Samedi, le président chinois Xi Jinping a rompu le silence qu’il gardait depuis des mois sur l’état de la pandémie de COVID-19 en Chine, dans un discours prononcé à l’occasion du Nouvel An qui faisait écho aux platitudes creuses du président américain Joe Biden et d’autres politiciens capitalistes responsables des ravages causés dans le monde par cette maladie évitable.
Au cours du mois dernier, après le démantèlement complet du programme de santé publique chinois COVID zéro, qui avait tenu le coronavirus en échec pendant plus de deux ans, une vague sans précédent d’infections et de décès dus au COVID-19 a balayé le pays.
Bien que les chiffres officiels soient désormais totalement inexacts, une déclaration du directeur adjoint du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, Sun Yang, qui a fait l’objet d’une fuite, indiquait qu’environ 250 millions de personnes avaient été infectées dans le pays au cours des 20 premiers jours de décembre. La société d’analyse des données sanitaires Airfinity estime que 9000 personnes meurent actuellement du COVID-19 chaque jour en Chine.
Faisant indirectement référence au récent changement de politique, Xi a déclaré au début de son discours: «Depuis que le COVID-19 a frappé, nous avons toujours donné la priorité au peuple et à la vie. Suivant une approche scientifique et ciblée, nous avons adapté notre réponse au COVID-19 à la lumière de l’évolution de la situation afin de protéger la vie et la santé de la population dans toute la mesure du possible.»
Il a poursuivi: «Les fonctionnaires et le grand public, en particulier les professionnels de la santé et les travailleurs communautaires, sont restés courageusement à leur poste pendant tout ce temps. Grâce à des efforts extraordinaires, nous avons surmonté des difficultés et des défis sans précédent, et cela n’a pas été un voyage facile pour personne.»
En utilisant un langage destiné à dissimuler la vague pandémique dévastatrice qui a englouti la Chine, Xi a déclaré: «Nous sommes maintenant entrés dans une nouvelle phase de la réponse au COVID où des défis difficiles subsistent. Tout le monde tient bon avec beaucoup de courage, et la lumière de l’espoir est juste devant nous. Faisons un effort supplémentaire pour nous en sortir, car la persévérance et la solidarité sont synonymes de victoire.»
Malgré les propos réjouissants de Xi, dans les semaines et les mois à venir, la crise en Chine ne fera que s’aggraver. Le 8 janvier, juste avant le début de la migration massive associée au Nouvel An lunaire, toutes les restrictions de voyage en Chine seront levées. Les cas et les décès devraient continuer à se multiplier dans tout le pays. Airfinity prévoit que la flambée nationale actuelle atteindra son apogée le 23 janvier, avec un nombre stupéfiant de 25.000 décès par jour. Leur modélisation prévoit un nombre de décès de 1,7 million en Chine d’ici la fin avril 2023.
La coutume qui veut que les gens se rendent dans les zones rurales et les provinces pour rendre visite à leur famille dans les semaines précédant les vacances du Nouvel An lunaire, le 22 janvier, va garantir la propagation du COVID-19 dans tout le pays. Le gouvernement en est conscient et a exhorté les hôpitaux ruraux à améliorer leurs unités de soins intensifs (USI) et à préparer des véhicules pour transférer les patients atteints du COVID-19. Zhang Wenhong, éminent expert en maladies infectieuses, a averti que les institutions médicales chinoises allaient connaître leur «heure la plus sombre». Ces avertissements ont été largement diffusés sur les médias d’État.
L’abandon soudain de l’initiative COVID zéro, sans avertissement ni contribution du public, a été un choc profond pour des masses de personnes à travers la Chine. D’innombrables vidéos circulent sur les médias sociaux montrant des hôpitaux bondés de patients malades, avec des centaines de milliers de téléspectateurs. Des photos de trains vides à l’heure de pointe circulent également, indiquant que les gens ont peur d’une éventuelle infection et restent à la maison pour travailler.
Ces deux derniers jours, l’agence Reuters et le Washington Postont publié des articles montrant des images d’hôpitaux et de centres de traitement de la fièvre bondés, provenant pour la plupart des plateformes de médias sociaux Weibo et Twitter, avec des patients allongés sur le sol et encombrant les couloirs.
La journaliste américaine Victoria Brownworth a partagé la vidéo ci-dessous montrant des familles amenant leurs défunts au funérarium sur des chariots et dans des sacs et devant faire de longues files d’attente à l’extérieur.

