleurs d’Écosse ne sont pas opprimés en raison de leur nationalité, mais en raison de leur position de classe dans la société capitaliste.»

Contre ceux qui dépeignent l’Acte d’Union de 1707 comme une grande trahison du destin national de l’Écosse, le PES écrit qu’il n’a pas seulement fourni le cadre pour le développement du capitalisme et une vaste croissance des forces productives, mais a jeté les bases «de l’émergence de la première classe ouvrière industrielle du monde. Depuis lors, les travailleurs d’Angleterre, d’Écosse et du Pays de Galles se sont battus côte à côte dans des luttes épiques, y compris le grand mouvement révolutionnaire chartiste pour la démocratie et l’égalité, la grève générale de 1926, le mouvement de grève de masse qui a fait tomber un gouvernement conservateur en 1974 et la grève des mineurs qui a duré un an en 1984-85».

Abordant la question de l’éclatement potentiel du Royaume-Uni, le PES a expliqué que la mondialisation – l’intégration de la production au-delà des frontières nationales, dominée par d’énormes sociétés et banques transnationales – avait porté les antagonismes inter-impérialistes et nationaux à un nouveau sommet d’intensité. La division nationale d’une économie organisée à l’échelle mondiale «qui a donné lieu à deux des guerres les plus dévastatrices de l’histoire de l’humanité» suscite à nouveau une lutte des grandes puissances pour rediviser le monde entre elles et provoque une guerre commerciale et militaire.

Les tendances séparatistes écossaises et autres sont apparues comme une réponse réactionnaire des forces bourgeoises à la mondialisation de la production, pour lesquelles «la fonction première d’un État écossais séparé serait d’établir des relations plus directes avec les grandes banques, les grandes entreprises et les spéculateurs en proposant d’augmenter l’exploitation, de démolir les salaires et les conditions de travail, de détruire ou de privatiser les services sociaux et d’éliminer autant que possible les impôts sur la richesse des entreprises».

Les groupes de la pseudo-gauche qui plaident en faveur du nationalisme écossais sont les représentants politiques d’une strate de la petite-bourgeoisie qui espèrent se greffer sur les efforts de la bourgeoisie régionale pour s’enrichir aux dépens de la classe ouvrière, en s’assurant des postes dans la «flopée de postes gouvernementaux, institutionnels, culturels et syndicaux nationaux et locaux qui, espèrent-ils, seront créés» après l’indépendance.

Leurs différences avec les formations régionalistes et séparatistes de caractère explicitement de droite en Italie, en Belgique et ailleurs sont purement rhétoriques. Malgré leurs références occasionnelles au socialisme, Colin Fox, du Parti socialiste écossais, a clairement indiqué qu’ils considèrent que des mesures réformistes, même minimales, «ne sont pas immédiatement réalistes, étant donné nos obligations financières envers les organismes internationaux», déclarant que «l’argument classique de la gauche selon lequel l’indépendance de l’Écosse saperait l’unité de la classe ouvrière britannique» est «pour nous, une formulation dépassée».

Cette trajectoire de droite fait que les groupes de la pseudo-gauche agissent maintenant non seulement en tant que partisans du PNE, mais aussi de groupes fascistes en Ukraine, tels que la Brigade Azov et le Secteur droit.

Les leçons de la Yougoslavie

Ce que la pseudo-gauche promeut comme «anti-impérialiste» est la création d’innombrables mini-États, basés sur l’ethnicité, la langue ou la religion, qui a à chaque fois conduit au désastre. Le PES a averti: «Personne ne devrait oublier l’expérience tragique de la Yougoslavie, dont l’éclatement dans les années 1990 a déclenché une décennie de guerres civiles sanglantes et un effondrement catastrophique du niveau de vie. Ni comment les divisions sectaires ont été exploitées par l’OTAN pour faire la guerre à la Libye et provoquer une guerre civile en Syrie. Et personne ne peut ignorer comment les divisions ethniques et linguistiques sont à nouveau exploitées pour favoriser l’agression militaire de l’OTAN contre la Russie en Ukraine. Dans chaque cas, la fausse gauche s’est rangée derrière l’impérialisme: tout cela au nom de la défense de l’“autodétermination”.»

Carte de la guerre en Yougoslavie, 1993 [Photo de Wikimedia / swPawel / CC BY-SA 3.0] [Photo by Wikimedia / swPawel / CC BY-SA 3.0]

À l’époque, les apologistes du PNE ont qualifié ces comparaisons d’illégitimes, déclarant que le nationalisme écossais était d’un caractère entièrement différent: un «nationalisme civique» qui était inclusif, antiraciste et pacifique. Mais le document soumis à la cour par le PNE à l’appui de sa dernière demande de référendum montre clairement le bilan pro-impérialiste et anti-ouvrier du séparatisme écossais.

Présenté dans le langage de la Charte des Nations Unies et des précédents juridiques internationaux, plaidant pour le droit «inaliénable» du «peuple écossais» à l’autodétermination, il choisit comme principal exemple l’éclatement politiquement catastrophique de l’ex-Yougoslavie – divisée en Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Serbie et Kosovo – tel que reconnu dans la soumission du gouvernement britannique à la Cour internationale de justice en 2008.

Cette soumission reconnaissait le droit à la sécession des «peuples distincts» au sein d’un État, plutôt que des colonies, qui souffrent «d’oppression... afin de s’opposer à la tyrannie».

Pour la classe ouvrière, le soutien du PNE au Kosovo doit constituer un avertissement. C’est dans l’ex-Yougoslavie que la promotion de l’«autodétermination» a été utilisée pour la première fois comme stratégie par l’impérialisme pour reprendre le contrôle de territoires perdus par la révolution et pour diviser et désorienter la classe ouvrière.

Vitina, au Kosovo, janvier 2000 [Photo: Sean A. Terry] [Photo: Sean A. Terry]

La déclaration kosovare de 2008 a été le point culminant de près de deux décennies de provocations et d’interventions impérialistes dans l’ex-Yougoslavie, qui ont débouché sur une série de guerres marquées par un nettoyage ethnique sanglant, et sur la guerre aérienne de l’OTAN contre la Serbie en 1999, qui a fait 140.000 morts. L’État kosovar corrompu et appauvri fonctionne aujourd’hui comme un protectorat de l’OTAN et de l’UE, facilitant le contrôle de l’impérialisme sur la région des Balkans.

L’objectif impérialiste de procéder à un nouveau redécoupage du monde après la dissolution de l’Union soviétique s’est poursuivi depuis lors par une série de guerres dans le monde entier. Il a maintenant pris sa forme la plus dangereuse dans la guerre par procuration de l’OTAN contre la Russie.

Le cynisme politique du PNE est mis en évidence par l’autre référence citée dans son argumentation juridique, à savoir que la Grande-Bretagne a déclaré «croire au droit inaliénable à l’autodétermination» lorsque ses représentants ont insisté en 1983 sur le fait que «les habitants des Malouines ont un droit à l’autodétermination que personne ne peut leur enlever».

Le titre du journal The Sun après que le cuirassé argentin General Belgrano ait été coulé, faisant 323 morts [Photo: The Sun] [Photo: The Sun]

L’invocation de ce «droit» a servi de base à la sale guerre des Malouines de Thatcher en 1982, qui a fait près de 1000 morts. Le gouvernement Thatcher a utilisé la ferveur nationaliste qui en a résulté pour assurer sa réélection et lancer des attaques contre la classe ouvrière, dont le point culminant a été la grève des mineurs en 1984-1985.

Capitalisme écossais contre socialisme international

Pendant la majeure partie de la période qui a suivi l’échec du référendum sur l’indépendance de 2014, la campagne en faveur d’un nouvel effort s’est concentrée à convaincre les entreprises et la finance que l’indépendance permettrait de surmonter les effets économiquement désastreux du référendum sur le Brexit, organisé à peine deux ans plus tard, et offrirait une possible réintégration dans l’Union européenne.

[Photo par Bob Shand / CC BY-NC 4.0] [Photo by Bob Shand / CC BY-NC 4.0]

Cela montre à quel point l’indépendance est intimement liée à la préparation de l’Écosse en tant que plateforme d’investissement à main-d’œuvre bon marché et à fiscalité réduite, plutôt qu’à de nobles déclarations de Sturgeon sur le «mouvement démocratique écossais».

Comme l’a admis l’ancien chef adjoint du PNE, Jim Sillars, dans le Sun de Rupert Murdoch le 24 novembre, «Il est temps de cesser de se vautrer dans la rancune et le grief, de cesser de prétendre que l’Écosse est une colonie. Nous avons été des colonisateurs aussi enthousiastes que n’importe quel Anglais.» Plutôt, «Avec la montée de l’Asie et de l’Afrique, nous sommes confrontés à une concurrence intense, et ce n’est qu’avec un contrôle souverain de tout ce qui compte pour une nation, que les Écossais pourront prospérer.»

Dans sa déclaration de 2014, le PES a présenté une alternative politique pour la classe ouvrière à l’éruption mondiale du nationalisme – la lutte pour la révolution socialiste mondiale:

«La seule réponse progressiste à la crise du système de l’État-nation est de mettre fin à toutes les divisions nationales en adoptant la perspective de l’internationalisme socialiste.

«Le PES est en faveur d’une lutte contre le capital mondialement organisé, et non d’une offre d’incitatifs fiscaux aux sociétés. Nous sommes pour le renversement de l’impérialisme britannique et de son appareil d’État, et non pour un accord négocié visant à mettre en place un nouvel État répressif.

«Nous appelons les travailleurs à rejeter le nationalisme et le séparatisme et à mobiliser un mouvement anti-austérité et anti-guerre pour obtenir le retrait du pouvoir des conservateurs, du Parti national écossais et de leurs alliés travaillistes et libéraux-démocrates, ainsi que la fin du règne de l’oligarchie financière parasitaire et irresponsable dont ils sont les porte-parole.

«Le PES appelle à la création d’un gouvernement ouvrier engagé dans des politiques socialistes. Nous sommes pour la formation d’États socialistes unis d’Europe, et non pour le découpage du continent à la manière des Balkans, mené par des élites régionales cupides qui utiliseront le «oui» en Écosse comme un feu vert pour leurs propres programmes séparatistes.»

Construire un véritable parti socialiste pour unifier toutes les sections des travailleurs dans la lutte contre le nationalisme et pour le socialisme en Grande-Bretagne, en Europe et au niveau international est la tâche à laquelle les travailleurs doivent maintenant se consacrer.

(Article paru en anglais le 13 décembre 2022)

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