Le journaliste indien Chaudhary Parvez a tweeté une autre vidéo montrant un crématorium dans la ville d’Anshan, dans la province du Liaoning.

En réponse à l’aggravation de la crise en Chine, plusieurs pays où le COVID-19 est également en forte hausse ont hypocritement introduit de nouvelles politiques de voyage exigeant des résultats négatifs au test COVID-19 pour tous les voyageurs en provenance de Chine. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Inde, Taïwan, le Japon, la Malaisie et la Corée du Sud ont été parmi les premiers pays à adopter de telles politiques, suivis par l’Australie, la France, le Canada et l’Espagne.
Isolées d’un programme de santé publique mondial plus large, ces politiques n’empêcheront en aucun cas la propagation du COVID-19, et sont largement considérées comme discriminatoires et politiquement motivées.
Outre l’annonce des restrictions de voyage, qui débuteront le 5 janvier, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont publié des déclarations remarquablement hypocrites concernant le manque de transparence de la Chine en matière de déclaration et de données de séquençage génomique.
Dans son premier tweet depuis le 11 décembre 2022, la directrice du CDC, Rochelle Walensky, a fait l’éloge des nouvelles politiques de dépistage ciblant les visiteurs chinois tout en déclarant: «Nous ne pouvons pas arrêter la propagation du #COVID19.» Cela a suscité une avalanche de critiques de la part d’éminents scientifiques du monde entier, dont beaucoup ont souligné à quel point Walensky s’est discréditée et a discrédité le CDC aux yeux de la communauté scientifique et du public.


L’hypocrisie et le cynisme de la politique américaine à l’égard de la Chine, qui, selon le CDC, vise à «réduire les risques d’entrée d’un nouveau variant préoccupant», ont été mis en évidence par une fuite de données internes du CDC réalisée le 29 décembre par l’épidémiologiste Eric Feigl-Ding. Pour la deuxième fois en trois mois, le CDC est clairement impliqué dans la dissimulation de la propagation d’un nouveau variant dangereux. Le variant XBB.1.5, qui a provoqué une recrudescence des infections et des hospitalisations dans toute la région du Nord-Est, s’est rapidement imposé sur l’ensemble du territoire américain, ce que le CDC a caché au public le mois dernier.

Les États-Unis sont actuellement en proie à ce qui est probablement la deuxième plus forte vague d’infections depuis le début de la pandémie, centrée sur le Nord-Est où XBB.1.5 est devenu dominant. Le CDC a déjà été démasqué pour avoir dissimulé au public des données sur les sous-variants Omicron BQ.1 et BQ.1.1.
Selon d’éminents scientifiques, XBB.1.5 est l’un des «variants les plus immuno-résistants» à ce jour, ce qui lui a même valu le surnom de «Kraken». Mais le CDC et les médias sont hyper focalisés sur les mises en garde concernant les voyageurs chinois et un nouveau variant potentiel d’origine chinoise.
Le coronavirus ne respecte pas les frontières et n’a pas besoin de passeport. Il s’agit d’un problème international qui nécessite une réponse coordonnée au niveau mondial. Les pressions exercées par le capital financier international sur la classe dirigeante nationale chinoise ont finalement amené le PCC à changer de cap de la manière la plus étonnamment rapide et abrupte qui soit.
La classe ouvrière internationale, qui représente la grande majorité de la population mondiale, doit mettre en œuvre un programme dans son propre intérêt, dans le but de préserver la vie. Le capitalisme est en crise partout dans le monde et s’est révélé incapable de fournir les besoins les plus élémentaires en matière de santé publique.
(Article paru en anglais le 3 janvier 2023)
